• L'abstention, la montée des votes protestataires ou les « Gilets jaunes » constituent autant de symptômes d'une coupure entre les classes populaires et les partis. Contre les lectures simplistes, à partir d'immersions prolongées dans trois organisations (Front National, Union pour un Mouvement Populaire et Jeunes Communistes), l'ouvrage interroge comment les partis participent eux-aussi à démobiliser les plus modestes. Les militants rencontrés sont souvent ouvriers, employés, sans-emplois, précaires ou étudiants issus de ces milieux. Ils habitent en banlieue ou en milieu rural et s'impliquent dans les sections locales. De réunions en congrès, de campagnes électorales en événements internes, ils se heurtent à des dispositifs élitistes, qui les empêchent d'accéder aux responsabilités : ils sont et resteront de « simples militants ». En observant leurs engagements non-professionnels, l'enquête met au grand jour leurs parcours, leurs doutes, leurs pratiques « de terrain » et leurs lectures sélectives des programmes. Les militants populaires se révèlent ainsi des témoins privilégiés des fractures grandissantes entre les citoyens et les représentants, les classes populaires et les classes aisées, « ceux d'en bas » et « ceux d'en haut ».

  • Les significations attribuées au mot « communiste » sont plus diverses que jamais. Il renvoie à une histoire tragique pour les peuples et les communistes eux-mêmes, et est même associé, dans le cas de la Chine, à un acteur central de la mondialisation capitaliste. Mais il reste aussi, pour beaucoup de celles et ceux qui le revendiquent, associé à l'idée d'une alternative au capitalisme, visant à l'égalité sociale et à l'instauration d'un pouvoir politique effectivement exercé par le plus grand nombre, non monopolisé par les élites sociales.

    Au-delà de ceux qui l'ont pensé ou dirigé et dont on a retenu les noms, le Parti communiste français est aussi le fruit de l'engagement de nombreux anonymes, adhérents, sympathisants ou militants, femmes se revendiquant ou non du féminisme ou encore travailleurs immigrés engagés dans les luttes anticoloniales. Cette histoire, qui commence au congrès de Tours en 1920 et traverse un siècle en France, est aussi la leur. Entre immenses espoirs et profonds découragements, Julian Mischi, sociologue et politiste rattaché à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et auteur notamment de Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010) et de Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Éditions Agone, 2014), relate ici une tentative unique de mettre au pouvoir les classes populaires, à renouveler.

    Né en 1974, Julian Mischi est sociologue et politiste, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Dijon. Il a notamment publié Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010) et Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Éditions Agone, 2014).

  • La gauche est-elle en voie de disparition ? Si des sondages semblent l'indiquer, l'affirmer serait faire peu de cas d'une gauche de résistance et d'inventivité qui irrigue notre société. Une gauche des valeurs, orpheline de ses représentations politiques.

    En revisitant plus de deux siècles d'histoire, l'auteur pointe la responsabilité de la social-démocratie dans ce déclin observé dans les urnes, mais il croit à la renaissance d'un vrai pôle réformiste associé aux forces écologistes. À condition, précise-t-il, que l'on affronte les " questions qui fâchent ", qui ne se déclinent pas seulement autour des thèmes habituels (l'Europe, la place du travail, l'environnement...), mais aussi autour de notions morales : la démocratie, le rapport à la vérité et à la presse, l'actualité des idées de République et de révolution, la laïcité, l'immigration, les relations avec la Russie et les États-Unis, le populisme, etc.

    L'auteur aborde aussi le non-dit : le rôle primordial des personnalités se réclamant de la gauche – et leur sincérité. Une réflexion originale et stimulante qui invite à raisonner hors des réflexes conditionnés et des idéologies. Et à réinterroger sans cesse la " promesse républicaine ".

