• Lutterie électrique porte sur des questions de poétique propres à l'oeuvre de Samuel Rochery. Il prend la forme d'un échange entre le poète Steve Savage et l'auteur, afin d'élucider les raisons, parfois simplement les causes, d'une position qui peut s'entendre comme la fabrication d'un instrument de lutte, pour que puisse passer un courant dans la langue, au-delà de ce qu'on range déjà sous le nom de littérature. On y cherchera à savoir comment s'articule l'improvisation à l'idée du livre achevé, pourquoi et comment lier la musique rock à la poésie, en quel sens une figurine peut remplacer le personnage littéraire, en quoi le poète est lyrique (comme tout le monde), et en quoi il lui appartient de faire autre chose de son lyrisme. Comme dans tout entretien, on y parlera aussi de choses légères et graves, personnelles et générales, on digressera sur la mémoire, le politique, Steve Albini, le karaté, la philosophie. Au final, cet échange permet d'esquisser une pensée de l'écriture comme «petit art de la recherche live».

  • Irréductible à une définition simple, la poésie incite à réunir autour d'elle une constellation de mots qui l'éclairent par facettes.
    En poète, Jean-Michel Maulpoix convoque donc des verbes qui disent les gestes d'un travail (couper, lier), d'autres qui désignent des mouvements du corps et de la pensée (se retourner, s'en aller) ; des substantifs qui marquent l'étendue d'un champ d'expérience (chair, terre, mémoire, désir), d'un espace préféré (paysage, jardin), ou d'objet (fenêtre, fontaine), ou d'états (fureur, mélancolie) et de formes (alexandrin, ode, fragment)... Une place est même réservée aux pronoms (je et tu).
    C'est ainsi l'expérience humaine qui défile sous nos yeux et déborde du cadre de la page. Peut-être est-ce cela même qu'il faut retenir de cet abécédaire sensible : la poésie est moins faite pour aboutir à un beau livre que pour nous rendre à la vie même.

  • « Pourquoi le Persan estime-t-il à tel point ses grands poètes, lesquels ont acquis chez nous une vénération quasi religieuse ? Quelle est la nature de ce rapport intime qui lie le Persan à ses poètes dont les messages investissent tout son être et pénètrent profondément la substance de son âme ? »
    C'est à partir de cette interrogation que Daryush Shayegan, l'un des plus importants penseurs iraniens vivants, nous introduit aux cinq grands poètes persans, don't on pourrait presque dire qu'ils ont acquis un statut mythique: Ferdowsî, qui par son Shahnâmeh ou Le livre des rois, refonda l'identité persane en ressuscitant la mémoire de l'Iran antique; Omar Khayyâm qui, libre des croyances religieuses, chercha à saisir l'instant éternel ; Mowlânâ Rûmî, l'un des plus grands mystiques de tous les temps; Sa'dî l'humaniste et « Le maître de la parole », qui forgea la langue persane et son idée de civilité ; et enfin Hâfez, cette « langue de l'invisible » qui brisa avec une rare audace tous les tabous encombrants de la religion légalitaire. Chacun représente une facette de l'âme iranienne toujours vivante, comme en témoigne l'immense succès de ce livre en Iran : neuf réimpressions en deux ans !

  • Témoins de leur époque, de leur civilisation et des systèmes de pensée de leur temps, Omar Khayam, Li Po et Charles Baudelaire sont parmi les plus célèbres des poètes qui, à travers le monde, ont chanté le vin. Par-delà les siècles et les cultures, le regard d'une étonnante proximité et d'une fascinante modernité qu'ils portent sur la vie est universel et intemporel. Omar Khayam, l'astronome perse pessimiste et lucide qui vécut vers l'an mille et qui ne croyait pas au Ciel, Li Po en Chine, le poète de cour du huitième siècle également moine taoïste empreint de nature et de spiritualité, Baudelaire enfin, en France au dix-neuvième siècle, le poète du spleen qui s'interroge en pleine révolution industrielle : trois visions puissantes et complémentaires où s'exprime une véritable réflexion commune sur l'homme face à sa destinée, face à la puissance de la nature et à l'écoulement inexorable du temps.

  • Après Petite géographie de la fuite, Thierry Pardo poursuit inlassablement sa recherche des espaces de liberté. Cette fois, il marche sur les pas du philosophe naturaliste Henry David Thoreau et met notre époque au défi d'une nouvelle expérience forestière, dans une maison "sans bouton". Sa démarche exploratoire interroge notre relation au monde, à la nature et au silence sans toutefois se couper des questions contemporaines. Comment participer à la poésie de notre vie sans s'abîmer dans les préoccupations de notre siècle ? Comment un petit pas de côté et un saut dans le temps peuvent relier Walden et Weedon et inventer de nouveau la vie dans les bois ?

