Grasset

  • Ecrit par un non-spécialiste passionné, ce petit livre vif et brillant s'adresse à tous, et entend fournir un manuel de résistance au discours sur l'art contemporain. Ce dernier fonde son emprise sur une vision mythifiée de l'histoire de l'art  : le XXe siècle aurait été avant tout le siècle des avant-gardes, chacune ayant été plus loin que la précédente dans la remise en cause de notions comme la figuration, la beauté, et même l'oeuvre. Or non seulement ces notions anciennes ont continué d'exister dans les arts dits mineurs, mais surtout, il y a eu un autre XXe siècle artistique, une tradition de peinture qui s'est obstinée à représenter la réalité et qui réémerge aujourd'hui, de Bonnard à Balthus, de Morandi à Hopper, de Giacometti à Lucian Freud.
    Cet essai présente cette autre histoire de l'art, dont l'existence infirme le discours, le mythe ... et le marché de l'art contemporain. Cette histoire s'est prolongée secrètement jusqu'à nous  : il y a eu en France, au cours du dernier demi-siècle, de très grands artistes, dont certains sont encore vivants, qui ont continué de représenter le monde et de chercher la beauté. Connus d'un petit milieu de collectionneurs, de critiques, de poètes, mais ignorés des institutions culturelles et du grand public, ces artistes sont les sacrifiés de l'art contemporain, les véritables artistes maudits de notre époque. Comme les artistes maudits de jadis, ce sont eux pourtant qui rendent notre modernité digne d'être aimée et sauvée. Ils sont la gloire de l'art français.

  • Que devient le chant d'un artiste après qu'il a disparu et n'est plus là pour s'occuper de son oeuvre ? Les héritiers décrit et analyse la succession de vingt-deux grands artistes et écrivains célèbres de génération en génération, qu'il y en ait huit (comme pour Montaigne et Diderot) ou dix (Mme de Staël). 
    Fierté ou indifférence, défense ou dénigrement, affection ou haine: tous les comportements se rencontrent et s'expliquent. Charles de La Fontaine égare la correspondance de son père, Pauline de Simiane détruit volontairement celle de sa grand-mère Mme de Sévigné, Carl-Philip Emmanuel Bach publie les partitions de son père qui lui sont échues tandis que son frère Wilhelm Friedmann vend les siennes au premier venu. Michel Monet et Paul Cézanne junior alimentent des vies de nababs en vendant les toiles de leurs pères alors que Jean Renoir trouve le temps, entre deux grands films, d'écrire une magistrale biographie de son père. Le frère et héritier universel de Maurice Ravel se laisse dépouiller de l'héritage par un couple de domestiques machiavéliques, les  fils de Chagall et de Simenon consacrent des livres à leurs relations chaotiques avec leurs géniteurs, à l'opposé d'Anne Wiazemsky qui a consacré plusieurs livres où apparaît, de manière tendre, son grand-père François Mauriac. 
    Premier livre sur ce sujet, Les héritiers, fondé sur une recherche rigoureuse et précise, livre une passionnante galerie de portraits parmi les plus grands artistes, et, bien au-delà, une réflexion sur notre rapport à l'art.
    Les artistes, par ordre chronologique : Michel de Montaigne, Françoise de Sévigné, Jean de La Fontaine, Jean-Sébastien Bach, Denis Diderot, Germaine de Staël, Alexandre Dumas, George Sand, Gustave Flaubert, Alphonse Daudet, Paul Cézanne, Claude Monet, Auguste Renoir, Henri Matisse, Maurice Ravel, Francis Picabia, Fernand Léger, Amedeo Modigliani, Marc Chagall, François Mauriac, André Malraux, Georges Simenon.

  • Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne, les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'uvre. Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne, toscane en particulier. Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil se compose dune suite de biographies : il commence au 13e siècle avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres, architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et apporte une mine dinformation sur la vie de ses grands contemporains, Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourdhui linstrument idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne et faire revivre les grandes personnalités qui lont forgée. Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842 la première traduction française dont l'essentiel est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. Louvrage est présenté et la traduction révisée par Véronique Gerard Powell, qui enseigne lhistoire de lart à luniversité de Paris IV.

