• L'histoire de Vichy ne s'arrêtera jamais. Trop de dissimulations et de mensonges ont fini par engloutir les mémoires.
    Yves Pourcher a fouillé au coeur de cet entrelacs. Il a traqué des personnages et reconstitué leurs parcours. Les flashs claquent sans cesse tout au long de son enquête :
    - Pétain a-t-il voulu faire assassiner Laval le 13 décembre 1940 ?- Combien gagne Simone Signoret quand elle travaille au journal collabo Les Nouveaux Temps ?- Que fait Paul Morand au cabinet Laval ?- À quoi joue Gaston Bergery à Ankara ?- Qui est Wladimir Sokolowsky, cet agent double à la solde des nazis et des Soviétiques ?- Comment, après sa condamnation à mort, Laval a-t-il pu obtenir une ampoule de cyanure pour mettre fin à ses jours ?- Et pourquoi sa fille est-elle reçue, après la guerre, à l'ambassade d'Israël ?
    Toutes ces révélations nous intriguent ou nous bouleversent. Comme si, dans ce théâtre crépusculaire, les ombres s'étaient soudain mises à parler.

  • " L'Angleterre, comme Carthage, sera détruite ! " Jean Hérold-Paquis (1912-1945), reste l'homme de la collaboration à outrance et d'une formule inlassablement reprise à Radio-Paris, l'anti Radio-Londres. L'histoire saisissante d'une voix grisée par son pouvoir.
    Se fondant sur des archives exceptionnelles - notamment celles de l'INA et du procès de 1945 - Yves Pourcher analyse la trajectoire d'un petit journaliste agité prêt à tout pour se hisser en haut de l'affiche. Localier magouilleur dans les journaux de Nancy, il devient polémiste politique à Paris. Jean Hérold découvre la radio et ses effets dévastateurs. Sa voie est tracée. Il sera le relais et l'amplificateur de tout ce qui râle et dénonce. D'abord soutien de l'Action française puis animateur du service français de Radio Saragosse, au micro des Franquistes.
    Après la défaite, Hérold-Paquis entre au service de Vichy où son zèle et son agressivité finissent par déranger. Le Maréchal est trop mou ? Hérold-Paquis rejoint les nazis, nouveaux maîtres de Radio-Paris. Après le débarquement, il fuit en Allemagne où il continue son métier de speaker enragé. Arrêté, il est jugé, condamné à mort et fusillé le 11 octobre 1945. À 33 ans.
    Cette histoire est aussi celle des années conquérantes de la radio, l'influenceur le plus puissant de la période 1930-1940. Yves Pourcher en restitue de manière très vivante la profusion, l'inventivité aussi bien que les ambiguïtés. De quoi faire réfléchir, à l'heure tout aussi vertigineuse des réseaux sociaux et des infox...

  • Condamné à mort et exécuté le 15 octobre 1945, Pierre Laval a été l'homme le plus haï de France. Son ascension au sommet de l'État a pourtant été vertigineuse : entre 1925 et 1945, il fut trois fois président du Conseil et quatorze fois ministre.
    Josée de Chambrun, sa fille unique, a patiemment écrit son histoire. Sur les petites pages de ses carnets intimes et dans ses lettres, elle a tout noté : les lieux, les rencontres, les mots et les scènes. L'entre-deux-guerres défile, l'Occupation surgit, la Collaboration s'installe. Pour le pire, le vernis mondain se mêle au politique. Autour des maîtres nazis, Arletty, Paul Morand, Coco Chanel, René Bousquet, Jean Jardin, et beaucoup d'autres grands noms, trinquent à l'avenir. Installé au milieu de ce bottin du déshonneur et de la honte, Laval s'active, et sa fille enregistre ses faits et gestes.
    Ce livre est une bande magnétique, un film inédit sur les années noires de la France. Il dit sans voile ce qu'a été l'Occupation.


  • 15 octobre 2015 - 70e anniversaire de l'exécution de Pierre Laval

    " Moi, Josée Laval, dont le nom aujourd'hui fait si peur à certains, j'ai été, dans l'entre-deux-guerres et pendant ces années si passionnantes de l'Occupation, une des reines de Paris. La seule qui ait vraiment compté, la seule qu'on ait autant couverte de fleurs et de cadeaux, de compliments et de louanges, et la seule qui, par sa présence, faisait frémir ou trembler les assistances et les soirées. "

    Elle avait aimé son père jusqu'à la folie. Partis de rien, ils s'étaient élevés ensemble dans le grand monde. Pacifiste et homme de gauche, Laval devint la figure noire de la collaboration. Son procès et sa mort furent qualifiés de " crime judiciaire ". Spectre des années noires, sa fille erra ensuite en solitaire dans la France d'après guerre. Moi, Josée Laval est une pierre lancée à nos figures qui rappelle une histoire terrible dont on a honte.