    Dans ce bref essai poétique, Thierry Pardo nous invite à contempler le monde différemment.

  • Matin ou soir
    peu importe
    les cloches nous ponctuent
    En août 2014, en Syrie, Anne-Lise Blanchard découvre les villes fantômes de Qousayr, Homs. Les maisons des quartiers chrétiens ont été incendiées pour empêcher tout retour, une bombe a été placée dans la cathédrale de Homs. Elle écoute les paroles des déplacés en Syrie, des réfugiés au Liban. « Je les recueille comme de précieux fragments d'une vérité dénaturée, d'un quotidien ignoré ». « Nous vivons l'oecuménisme du sang » affirme en juin 2015 le patriarche catholique melkite d'Antioche. Ce sang répandu, comme la dignité rencontrée, Anne-Lise Blanchard avait promis d'en rendre compte. « Le danger sera là bientôt, chez vous, donc il faut être vigilant, éveillé, être vrai. L'Occident est complètement endormi » averti le Père Ephrem, dominicain irakien. De manière bouleversante, Le Soleil s'est réfugié dans les cailloux fait résonner poétiquement cet avertissement.
    qu'elles mettent en branle
    qu'elles suspendent
    nos gestes
    avec jubilation
    elles traversent emportent
    nos corps écrivant
    la page du commun ouvrage
    Anne-Lise Blanchard nomadise entre les Alpes, Lyon et le Proche Orient où elle oeuvre avec une organisation humanitaire auprès des chrétiens persécutés (SOS Chrétiens d'Orient).

  • Engagés, sincères et surtout d'actualité, les poèmes de ce recueil sont un courageux appel à l'antiterrorisme, à la philogynie, à la protection de l'enfance. L'auteur place ici son ouvrage dans l'évocation et la célébration de certaines des belles choses honorables de la vie comme les sentiments d'amour, d'amitié ou de solidarité.

  • La langue turque est tard venue dans la littérature du Moyen-Orient et a dû faire sa place à côté des langues dominantes qu'étaient l'arabe et le persan. Elle s'impose d'un coup à travers la poésie de Yûnus Emre (1240-1320). Tout de suite très populaire, elle a subi une distorsion significative en étant interprétée selon une orientation mystique. Mais Yûnus Emre n'était affilié à aucune confrérie ; il représente la tradition de l'islam anatolien, syncrétiste et hétérodoxe, dont la spiritualité, la pensée ironique et contestataire de toutes les institutions, à commencer par le soufisme, ne peut se déployer que poétiquement. Ses poèmes mettent en oeuvre le désir naïf du lecteur pour la mystique, afin de le conduire à la ruine, à ce champ de ruines qu'est la spiritualité.


  • Que voit-on à travers tout masque troublant le corps et le coeur dans ce qu'ils ont de plus enraciné dans leur histoire, dans ce qui les relie aux êtres chers ? Les poèmes de ce recueil seraient comme autant de cartes retournées par un moment inconnu souvent terrible, parfois serein. Le jour suivant ne reconnaît que la lumière en dépit d'empreintes vides. De la sève se demande alors comment dessiner, enflammer de nouveaux contours. Il faut pourtant bien qu'une autre saison permette à la fête la plus intime de revenir. La vie parle et montre des couleurs capables d'enchanter l'orage.

  • Hommage à la terre, et à ceux qui vécurent des temps jadis : nos pères bien-aimés qui, autrefois, furent obligés de braver des souffrances pour dessiner notre avenir...Au rythme des Pater Noster se veut aussi un cri de coeur face aux moeurs ; un appel à un lendemain meilleur.

  • En trois actes et douze palabres-poèmes, « L'Homme adépendant » nous fait presque traverser un demi-siècle de convulsions politiques, sociales et culturelles d'une Afrique pour l'essentiel vécue et observée à partir de la fenêtre du Bassin du Congo.

  • Cet ouvrage va nous faire découvrir deux grands chefs-d'oeuvre en langue turque ancienne demeurés énigmatiques pendant des siècles : Kutadgu Bilig de Yusuf de Balasagun composé en vers de style théâtral et dramatique, en 1069-1070 et le Divan (le Compendium des parlers turcs) de Mahmud de Kachgar achevé en 1077, qui nous révèlent deux exemples de l'expression poétique et de la vision du monde des Turcs anciens.

