Europe

  • Dans ce récit personnel cinglant, l'économiste mondialement connu Yanis Varoufakis nous révèle l'agenda caché de l'Europe, à travers le récit de son combat perdu pour la restructuration de la dette grecque. Que s'est-il alors vraiment passé dans les coulisses du pouvoir ? Quels furent les échanges à huis clos entre les hauts responsables européens ? La plupart du temps stupéfiants par leur cynisme, leur mauvaise foi et leur duplicité... 

  • Le concept de "reconnaissance" est aujourd'hui essentiel à notre identité politique et culturelle : il recouvre des exigences aussi diverses que celles de se respecter mutuellement comme membres égaux d'une communauté de coopération ; de garantir une reconnaissance inconditionnelle à la singularité de l'autre ; ou de témoigner de considération aux minorités culturelles.
    Or les cultures française, britannique et allemande divergent profondément dans leur façon de concevoir le sens et le contenu de la rencontre interhumaine. Si, dans le contexte français, l'effort individuel pour acquérir un statut social ou une existence socialement assurée fait naître la crainte de la perte de soi, dans le contexte britannique, le besoin individuel d'approbation sociale dispose les sujets à exercer un contrôle moral sur eux-mêmes ; tandis que, dans le contexte germanophone, la nécessité où se trouve l'individu d'entrer dans une relation de reconnaissance réciproque ouvre la possibilité de l'autodétermination.
    Axel Honneth s'interroge sur le lien qui existe entre les trois approches : ne font-elles qu'éclairer différemment le même phénomène de reconnaissance intersubjective, ou bien en révèlent-elles des aspects complémentaires qui, rassemblés, fourniraient une image plus complexe de ces processus ?
    La reconnaissance est suivi, en annexe, de "Abolir les injustices, l'emporter sur le crime : retour sur les souces de la solidarité européenne" (traduit de l'allemand par Julia Christ).

  • Le vote de 2016 sur le Brexit a provoqué la stupeur dans le monde et au Royaume-Uni, généralement considéré comme l'incarnation de la mondialisation heureuse. Même si la Grande  Bretagne est un pays insulaire, très différent des États membres continentaux de l'Union européenne, et intuitivement eurosceptique, ce scrutin a en réalité marqué le début d'une ère populiste où l'expertise et les faits sont rejetés au profit des passions  souvent négatives. Les thèmes dominants exploités par des démagogues issus eux-mêmes des classes privilégiées ont été la haine des élites, le rejet de l'immigration et un réflexe identitaire profond fondé sur la nostalgie d'un âge d'or fantasmé. Cela a été révélateur d'un basculement du monde, qui a trouvé sa réplique quelques mois plus tard aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump, mais aussi en Italie avec l'émergence du mouvement 5 étoiles et de la ligue de Salvini, en Allemagne avec l'arrivée d'une centaine de députés d'extrême droite de l'AFD au Bundestag, et en France avec les gilets jaunes. Pendant que l'Union européenne se défait, la Chine poursuit sa politique de puissance géoéconomique alors que les États-Unis ont initié une nouvelle guerre froide tous azimuts. La pandémie de Covid a mis en lumière et accentué ce phénomène et le monde se définit désormais par rapport à la rivalité entre ces deux géants, qui devrait être le facteur déterminant des prochaines décennies.Dans ce contexte, le Royaume-Uni malgré la proclamation d'une « global Britain » a choisi un chemin solitaire, pris en étau entre Pékin et Washington qui limitera ses choix au lieu de les augmenter. L'Union européenne doit maintenir une ligne solidaire afin de préserver sa liberté et exercer le rôle d'une puissance d'équilibre.

  • Le Royaume-Uni des dernières décennies est indissociable des crises multiples qu'il a affrontées et qu'il continue d'affronter. Certaines culminent avec le Brexit, qui en retour en provoque d'autres. Crise économique et aggravation des inégalités sociales, nationalisme exacerbé, velléités de sécession de l'Écosse, instabilité de l'Irlande, services publics exsangues, syndicats laminés par quinze ans de thatchérisme et perte d'influence sur la scène diplomatique européenne et mondiale... Ces tensions qui parcourent la société britannique sont aussi les défis auxquels il lui faudra faire face à l'aube de cette nouvelle époque pour retrouver une identité commune sereine.
    Contextualisant ces crises au regard du temps long de l'histoire britannique, Clémence Fourton analyse les dynamiques à l'oeuvre qui expliquent comment le Royaume-Uni en est arrivé là.