  • En 1923, un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux noirs quitte sa province et débarque à Paris. Il y trouve les lumières des salons, l'ambiance des cocktails et des bals, le sourire des femmes. Trois d'entre elles l'attirent, l'entraînent, le protègent : Bettina, une belle américaine, manequin chez Schiaparelli, Lili de Chambure et Josée Laval. Réceptions, champs de courses, défilés de mode, dîners dans des hôtels particuliers, nuits interminables. L'hiver, il skie à Saint Moritz et séjourne l'été à Deauville, à Cannes ou à Antibes. Chez les Bourdet, les Faucigny-Lucinge, les José Maria Sert, Lucien rêve face à la mer et navigue sur les yachts des Rothschild et de Daisy Fellowes. Les robes ont pris les couleurs des fleurs, Lelong, Chanel, Balenciaga, les ont dessinées. Lucien travaille pour le magazine Vogue. Les années filent, oisives, douces. Chaque soir, l'orchestre joue : Jazz, tangos, valses, les têtes tournent. Soudain, l'histoire s'accélère. Lucien entre au service de celui que Bettina a épousé : Gaston B., député, chef de parti, personnalité ambiguë qui oscille entre la gauche et la droite et, pour finir, passe au fascisme. Il connaît aussi un journaliste, agent secret, Jean Fontenoy, mari de la belle aviatrice, Madeleine Charnaux. Avec lui, il fume l'opium. Les lumières des années trente s'éteignent. Dernière soirée à l'ambassade de Pologne, bal rose de Philippe de Rothschild, l'été 1939 s'achève. La guerre éclate. Paris est occupé. Pétain et Laval s'installent à Vichy. Lucien court après les lumières de la collaboration et le champagne coule encore. Sacha Guitry et Serge Lifar paradent, Cocteau passe et salue le sculpteur d'Hitler, Arno Breker. Lucien suit Gaston B., nommé ambassadeur à Moscou puis à Ankara. Il fréquente l'ambassadeur d'Allemagne, Von Papen, s'installe à Therapia, au bord du Bosphore. L'Histoire hésite : victoire ou défaite allemande ? Stalingrad retentit comme un cri. Les cartes ont changé de mains. De retour à Paris, Gaston B. est arrêté. Lili de Chambure est morte à Ravensbrück. José de Chambrun s'enferme dans son appartement de la place du Palais Bourbon. Mais le pire reste à venir : les regrets, ceux d'une vie gâchée et de l'insupportable lâcheté. Tout, désormais, paraît faux, vide, inutile. La vie n'a plus aucun sens.

  • En ce quatre-vingtième anniversaire de l'armistice, les carnets de guerre du commandant d'infanterie, Bernard de Ligonnès, retracent la Grande Guerre, du front de l'Est au front d'Orient. À la différence de nombreux récits ayant dépeint les souffrances et l'héroïsme des poilus, nous sommes confrontés, ici, à l'expérience d'un officier qui, tout en partageant les épreuves de ses hommes, fait la guerre en stratège sans se départir de son sang-froid. Du 8 août 1914 au mois de décembre 1916, nous le suivons en Lorraine, en Champagne, dans les Vosges, dans la grisaille de la vie enterrée sur les terres de France, dans la boue, le feu et le sang. Avec ses hommes de la 22e compagnie, il participe aux batailles de la Mortagne, du Grand Couronné, de Flirey, à la 2e bataille de Champagne... Le 1er janvier 1917, Bernard de Ligonnès quitte la France pour les Balkans. Les carnets continuent à parler de la guerre, mais ils évoquent aussi Salonique et la Macédoine, le croisement des peuples, les églises et les mosquées, les yeux des femmes turques... Ligonnès fait alors ce qu'il aime : la guerre en montagne. Sur les routes enneigées qui vont vers l'Albanie, il guide la marche des fantassins, puis lance l'attaque contre les Turcs, les Autrichiens et les Bulgares qui s'accrochent furieusement à leurs positions. À la suite du capitaine Conan, il nous entraîne vers ces opérations d'Orient qui restent encore si mal connues.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Après dix-huit ans d'enquête sur le terrain, au coeur de la région Languedoc-Roussillon, cette analyse des campagnes électorales vues de l'intérieur retrace le parcours politique du candidat UDF puis UMP Jacques Blanc, son face-à-face avec Georges Frêche, maire de Montpellier, ses relations avec le Front national . Plus, il détaille le quotidien d'un homme politique en campagne : meetings, interviews avec les journalistes, repas privés, réunions dans les salles des fêtes, banquets, kilomètres parcourus sous tous les temps, etc. Au terme d'une véritable enquête d'ethnologue, c'est à une immersion dans la réalité électorale, que nous invite ce carnet de route qui fait déjà figure de classique.

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