  • Les parties du recueil portant le nom des Parques contiennent des extraits d'autobiographie existentielle : l'auteur rapporte les différentes étapes de son parcours souterrain dans les boyaux de l'âme. Il s'agit d'un exercice difficile qui est un véritable labeur, alors l'auteur rêve d'une poésie plus légère, sur laquelle ne pèserait pas l'injonction provenant du fin fond de la nuit intérieure. Lassé de la poésie introspective, il tente de s'y soustraire par deux fois dans les parties intermédiaires, se concentrant sur des images consolantes venues du passé ou bien sur celles de quelques films qui l'ont marqué et apaisé.

  • Avec cet essai original, l'auteur revisite treize livres - qui sont autant de chefs-d'oeuvre - sous un angle inattendu, en s'attardant sur le médiocre, le laid et le trivial d'univers aussi disparates que la mécanique, la guerre, la prison, la maladie ou la prostitution. Entreprise quelque peu baroque, en forme de gageure sans aucun doute, mais qui veut simplement « réhabiliter » une certaine littérature, à mi-chemin entre la narration impersonnelle et la confession intime ; et de la sorte laisser entrevoir une autre conception et une autre perception de la poésie, où le prosaïque est transcendé au prisme de l'imaginaire et où l'écriture sublime les pires vulgarités.

  • Chacun de ces poèmes est un petit univers où brille notre imaginaire lors d'une rencontre, d'une pensée, d'une présence humaine ou végétale, minérale ou historique... C'est le rôle que Michel Cosem assigne à la poésie pour qu'elle donne grâce à la magie de l'écriture couleurs à toutes choses et d'en partager la beauté.

  • L'idée de ce livre est née du constat que mythe et poésie ont en commun cet air d'atemporalité qui leur confère un côté d'actualité que nous avons pris en charge. Les intrigues des dieux et déesses de l'Antiquité, calquées sur les drames vécus par les hommes, rappellent celles que vivent les hommes et les femmes. L'imaginaire poétique fait revivre des Antigone, Pénélope et Prométhée, Eurydice, Orphée et tant d'autres. Leurs craintes, leurs peines et leurs questions sont toujours les nôtres. La poésie permet de les faire résonner et de redécouvrir toute la richesse d'un imaginaire collectif.

  • L'unique homme qui nous balançait au ciel
    Et nous rattrapait avec des éclats de rire était notre père
    Comme un vase de cristal, je me suis brisée en tombant de ses mains.
    Il faut écouter les mots de ces femmes qui ont lutté pour être libres et le disent avec talent, dans une société où la tradition ne leur réserve que la soumission. Ces voix, dont certaines très belles, témoignent avec courage d'un cours nouveau.
    Gérard Chaliand

  • La stylistique des textes et la poétique des genres et des formes littéraires coopèrent dans la pratique en préservant leurs principes doctrinaux et compétences propres. Cet ouvrage tente d'apporter une justification théorique à cette condition fondamentale, avant de proposer deux lectures conjointes à un échantillon de la poésie africaine francophone.

  • "Sa "poésie du bitume" est une déesse à mille visages. Elle libère l'homme de ses chaînes mentales et des aliénations du langage quotidien. Elle n'est pas un instrument de liberté. Elle est la liberté par elle-même, par sa nature même. Seck a une conscience aiguë des grands problèmes que le temps pose aux hommes". Doudou Camara, Docteur ès Lettres

  • Cet ouvrage essaie de présenter au lecteur français quelques questionnements sur la poésie israélienne, ainsi la complexité de la périodisation, l'équilibre entre le narratif national et le personnel, les mythes bibliques ou l'identité israélienne renouvelée par le multiculturalisme de la société. On traite également des liens entre l'amour et le divin, et des structures poétiques européennes dans leurs versions hébraïques. Chacun de ces chapitres est illustré par des textes poétiques en hébreu traduits en français qui démontrent respectivement ces problématiques.

  • « L'oeuvre de Stéphane Magarelli est une Iliade à fleur de nerf. » Amélie Nothomb
    Angst traduit avec une précision chirurgicale l'indicible expérience de l'angoisse et restitue l'ambiguïté de ses vertiges qui, dans les silences intérieurs, s'immiscent en chacun.

  • ...Jongler avec les mots, jouer de sérieux,

    Unir au franc-parler l'élégance du verbe,


    Critiquer sans haïr, juger sans être acerbe,


    Être sobre, constant, jamais prétentieux...




    - LE BAIN D'ARCHIMÈDE -








    C





    omme il prenait son bain, le savant Archimède
    Qui avait énoncé son principe sans aide
    S'écria - Eurêka... en trouvant son savon !



    L'erreur peut se glisser dans ce que nous savons.

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