  • Les grandes figures de la Droite

    Collectif

    • Perrin
    • 3 Septembre 2020

    Les hommes qui ont fait la droite de 1789 à nos jours.De qui la droite est-elle le nom ? Depuis la Révolution française, le mot recouvre trois grandes familles de pensée identifiées par l'historien René Rémond : légitimiste, orléaniste et bonapartiste. La première irriguerait l'extrême droite après avoir inspiré les ultras et l'Action française ; la deuxième est indissociable du libéralisme politique et économique apparu au XIXe siècle, tandis que la troisième, après les deux Empires, serait à la source du gaullisme.
    Certes, sauf que contrairement aux gauches, ces droites se structurent d'abord autour d'individus - hommes et femmes dirigeants politiques charismatiques, penseurs, philosophes ou écrivains -, qui tous ont marqué sa riche histoire et contribué à définir son identité. Voici pour la première fois racontés et expliqués la vie et les apports des plus importants d'entre eux, dans ce livre collectif de prestige rassemblant historiens, essayistes et journalistes de renom sous la direction de Jean-Christophe Buisson et Guillaume Tabard.
    Leurs contributions lumineuses éclairent l'histoire politique et intellectuelle de la droite, mais aussi de la France des deux derniers siècles.
    En voici le sommaire :
    Préface Alexis Brézet
    Rivarol Paulin Césari
    Constant Philippe Raynaud
    Maistre Charles-Eloi Vial
    Chateaubriand Fr Rouvillois
    Napoléon Patrice Gueniffey
    Duchesse de Berry Eugénie Bastié
    Tocqueville Laetitia Strauch-Bonart
    Guizot Laurent Theis
    Thiers Pierre Cornut-Gentille
    Broglie Marie-Hélène Baylac
    Barrès Bruno de Cessole
    Maurras Jean-Christophe Buisson
    Poincaré Arnaud Teyssier
    Tardieu Maxime Tandonnet
    Pinay Christiane Rimbaud
    De Gaulle Eric Roussel
    Aron Nicolas Baverez
    Simone Veil Anne Fulda
    Giscard Jean-Louis Bourlanges
    Chirac Guillaume Tabard
    Conclusion Guillaume Tabard

  • « Sympathiques » ou « khmers verts », « idéalistes » ou « arrivistes », les militants écologistes ont une image très contrastée auprès des commentateurs de la vie politique comme de la population française. Le principal parti vert hexagonal, Europe écologie les verts (EELV), passe pour une organisation divisée, « coupeuse de têtes » et cacophonique. Contrairement à d'autres militants, leurs moeurs et pratiques quotidiennes sont aussi exposés à la critique que leurs positions politiques, environnementales et sociales.Écrite à hauteur d'adhérent, cette enquête revient sur trente ans d'un parti qui entend faire de la politique autrement. Elle interroge les implications d'un engagement chez les Verts, de la prise de carte à la formation de semi-professionnels de la politique.

    /> Vanessa Jérôme est politiste, docteure associée au CESSP/Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste du parti écologiste français, ses recherches portent sur l'engagement militant, la socialisation politique, le métier politique et les violences sexistes et sexuelles en politique.



  • Longtemps, la gauche au pouvoir a caboté entre deux récifs. Tantôt sa volonté de transformation sociale butait sur les « contraintes » imposées par l'ordre capitaliste. Tantôt sa pratique du pouvoir devançait les préférences et les exigences de ses adversaires. En France, au cours du XXe siècle, les périodes associées au Cartel des gauches (1924-1926), au Front populaire (1936-1938), à la Libération (1944-1947), et aux premières années de l'ère mitterrandienne (1981-1986) ont illustré cette tension entre espérance et renoncement, audace et enlisement.
    La gauche a chevauché au pouvoir la puissance de passions collectives, dont celle de l'égalité. Mais elle a accepté ensuite de les dompter, avant de les étouffer sous une couverture de rationalité technique. Cette retraite bureaucratique, cette nouvelle conscience qui ne voit dans le monde que moyens et machines ont forgé les barreaux de sa cage de fer.
    Réédition, légèrement revue, d'un ouvrage épuisé depuis plus de dix ans, ce livre reste la seule étude comparative sur les réalisations et les échecs de la gauche française.
    Journaliste et historien, essayiste, spécialiste des médias et d'économie politique, directeur du Monde diplomatique, Serge Halimi est notamment l'auteur du Grand Bond en arrière (Agone, 2012) et des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d'agir, 2005).