  • Dora Maar, Henriette Theodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d'un père croate, architecte, et d'une mère catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle retourne à vingt ans dans sa ville natale et s'y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l'art durant l'entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra « la femme qui pleure », amante de Picasso livrée aux exigences du génie que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu'à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé puisque Dora choisit de tout léguer à l'Eglise.
    De Cocteau à Lacan, c'est toute une époque que dépeint Alicia Dujovne-Ortiz. Au détour d'une enquête psychologique passionnante, elle fait défiler dans ces pages une pléiade d'artistes d'avant-garde et de grands esprits et dresse le portrait d'une femme-image toujours mystérieuse, à laquelle la critique contemporaine attribue enfin le rôle qui lui revient.

  • Une histoire d'amour de plus de trente ans unit Patrick Barbier à l'époque baroque. Cet ouvrage en témoigne. Sous forme d'un dictionnaire de 60 entrées, l'auteur tente un tour d'horizon très personnel d'une époque passionnante quant à l'évolution des arts, de la musique,  de la société et des mentalités. Il donne à ceux qui aiment le baroque, comme à ceux qui le connaissent mal, des clés de compréhension pour mieux apprécier les oeuvres et les lieux. Pourquoi la courbe, le contraste, l'éphémère, l'illusion ou la mort sont-ils les maîtres-mots de cette période? Quelles différences y a-t-il entre castrat et eunuque, contre-ténor et haute-contre, rocaille et rococo? Quelles sont les caractéristiques essentielles du premier courant artistique vraiment universel?
      Dans un style vif, nourri d'anecdotes et d'exemples précis, Patrick Barbier n'aide pas seulement le lecteur à s'immerger dans le monde baroque, mais il en montre également les retombées actuelles dans les fêtes populaires, le cinéma, la joaillerie ou l'art contemporain.

  • De Zeuxis à Picasso, en passant par Chardin, Vélasquez, Van Dyck, Ingres ou Chagall, de la Rome antique au Paris des années folles, sans oublier la Florence de la Renaissance ni le Versailles du Grand Siècle, Maurice Rheims, un des plus grands historiens d'art de son temps, raconte les artistes de tous les lieux et de tous les temps. Comment vivaient-ils vraiment ? De quels milieux venaient-ils ? Quelle était leur formation ? Qui fabriquait leurs couleurs ?  Comment Franz Hals a-t-il exploité son apprenti en le séquestrant et lui faisant peindre des tableaux qu'il signait ? De l'école du génie à l'école des bonnes (ou mauvaises) manières, le premier tome de cet indispensable classique raconte ce que veut dire « être un artiste ».

  • Tout au long de l'époque baroque, Venise, Naples et Rome jouent un rôle essentiel sur le plan musical, tout en poussant l'art de la fête à des sommets inégalés.
    Dans cet essai vagabond, coloré et joyeux, Patrick Barbier nous plonge dans la vie quotidienne de cette Rome pontificale des XVIIe et XVIIIe siècles, théâtre d'un gigantesque bouleversement artistique.
    Le lecteur voyage, guidé par Patrick Barbier, au coeur des chefs-d'oeuvre musicaux de la Rome baroque. Entre anecdotes historiques et documents inédits, nous découvrons l'aristocratie romaine et ses plaisirs, les courses de chevaux et les carnavals, les palais privés et les soirées à l'opéra, mais aussi l'étonnante vie culturelle et les cérémonies somptueuses du Vatican.
     

  • Ce second tome du grand classique de Maurice Rheims aborde les artistes dans la société, loin des clichés de la Bohème et de la vie de rapin. Quelle était leur place ? Étaient-ils pauvres ou riches, méprisés ou adulés, simples faiseurs ou vedettes célébrées ? Quand sont-ils sortis de l'artisanat pour inventer l'art ? Quand ont été créés les premiers salons, quels ont été leurs rapports avec les marchands ? Et les hommes d'Etat ? Cette anecdote de Charles Quint ramassant le pinceau tombé de Titien, est-elle vraie ou légendaire ? Les artistes sont-ils aussi admirés que nous le disons, que nous le croyons, que nous le voudrions ? Princes arrogants, galeristes malhonnêtes, critiques malveillants, il faut parfois triompher d'un milieu avant d'y triompher. Un indispensable de l'histoire de l'art.  La Vie d'artiste ou que signifie et qu'a signifié pratiquement : être un artiste.  
    Le livre est divisé en deux tomes, le premier portant sur l'artiste, ce qu'il est et a été dans les différents temps et différentes sociétés, le second, sur l'art et son monde, critiques, collectionneurs, marchands , amateurs...