  • Le soviétisme sans le communisme: telle est la Russie rêvée par Poutine.
    En perdant l'URSS, les Russes sont devenus une puissance régionale pauvre et mal aimée de ses voisins. Le génie de Poutine a été de redonner aux Russes la fierté de leur passé soviétique en occultant progressivement ses côtés sombres.
    Depuis quelques années, la Russie orchestre des célébrations de plus en plus grandioses de la " Grande Victoire " de la Seconde Guerre mondiale. Une fois par an, d'interminables cortèges défilent au son de chants patriotiques, un peu partout dans le pays mais aussi à travers le monde. On y brandit des photos de vétérans et on y croise le portrait de Staline.

    Ces cortèges s'appellent le Régiment Immortel.

    Pourquoi ces célébrations monumentales, alors que la guerre est terminée depuis plus de soixante-dix ans ? Après la chute de l'URSS, la Russie était devenue une puissance régionale pauvre et mal aimée de ses voisins. Le génie de Poutine a été d'utiliser la victoire contre le nazisme pour rendre aux Russes la fierté de leur passé soviétique, en occultant ses côtés sombres. Le peuple russe, qui a gagné la guerre contre le Mal, devient naturellement l'incarnation du Bien.

    La conscience nationale ainsi sacralisée, il n'est pas difficile de convaincre le peuple que tous les agissements du régime, quels qu'ils soient (agressions contre l'Ukraine et la Géorgie, abolition de la liberté d'expression et de réunion, assassinats politiques), sont légitimes : le Régiment Immortel ne doit-il pas rester prêt à défendre la Patrie et à écraser ses ennemis ?

    Fruit d'une vie entière d'observations et de recherches, ce livre nous alerte sur la folie ultra-nationaliste d'un pays qui embrigade ses enfants et militarise la société. L'auteure opère pour ce faire un retour limpide sur la longue histoire messianique de la Russie, racontée avec la rigueur de l'historienne et l'acuité du témoin.

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    LA PRESSE EN PARLE

    " Un livre indispensable pour comprendre les ressorts d'une politique identitaire et belliqueuse. " Michel Eltchaninoff,
    Philosophie Magazine

    " A lire absolument si vous vous intéressez à la Russie. " Télématin,
    France 2

    " [Galia Ackerman] démontre comment les "technologues politiques" du Kremlin ont accaparé le Régiment immortel, "apothéose païenne du culte de la nation", pour l'accorder à la nouvelle idéologie de l'État russe basée sur un patriotisme effréné et une militarisation sans précédent. " Isabelle Mandraud,
    Le Monde​

    "
    Le Régiment immortel éclaire, à la lumière de sa longue histoire, la "folie ultra nationaliste" d'un pays où règne encore le soviétisme - l'appareil autoritaire -, mais délesté de son essence communiste " Jean-Marie Durand,
    Télérama

    " Il fallait tout le sérieux de l'historienne et tous les souvenirs d'une Russe exilée en France depuis la perestroïka pour écrire ce livre quasi testamentaire sur la dérive militariste de la Russie de Vladimir Poutine. " François Clémenceau,
    Le Journal du dimanche

    " C'est l'évolution de la Russie poutinienne que décrit Galia Ackerman dans un tableau impressionnant et remarquablement documenté. "
    Etudes

    " Une enquête intellectuelle passionnante. (...) Courez acheter ce livre lumineux, complet et précis. " Michel Eltchaninoff,
    Les nouveaux dissidents

    " Dans son livre
    Le Régiment Immortel, l'historienne Galia Ackerman, qui vit à Paris, analyse le piège mental créé par Poutine. En réécrivant l'histoire du vingtième siècle, ce dernier a produit la vision délirante d'une Russie combattant de nouveau le "fascisme" en Ukraine -- comme si le fait de revivre, en permanence, la "Grande Guerre patriotique" de 1941-1945 était le seul moyen de rallier son peuple. " Nathalie Nougareyde,
    The Guardian