  • Les grandes figures de la gauche française.Voici un livre novateur à plus d'un titre et qui fera date. S'il est convenu de considérer que la gauche s'incarne plutôt dans les idées et la droite dans des hommes providentiels, la réalité se révèle autrement nuancée comme le prouve ce passionnant collectif d'historiens orchestré de main de maître par Michel Winock. Il fait le pari de raconter pour la première fois la riche histoire de la gauche depuis 1789 à travers les figures de proue successives qui l'ont incarnée. La gauche, ou plutôt les gauches, la fracture entre gauche révolutionnaire et gauche de gouvernement existant depuis l'origine et se déclinant à chaque génération.
    Historien de la politique et de la littérature, Michel Winock a pris soin d'associer aux politiques majeurs - de Robespierre à Michel Rocard - les grands écrivains et intellectuels indissociables de l'histoire de la gauche et dépositaires de son aura, à l'instar de George Sand ou Simone de Beauvoir. Au final, trente chapitres d'envergure rédigés par les meilleurs historiens qui offrent un autre regard sur l'histoire contemporaine de la France.

  • Gagner. Tuer. Survivre.
    Quand les cannibales se dévorent entre eux, à la fin, il ne reste plus personne. C'est le destin de la droite française, nécrosée.
    Tout est vrai, au détail près, dans ce thriller politique haletant  : scènes bluffantes, révélations incroyables, dialogues crus.
    Mais si nous avions eu accès aux dossiers judiciaires, aux documents inédits, il nous fallait aussi recouper ces informations.
    Sarkozy, Hollande, Fillon, Bertrand, Dati, Baroin, Pécresse, Guaino, Bachelot, Solère, Borloo, Debré, Copé, Wauquiez, Guéant, Hortefeux  : les acteurs de premier plan se sont mis à table  ; devant les juges, parfois, devant nous, souvent.
    Et nous avions un atout, un guide, exclusif  : c'est Jérôme Lavrilleux, l'affranchi-repenti, le héros maudit. Pour nous, pour vous, il est le Professeur, expert ès coups montés et démontés. Il sait tout. Du quinquennat Sarkozy à l'affaire Bygmalion, en passant par la guerre Copé-Fillon.
    Voyage au pays de la haine, tome 1 (2007-2014).

  • Les 20 jours qui ont défait la droite.Considéré comme l'un des meilleurs journalistes et analystes politiques français, Guillaume Tabard raconte avec maestria comment la droite, majoritaire et longtemps dominante, s'est échinée à perdre le pouvoir depuis la fondation de la Ve République.
    Souvent raillée comme " la droite la plus bête du monde ", elle a fait preuve en la matière d'une grande créativité : les haines personnelles (De Gaulle/Giscard, Pompidou/Chaban, Giscard/Chirac, Balladur/Chirac, Juppé/Séguin, Sarkozy/Fillon...) s'ajoutant aux divergences idéologiques (UDF, RPR, FN), les attaques frontales aux rumeurs et aux coups bas de toutes sortes ponctuent son histoire depuis l'affaire Markovic jusqu'à Clearstream.
    Dans des chapitres enlevés qui sont autant de romans vrais, l'auteur raconte un déclin devenu débâcle, des fractures fondatrices de la guerre d'Algérie au sabotage de la candidature Fillon en passant par les campagnes présidentielles et autres fiascos telles l'aventure oubliée des rénovateurs, la bataille de Maastricht, la perte ubuesque de la mairie de Paris ou la dissolution manquée de 1997.
    In fine, il s'interroge sur l'ampleur du séisme macronien et les conditions d'un possible sursaut pour une famille politique qui a fait la France avant de se défaire.

