Temps modernes (de 1492 à 1799)

  • Les Quiqueran de Beaujeu, famille aristocratique arlésienne d'Ancien Régime, ont occupé une place importante dans la ville d'Arles, fortement impliqués dans la société, alliés à la plupart des grandes familles provençales. Leur histoire recoupe bien souvent celle de la cité rhodanienne ou de la région, la Provence, dans laquelle ils étaient implantés depuis l'époque médiévale. Leur récit familial permet d'évoquer plusieurs éléments propres à cette histoire dans laquelle s'entremêlent le roman d'une ville, mais aussi, et plus spécialement d'un qui n'est pas spécifiquement arlésien, celui du duel. Ce livre témoigne ainsi, à travers des épisodes de la vie des Quiqueran de Beaujeu et celle d'autres protagonistes, d'une société dans laquelle se côtoyaient culture et violence dans une agroville aux multiples facettes.

  • Ces chroniques réveillent une mémoire locale d'un hameau des Gorges du Tarn, sur quatre siècles. Cet ouvrage présente ce que les notaires de jadis révèlent de plus marquant sur Castelbouc et ses habitants. C'est par le archives du moulin de Castelbouc et les actes de ses meuniers que ce système agropastoral est abordé. Cette activité économique regroupe bien des aspects des conditions de vie d'alors, des conditions qui peuvent être généralisées aux préoccupations de tous les paysans de la vallée du Tarn. Au-delà de l'intérêt local, au-delà de la petite histoire de ce microcosme, ce sont des instantanés de la société d'antan qui sont rassemblés. Mariage, testament, succession, bail, arrentement, impôts, justice, hospices, armée. De quoi entrer de plain-pied dans le maillage de l'ancien monde rural des Gorges du Tarn.

  • Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'Adour, voie du commerce fluvial vitale pour le transport de marchandises, est aussi un fleuve nourricier pour les populations qui peuplent ses rives. Cette cinquième étape du commerce fluvial, maritime et de la batellerie sur l'Adour à cette époque nous emmène à Peyrehorade et Bourg-Saint-Esprit-lès-Bayonne. La communauté des négociants juifs de la nation portugaise installée dès le XVIe siècle va dynamiser ce marché en important des laines d'Espagne, des draps et des étoffes de toutes sortes, des épices, du sucre, du cacao, du café, du tabac, et en finançant, par des « prêts à la grosse aventure », la pêche à la morue à Terre-Neuve, la chasse à la baleine au Groenland et en Norvège.

  • Témoin de l'évolution humaine et culturelle de La Réunion, Le Domaine du Grand Hazier a parcouru les siècles au travers d'une histoire riche et variée, de ses nombreux propriétaires et de la diversi¬fication de ses cultures que ses habitants ont su adapter au gré des époques, de la demande et de l'économie locale. De Jean Julien à la famille Chassagne, de la dynastie Panon aux familles Caradec et Nas de Tourris, de nombreuses ¬ figures emblématiques du peuplement de La Réunion ont su exploiter ce grand domaine pour lui donner ses lettres de noblesse que l'on connait aujourd'hui. Cette habitation créole ne serait rien si on omettait de citer les très nombreux esclaves et engagés qui ont participé à leur façon à cette réussite.

  • Les dominicains français ont beaucoup écrit sur les Petits Antilles, où ils se sont rendus comme missionnaires au XVIIe siècle. Chacun a eu soin d'insister sur un aspect ou l'autre de la colonisation : le père Pierre Pélican, Mathias Du Puis, Charles Houël, André Chevillard, Jean-Baptiste Du Tertre. Les témoignages des dominicains français sont ainsi un précieux outil pour saisir la civilisation caraïbe et la colonisation française des îles au XVIIe siècle.

