Littérature traduite

  • Chen Cao a grandi au temps des dénonciations de masse et des excuses publiques: «Honte aux intellectuels bourgeois!», «Je suis pourri du coeur aux orteils, je mérite des milliers de morts!» Il a vu son père accusé, sa famille humiliée. Des années plus tard, lorsque l'État lui assigne un poste subalterne dans un commissariat de la ville, un drame fait écho à ce passé de fils de «monstre noir». Fu, un commerçant de la Cité de la Poussière Rouge, spolié sous Mao puis réhabilité et grassement indemnisé, est retrouvé assassiné... Une affaire qui marquera les premiers pas sur le terrain d'un poète de coeur devenu flic par hasard.

  • "Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d'une promotion ronflante, l'inspecteur Chen est démis de ses fonctions. Après tant d'enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu'on veuille sa peau. Forcé d'agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l'affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu'à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste. Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent. Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013.
    «Au début des années 80, alors que je jouais au ping-pong à l'Académie des sciences Sociales de Pékin, un jeune homme m'a emprunté ma raquette. Ce fut ma seule et unique rencontre avec Bo Xilai. Au moment du scandale, un ami américain m'a dit: "Si tu écris un roman policier à partir de l'affaire Bo Xilai, ton éditeur le refusera sûrement car c'est trop invraisemblable. Mais je savais que d'une manière ou d'une autre, certains détails se retrouveraient dans mon prochain livre. Après tout, il ne m'a jamais rendu ma raquette de ping-pong.» Qiu Xiaolong, extrait d'un entretien au New York Times, mai 2012.
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  • "Lorsque deux vieux copains se retrouvent pour pêcher, ils ne s'attendent pas à tirer de l'eau le cadavre d'une jeune femme. Pas plus en Chine qu'ailleurs. Et lorsque le camarade inspecteur principal Chen pend la crémaillère avec ses amis, il ne souhaite

  • Éteindre son téléphone portable. Flâner en touriste. Voilà à quoi rêve l'inspecteur principal Chen. La semaine de vacances que lui offre le Parti dans une luxueuse résidence au bord du lac Tai arrive à point nommé. Mais ce décor de rêve cache une triste réalité. Les eaux du lac, autrefois renommées pour leur pureté, sont désormais recouvertes d'une algue fétide car les usines de la région y déversent leurs déchets toxiques. Et lorsque le directeur de la plus importante d'entre elles est assassiné, tous les regards se tournent vers les leaders de la cause écologique ? une problématique toute neuve dans la Chine d'après Mao où la pollution tue chaque année des centaines de milliers de personnes.

  • Une femme en qipao rouge. Assassinée. Le vêtement est le symbole de l'élégance bourgeoise des années trente. Un symbole à renverser, pour les tenants de la pensée révolutionnaire. Est-ce la clé du meurtre et de ceux qui vont suivre? L'inspecteur principal Chen, aux prises avec ce tueur en série, le premier de l'histoire de Shanghai, se raccroche à Confucius : Il y a des choses qu'un homme fait, et d'autres qu'il ne fait pas. Mais dans une époque de transition aussi mouvante que celle de la Chine post-Mao, peut-on avec certitude différencier le bien du mal? Car la Révolution culturelle, et son cortège de meurtrissures, est passée par là... Dans ce roman, Qiu aborde la question des meurtrissures laissées par la Révolution culturelle.

  • «C'est une invention bien connue de conspirer contre le Parti avec des romans», a dit le président Mao. Un précepte que méditent les habitants de la cité lorsque monsieur Ma, le libraire, est arrêté un soir de l'hiver 1962. Son crime? Posséder dans ses rayons un roman étranger à propos d'un certain docteur russe. Sa peine? Trente ans d'emprisonnement pour «activités contre-révolutionnaires». Vingt ans plus tard, Ma est libéré. La Révolution culturelle est loin, Mao est mort, les autorités encouragent l'initiative privée. Que pourrait faire le vieux Ma après tant d'années de prison? Contre toute attente, son nouveau commerce est un succès. Une reconversion à mille lieues de la littérature. Quoique...

  • Cyber China

    Xiaolong Qiu

    Harmonie et probité: à en croire les médias officiels, le modèle chinois est une réussite. Mais sur Internet, la colère des cyber-citoyens se déchaîne. Zhou, un cadre de la municipalité de Shanghai, est la cible rêvée de cette chasse à la corruption d'un nouveau genre. Une photo de lui en possession d'un paquet de cigarettes de luxe, emblème des Gros-Sous sans scrupules, enflamme la toile. Deux semaines plus tard, on le retrouve pendu. Suicide? Assassinat? Sous l'oeil vigilant des dignitaires du Parti inquiets du formidable mouvement qui agite le réseau, l'inspecteur principal Chen, aidé d'une jeune journaliste, plonge dans l'univers des blogs clandestins. Là où la censure rouge se casse les dents. Cette huitième enquête du célèbre policier-poète pointe l'exaspération d'une population déterminée à retrouver sa liberté de parole face aux dérives d'un système clanique.

  • Oublier Mao? Ceux qui ont traversé la Révolution culturelle s'y efforcent. Pourtant, à l'heure du «socialisme de marché», le Grand Timonier est revenu à la mode: badges, restaurants, briquets à l'effigie de Mao... Et pour l'inspecteur principal Chen, il y a maintenant l'affaire Mao, qui lui est confiée, sans discussion possible, par le camarade ministre Huang, de Pékin. Une affaire où il est question d'un document compromettant que détiendrait une jeune et jolie «fleur de prunier». Et qui permet de vérifier encore une fois que quand le faux est vrai, le vrai est faux... Dans ce qui est probablement son roman le plus documenté, Qiu Xiaolong se confronte directement à la figure de Mao, dont l'ombre planait sur ses livres précédents.

  • Shanghai, cité de la Poussière Rouge. Dans cet ensemble de maisons traditionnelles, les habitants aiment se réunir dans l'une des allées pour leur «conversation du soir». De la prise de pouvoir du Parti communiste en 1949 jusqu'à la période actuelle du « socialisme à la chinoise », en passant par la Révolution culturelle, chacun tisse son récit. Travail, précarité, ambition et amour se déclinent selon la grammaire socialiste, car rien n'échappe à l'idéologie. Avec ces nouvelles, Qiu Xiaolong pose un regard pénétrant et lucide sur la Chine contemporaine. Certaines d'entre elles ont été publiées dans Le Monde durant l'été 2008.

  • À l'entrée de la vieille cité de la Poussière Rouge, un tableau noir égrène les progrès du pays selon la rhétorique communiste. Mais un peu plus loin, dans la cour où les habitants conversent les soirs d'été, les anecdotes qu'ils échangent sont plus nuancées. Embrassant le dernier demi-siècle, ces histoires racontent les désillusions des jeunes « soeurs de province » venues tenter leur chance à Shanghai, les malheurs de serviteurs zélés du régime, ou encore les dégâts du socialisme de marché... Ces parcours de citoyens ordinaires forment la matière de récits poétiques et cocasses, à lire comme autant de courtes et ironiques leçons d'histoire sur la Chine. «Qiu offre un panorama de son pays plein d'humour et de justesse.» Télérama
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