• En dix souvenirs, Antoine, l'alter ego de Yves Viollier, nous tend ce miroir qui renvoie à des histoires qui sont autant de diamants de la mémoire. Ce ton si juste du romancier, c'est autant celui du poète que celui du mémorialiste des vies ordinaires, celles qu'ont vécu nos aïeux. Par l'auteur de C'était ma petite soeur.
    Antoine ne veut rien perdre du temps de l'enfance et des chemins creux de Château-Fromage. C'est son socle. Tout part de là. Sa mémé Lise le prenait par la main et lui ouvrait les yeux au monde. Il pédalait sur son vélo et éprouvait ses premiers émois auprès de Cocotte, la garde-barrière. Son horizon tutoyait l'infini.
    Et les voix, les gestes, les bonheurs et les souffrances de ceux qui l'ont aidé à grandir sont autant de diamants de la mémoire. Olympe qui aimait les hommes, Irma qu'on a mal aimée, Marcellin que l'amour a fui, Henri qui est allé le chercher de l'autre côté de la terre.
    C'est le regard du mémorialiste des vies ordinaires qu'Yves Viollier pose avec douceur sur ses personnages.

  • A partir de certains éléments de la vie d'une peintre qui a existé, Yves Viollier a tissé une histoire bouleversante autour de la filiation, de la création, du secret, le long des eaux douces de la Venise verte.Le père et la fille se tenaient par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu'ils dormaient." On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C'était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le père et la fille !
    Louise, jeune artiste-peintre au talent précoce, exposait déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir. La loi du silence a pesé sur le village. Des bruits ont couru sans que le mystère soit élucidé.
    Je suis allé tourner dans ce pays d'eau et de ciel aux couleurs changeantes qu'on appelle Venise verte. J'ai lu les journaux de l'époque et recherché des tableaux de celle qui m'a inspiré cette histoire, et que j'ai prénommée Louise. J'ai visité sa maison que j'ai baptisée Les Ombrages. Et j'ai essayé de remonter par le roman les chemins d'un destin qui les a décidés à se prendre par la main. Pour qu'ils revivent. Et que nous apprenions à les connaître. Afin, peut-être, que nous les aimions.

  • Née en Vendée dans les années vingt, orpheline à sept ans... Son destin est tout tracé : elle sera épouse et mère, soumise à la volonté de Dieu.
    Sa vie, déjà difficile, devient un véritable calvaire quand on la marie, trop jeune, à un homme sournois et cruel. Comme il est d'usage dans la France de cette époque, ses souffrances resteront muettes, étouffées par le conformisme social et la rigueur religieuse. Face aux épreuves, elle opposera toujours une force extraordinaire - puisée dans l'amour total qu'elle porte à ses treize enfants et dans sa foi absolue en Dieu.
    En retraçant cet itinéraire, proche par bien des côtés d'un chemin de croix, Yves Viollier a surtout voulu rendre hommage au courage et à la détermination dont savent souvent faire preuve les êtres humains les plus démunis.

  • C'est un étrange pays. Pas au bout du monde : ici, en Vendée. Là où le Marais poitevin rejoint l'océan, terre gorgée d'eau, instable, toujours menacée ; une terre plate sous un ciel immense. Au loin, la forteresse de Saint-Martin-de-Ré, d'où partent les condamnés au bagne de Cayenne. Elle s'appelle Lilas, elle vit en marge du village ; lui, Jean-Marie, est de ces "étrangers" qui travaillent à la digue que l'on élève - c'est à la fin du XIXe siècle - pour protéger les terres de Saint-Nicolas. Les gens du pays ne les aiment guère, malgré leur honnêteté et leur courage : ils sont "d'ailleurs". Et quand, après une nuit de beuverie au bistrot de la Belle Henriette, le compagnon de Jean-Marie est retrouvé égorgé, le coupable est tout désigné : Saint-Martin-de-Ré, le bagne ne sont pas faits pour les chiens... C'est l'histoire d'un amour, c'est l'histoire d'un crime. C'est aussi celle d'un homme pur, Jean Guéry, le jeune curé de Saint-Nicolas, qui, refusant le verdict, mène son enquête jusqu'à faire éclater la vérité. Et qui raconte...


  • " Car c'est toi, lorsqu'un héros tombe, qui le relèves souverain... ", écrivait Victor Hugo au sculpteur David d'Angers.