    " Un captivant essai. "
    L'Express

    " Dans
    Le Régiment immortel, Galia Ackerman revient sur les relations de la Russie à son Histoire, à partir des commémorations du 9 mai, [et] analyse surtout la récupération politique qui en est faite par Vladimir Poutine, plus de 70 ans après. " Olivia Gesbert,
    France Culture

    " Un essai profond et instructif. " Laure Mandeville,
    Le Figaro

    " L'histoire du Régiment Immortel peut être considérée comme l'allégorie de ce qui est arrivé à la Russie depuis que Poutine y a imposé un tournant politique décisif. " Brice Couturier,
    France Culture

    " Le livre de Galia Ackerman permet bien de mettre à nu le travail de construction d'une nouvelle idéologie d'État qui est actuellement conduit en Russie, au prix parfois d'une réécriture de l'histoire. " Alain Guillemoles, La Croix

    " Spécialiste de l'Ukraine, de la Russie post-soviétique et de son idéologie officielle, [Galia Ackerman] analyse dans ce livre passionnant l'utilisation très politique par Poutine de la victoire sur le nazisme. "​
    Politis

    " Un livre formidable et passablement inquiétant. [...] Il faut absolument [le] lire. "​
    RFI

    " Galia Ackerman propose un essai aussi cohérent dans la thèse qu'il défend que large dans les aspects qu'il envisage. "
    La vie des idées

    " Magistral. "​
    The Conversation

  • Le 31 décembre 2020, le Royaume-Uni sortira du lunion douanière et du marché unique, plus de de quatre ans et demi après le référendum du 23 juin 2016.

    Un homme a influencé puis façonné ce tournant majeur : lactuel Premier ministre britannique, Boris Johnson. Élevé par un père employé à la Commission européenne puis élu au Parlement, il nen a pas moins été lun des principaux critiques de lorganisation européenne et incarne à lui seul les relations tourmentées entre le Royaume-Uni et lorganisation européenne.

    Observateur averti de la politique britannique, lauteur a pu discuter avec plusieurs dizaines de politiciens, diplomates, journalistes et universitaires pour analyser la relation complexe entre Boris Johnson et lEurope, et plus largement entre le Royaume-Uni et lEurope.

    Journaliste correspondant au Royaume-Uni depuis décembre 2009 pour plusieurs quotidiens de presse nationale La Croix et LOpinion (France), La Libre Belgique (Belgique), La Tribune de Genève et 24 Heures (Suisse) , Tristan de Bourbon Parme couvre lactualité britannique, avec un accent placé depuis 2015 sur la relation du Royaume-Uni avec lUnion européenne. Il a auparavant été correspondant pour divers quotidiens francophones en Australie, en Corée du Sud et en Chine.

  • Et si la philosophie russe nous aidait à comprendre la stratégie de Vladimir Poutine ? Cette idée n'a rien d'absurde, tant les prophètes du conservatisme, de "la voie russe" et de "l'empire eurasiatique" ont le vent en poupe au Kremlin et le soutien de toutes les extrêmes-droites européennes, le FN en tête ! 

  •   À la veille des élections européennes de mai 2019, où la ligne de fracture se fera sur l'un des axes majeurs du positionnement de Viktor Orbán depuis 2015 - la politique migratoire -, et trente ans après la fin du Rideau de fer, plonger dans la tête du dirigeant hongrois est un travail nécessaire pour comprendre l'Europe d'aujourd'hui.

  • Un livre qui, dans la perspective des élections européennes, sera au coeur du débat.

    Frédéric Lordon y dénonce une Europe qui se construit sans les européens, dans le déni absolu de toute expression des souverainetés populaires. Or une union politique authentique présuppose de faire l'Europe autrement que par l'économie !L'urgence économique et sociale commande alors de réexaminer de près l'option des monnaies nationales et de réaffirmer que défaire la monnaie européenne, de toute façon aussi mortifère que non-viable, n'exclut nullement de continuer à oeuvrer pour l'approfondissement résolu de tous les autres liens entre les peuples européens...