  • Au XVIIIè siècle, la vie bat son plein dans les ruelles de Naples. Du fond des théâtres, des opéras, de la Cour du roi et des Conservatoires, la musique des plus grands compositeurs se mêle en une infinie rumeur. C'est le beau siècle napolitain. Celui des arts, de la création et des chantiers grandioses. La fête est partout. De la rue aux institutions, l'art n'est jamais cloisonné, mais toujours vivant. Carnaval et bals populaires fleurissent aux côtés des prestigieux opéras buffa et des sensationnelles divas du seria. C'est aussi et surtout la période glorieuse des castrats, fleur de la production musicale italienne, qui connaissent alors leur apogée.
    Il faudra au Roi Charles Bourbon peu de temps pour exacerber la splendeur de cette terre nouvellement libre après des siècles de soumission à des puissances étrangères, et lui offrir une renommée culturelle extraordinaire.
    Avec ce livre lyrique qui est aussi un hommage, Patrick Barbier compose à Naples l'insoumise son plus bel écrin.

  • Il avait un visage d'ange et un look de dandy rock'n'roll, ce qui, ajouté à son génie de photographe, fit de lui une légende mondiale de l'art contemporain.Mais qui était vraiment le génial et scandaleux Robert Mapplethorpe ?Un virtuose du noir et blanc ? Un enfant terrible du trash sexuel du New York des Seventies ? Une brebis galeuse du Queens ? Un mondain qui dînait avec Saint Laurent, Loulou de la Falaise ou la soeur de la reine d'Angleterre ? L'enfant chéri de sa mère ? Le fils honni de son père ? La coqueluche des galeristes branchés ?Pour saisir sur le vif le destin de cet artiste, Judith Benhamou-Huet a choisi d'interroger une quarantaine de personnes qui l'ont rencontré ou fréquenté. De son premier boy-friend officiel à son dernier - qui le veilla sur son lit de mort. De son avocat à son frère cadet. En passant par Ken Moody, son modèle mythique... tous racontent le parcours déterminé et exceptionnel de l'artiste qui mourut en 1989 sur l'autel du sida.Variation sur la création, l'argent, l'art, ce récit biographique éclaté et stylisé tente de traquer la vérité d'un être hors normes.Et qui, par-delà les effets de mode, reste aussi un explorateur incomparable des âmes errantes entre le Bien et le Mal.

  • Le temps des Bohèmes est le roman vrai des aventuriers de l'art moderne, quand Paris était la capitale du monde. Ils étaient peintres, poètes, écrivains, sculpteurs, musiciens. Leurs vies furent flamboyantes comme leurs oeuvres. Et leurs oeuvres, belles comme la vie. Ils demeurent à jamais les personnages de leurs propres légendes.
    Première saison : Bohèmes. Sur les trottoirs de Montmartre et de Montparnasse, entre le Bateau-Lavoir et la Closerie des Lilas, allaient les sublimes trublions: Jarry, son hibou et ses revolvers, Picasso sympathisant anarchiste, Apollinaire l'érotomane, Max Jacob et ses hommes, Modigliani et ses femmes, Aragon le flambeur, Soutine le solitaire, Man Ray, Braque, Matisse, Breton et les autres... Ils venaient de tous les pays. Fauves, cubistes, surréalistes, fêtards, amoureux - libres.
    /> Deuxième saison : Libertad ! Les héros s'appellent Malraux, Saint-Exupéry, Dos Passos, Prévert, Hemingway, Orwell, Dali... Un éventail d'enthousiasmes et d'illusions tendu entre la montée du fascisme et la guerre d'Espagne. Ici, Aragon vend son âme à Staline ; là, Gide pontifie aux obsèques de Gorki ; ailleurs, Gala passe des bras d'Eluard à ceux de Dali tandis que Picasso peint et que Robert Capa photographie tout ce qui bouge - ou meurt. Nous sommes entre Paris, Madrid, Berlin et Moscou, dans une époque qui hésite entre l'espoir et le chaos...
    Troisième saison : Minuit. L'épopée des écrivains, des artistes et des intellectuels sous l'Occupation. Sartre et Beauvoir, Camus, René Char, Vercors, Aragon et Elsa, Prévert, Desnos, Saint-Exupéry, Drieu La Rochelle, Picasso, Prévert, Cocteau et tant d'autres : le grand bal de la France qui écrit, peint, dessine, filme, joue, publie, collabore, résiste, s'accommode. De Paris à Marseille dans la débandade de l'exode, de Marseille à New York dans les bateaux de l'espoir, de Paris à Berlin dans les trains de la honte, des gares de la déportation aux camps de la nuit et du brouillard, autant de destins d'une génération dont la tragédie de l'Histoire a transformé la vie en roman.