    Le 17 octobre 1793, les vendéens s'apprêtent à massacrer cinq mille soldats républicains enfermés dans l'église de Saint-Florentle- Vieil quand le général Bonchamps, blessé à mort, donne cet ordre : " Grâce aux prisonniers ! "
    Le père de David d'Angers était parmi ces soldats bleus miraculeusement épargnés.
    Trente ans après, devenu un immense sculpteur, David, le franc-maçon d'Angers, en reconnaissance à Bonchamps, réalise son chef-d'oeuvre, cette statue de chouan saluée par tous les grands romantiques.
    Dans un récit croisé, Yves Viollier - ressuscitant l'épopée de ces hommes et de ces femmes emportés dans la guerre et la Révolution et racontant les sept ans de la création d'une sculpture qui a marqué son temps - nous livre le grand roman de la grâce et du pardon.

  • Hiver 1794. Chargées par le gouvernement révolutionnaire d' anéantir le soulèvement vendéen, les colonnes infernales du général Turreau sèment la terreur et la désolation sur leur passage. Promises au massacre, deux mille personnes - hommes, femmes, enfants, vieillards - doivent fuir leurs fermes incendiées. Elles trouvent refuge au coeur de l'impénétrable forêt de Grasla.
    L' hiver est particulièrement rigoureux cette année-là ; chaque jour est un combat, chaque nuit une épreuve, et pourtant les réfugiés de Grasla survivent. Mieux, en dépit de la neige et des pluies incessantes, en dépit des privations et des morsures du froid, ils réinventent un monde, construisent des huttes, une église et même un hôpital au coeur de la forêt. Livrés à eux-mêmes au milieu du chaos, ils donnent naissance à une véritable ville.
    C' est à travers la voix de plusieurs personnages, transfi gurés par l' adversité, qu' Yves Viollier a choisi de conter cet épisode extraordinaire et méconnu de la guerre de Vendée. Ainsi Marie-Pierre, jeune sage-femme qui, jour après jour dans un hôpital improbable, soigne les blessés, ferme les yeux des morts et met au monde les nouveau-nés. Marie-Pierre qui ne refuse pas non plus de soigner un soldat ennemi qu' elle a connu autrefois, dans une autre vie. Lui laissera-t-on le droit de l' aimer ?


  • Sur fonds de débat entre école publique et privée, le grand roman de l'amitié.

    1984. Un peu partout en France, les manifestations éclatent pour la défense de l'école libre.
    Pour Chrysostome Lhermite, ces événements font écho de manière insupportable à un lointain et douloureux passé, au temps de sa jeunesse, où déjà les clans s'affrontaient. Avec son voisin, son ami, Louis Malidin, ils étaient alors liés comme les doigts de la main. C'était avant que la guerre des écoles les atteigne dans leur chair, avant qu'elle les conduise à dresser un mur entre leurs deux maisons.
    Est-ce que rien n'a changé, cinquante ans après ? Ou 1984 va-t-il être, enfin, l'occasion de signer l'armistice et que leur amitié renaisse ?
    Avec Les Deux Écoles, Yves Viollier livre une formidable leçon d'espérance dans la force du pardon.

  • Une presque centenaire se raconte par un été de canicule. Née en Dordogne, mariée à quinze ans et mère à seize, Toinou entraîne les siens ailleurs, jusqu'au bord lumineux de la Charente... Souvenirs d'une vie, mémoire des lieux et des paysages gravés pour toujours par la plume d'un narrateur ému. Un livre au charme proustien. Dans la lignée de L'Accent de ma mère de Michel Ragon.Au commencement, il y a ce pays que le narrateur découvre en rencontrant Marie-Claire, qui deviendra sa femme. La Charente, comme une Toscane française. Là-bas, au milieu des vignes et sur les bords du fleuve, il a rendez-vous avec Toinou dans sa ferme. A quatre-vingt-douze ans, cette femme a une énergie impressionnante. Sa mémoire est intacte, sa voix colorée par la terre de ses origines. Elle est née dans ce Périgord noir où les paysans ont brûlé le seigneur du château, près du village de Hautefaye devenu le " village des cannibales ". Toinou n'a eu qu'un seul désir : fuir ce pays dur à l'histoire sombre. Mariée contre son gré à quinze ans, elle a très vite entraîné les siens à émigrer. Ils sont partis, à pied, au début du siècle, vers une Charente plus riante. Fil après fil, Toinou dévide l'histoire de sa vie, son enfance, les deux guerres, la famille, les deuils, les travaux et les jours, un présent enfin plus tranquille, presque le bonheur, sa passion pour la danse...
    Et, tandis qu'elle parle et entre les rencontres, le narrateur tire aussi les fils de sa propre mémoire. Les mémoires des uns et des autres se croisent, s'enchevêtrent, se lient, et le roman devient oeuvre de transmission, de partage, histoire universelle, ode au courage, à la nature, au soleil, chant du monde et des terres de mémoire.

