• Ce récit sarticule autour de valeurs répétées et martelées, qui font passer un message : la combativité, la place de lencadrement et du travail, la persévérance et le respect de lautre. Ces valeurs sont illustrées par une vie en marche à travers la parole, dense et forte, comme surgie de la terre kanak. Walles Kotra a su la rendre vivante, la mettre en valeur, apportant une touche essentielle, littéraire, à ce livre.
    Dans une élégante introduction à laquelle répond un chapitre final en forme de parabole, il esquisse ce mouvement patient qui fait passer de la petite terre au grand large, du particulier à luniversel, sans rompre ses attaches.

  • Revenant sur le parcours personnel du fondateur du mouvement intellectuel et indépendantiste kanak, les Foulards Rouges, ces entretiens avec Nidoïsh Naisseline apportent un éclairage original sur lhistoire comme sur lévolution de la Nouvelle-Calédonie contemporaine.

  • Il ne sagit pas là dun travail dhistorien au sens strict du terme, mais simplement dun regard sur lhistoire. Le témoignage dun homme. Au détour des rencontres, on découvre litinéraire de Jacques Lafleur. Grand propriétaire foncier, homme daffaires très riche ayant fait fortune dans lexploitation du nickel, chef de file de la droite calédonienne, il semble cumuler toutes les caricatures de la colonisation. Coups de force, coups de gueule et décisions unilatérales ! Lhomme aime la polémique voire la provocation. Mais, il y a aussi lautre Lafleur, tout aussi désarçonnant. Lhomme des Accords. La poignée de main de lhôtel Matignon en juin 1988 avec Jean-Marie Tjibaou restera pour la Nouvelle-Calédonie un acte fondateur. Il y a aussi Lafleur, lhomme du partage, celui qui a accepté de céder son domaine foncier aux clans kanaks du Nord et surtout, plus fondamental peut-être, celui qui permet lentrée des Kanaks dans le monde très fermé et très européen de la mine. Le rêve du rééquilibrage se réalise et il est difficile de dire que Jacques Lafleur ny est pour rien. Cest dabord le journaliste qui interroge lhomme politique. Puis, au fil des conversations, le registre change. Au détour dune phrase, cest un Kanak et un Caldoche qui se rencontrent et sinterrogent sur leur histoire commune et les regards partagés. Là, sans contourner les non-dits, sans esquiver les postures, ils se disent les choses dhomme à homme, parlant de leur intimité calédonienne, de leurs excès, de leurs pudeurs, de leurs contradictions aussi et de ce sentiment très fort dun destin commun qui les dépasse.

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