  • Cet ouvrage se penche sur Acapulco et le galion de Manille, en tant qu'éléments incontournables du XVIIème siècle. Peu abordé, Acapulco, riche de son port, a toujours été sous-évalué, renvoyé à un rôle de faire-valoir sans intérêt. En fait, Acapulco fut une porte d'entrée vers l'Asie, mais aussi le lieu d'un vigoureux échange entre les ports d'Amérique centrale et du Sud (principalement avec le royaume du Pérou). Préludant à la mondialisation actuelle, les relations entre Acapulco, Manille, la ville de Mexico et l'Espagne, sont analysées avec brio.

  • « Le plus vieux métier du monde ». Mille fois répétée, cette expression incarne et représente la place qu'occupe la prostitution dans l'imaginaire collectif : celle d'une activité pour le moins controversée mais pourtant perpétuellement présente. Cet ouvrage examine le monde de la prostitution à Paris au XVIIIe siècle pour tenter de décrypter le mode de fonctionnement du réseau lui-même, dans sa constitution et son organisation, et pour s'interroger sur l'existence possible d'un « métier » de la prostitution au Siècle des Lumières.

  • Cet ouvrage est à la fois une contribution à l'histoire maritime et à l'histoire antillaise. En s'intéressant aux navigations militaires aux Antilles, les chercheurs réunis ici proposent autant un état des lieux des recherches qu'une nouvelle vision de la présence navale européenne dans l'aire caribéenne. À travers la présence des flottes de guerre ou des unités navales isolées dans les eaux antillaises les auteurs s'intéressent aussi bien aux fonctions des navires qu'aux différents acteurs administrateurs engagés dans le jeu géo-stratégique complexe que se livrent les grands empires dans la Caraïbe au XVIIe, au XVIIIe et au début du XIXe siècles.

  • Ce livre propose une description et une analyse des objets et des moyens du commerce en haute Provence, entre la fin du XVIIe et le milieu du XIXe siècle. Après un panorama général montrant la grande
    diversité des produits que la haute Provence met sur les marchés, parfois lointains, et ceux dont elle s'approvisionne à l'extérieur, l'auteur s'attache à l'étude du négoce du gros bétail, en particulier les fameux mulets de Seyne, mais aussi les boeufs de labour produits à la montagne et utilisés dans les champs de basse Provence. L'auteur montre ensuite comment les foires sont les lieux fondamentaux de ces échanges, qui maillent le temps et l'espace d'un réseau connecté par des chemins qui restent longtemps piétons et muletiers.

  • En 1792, pour les Espagnols de Santo Domingo, face aux troupes révolutionnaires de la partie française de l'île, il ne restait plus qu'à mettre à profit leurs dissidences. Par l'intermédiaire d'hommes de confiance persuasifs, il ne fut pas très difficile de contrôler, parmi les chefs, Jean-François et Biassou. Mais la liberté générale concédée par la Convention remit Toussaint Louverture dans le camp des Français, faisant de lui un ennemi redoutable pour les Espagnols dont il connaissait les faiblesses. Ce revirement mit en danger la province espagnole qui ne pouvait plus se fier qu'aux troupes auxiliaires, les « Noirs français ». Une fois la paix signée en 1795, qui entraînait la cession de la province à la colonie voisine, il ne restait plus qu'à reléguer les deux « généraux » et une partie de leurs gens en des provinces éloignées. Biassou se retrouva ainsi en Floride, mais Jean-François qui ne se montra pas aussi docile, mourut cependant de sa belle mort... à Cadix. Cette nouvelle recherche de Jean-Pierre Tardieu sur la vision espagnole des événements qui secouèrent Saint Domingue rectifie des erreurs et comble des lacunes en s'appuyant sur des archives espagnoles trop peu exploitées. Un livre important pour l'historiographie des indépendances des Antilles et de l'Amérique latine.