  • Joseph vient de mourir, presque centenaire. Cette vie qu'il a forgée de ses mains, lui, le menuisier, il l'a partagée pendant soixante-dix ans avec Eglantine. Au fil des heures de la nuit " d'après ", celle-ci se souvient de leurs jours heureux et des plus sombres, et de cette promesse qu'a faite Joseph avant de partir.Les chênes ne meurent pas, au paradis. Elle a tout de suite aimé les mains de Joseph dans les siennes. C'était il y a soixante-treize ans lors d'un bal de noces dans la campagne vendéenne. Désormais les mains de Joseph ne la caresseront plus. On vient de l'enterrer, presque centenaire en ce jour de mai 2016. Au fil des heures d'une longue nuit défilent pour Eglantine tous les souvenirs liés à Joseph ; d'abord paysan, il fut tour à tour tonnelier, charpentier, menuisier puis ébéniste ; un artisan respecté qui avait l'amour du bois, de l'ouvrage bien fait... Ils ont traversé plus d'un demi-siècle d'histoire, auprès de leurs enfants, partageant tout, des plus beaux instants aux blessures indélébiles.
    A cette vie à fois modeste et accomplie qu'ils ont forgée à quatre mains, Joseph et Eglantine ont donné sens, amour.
    Un roman universel et bouleversant. Une histoire de transmission.

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    Comment vivre avec un sentiment d'abandon depuis l'enfance ? En ces années 1960, Jeanne a grandi de famille d'accueil en famille d'accueil. Elle raconte sa vie, ses petites soeurs retrouvées et celle qui a eu plus de chance...
    Nous ne savions pas ce qui nous attendait... Jeanne se souvient. L'été 1960 s'achève, elle a sept ans. L'Assistance publique les a confiées, elle et ses deux demi-soeurs, à mademoiselle Eugénie qui vit avec ses parents au château des Marguerites. Jeanne a connu les coups et les brimades, avant. Ici, elle goûte, le coeur à peine apprivoisé, à une certaine insouciance : soigner les bêtes, déguster la bonne brioche chaude...
    Un jour, tous se pressent autour d'un bébé dans son berceau drapé de blanc. "Ta petite soeur", a murmuré Mademoiselle, les yeux brillants.
    Jeanne, petite marguerite, voudrait juste qu'on l'aime, un peu, vraiment, beaucoup. Mais elle comprend qu'on ne lui dit pas tout...
    D'une plume magnifique, Yves Viollier fait vivre une voix de l'enfance, celle, véridique, de Jeanne, qui, devenue grande, cherchera partout sa place et le chemin de la résilience. Un roman bouleversant.

  • Depuis sa naissance, Clotilde est assaillie par des images de guerres, de meurtres, de violences, associées à un visage de femme dont elle ne sait que le nom : Sétima.
    Quand les bulldozers du Mans mettent au jour un charnier datant des guerres de Vendée, la vie de Clotilde bascule. Car ce sont bien des images de cette nuit atroce du 13 au 14 décembre 1793 qui ravagent sa mémoire depuis sa naissance. Cette nuit où, après la déroute des armées vendéennes, les hussards et les patriotes se livrèrent au pillage, tuant et violant tous ceux et toutes celles qu'ils jugeaient suspects d'avoir partie liée avec les Vendéens.
    Contre l'avis de ses proches, Clotilde part au Mans, déterminée à découvrir toute la vérité sur cette femme qui la hante.
    Dans quelle aventure inouïe se lance-t-elle pour se libérer de ses fantômes ? Jusqu'où suivra-t-elle Sétima ?

  • Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement, sans s'inquiéter de la tempête annoncée.
    A 3 heures du matin, quand les digues ont lâché, la mer est montée inexorablement, a noyé les plages et les routes et, sans jamais modifier son allure, a enlacé les maisons, piégeant leurs résidents qui essayaient d'échapper à cet élément si familier, devenu en quelques heures un ennemi mortel.
    Julie dormait à la Pointe ; Guillaume et Alexandra étaient dans leur maison du lotissement en compagnie de leur fille ; les grands-parents Montauran venaient d'arriver dans leur cabanon de vacances avec Jérémie et Claire, leurs petits-enfants. Ils ont tout fait pour s'en sortir.
    A travers le destin de plusieurs familles, Yves Viollier a recréé les heures terribles que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont affrontées en tentant de toutes leurs forces de survivre.
    Avec des personnages romanesques inoubliables plongés au coeur d'un événement bien réel, Yves Viollier dépeint l'horreur mais aussi la dignité, le courage et la solidarité dont ont fait preuve toute une région, tout un pays.

  • En 1793, le roman d'une grande page de l'insurrection vendéenne.En 1793, dans le village vendéen de Château-Fromage, les six fils du meunier Guillaume prennent la tête de la rébellion contre les républicains. On les appelle les Moutons Blancs, parce qu'ils portent des manteaux de peaux de mouton. Immenses, ils en imposent, c'est pourquoi tout le village les suit.
    Peu à peu, d'autres bandes de royalistes blancs se mettent en route à travers la Vendée pour contrer les républicains à l'uniforme bleu.
    Bientôt viendront les combats et les tueries, le lot de toutes les guerres civiles...
    Yves Viollier évoque l'histoire authentique de ses ancêtres dans cette époque méconnue et troublée.

  • Marie a perdu son mari très tôt et a élevé seule Simon, son fils. Parce que c'est sa nature, Marie donne. Son temps, son énergie, sa tendresse, sa foi, sa compassion. Dans le cadre d'une mission épiscopale, elle tente d'aider une dizaine d'adolescents en proie à de graves difficultés personnelles.
    À dix-sept ans, Simon est parti à Haïti travailler dans une ONG. Il a découvert dans ce pays martyrisé une misère et une violence qu'il n'avait pas imaginées. Son inexpérience et sa maladresse ont peut-être causé la mort d'un enfant. Fortement traumatisé, Simon a été rapatrié en France où sa mère s'est convaincue que le retour au pays lui permettra de surmonter ce deuil.
    Trop accaparée par son engagement, elle ne voit pas qu'il dépérit jusqu'au jour où, inconsolable, il se jette par une fenêtre. On le relève paraplégique. Le monde de Marie s'effondre...
    Où trouvera-t-elle la force de se relever ?

  • Le Marié de la Saint-Jean nous emmène sur les chemins de la générosité. Ce long parcours de Zhida, " adopté " par une famille, des amis, un pays, Yves Viollier le raconte avec une émotion sincère et une grande justesse.1977. Le mariage de Zhida se prépare à la Gallifrère, la belle ferme de ses futurs beaux-parents, près de Luçon. Zhida, jeune Chinois du Cambodge, Français " banane " comme il dit - jaune à l'extérieur - a dû partir, seul, pour la France à l'âge de huit ans avec son petit frère, et aller en pension à Romilly.
    Son père, tout juste arrivé de Hong Kong, et son oncle, qui a pu échapper aux Khmers rouges et émigrer en France, seront là pour son mariage. Au coeur des trois nuits étouffantes de plein été qui précèdent la fête, Zhida revit l'histoire de sa merveilleuse rencontre avec la rousse Gabrielle, qui l'a choisi sur les bancs du lycée. S'invitent aussi dans ses souvenirs l'enfance, que l'exil a rendue douloureuse, l'adolescence et la jeunesse précaires. Et c'est à sa mère, la grande absente, disparue dans les ténèbres de la barbarie, que ses pensées reviennent, elle dont le sourire fragile va l'accompagner jusqu'à l'autel.

  • La route de glace

    Yves Viollier


    Que sont devenus Pierre et Maïa, les héros romantiques de La Flèche rouge ?

