• Histoire de la tunisie

    Sophie Bessis

    Située au coeur de la Méditerranée, regardant vers l'Europe et vers
    l'Orient, la Tunisie s'est nourrie des influences des civilisations qui
    l'ont tour à tour habitée pour rayonner bien au-delà de son petit
    territoire. Sophie Bessis nous plonge dans l'histoire de ce pays trois
    fois millénaire pour en saisir la richesse et la singularité.
    De la fière Carthage, qui a su tenir tête à Rome, à la bouillonnante
    Ifriqiya médiévale, de la conquête arabe à l'instauration du Protectorat
    français, du « despotisme éclairé » de Bourguiba aux espoirs
    nés de la Révolution de 2011, l'auteure interroge la nature de
    l'« exception tunisienne » et nous éclaire sur la façon dont s'est construite
    la « tunisianité ».
    État longtemps qualifié d'exemplaire pour sa sécularisation et les
    droits accordés aux femmes, initiatrice des « Printemps arabes »,
    la Tunisie reste le symbole d'une démocratie possible en pays arabe.
    Mais celle-ci est menacée par la proximité d'un environnement
    régional troublé et par l'implantation sur son territoire de foyers de
    radicalisme religieux. La Tunisie doit aussi composer avec la fracture
    millénaire entre un littoral anciennement urbanisé et économiquement
    privilégié et un intérieur qui se sent délaissé, fragilisant l'unité d'un
    peuple écartelé entre des héritages contradictoires.
    En revisitant chaque étape de ce riche passé dans cette synthèse
    érudite et réfléchie, Sophie Bessis interroge l'avenir d'une nation entrée
    depuis 2011 dans une nouvelle séquence de son histoire.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre « La Tunisie, moi j'y vais » clamait, au lendemain du tragique attentat au musée du Bardo, une campagne de publicité. Bien vu. Car malgré l'horreur terroriste, les Tunisiens vous attendent. Destination prisée s'il en est, leur pays mérite à tout point de vue le détour. Carthage et ses merveilles archéologiques romaines, les rivages de la Méditerranée, la douceur de Djerba, les étendues désertiques, les forêts côtières... Et surtout, un peuple résolu à se moderniser, amoureux de la culture occidentale, française en particulier. La Tunisie est ici racontée par les siens, intellectuels, émigrés, responsables politiques. Un récit pour dire le destin d'un pays fracturé, qu'une majorité de sa population s'emploie tant bien que mal à cicatriser. Pour lui redonner le charme et les vives couleurs d'antan. Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Écrit dans le chaudron consécutif au printemps arabe, il raconte les tourments d'une nation audacieuse, résolue à montrer au monde son meilleur visage. La Tunisie est un pays de passion. Laissez-vous reconquérir. Un grand récit suivi d'entretiens avec Lofti Aïssa, Souhayr Belhassen et Mustapha Ben Jaafar. Un voyage historique, culturel et politique afin de mieux connaître les passions tunisiennes. Et donc mieux les comprendre. EXTRAIT Tout débute forcément par elle. Elle est le point de départ de toutes les déambulations, le carrefour obligatoire des rencontres et le terrain favori des manifestants pour dégoupiller leur colère. L'avenue Bourguiba troue Tunis d'est en ouest, de l'Horloge chapeautée d'or à la statue d'Ibn Kaldoun (1332-1406). À cette extrémité, l'ambassade de France et la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul se font face par-dessus l'épaule du précurseur de la sociologie moderne, un démiurge au panthéon intellectuel de la Tunisie. À l'autre, en amont de l'avenue, trône, massivement gris, le ministère de l'Intérieur, aux sous-sols de sinistre réputation sous l'empire oppressif de Ben Ali. A PROPOS DE L'AUTEUR Ancienne responsable de la rubrique internationale du journal Le Temps (Genève), Angélique Mounier-Kuhn a couvert avec passion la révolution tunisienne.

  • Des années Bourguiba (1956-1987) au révolutions arabes, en passant par la présidence Ben Ali (1987-2011), retour sur l'histoire contemporaine, sociale et politique, de ce petit pays ouvert sur l'Occident et la modernité qui aborde, depuis la révolution de Jasmin, un nouveau cycle politique. Au début de 2011, en chassant du pouvoir un dictateur vieillissant, la Tunisie a été propulsée sur la scène médiatique internationale. Initiateur des " printemps arabes ", ce petit pays donnait pourtant l'image d'un régime stable, certes dirigé par un despote, mais ouvert sur l'Occident. Cependant, la question de la succession du président Ben Ali amenait certains auteurs à s'interroger sur la durabilité d'un pouvoir largement fondé sur la coercition. Ce livre apporte des clés pour comprendre la manière dont le régime autoritaire tunisien s'est construit, puis pérennisé, et a été remis en cause. Si le système politique instauré par le président Bourguiba (1956-1987) était sous-tendu par un projet de société modernisateur, celui du président Ben Ali (1987-2011) visait à transformer le pouvoir en un instrument d'accumulation de richesses économiques au profit d'un clan familial. La rupture introduite par la " révolution " de 2011 a ouvert la voie à un nouveau cycle politique.