  • Marcel duchamp

    Housez-J

    Nous connaissons tous le nom de Marcel Duchamp, lhomme qui inventa lart contemporain, le créateur du « (al)ready-made », de Rrose Scélavy, et dune Joconde moustachue outrageusement rebaptisée LHOOQ, lauteur, surtout, du plus grand scandale du XXe siècle, qui éleva (ou abaissa ?) un simple urinoir au rang duvre dart. Et pourtant, que sait-on de lui ? Rien, ou si peu, et pour cause : il nexistait pas, à ce jour, de biographie en français de Marcel Duchamp. Duchamp meurt en 1968, à lâge de 81 ans, encore méconnu dans son propre pays : son décès est annoncé dans Le Figaro à la rubrique « échecs », quand il fait la une du New York Times. Sa vie ses vies pourrait-on dire, à limage de ce portrait dédoublé à linfini qui fait la couverture du livre , partagée entre les Etats-Unis et la France, fut longue dactivités diverses et non pas seulement artistiques, de rêveries et de projets, de rencontres et damitiés indéfectibles, avec Henri-Pierre Roché, lauteur de Jules et Jim quil inspirera, avec Picabia, Man Ray, Alfred Stieglitz, Brancusi. Une vie damours nombreuses aussi le premier pour la femme de son grand ami Picabia ! -, car Duchamp courait les jupons, « célibataire » avant tout épris de liberté, qui pourtant deux fois labdiqua il épousera en secondes noces la fille du galeriste Pierre Matisse, petite-fille du peintre. Fils dun notaire rouennais, il était le cadet dune fratrie dartistes, les peintres Jacques Villon, Suzanne Duchamp, et le sculpteur Raymond Duchamp-Villon, qui linitièrent à la peinture. Héritier de Jarry, marqué par la lecture de Nietszche et de Raymond Roussel, il était fasciné par lobjet industriel et sa production en série, par les découvertes récentes sur le mouvement et la vitesse le rayon X, la quatrième dimension, les chronophotographies dEtienne Jules-Marey. A 26 ans, dès lors quil la maîtrise, il abandonne pour toujours la peinture, sautoproclame « anartiste », fait prévaloir lidée sur son exécution, la « beauté dindifférence » sur le (bon) goût, et bouleverse radicalement le statut de lartiste et de luvre dart : un défi à lavant-garde de son époque plus encore quà lacadémisme. Sacré par Breton « phare du surréalisme », ingénieur malheureux (on lui doit dextraordinaires machines optiques, ancêtres de lart cinétique, dont les brevets ne rencontreront pas le succès), joueur déchecs passionné, il fut aussi lincontournable courtier de lavant-garde européenne aux Etats-Unis, le conseiller intime des grands philanthropes new-yorkais, comme les époux Arensberg ou Katherine Dreier, avec qui il fonda au début des années 20 La Société anonyme, ancêtre direct du MOMA. En un dernier clin dil facétieux et visionnaire, lhomme sans qui Andy Warhol naurait pas existé, fit graver sur sa tombe : « Ce sont toujours les autres qui meurent ». On ne saurait le contredire.