    C'était en 1937. À l'occasion d'un voyage en train reliant Saint-Pétersbourg à Moscou, Pierre et Maïa tombaient fous amoureux l'un de l'autre. Ils avaient dix-sept ans. Il était français et communiste, elle dansait au Bolchoï. La Seconde Guerre mondiale a broyé cette passion naissante...
    1950. Pierre partage une existence douce et paisible avec la tendre Hélène, son amie d'enfance. Mais, quand l'occasion se présente de retourner à Moscou, il ne peut résister : il part retrouver Maïa. Là-bas, les deux amants renouent, l'espace d'une nuit, avec la force dévastatrice de leur amour. Rentré dans son village, Pierre souffre mille morts. Il ne peut pas renoncer à Maïa et il n'a pas le droit de trahir Hélène, ni le fils qu'elle lui a donné.
    Lorsqu'on 1954 Maïa décide de profiter du passage du Bolchoï à Paris pour fuir le régime communiste, Pierre l'aide sans hésiter. En faisant ce choix, il sait que pour lui et les gens qu'il aime, rien ne sera jamais plus pareil. Ce qu'il ignore, c'est que l'Histoire, une fois de plus, s'apprête à les rattraper...

  • Enfant, Renée rêvait d'échapper au sort cruel réservé aux "filles de boches ". Arrivée maintenant à la cinquantaine, elle croit pouvoir se réapproprier sa vie tout entière en restaurant le magnifique logis de Tourtras qui donne à perte de vue sur l'immense ciel de la Charente. Mais elle ne se doute pas qu'elle a rendez-vous avec son destin. Elle va réveiller un passé terrible, lourd de secrets douloureux et de haines inexpiables... Yves Viollier tient le journal de cette femme qui veut se reconstruire avec une volonté farouche, contre toutes les oppositions et les violences d'aujourd'hui et d'hier.

  • Pour ces paysans vendéens, quitter leur terre martyre, leurs églises, leurs familles, c'était presque une désertion. On ne s'y résolvait pas sans déchirement, quelle que fût la misère. Mais quand Antoine Gendreau rentre de captivité, en 1919, et qu'il se retrouve veuf, il décide de secouer le poids du passé et de la routine et de recommencer ailleurs une vie nouvelle. Ailleurs : pas loin, en Charente, où la terre et le ciel sont plus doux et où tant de Vendéens déjà ont émigré. Malgré les réticences du père, mais soutenu par sa mère et ses deux frères, il entraîne toute la famille sur les routes de Charente. Ils s'installent à Martignac, sur une grande propriété en friche, Sarreboute, comme des pionniers. Ce qu'ils feront de Sarreboute, année après année ; quelles seront leurs peines, leurs joies, leurs espérances ; quels conflits - entre Antoine et son frère Louis-Marie même, pour l'amour d'Angéline - les déchireront ; quel long, long chemin sera celui de Louis-Marie jusqu'à la réalisation du grand rêve : rejoindre les rangs de l'aristocratie terrienne qui cultive la vigne et distille son cognac - c'est toute l'histoire que content Les Pêches de vigne. La terre, la famille, l'amour, réalités charnelles. Ici, tout est vrai et juste. Deux pays s'y épousent : c'est la rigueur vendéenne éclairée par la lumière charentaise.

  • 1927. La Malvoisine, une ferme-épicerie vendéenne, semble prospérer tranquillement. Eugène et sa femme Églantine y vivent et y travaillent avec leur fils de six ans, le petit Maurice, le grand valet et la vieille tante. Lorsque Eugène tombe malade et meurt subitement, le docteur incrimine la tuberculose. Mais, peu à peu, tous les habitants de la Malvoisine succombent mystérieusement les uns après les autres. Dans la région, les esprits s'échauffent et l'imagination se déchaîne. " La male bête " est-elle en train de s'acharner sur la Malvoisine ? La ferme est-elle maudite ?

  • Qui a tué ? Qui, le 12 juin 1856, a tué cinq personnes au château de Fontfroide ? On les a retrouvées, effondrées, le nez dans leur assiette de daube - une daube relevée d'un cognac mêlé de cyanure, comme l'enquête devait vite le révéler. Il fallait un coupable : on en a trouvé un, vite fait. Vingt-deux ans plus tard, un jeune homme, avec toute sa famille adoptive, des Vendéens de la Petite Eglise, arrive sur un domaine proche de Fontfroide pour les vendanges. Au milieu de ces Vendéens trapus, sombres de poil, il surprend : il est blond, élancé, d'une certaine distinction naturelle. Il s'appelle Ange, parce que sa mère, la maîtresse de Fontfroide morte empoisonnée avec les siens en juin 1856, s'appelait Angéline. Mais qui était son père ? L'enquête lui sera difficile, plus difficile encore l'élucidation de la ténébreuse affaire du meurtre au cyanure. Comment savoir vraiment dans cette Charente secrète qui vit derrière ses murs et ses porches clos au milieu des vignes ? Beaucoup plus, beaucoup mieux que l'histoire d'un crime. Une plongée dans la vie profonde de la province française, il y a un siècle : ténèbres et lumière, rudesse et tendresse...