  • Depuis le e siècle, juifs et musulmans vivent côte à côte en Tunisie, parfois en paix, parfois en confl it. Au e siècle, seules subsistent quelques traces de la présence juive en Tunisie. Pourquoi cette cohabitation entre les deux peuples a-t-elle duré si longtemps ? Pourquoi s'est-elle achevée brutalement ? Des débuts de la conquête musulmane à l'Empire ottoman, du protectorat français à la Seconde Guerre mondiale, la cohabitation entre juifs et musulmans en Tunisie alterne entre tolérance et exclusion, concorde et confl its. À cela s'ajoutent les dissensions internes entre juifs portugais et juifs tunisiens qui s'exacerbèrent à la fi n du e siècle. Spécialiste du judaïsme maghrébin, Abdelkrim Allagui retrace sans parti pris l'histoire des juifs de Tunisie. À travers l'étude des pratiques sociales, économiques et culturelles qui ont fondé les conditions d'une coexistence millénaire, il interroge les raisons du divorce qui a conduit les juifs à quitter peu à peu la Tunisie musulmane.

  • La Tunisie, à l'origine de ce qui a été désigné comme les « printemps arabes », a inventé un type de révolution sans équivalent dans l'histoire. Qu'est-ce, en effet, que cette révolution qui n'est ni idéologique ni partisane ? Pourquoi rappeler l'ancienne garde pour assurer la relève ?
    Dans ce livre, Yadh Ben Achour - alors à la tête de la Haute Instance pour la transition démocratique - fait le bilan théorique et pratique du moment révolutionnaire. Les différentes étapes, le contexte sociologique, culturel, les acteurs impliqués, les retours en arrière : l'auteur suit pas à pas et sans concession l'histoire en train de s'écrire. Il démontre la portée de ce soulèvement, et l'importance du droit face à toutes les idéologies.

  • Coédition Karthala - IRMC Tunis.
    Le thème de l'exception tunisienne défie le temps. Il s'inscrit dans une longue tradition, sous la plume des auteurs les plus divers. Il a magnifié le projet de modernisation autoritaire de Bourguiba. Après avoir connu une relative éclipse durant les vingt-cinq années de dictature de Ben Ali, il fait de nouveau florès depuis le soulèvement populaire de 2011. Il a désormais pour principal référent, non plus le développement, mais la démocratisation.
    Aujourd'hui comme hier, l'exception tunisienne n'est qu'un mythe.
    Exception en quoi et par rapport à quoi ? La question, lorsqu'elle est posée, s'en tient à des ensembles improbables : le monde arabe ou les « printemps arabes ». Biaisée, elle contient déjà la réponse, à vrai dire une lapalissade qui découvre un pays arabe pas comme les autres. Le truisme présuppose que ces « autres » constituent une totalité et permettent de discerner une règle générale à laquelle la Tunisie dérogerait. Ce qui précisément ne va pas de soi.
    Le mythe procède d'abus ou de commodités de langage, qui figent, voire essentialisent, des particularités. Il entretient une méprise sur la spécificité. En tant que telle, la spécificité n'est pas synonyme d'exception, sauf à considérer que tous les cas sont exceptionnels en raison de leur spécificité ou à méconnaître qu'ils sont tous spécifiques.
    Prendre la Tunisie au sérieux suppose de la démythifier et corrélativement de dissiper les malentendus sur l'espace arabe. Celui-ci ne préjuge pas d'un rapport au politique qui serait typiquement arabe. L'idée d'une espèce politique arabe relève de la chimère, voire de la contrefaçon.
    La Tunisie constitue certes un cas d'espèce, mais d'une espèce d'enjeux et de problèmes irréductibles à une fantasmatique arabité politique. Il s'agit, en l'occurrence, de l'institutionnalisation, condition nécessaire mais non suffisante de la démocratisation.
    Ces questions ont inspiré nombre de travaux de Michel Camau. Il réunit ici, en un ouvrage, sept articles, dont deux inédits, rédigés entre 2003 et 2017. Ils constituent autant de jalons thématiques d'une démarche de démythification de l'exception tunisienne. L'auteur table sur leur cohérence intrinsèque, en dépit des changements de contexte, de la diversité des objets et des évolutions de sa propre réflexion. Le dessein de les regrouper relève d'une nouvelle étape de pensée.

  • Cet ouvrage retrace les parcours du président tunisien Habib Bourguiba et de Hedi Nouira, ministre et Premier ministre, et étudie les relations entre ces deux hommes politiques. Ce premier volume présente l'histoire de la Tunisie jusqu'à l'occupation française de 1881, puis revient sur le mouvement de libération nationale et sur le rôle de ces deux leaders dans l'indépendance.

  • Cet ouvrage retrace les parcours des deux hommes politiques tunisiens Habib Bourguiba et Hedi Nouira et étudie leurs relations. Dans ce second volume, l'auteur fait revivre, à travers son témoignage, les événements de la décennie 1970-1980, période pendant laquelle Hedi Nouira est Premier ministre de Habib Bourguiba et revient sur la destitution du président, le 7 novembre 1987.

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