    Par l'auteur de best sellers comme "D'un retournement l'autre" (Seuil, 2013, plus de 15 000 ex) 

  • Les nationalistes connaissent un grand essor en Europe. Il s'agit d'abord d'une réaction à la mondialisation et à ses ravages, dans un contexte d'absence d'alternative. D'où un rejet de la supranationalité, à laquelle on oppose un repli sur l'État-nation, synonyme de protectionnisme, xénophobie et même racisme. La critique des élites rime avec l'apologie d'un peuple abstrait. Le mépris de la démocratie débouche sur le culte du chef. À répéter que « nous ne sommes pas dans les années 1930 », on risque de sous-estimer le danger. Il y va de l'avenir de chaque État : niveau de vie, libertés et hostilité à l'immigration. Mais l'avenir de l'Union européenne est aussi en cause : si elle mérite d'être transformée, sa destruction constituerait une menace pour le continent.

  • L'Union se construirait en dépassant les identités. On les ferait rentrer, au chausse-pied si nécessaire, dans «plus d'Europe». Et ce «dans l'intérêt des peuples» Cette vision bien-pensante, autoritaire et pétrie de bonnes intentions, a dominé la scène politique pendant des décennies. L'intégration européenne se heurte pourtant, depuis plus de vingt ans, à une résistance croissante, passive ou active. Une résistance qui s'est exprimée lors de divers référendums, et qui a culminé en juin 2016 avec le Brexit, symptôme d'un mal plus large que certains ne veulent pas regarder en face. Avec arrogance, les élites ont condamné le vote britannique comme populiste et aberrant. Ne faudrait-il pas, pourtant, que celles-ci se décident à entendre la colère qui gronde et qu'elles acceptent de se réconcilier enfin avec les peuples pour sauver, avec eux, le projet européen?
    Avec une parole libre et sans détour, Hubert Védrine explicite les ressorts de la crise de confiance dans l'Union européenne et développe des propositions claires pour la surmonter.

  • L'Europe peut disparaître. Non pas le marché unique, mais le projet politique. Jamais les forces d'éclatement n'ont été aussi fortes depuis le traité de Rome de 1957 : des tensions internes entre pays membres de l'Union européenne se font jour, alors que le Royaume-Uni a décidé de sortir de l'Union. Mais surtout, l'affrontement des États-Unis et de la Chine, dont la maîtrise des technologies et les forces financières nous surpassent, nous impose un choix radical entre une Europe souveraine et une Europe soumise. Il est donc temps que l'Europe affirme elle aussi sa puissance. Celle d'un continent riche de la diversité de ses nations, avec de véritables frontières. Une puissance technologique, qui favorise la création de champions industriels européens, capables de créer les emplois et d'assurer la formation des centaines de millions d'Européens. Une puissance au service de la paix, qui défend ses intérêts économiques et militaires, ses entreprises comme ses citoyens. L'Europe doit définir un projet politique et s'affirmer, au XXl siècle, comme un nouvel empire.

  • Aujourd'hui, les États-Unis et la Chine ont la mainmise sur le stockage de nos données. Cela pose des problèmes évidents de confidentialité, de sécurité et de souveraineté.
    La France n'est pas de taille suffisante pour rivaliser seule avec les grands États leaders ou les Gafam. Pour acquérir notre indépendance numérique, la solution peut être une mutualisation des forces européennes à partir d'un duo privilégié avec l'Allemagne. Le mouvement a été lancé en juin 2020 par les ministres français et allemand de l'Économie autour du projet Gaia-X.
    Cet ouvrage nous explique de manière accessible en quoi consiste le cloud. Comment et où nos données sont-elles stockées concrètement? Quels sont les enjeux d'un cloud européen qui permettrait de sécuriser nos données les plus sensibles comme celles des activités de la santé, de la recherche ou de l'industrie ?
    Ce projet est capital pour notre souveraineté et serait potentiellement créateur de nombreux emplois et entreprises en France.

  • L'objectif de ce livre est de décrire les réalités de ce système afin de les rendre plus accessibles et plus compréhensibles pour le simple citoyen ainsi que de revenir sur les critiques que ce système suscite et qui mériteraient des débats politiques plus approfondis.
    La première partie vise, d'une part, à clarifier la répartition des compétences entre l'Union européenne et ses États membres, d'autre part, à préciser la diversité et la nature des décisions prises par les instances européennes.
    La deuxième partie traite des pressions auxquelles ce système est soumis en raison du développement exponentiel du lobbying privé et de l'émergence des stratégies et des pratiques d'influence publique.
    La troisième partie analyse les quatre grands acteurs du nouveau carré institutionnel européen.
    La quatrième partie est consacrée aux procédures de décision, à leur exécution et à leur contrôle.