  • Les dominicains français ont beaucoup écrit sur les Petites Antilles, où ils se sont rendus comme missionnaires au XVIIe siècle. Chacun a eu soin d'insister sur un aspect ou l'autre de la colonisation. À peine arrivé à la Guadeloupe, le père Pierre Pélican a donné ses premières impressions dans une longue lettre. Raymond Breton a rédigé plusieurs relations au cours des vingt ans qu'il est resté aux îles. Mathias Du Puis a raconté ses nombreux déboires avec le gouverneur de la Guadeloupe, Charles Houël. André Chevillard s'est extasié devant les fruits de la colonisation avant que Jean-Baptiste Du Tertre n'ait livré une grande fresque sur les établissements français des Petites Antilles. Les témoignages des dominicains français sont ainsi un précieux outil pour saisir la civilisation caraïbe et la colonisation française des îles au XVIIe siècle.
    Ce second tome consacré aux missionnaires dominicains donne à lire trois des relations manuscrites de Raymond Breton, ainsi que son Petit catéchisme caraïbe publié en 1664 à Auxerre.

  • Pendant trois siècles, les ville et citadelle de Nice, dépendant à l'époque du duché de Savoie devenu plus tard royaume de Sardaigne, ont fait l'objet d'attaques récurrentes des troupes françaises. Une relecture critique des archives de cette guerre perpétuelle laisse penser que l'intérêt de la France à attaquer Nice était sans doute plus symbolique que géopolitique. Vus des cours, les traités d'un jour défont les victoires de la veille, en un ballet mondain où les pas en arrière suivent ceux en avant. Sauf qu'alentour, les morts se comptent en dizaines de milliers et que cette mascarade laisse exsangue un pays niçois dont les livres communaux soulignent la grande pauvreté.

  • Costume ou vêtement ? Écrire une histoire portant sur les dessus et dessous vestimentaires en Martinique répond à cette problématique. Si le terme costume semble approprié à bien des égards, le choix du terme de vêtement est plus adéquat dès lors qu'il englobe aussi bien ce qui est dessus que ce qui est dessous. Le système esclavagiste a-t-il empêché ou favorisé la culture des apparences au profit du groupe dominant ? Les groupes sociaux infériorisés, libre de couleur et esclave, ont-ils réussi à contourner ou à détourner les règlements à leur encontre afin de se valoriser socialement ou concurrencer économiquement par le paraître l'autre, le blanc ? S'appuyant sur nombre de sources primaires essentielles, l'ouvrage contribue à la connaissance de l'histoire culturelle de la Martinique.

  • Jean-Pierre Tardieu rapporte ici comment l'expédition organisée en 1792 sur ordre du gouverneur des territoires français de l'océan Indien, pour rapporter depuis Montevideo plus de 10 000 quintaux de blé et ainsi faire face à la disette qui menaçait l'Île Maurice (dite alors Île de France), éveilla dans la ville portuaire du Río de la Plata des sentiments divers - peur du ferment révolutionnaire français et appétits commerciaux - et comment cette expédition se solda par un échec.

  • Guerre et politique. Une relation en apparence bien connue qui, à travers la vie d'Adrien Maurice de Noailles, prend un tour différent, s'incarne. Cet homme oublié par la mémoire collective, issu de la haute noblesse, ce maréchal-duc, ministre de Louis XV, a passé sa vie entre des cabinets politiques et des champs de bataille. Cet homme pluriel au Siècle de Lumières nous permet de mieux comprendre une partie de l'organisation de nos sociétés, un des rôles de l'histoire.

  • Cette anthologie regroupe tous les écrits et les discours de l'année 1789 au sujet des colonies, des gens de couleur (tome 1), de la traite et de l'esclavage (tome 2). Voici un ensemble de controverses passionnées et passionnantes de l'époque où aucun Noir n'est admis (comme à la Conférence de Berlin, un siècle plus tard).

  • Ce livre montre à travers l'examen de l'oeuvre de Wier et l'étude des méfaits de la superstition et du fanatisme, que les manifestations du fondamentalisme relèvent d'une authentique et mortelle escroquerie. Le livre se déploie autour de l'analyse de quatre ouvrages : Malleus maleficarum, Des sorcières et des devineresses, Démonomanie et Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables, des magiciens infâmes, sorcières et empoisonneurs.