  • Yves Viollier, avec l'honnêteté et la sensibilité qu'on lui connaît, poursuit le portrait vivant de sa Vendée.

    Accrochés à leur Petite Église comme le chêne de leur bocage à son talus, ils sont encore quelques centaines à vivre et à pratiquer selon les traditions antérieures au Concordat. Ils n'ignorent pas qu'ils forment un îlot sans cesse menacé, que les gens tout autour vivent autrement. Le mariage est le ciment qui soude leur communauté, la fidélité leur orgueil. Ils n'ont pas connu un divorce depuis deux cents ans. Aussi, quand Danièle, la fille de l'un des principaux responsables de la dissidence, quitte sa maison, son mari, ses enfants, l'émotion est considérable. Toute la tribu va se mobiliser pour la retrouver et la ramener. En se demandant si la Petite Église ne vit pas le commencement de la fin.
    Naturellement, cela se passe en Vendée.

  • Deux soeurs : Marie, quatre-vingt-un ans ; Aminthe, soixante-dix-neuf ans. Deux vieilles demoiselles qui réussissent à vivre dans une entente fragile entre le chat, le carillon et le piano de leur grande maison de famille. Mais voici leur paix menacée : pour cause de rénovation du quartier, leur maison doit être détruite. Elles refusent, elles se révoltent. Déboussolées, elles se jettent dans des folies, dont une extravagante virée à bord de leur vieille 4L, à travers les marais, qui attire sur elles l'attention de tout le pays. Et les souvenirs qui les hantent depuis leur enfance explosent, leurs amours ratées, leurs mensonges. Pourtant, elles ne perdent pas pied : si elles doivent abandonner leur maison, ce sera comme elles l'entendent... Cette histoire toute simple pourrait être dramatique. En réalité, parce que ces deux vieilles originales ont autant de caractère que d'humour, elle est à la fois émouvante et drôle. Elles sont irrésistibles, Marie et Aminthe : on les aime ; on voudrait les prendre par la main pour leur faire traverser les rues et ce qui leur reste de vie. On les accompagne pas à pas avec un sourire ravi qui vient du coeur.

  • Fierté des chemins de fer soviétiques, la Flèche rouge reliait Leningrad à Moscou. En cet hiver 1937, ils sont huit cents passagers à bord, dont Pierre, jeune mineur vendéen à qui son syndicat a offert ce voyage, et Maïa, élève du Kirov qui va danser pour la première fois au Bolchoï de Moscou. Il a dix-sept ans et aspire à s'installer un jour dans ce paradis communiste, elle en a seize et rêve de fuir ce régime qui a broyé sa famille et d'aller triompher sur les scènes d'Europe et d'Amérique.
    Ils ne se seraient jamais rencontrés si une terrible tempête de neige n'avait bloqué le train et ne les avait coupés du monde pendant plusieurs jours.
    Malgré le froid, la neige, les loups, la faim, la suspicion de leur entourage et les violences de l'Histoire, Pierre et Maïa vont s'aimer.
    Un puissant roman d'amour et un hymne à la pureté, au courage et à la force vitale de la jeunesse.

  • Deux enfants. Deux enfants dans la Vendée des années 1880. Augustin vit chez son oncle métayer ; il est orphelin : sa mère est morte en le mettant au monde sans avoir dit qui était son père. Elise est élevée au château des Etablières. Tout les sépare... Un jour, pourtant, ils se retrouveront par-delà les épreuves, les révélations douloureuses, les séparations, et la guerre. L'histoire de cet amour s'inscrit dans un temps et un pays qui n'ont rien oublié des violences de 1793. La vie est rude, la société rigide. Il faudra à Augustin tout son courage, toute sa passion de la rerre et des bêtes, et l'ardeur du sentiment qui le possède, pour secouer le poids du passé et devenir l'homme nouveau qu'Elise espérait. Sur quoi roulent les saisons, les travaux, les bonheurs et les peines.Un roman sobre et juste, qu'emporte un flot généreux et où l'émotion naît de la vie même.

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