  • Angela Merkel vient d'ailleurs : de l'Est, de cette Allemagne du bloc soviétique abandonnée par l'Europe et l'Occident.
    Ce qui était une faiblesse sur la scène politique intérieure est devenu une force et fait sa profondeur.
    Angela Merkel est différente parce qu'elle sait ce que la liberté veut dire.
    Protestante et divorcée, elle a su s'imposer dans un milieu d'hommes largement catholique. Scientifique d'origine, elle ne cherche pas à briller mais à faire.
    Lente, obstinée, sans éclat, elle est à la fois une tacticienne machiavélique et une femme de valeurs. Ses rivaux en politique, elle n'a pas hésité à les tuer avec préméditation. Mais elle accueille des centaines de milliers de réfugiés à rebours de son électorat.
    Marion Van Renterghem est allée sur les traces de " la femme la plus puissante du monde ".
    Elle a retrouvé ses amis d'enfance, interrogé les acteurs et les témoins de son ascension et recueilli les témoignages d'hommes d'État ou de leurs conseillers qui ont côtoyé la chancelière, de Tony Blair à Vladimir Poutine, en passant par ses quatre présidents français - Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron.
    Ovni politique, Angela Merkel incarne la métamorphose de l'Allemagne et de l'Europe. Elle fait partie de notre histoire commune.
    Marion Van Renterghem est grand reporter à Vanity Fair, après l'avoir été longtemps au Monde.
    Elle a remporté de nombreux prix de journalisme, dont l'Albert Londres.
    Préface d'Alastair Campbell.

  • Il y a trente ans, je n'avais pas trente ans, le mur de Berlin tombait et on croyait à la fin de l'histoire. La démocratie allait enfin gagner l'Europe entière. Internet arrivait, le monde s'offrait en accès libre, c'était excitant, c'était beau.
    Trente ans plus tard, l'Europe promise comme un modèle de civilisation est traversée par des lignes de fractures, des sociétés coupées en deux, une agitation nationaliste et populiste nourrie par la peur, le malaise, le ressentiment.
    Qu'est-ce qui se passe ?M.V.R.
    De Budapest à Londres, Marion Van Renterghem a parcouru cette Europe d'humeur sombre. Elle a vu et écouté autant de citoyens ordinaires que de dirigeants politiques - un ministre de Viktor Orbán, une Présidente balte aux prises avec Vladimir Poutine, la première ministre d'Écosse, Tony Blair ou Emmanuel Macron. Son livre est un portrait vif, inquiet et facétieux, de ce que nous sommes en train de vivre : un moment-clé de notre histoire.

  • Comment définir le régime de Poutine ? S'agit-il d'un autoritarisme camouflé sous des décors démocratiques ? Avons-nous affaire à une forme d'autocratie, dans la continuité de l'histoire russe, ou à une oligarchie mafieuse ? Quelle est l'influence de l'ex-KGB, sur le mode de pensée des hommes du Kremlin et sur leurs méthodes de gouvernement? Le régime peut-il survivre à son homme fort ? Pourquoi l'opposition donne-t-elle une impression de faiblesse et de division face à un pouvoir dont les échecs sont aujourd'hui flagrants ?Pour répondre à ces questions, l'auteur se penche sur la genèse et l'histoire du poutinisme. Elle souligne la place de la « com » dans ce système mêlant archaïsme et modernité. La politique étrangère de la Russie est analysée à travers les évolutions de sa politique intérieure. Ainsi apparaît le paradoxe de ce pays : l'affirmation d'une « civilisation russe » tournant le dos à l'Occident cache la passion nihiliste qui anime le Kremlin et qui exerce une influence délétère, en Russie et à l'étranger.
    Françoise Thom, spécialiste de l'URSS et de la Russie postcommuniste, enseigne l'histoire à l'université Paris-Sorbonne. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont Les Fins du communisme (1994), Beria : le Janus du Kremlin (2013) et récemment : Géopolitique de la Russie (avec J.-S. Mongrenier, 2016).