  • Entre 1940 et 1945, un grand nombre d'intellectuels, d'écrivains et d'artistes français quittèrent la France occupée. La grande majorité se rendit à New York, qui devint ainsi le coeur de l'exil de la pensée et de l'art français. André Breton, Claude Lévi-Strauss, Boris Souvarine, Jacques Maritain, Saint-Exupéry, Saint-John Perse, Max Ernst, ils sont des dizaines à se retrouver dans la capitale intellectuelle du monde libre.
    Paris à New York raconte l'histoire de cet exil dans tous ses détails. D'abord, l'exil même : quels réseaux l'aident et le financent ? De Varian Fry, représentant du Centre américain de secours à Marseille, à l'American Comittee for Christian Refugees, dirigé par Thomas Mann, nous voyons les réseaux de solidarité se mettre en place. A New York, ensuite. Comment ces fortes individualités finissent-elles par prendre en charge une parole résistante? Le livre montre l'action des éditeurs et des revues, mais aussi des institutions. L'Ecole libre des Hautes études, où enseigne Lévi-Strauss, devient un noyau gaulliste - chose assez rare dans le milieu des exilés, qui resteront généralement très méfiants envers le général de Gaulle. Le gouvernement américain, surmontant ses répugnances pour toute propagande, crée deux agences où, pour la première fois, on utilisera les intellectuels et le savoir à des fins politiques : l'Office of Strategic Service, le célèbre O.S.S., ancêtre de la C.I.A., et l'Office of War Information, d'où dépend la radio Voice of America, dont la section française est dirigée par Pierre Lazareff. On y entendra les voix d'André Breton, d'Henry Bernstein, de Claude Lévi-Strauss... Paris à New York suit enfin les exilés dans leur retour en France, qui n'est pas toujours facile. Ils avaient développé en Amérique une conception plus démocratique de la culture et plus libérale de l'Etat que celle de Londres ou du maquis.

  • L'inachevé

    Claude Lorin

    Qu'appelle-t-on oeuvre inachevée ? Qu'est-ce que terminer une toile, finir un roman, achever une sculpture ? Quel sens a l'abandon d'une oeuvre ? Dans sa fascination pour le tout et la beauté accomplie, l'esthétique classique refuse de poser ces questions. Totalitaire, elle a imposé le silence sur des oeuvres "imparfaites" de Michel-Ange, Stendhal ou David.Face à ce despotisme, l'époque contemporaine réclame l'inachevé qui n'est plus accident mais passion des formes tâtonnantes, itinérantes, toujours en constitution. Avec Kandinsky, Ernst, Joyce, Céline, Nietzsche et tant d'autres, l'inachevé, le fragment, la trace triomphent des pensées systématiques et témoignent de l'impérissable désir de représenter la vie qui n'a ni commencement ni fin. C'est toute l'épopée récente de l'imagination humaine qui nous est ici offerte.

  • La société contemporaine considère d'un mauvais oeil les Jeff Koons et autres Damien Hirst qui ne cachent pas leur désir de richesse. Pourtant, des artistes ont toujours créé pour devenir prospères et reconnus. Au XXe siècle, Magritte a "fabriqué" en série ses pipes qui n'en étaient pas. Mais, bien avant lui, Cranach fut le peintre fortuné d'une infinité de Lucrèce, de Judith et autres Vénus, qui se ressemblent toutes - en se reproduisant déjà aui XVIe siècle comme des clones. La "Factory" de Rubens, si elle n'était pas franchement rock'n'roll, n'en restait pas moins un lieu de production quasi mécanisé destiné à ce que les toiles du maître d'Anvers envahissent toutes les cours d'Europe. Quant à Courbet, l'homme de L'origine du monde, il comptait bien sur une fine stratégie médiatique pour devenir riche et célèbre. Même Van Gogh, l'archétype de l'artiste maudit, mort pauvre et incompris, avait pour protecteur un des plus grands marchands de tableaux de Paris, autrement dit son frère Théo. Ce livre démontre en treize cas courant à travers l'histoire les idées préconçues sur des artistes qui appartiennent à la posterité - et prouve, au passage, que l'appât du gain n'est pas le privilège de la période actuelle.
    Un voyage dans la grande histoire de l'art remplie de toutes petites histoires d'hommes devenus d'immenses artistes.

  • S'inspirant de l'essai homonyme de Camus, Edwige Danticat brosse le portrait d'artistes immigrés et d'intellectuels de tous pays, partagés entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression, entre la dette qu'ils ont envers leurs pays d'accueil et le sentiment de culpabilité qu'ils nourissent envers le pays de leurs racines, victimes de crimes qui les ont poussé à fuir, mais qui continue de hanter leur art. Portrait, mais aussi témoignage d'une situation politique qui perdure en Haïti.
    Histoire personnelle, mais aussi réflexion sur la création en exil, apportant la preuve qu'il n'est de vraie patrie, pour l'écrivain, que la littérature.