  • L'enseignement et les ouvrages traitant du « Siècle de Louis XIV » insistent à juste titre sur l'aspect éclatant du règne le plus long de l'histoire de France, mettant en exergue les grandeurs du siècle d'or de la monarchie française. Mais en insistant surtout sur la dignité remarquable du roi, l'on néglige trop souvent le fait que le monde ne se limite pas à la France et aux pays européens. Cet ouvrage s'attache donc à replacer la France dans le contexte mondial et apporte un éclairage complet sur les situations économiques et les modes de vie sur tous les continents.

  • Résultat de plusieurs années de recherches dans les archives helvétiques et françaises, cet ouvrage saisissant appréhende, sous l'angle inédit des Gardes suisses qui en ont été les derniers défenseurs, la chute de la monarchie. Présentant ce moment fondateur de la Révolution française sous un jour nouveau, l'auteur apporte, à l'aide d'une masse importante de documents inédits, une vision renouvelée du 10 août 1792, modifiant alors notre vision de l'évènement en la rendant plus juste.

  • Voici enfin, mis à la disposition du public, les Mémoires d'un des plus grands acteurs et théoriciens critiques de la colonisation française en Afrique. Ancien administrateur devenu directeur de l'Ecole nationale de la France d'outre-mer (Paris), puis haut-commissaire de la République au Cameroun, et enfin gouverneur général, Robert Delavignette (1897-1976) revient ici sur son parcours, les mutations qu'il imprima à la formation puis à la politique coloniales, et il porte un regard sans concession sur les décolonisations des années 1960.

  • Voici enfin, mis à la disposition du public, les Mémoires d'un des plus grands acteurs et théoriciens critiques de la colonisation française en Afrique. Ancien administrateur devenu directeur de l'Ecole nationale de la France d'outre-mer (Paris), puis haut-commissaire de la République au Cameroun, et enfin gouverneur général, Robert Delavignette (1897-1976) revient ici sur son parcours, les mutations qu'il imprima à la formation puis à la politique coloniales, et il porte un regard sans concession sur les décolonisations des années 1960.

  • L'histoire de l'installation des premières colonies françaises sur la côte Est de Madagascar aux XVIIe et XVIIIe siècles n'a suscité que peu d'études. Après avoir épluché le courrier administratif et les rapports d'exploration de la période, l'auteur montre que l'échec de ces tentatives est dû à la faiblesse structurelle des établissements français, minés par les hésitations de la politique coloniale et par les conflits internes entre colons et commerçants. Ces éléments vont davantage contribuer à leur échec que les fièvres et l'opposition des autochtones, généralement tenues pour responsables.

  • Cet ouvrage propose une approche du phénomène convulsionnaire janséniste en suivant l'histoire d'une secte particulière, celle des "Fareinistes", depuis ses débuts dans l'Ain autour des années 1780, jusqu'à son enracinement à Paris autour d'une prophétesse convulsionnaire, la "soeur Elisée". Les faits et leur contexte historique (entre jansénisme rural et urbain, Révolution française, millénarisme et prophétisme) sont précisément décrits. Un questionnement parcourt l'ouvrage : comment expliquer ces « délires » religieux ? L'approche anthropologique et sociologique, privilégiant les faits de culture et d'histoire, est confrontée avec les théories psychiatriques.


  • L'histoire porte sur Louis XVI un jugement qui reste très souvent négatif, véhiculant la légende d'un roi mou et incapable, fuyant ses responsabilités au profit d'activités manuelles jugées indignes d'un monarque. Ces a priori ont occulté le fait que, loin d'être le benêt de la caricature, Louis XVI possédait une éducation et une culture étonnantes. Passionné de géographie, il a été l'instigateur de l'expédition Lapérouse. Les après-midi de Louis XVI nous révèle un autre visage du roi, à la lumière de ses activités scientifiques et artistiques mais aussi humaines et sociales.

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