  • Sur fond de crise économique et sociale, dans un contexte où les terroristes veulent attiser la haine, l'extrême droite propage ses idées à une vitesse alarmante en désignant des boucs émissaires : « Si nous ouvrons nos frontières, nous serons submergés par des vagues de réfugiés », « Les musulmans veulent imposer leur religion partout », « Les étrangers vivent sur le dos des Français » ... Comment contrecarrer ces idées qui dressent les citoyens et l'ensemble des êtres humains les uns contre les autres ? Ce livre réplique, faits, chiffres et analyses à l'appui, à près de 80 slogans diffusés par l'extrême droite. Il révèle leur caractère mensonger et montre qu'il est possible de faire progresser le droit de tous à une vie digne et décente. Antidote au poison des idées de l'extrême droite, ce livre déjà diffusé à 30 000 exemplaires dans sa première édition a été entièrement mis à jour et augmenté. Il invite à construire une société d'égalité, de liberté et de fraternité pour tous.

  • Les partis politiques sont des organisations qui structurent le fonctionnement de la politique et du politique dans de nombreux États.
    Cet ouvrage, plusieurs fois réédité et mis à jour, permet tout à la fois de fournir des connaissances factuelles sur les partis en France et à l'étranger, et de réfléchir historiquement et sociologiquement à la définition de ce type de groupements, aux circonstances de leur genèse, à leur fonctionnement interne et à leur contribution à l'offre politique. Il met aussi en perspective leur place actuelle au sein des configurations qui les contraignent, notamment dans les rapports que ces organisations entretiennent avec l'État, les mouvements sociaux ou les médias.

  • Les élections de 2017 en France nous donnent le pouvoir de changer l'histoire de notre pays. Mais aussi celle du monde où il prend place. Prenons nos responsabilités. Qu'ils le veuillent ou non, tous les êtres humains sont confrontés aux mêmes urgences : le changement climatique, la destruction de l'écosystème, la contagion de la misère, l'accumulation insensée de la richesse et du pouvoir dans quelques mains, la ruine de la démocratie jusque dans son berceau, dans cette Europe qu'il faut changer ou quitter. Nous sommes tous impliqués. Ferons-nous nos choix sous l'emprise de la peur et du chacun pour soi ? Ou bien opterons-nous raisonnablement pour l'intérêt général humain ? Cet avenir en commun, voila ce que propose de construire tout de suite le programme de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

  • Edouard Vaillant (1840-1915), élu de la Commune, est l'un des fondateurs de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) dont il sera le représentant à la Chambre et le candidat à la présidentielle de 1913. Il incarne, avec Jaurès et Guesde, le socialisme et joue un rôle essentiel dans la construction de la gauche française du XXe siècle. Il a mis au centre de celle-ci des priorités telles que l'éducation, la laïcité, la protection sociale, le patriotisme ou l'internationalisme.
    Cette biographie dépeint la lente construction du parti socialiste unifié et interroge la portée et les limites d'un "socialisme à la française". Elle examine les problèmes généraux et poursuit le débat sur la critique des principes et pratiques fondatrices du socialisme et de la gauche.

  • Le mouvement lepéniste reste un phénomène politique sur lequel de nombreux commentateurs se perdent en conjectures embrouillées.
    Réexaminer l'histoire des extrêmes droites est donc essentiel pour éclaircir les racines politiques du lepénisme.
    Des lendemains de la Libération à nos jours, les extrêmes droites ont parcouru un long chemin avant de s'inscrire durablement dans le paysage politique français.
    L'extrême droite n'est ni unique ni homogène, pas plus qu'elle n'est une droite qui surenchérit sur les valeurs de la droite classique.
    Catholiques intégristes, païens, antisémites, monarchistes, anciens collabos, activistes de l'Algérie française, terroristes de l'OAS, anticommunistes forcenés, racistes biologiques, partisans de l'apartheid, ultralibéraux, social-nationalistes et bien d'autres encore se croisent, s'entrechoquent et cohabitent.
    Jean-Paul Gautier scande en trois périodes l'histoire des extrêmes droites depuis l'après-guerre?:
    1. de 1945 à la guerre d'Algérie, les chemins du redressement (1945-1968)?;
    2. la reconstruction idéologique et l'activisme violent (1969-1974)?;
    3. l'unification partielle des extrê­mes droites avec la construction et la montée du Front national (1974 à nos jours).
    Un livre essentiel pour comprendre les méandres d'un courant politique multiforme qui monte à l'assaut du pouvoir.