  • Conservatisme

    Roger Scruton

    Si le conservatisme est une manière particulière d'être, un « tempérament » - qui revendique sa part dans toutes les activités humaines, les arts, la musique, la littérature, la science, la religion et, bien sûr, la politique -, la philosophie politique à laquelle il a donné son nom est issue quant à elle de trois grandes révolutions : la Glorieuse révolution anglaise de 1688, la Révolution américaine achevée en 1783 et la Révolution française de 1789. C'est l'histoire de ce courant de pensée mal aimé et mal connu que le philosophe Roger Scruton, l'un de ses plus éminents représentants, retrace ici avec brio.L'image d'Épinal du conservateur nostalgique, réactionnaire, dont la pensée, comme toujours en deuil, ne semble tournée que vers le passé se trouve fortement remise en question par Roger Scruton, qui révèle l'étendue et la richesse insoupçonnée de cette tradition intellectuelle.

  •    Vladimir Poutine reste une énigme. Que veut-il ? Affirmer son pouvoir personnel et celui de son clan dans la lignée des autocrates qui se sont succédé au Kremlin depuis des siècles ? Restaurer la grandeur de son pays, en faisant la synthèse de l'histoire russe, des tsars aux soviétiques ? Comment le petit lieutenant-colonel du KGB qu'il fut à la fin de la guerre froide a-t-il pu s'imposer au sommet de l'une des premières puissances du monde ? Qui est cet homme qui semble porter un masque ? Un politicien cynique et brutal, assoiffé de pouvoir et d'argent, ou un patriote sincère ?
       Au fil d'une enquête rigoureuse, nourrie de témoignages inédits recueillis en Russie, Frédéric Pons répond à ces questions. Sans rien occulter, il brosse un portrait saisissant du maître du Kremlin : son enfance dans un milieu modeste de Leningrad, ses rêves de jeune soviétique, les étapes décisives de sa formidable ascension, ses réseaux de pouvoir. Il démontre à quel point cet homme déterminé incarne les aspirations et les craintes de la Russie depuis la chute du communisme.
       Dans le contexte actuel de crise, ce document brûlant, informé aux meilleures sources, est une lecture indispensable pour décrypter la personnalité, les objectifs et la stratégie de cet interlocuteur incontournable de l'Occident.

  • En moins de quarante ans, le capitalisme anglo-saxon s'est engouffré dans nos communautés européennes.
    Chaque jour, la mondialisation et la révolution de la d igitalisation amplifient la prédominance de cette sphère marchande.
    Aujourd'hui, les États européens sont écartelés entre des engagements sociaux impayables et des marchés qui leur échappent. Certains États-providence européens ont été financés par l'endettement public alors qu'ils ont désormais perdu leur souveraineté budgétaire et monétaire dans la zone euro.
    Des courants populistes rejettent les dirigeants qui n'ont pas protégé leur population vieillissante contre ces forces de marché. Ces populismes, relayés par les réseaux sociaux et radicalisés par des embrasements politiques, pourraient fissurer le modèle social-­démocrate européen et conduire à des chocs sociaux et politiques d'une envergure désespérante.
    /> Cet essai replace ces évolutions dans la longue histoire du capitalisme et, plus spécifiquement, dans le sillage de la révolution néolibérale des années 1980 dont nous ressentons désormais le ressac social. Il constitue un avertissement avec un message clair : le sauvetage de la tempérance politique européenne doit impérativement passer par la réhabilitation d'États stratèges et par un projet européen stabilisé par de nouveaux équilibres sociaux et fiscaux. Il s'impose désormais de subordonner toute décision politique à l'intérêt général et au bien-être des futures générations dans un esprit de solidarité et dans le respect d'une concertation sociale et écologique.

  • À l'heure où les pays européens font face à une situation inédite de remise en question de leurs valeurs démocratiques et s'interrogent sur leur identité, la crise catalane semble fonctionner comme un défi anachronique et dérangeant contribuant à la déstabilisation générale. Vu de France ou du reste de l'Europe, le conflit entre Madrid et Barcelone apparait en effet comme illisible, dans un traitement médiatique alternant des phases de surexposition confuse et d'indifférence généralisée. L'objectif de cet ouvrage est de rendre cette crise compréhensible. La situation actuelle est en effet le résultat de la convergence de faits anciens et profonds et de bouleversements récents. Pour en saisir les principaux ressorts, ce livre met en avant les dynamiques à l'oeuvre, donne à voir les acteurs et leurs positions et reconstitue de manière précise l'enchaînement des faits. Il en souligne également les grands enjeux, qu'ils soient économiques, culturels ou politiques, qui dépassent très largement, en réalité, le cadre de ce territoire ibérique.