  • Au fil du dialogue avec Fernand Léger, Roger Garaudy déchiffre le langage de la peinture moderne dans ses éléments fondamentaux.

  • L'artifice

    Guy Scarpetta

    Je poursuis ici l'enquête sur la création contemporaine commencée dans l'Impureté. Il me semble apercevoir ceci : notre époque pourrait bien être celle de la résurrection d'un grand style baroque. Autrement dit : quelque chose qui était né au XVIIe siècle (avec Rubens, le Bernin), qui avait connu son point d'effervescence au XVIIIe siècle, et qui avait ensuite été déprécié (par le naturalisme et le romantisme), resurgit dans notre siècle. C'est même pourquoi ce livre prend le parti de mêler les genres et les époques : confrontant dans la même réflexion la peinture de Tiepolo et celle de Picasso, la musique de Monteverdi et celle de Berio, telle page de Baudelaire et telle image de Warhol, les poètes du XVIIe siècle et les grands romanciers néo-baroques d'aujourd'hui, de Danilo Kis à Carlos Fuentes. Le Baroque contemporain ? Une façon, de nouveau, de combattre l'illusion par les moyens mêmes de l'illusion. D'afficher et de revendiquer partout l'artifice, comme pour suggérer que l'art n'est jamais "naturel". Rien à voir, cependant, avec le cynisme "postmoderne" car le paradoxe, ici, est que l'artifice, exaspéré, peut parfois nous conduire à la vérité et à un véritable érotisme esthétique. G.S.

  • Dans le débat actuel sur l'art moderne, on avait entendu les philosophes, les historiens, les critiques. Il manquait la voix d'un artiste. La voici : personnelle, subjective, affirmant des choix qui sont ceux d'une oeuvre engagée il y a trente ans. Mais avec, chemin faisant et constamment, des analyses théoriques, des leçons de portée générale, un point de vue sur la peinture et son aventure. Qu'est-ce qu'une toile? D'où vient l'inspiration du peintre? son souffle? Qu'en est-il, dans la pratique d'un peintre d'aujourd'hui, de l'idée de modernité ou de l'idée d'avant-garde? Qu'est-ce que l'art abstrait? Qu'est-ce qu'un musée? Y a-t-il un apprentissage du goût - et lequel ? Telles sont quelques unes des questions posées par ce livre incisif et rigoureux.

  • Faut-il accepter, donc, la niaiserie des modes rétros dont s'enchante l'air du temps ? N'avons-nous vraiment d'autre choix que d'échanger Brejnev contre Pinochet ou une chaise de Charlotte Perriand contre un faux fauteuil Voltaire recouvert de tissu à fleurs ? Et est-il vrai, comme cela se dit depuis dix ans, que Sarcelles et les cités malheurs soient les héritières ultimes des dessins de Le Corbusier et des plans du Bauhaus ? Non, répond l'auteur dans des pages indignées qui, refusant les peurs d'aujourd'hui et les nostalgies du passé, proposent de tout autres issues aux alternatives du siècle, et aussi un éloge de la modernité.

  • Ces trois essais coulent d'une même source, il s'agit moins de l'art en tant que tel, que de la voie qu'il trace vers le sacré.La quête de Dieu - évidente chez Rembrandt - l'est à peine moins chez le grand penseur gothique que Vinci reste, à l'écart des pompes joyeuses de l'Italie renaissante.Pour ce qui concerne la peinture cubiste, elle pose un problème assez compliqué : par rapport aux " arts primitifs et barbares " à commencer par l'art africain.Celui-ci n'a guère influé les oeuvres du cubisme : elles s'insèrent dans le mouvement général de la peinture moderne. Et il est probable que si Picasso n'avait jamais vu un masque ni un fétiche, ses tableaux seraient à très peu de chose près ce qu'ils sont.Mais le fait de l'avoir connu, admiré, aimé, a changé, sinon ses toiles, la manière dont il les a regardées et montrées.L'art africain permit aux cubistes de piéger un reflet de ce sacré vers quoi ils tendaient. Un sacré sans théologie ni hiérarchie, dont ils ont retrouvé les formes dans leur propre peinture.Ces trois tentatives de mise au point relèvent sans doute d'une histoire de la mystique plutôt que d'une histoire de l'art.

  • Un grand roman de Kleber Haedens, après L'Ecole des parents, Magnolia Jules, Une jeune serpente et Adieu au Kentucky.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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