  • Pourquoi le vote Front national ne révolte-t-il plus ?
    On a tous vu ou entendu ces citoyens en colère expliquant qu'ils ont été déçus par la droite et par la gauche et qui disent : « Pourquoi ne pas essayer le Front national » ?
    Mais qu'est véritablement le Front national ? Comment les idées de ce parti ont-elles réussi à infiltrer progressivement des esprits qui, pour la plupart, ne se disent pourtant ni d'extrême droite ni fascisants ? Pourquoi depuis plus de quarante ans n'arrive-t-on pas à le contrer efficacement ? Quel est le véritable ADN de ce parti qui se prétend respectable ?
    On ne peut pas comprendre les succès du FN sans étudier la société, la culture, l'histoire dont il se nourrit. Notre société, notre culture, notre histoire. Peut-on combattre le FN en parlant comme lui, en posant les mêmes questions que lui, en acceptant les concepts et le champ d'évaluation où il se situe : « identité », « Français de souche », « diabolisation », « communautarisme », « assimilation », « populisme »...? Ce vocabulaire hélas devenu le nôtre.
    Il nous faut aussi comprendre comment l'obsession ethnique de ce parti structure, aujourd'hui comme hier, toute sa pensée, son imaginaire, ses pratiques, ses penchants clairement autoritaires et sa volonté d'instituer des discriminations partout.
    Une fois élargi le regard et dissipé ce théâtre d'ombres, apparaît une formation politique beaucoup moins anodine qu'on ne le dit, qui n'a pas rompu avec les héritages les plus inquiétants de notre histoire contemporaine.
    Ce livre richement documenté et passionnant nous éclaire sur les dangers que représente la tentation du vote frontiste, et nous montre surtout comment l'éviter.
    EXTRAIT
    Depuis 2012, les scores électoraux du Front national sont impressionnants. C'est probablement le fait politique majeur en France ces dernières années. Marine Le Pen obtient près de 18 % de voix au premier tour des présidentielles en avril 2012. En mars 2014, son mouvement conquiert une dizaine de mairies, dont Hénin-Beaumont au premier tour. Ensuite se produit le « séisme » des européennes où le Front national se retrouve en tête avec presque 25 % des voix et 24 députés élus au Parlement européen (contre 6,34 % de voix et 3 députés en 2009). Puis deux élus entrent au Sénat en septembre 2014. Aux départementales de mars 2015, le parti de Marine Le Pen réalise de nouveau un score d'environ 25 % des voix au premier tour et fait élire au final 62 conseillers départementaux. Il n'obtient pas les présidences de département qu'il espérait et beaucoup, dont le Premier ministre, ont exprimé un certain soulagement (« Battu mais content » titre le journal Libération le lendemain). Mais cela prouve surtout que l'on s'est habitué à ces chiffres extrêmement élevés, au point de considérer comme un quasi-échec l'obtention d'un score qui, il y a quelques années, nous aurait épouvantés.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    André Koulberg, après avoir consacré de nombreuses années à l'enseignement de la philosophie, est aujourd'hui l'un des animateurs de l'Université populaire du Pays d'Aix. Il est l'auteur en 1989 du livre L'affaire du voile islamique (Ed. Fenêtre sur cour).