  • Troisième ouvrage issu de la collaboration entre Antonio Negri et Michael Hardt, Commonwealth poursuit la critique du triumvirat république, modernité et capital, en affirmant la nécessité d'instituer et de gérer un monde de richesses partagées. Le commun en question est de nature écologique mais aussi biopolitique, puisque ce sont les connaissances, langages, images, codes, affects et réseaux de communication qu'une société produit de manière collective. Face à une république devenue république de la propriété privée - tant au niveau national que global - au fil des constitutions et des grandes révolutions bourgeoises, la multitude doit apprendre à se réapproprier le commun, et devenir par là un projet d'organisation politique.
    Pour ce faire la critique ne suffit pas, aussi Negri et Hardt esquissent-ils les ligne de fuite de l'alter-modernité - ces forces de résistance mais aussi de renouvellement. Negri et Hardt confient donc la lutte des classes à l'autonomie croissante du travail biopolitique. Ainsi les aptitudes économiques montrent la voie aux aptitudes politiques de la multitude. Cet ouvrage, et l'étude des manières d'instituer le commun qu'il propose, gagne une nouvelle perspective au vu des événements récents, notamment du printemps des révoltes arabes.Traduit de l'anglais par Elsa Boyer

  • Impossible, en évoquant la Russie, d'échapper à la tourmente du " pour " ou " contre " Poutine. Je le dis franchement : loin de moi ici l'idée de répondre définitivement à la question " Qu'y a-t-il dans la tête de Poutine ? ", ni d'affirmer que Poutine représente un " bien " ou un " mal " pour son pays – en aucun cas je ne me pose en juge –, mais j'ai plutôt le désir d'écouter l'essentiel, c'est-à-dire ce que les Russes ont à en dire, et de montrer comment, bon an mal an, cet homme a accompagné leur vie ces dix-sept dernières années.
    En partant de l'extrême-est pour remonter jusqu'à la partie européenne de la Russie – ce qu'avait choisi de faire, au moment de son retour, Alexandre Soljenitsyne, lauréat du Nobel de littérature –, nous allons montrer quels sont les ressorts, les sentiments qui influencent le choix du peuple ; pourquoi voter Poutine n'est pas forcément, dans la tête des Russes, choisir un " dictateur ". Saisir la " petite réalité " dans la " grande " et interroger la société sur son quotidien, ses espoirs, ses angoisses, sa place dans le concert des nations. Sans parti pris ni vision stéréotypée, faire oeuvre de curiosité attentive et bienveillante en exposant le bouillonnement d'une société complexe et si attachante.
    A. N.
    Un continent derrière Poutine ? est également un documentaire d'Anne Nivat, Fabrice Pierrot et Tony Casabianca diffusé sur France 5.
    Anne Nivat est grand reporter indépendante et écrivain. Spécialiste reconnue de la Russie où elle a vécu pendant dix ans (jusqu'en 2005), elle est l'auteur, entre autres, de Chienne de guerre (2000), prix Albert-Londres ; Lendemains de guerre en Afghanistan et en Irak (2004) ; Islamistes. Comment ils nous voient (2006) ; Par les monts et les plaines d'Asie centrale (2006) ; Bagdad zone rouge, et La République juive de Staline (2013), tous parus aux éditions Fayard.Tout comme son dernier livre, Dans quelle France on vit, grand succès de librairie, publié l'année dernière.

  • Violences, attentats, faits divers (burkini, prières de rue, voile) d'un côté, ultranationalisme, islamophobie et rejet de l'autre : jamais la question de l'islam au sein des démocraties européennes n'a soulevé autant d'antagonismes et d'incompréhensions. Pour Yadh Ben Achour, juriste et spécialiste des théories politiques en islam, et François Dermange, professeur d'éthique et spécialiste des questions religieuses, il est plus que temps de proposer une vision débarrassée de tout fantasme et de tout angélisme qui permette de mieux comprendre les enjeux de la place des musulman-e-s en Europe, et les conditions d'une intégration culturelle, sociale, juridique et religieuse réussie. Un livre indispensable en ces temps troublés.

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