  • Existe-t-il une différence de nature entre la droite et la gauche ? Ce clivage si contesté aujourd'hui a-t-il encore une raison d'être ? Assurément, répond l'auteur, car derrière nos conflits d'idées politiques et sociales se cachent des conflits religieux millénaires dont le souvenir est perdu pour la plupart des protagonistes. Développant cette thèse novatrice, l'ouvrage s'emploie à démontrer que la gauche est l'héritière de grandes hérésies - gnose, millénarisme -, tandis que la droite constitue la postérité sécularisée du christianisme, dont elle a gardé le refus de l'utopie et les valeurs qui font durer les sociétés humaines.En conséquence, nous dit-il avec force, la droite est la dernière chance des Européens.Jean-Louis Harouel est agrégé de droit, professeur émérite de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), a publié une vingtaine de livres, dont les plus récents étudient l'influence du facteur religieux sur les accomplissements des sociétés humaines : Le vrai génie du christianisme (2012), Revenir à la nation (2014), Les droits de l'homme contre le peuple (2016).

  • Pour s'opposer efficacement au Front national et aux tenants de la société fermée, les bons sentiments ne suffisent pas. Mieux vaut disposer de connaissances précises, documentées et à jour. Le Front national était extrémiste à la naissance : jusqu'à quel point l'est-il encore ? Il est généralement tenu pour populiste : mérite-t-il pleinement cet étiquetage ? Capable de parler avec un certain succès au nom des « oubliés » et des « invisibles » et ainsi de se référer à des figures sociales, le FN n'est pas seulement une force nationaliste. Porté par la hantise de l'islam, il semble soucieux de se rapprocher des Juifs, et de s'écarter de son lourd passé antisémite - mais n'est-il pas, ici profondément ambivalent ? Ses succès politiques récents dessinent une carte de France inédite, dans laquelle les villes, et même les « banlieues » dites « difficiles » prennent leur distance avec ce parti, tandis que des pans entiers de son électorat résident aujourd'hui dans des zones périurbaines : cette tendance est-elle appelée à se renforcer ?

  • Un constat cinglant de la crise et de la décomposition de la gauche depuis un demi-siècle.De la révolution matricielle de mai 1968 aux controverses actuelles et aux primaires socialistes, ce livre entend montrer comment la gauche a pu en arriver là. Après avoir scruté les principaux thèmes qui ont structuré son identité depuis le XIXe siècle et constater leur érosion, voire leur décomposition, Jean-Pierre Le Goff met en lumière la fin d'un cycle historique en même temps qu'il souligne les difficultés actuelles d'une reconstruction : le fossé n'existe pas qu'entre générations, il éloigne les couches populaires de la gauche culturelle sur fond d'agonie des idées. Autant de constats qui appellent une réappropriation de notre héritage culturel pour autoriser une reconstruction intellectuelle.

  • Serait-ce la crise finale ? Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron... Une gauche ? Des gauches ? Un effondrement des partis traditionnels ? Une recomposition opportune ? Ou la poursuite d'une guerre récurrente ? Du jacobinisme de 1789 au libert

  • Depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en 2011, jamais le Front national n'a réalisé de tels scores électoraux, attiré tant de militants, compté tant d'élus. A-t-il changé pour autant ? Fondamentalement, non. Le « nouveau » FN est une illusion, entretenue par des médias qu'il fascine. Telle est la conclusion de la minutieuse enquête menée par les auteurs de ce livre, qui comparent l'électorat, les militants, les réseaux, les programmes et la rhétorique du père et de la fille.Si la nouvelle présidente a infléchi son discours, notamment sur l'antisémitisme, si son programme inclut des éléments empruntés à la gauche (questions économiques, laïcité, moeurs), son fonds de commerce principal reste l'immigration. Elle gagne des voix dans des catégories jusqu'ici réticentes (femmes, juifs...), mais les grands traits de l'électorat frontiste et son implantation géographique n'ont pas varié. Le FN reste un parti « anti-système », tant par les valeurs inégalitaires qu'il défend que par son refus du pluralisme. Un positionnement qui explique en partie son succès, tout en le condamnant, pour l'heure, à l'isolement politique.La normalisation du FN est donc loin d'être achevée, malgré la stratégie de « dédiabolisation » affichée. Il n'est toujours pas un parti « comme les autres », pas plus qu'il n'est encore « le premier parti de France » ou « aux portes du pouvoir ».


  • Bloqué par un "plafond de verre" ou... aux portes du pouvoir ? Parti politique "comme les autres" ou force politique à part ? Acteur incontournable du paysage électoral comme du jeu partisan, le FN est à la croisée des chemins. A l'appro

  • Grandeurs et décadences du politico-game
    Savez-vous que le mot " président " dans un slogan de campagne assure 100% d'échec ? Qu'un bon président sans labrador constitue un acte de rébellion ? Que vous disposez de 3 634 chances de fouler du Charles-de-Gaulle sur le territoire français ? Et avez-vous la moindre idée du positionnement du premier gouvernement paritaire ? Les auteurs, fous de politique et de data, font s'affronter GAUCHE et DROITE sur le terrain des statistiques et des corrélations.
    Le chômage, la déchéance de nationalité, le sexisme, les Légions d'honneur honteuses, les punchlines cultes, les clashs, les ventes d'albums de Sardou indexées sur la popularité de Mitterand, les retraites en forme d'escarres dorées, les cravates satinées de Valls, l'IVG, la peine de mort, le vote des étrangers, les condamnations sans adieux à l'ambition et la sacro-sainte Corona de Chirac - des dizaines de matchs comme autant de sujets, sérieux ou légers, traités avec le génie de l'infographie et un penchant pour les extrapolations.
    Mais surtout, une grande battle visuelle et addictive dont on ne connaîtra pas l'issue. La GAUCHE/la DROITE, tout en gants de cuir, se tiennent prêtes sur le ring du politico-game. À vous de compter les points au gré des rounds de ce match full-contact.

  • Conseiller du prince ou âme damnée, pygmalion ou gourou, la frontière est mince, en politique, entre le vice et la vertu. Le pouvoir ne connaît que le clair-obscur. Patrick Buisson aussi. Entre légende dorée et légende noire. L'éminence grise cultive le secret, le faiseur de roi suscite des fantasmes, le champion du débat d'idées intrigue. C'est pour les uns « le mauvais génie » tombé en disgrâce ; pour les autres, l'architecte de l'élection de 2007 et celui qui a évité au président sortant un naufrage en 2012. Surnommé « l'alchimiste » par l'ancien chef de l'État, le conseiller a posé les jalons d'une révolution conservatrice, aujourd'hui « hors les murs ». Peut-être demain dans les murs. Identité nationale, rupture du front républicain, retour des frontières, levée des tabous : la droite décomplexée n'en finit pas de soigner sa ligne Buisson, avec ou sans Sarkozy. L'enjeu ? La bataille culturelle. Voici l'histoire d'un homme clivant, forcément clivant, qui a changé le visage de la droite.
    Né en 1968, François Bousquet est journaliste et écrivain. Il a consacré une biographie chez Albin Michel à Jean-Edern Hallier, dont il fut l'assistant et l'ami.

  • L'identité de la gauche, son avenir ou sa fin annoncée font l'objet de pronostics politiques et médiatiques. Ce livre clair et documenté offre une indispensable réflexion sur le sujet.
    C'est d'abord en historien qu'André Burguière analyse les fondements de la gauche, mais aussi en intellectuel engagé dans la cité. Son objectif n'est pas d'en départager les différentes tendances, mais de dégager leur socle commun. Il montre que le partage idéologique, hérité directement de la Révolution française
    et indirectement d'une longue histoire de la démocratie, continue à structurer nos représentations politiques. Mais il constate combien la « passion noble » de l'égalité a cédé du terrain.
    Sur le long cours, l'évolution du système représentatif, le pouvoir des élus et leur professionnalisation ont disqualifié la parole des citoyens. Étatisme, constitution monarchique, faiblesse du syndicalisme, les maux, nombreux, se sont accumulés. Sans compter, récemment, la façon dont le gouvernement socialiste a
    cédé aux pressions du libéralisme économique et des politiques sécuritaires.
    Inquiet, mais non résigné, André Burguière jalonne ses analyses de propositions. Rendre la société plus juste, plus protectrice et plus démocratique, tel est, rappelle-t-il, le véritable projet de la gauche. À lire d'urgence !

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