Presses Universitaires de France

  • Quel est le rapport entre une carafe et une carafe de Chardin ? Entre un arbre et un arbre de Claude Lorrain ? N'est-ce pas là le grand mystère de l'art ? Par la magie de la ressemblance, l'artiste figuratif n'offre pas une reproduction du visible mais un aperçu de l'invisible, d'un monde à la fois reconnaissable et profondément différent. La plus exacte ressemblance transforme ainsi la réalité en une fiction provisoire, attirante et inatteignable. Michael Edwards étudie cette aspiration des artistes à une transcendance, non pas dans une réalité imaginaire mais dans la réalité connue, dans l'oeuvre d'artistes célèbres : Claude Lorrain, Chardin, Blake, Turner, mais présente aussi au lecteur le peintre anglais Stanley Spencer, le sculpteur américain Greg Wyatt, ainsi que deux artistes contemporains insuffisamment reconnus, Claude Garache et Pascale Hémery.

  • D'un côté méprisé et taxé de toutes les fainéantises, de l'autre intellectualisé à l'extrême, l'art du siècle dernier a modifié tous les paradigmes : les codes ont éclaté, les artistes se sont multipliés et les oeuvres d'art elles-mêmes semblent avoir parfois disparu. Carole Talon-Hugon nous fait évoluer pas à pas dans une période plus ou moins mouvementée. De l'avant-garde dadaïste aux industries culturelles d'Adorno, les arts du XXe siècle marquent probablement l'un des moments les plus riches et les plus prolifiques de l'histoire de l'art.

  • Une Renaissance est amorcée. Elle apparaît comme une réponse aux problématiques environnementales, sociétales et éthiques brûlantes qui posent à notre époque la question de la survie de l'espèce humaine. Artistique, philosophique, politique, elle prend acte des révolutions scientifiques des dernières décennies et se positionne face aux promesses technoscientifiques et transhumanistes. La Renaissance sauvage répond à l'urgence des problématiques environnementales et sociétales actuelles, et aux aspirations de plus en plus fortes à l'adoption de nouveaux modes de vie sur Terre. L'homme ne se comporte plus en maître et possesseur, imposant ses volontés à une nature passive et sans finalité. Il se met à l'écoute d'un nouveau partenaire : le monde qui l'entoure. Il découvre le potentiel de ses forces, le sollicite, s'y implique et les conjugue avec les siennes. Une nouvelle ère se dessine, rendant l'homme à sa dignité « sauvage » et donnant sens, joie et ambition à son existence. L'art d'aujourd'hui sert d'esquisse à ce nouveau projet de société.

  • Huit ans après la parution de son dernier livre, Nicolas Bourriaud brise son silence avec L'Exforme, une méditation étonnante sur notre condition à l'âge de la multiplication des déchets - déchets du capitalisme, de la consommation, de l'industrialisation, des rêves nucléaires. Comment apprendre à vivre dans un monde de déchets ? Pour Nicolas Bourriaud, la réponse est claire : un tel apprentissage ne peut se penser sans le secours des oeuvres de l'art d'aujourd'hui - oeuvres qui ont fait du déchet leur préoccupation, leur constitution ou leur forme même. Ce dont nous avons besoin, c'est d'inventer des formes de vie qui soient des « exformes », qui acceptent de se confronter au fait qu'elles sont elles-mêmes en train de se transformer en déchets. Inspiré par les écrits de Karl Marx, Walter Benjamin et Louis Althusser, Nicolas Bourriaud propose une ronde à l'intérieur d'une nouvelle « fantasmagorie du capital » : la ronde de ce qui est rejeté, et qui, d'être rejeté, ne cesse de faire retour et de réclamer sa place. À la fois panorama remarquable de l'art contemporain, méditation puissante sur la condition politique d'aujourd'hui et essai de définir les coordonnées existentielles du présent, L'Exforme est un livre majeur.

  • La philosophie de l'art sans histoire de l'art est vide, l'histoire de l'art sans philosophie de l'art est aveugle. Car l'art est fait non seulement d'oeuvres, mais aussi de mots pour les dire, de concepts pour les distinguer et de théories pour les penser.
    Pourquoi le XIXe siècle a-t-il défendu « l'art pour l'art » ? Pourquoi la musique, la littérature ou la peinture furent-elles si soucieuses de formalisme ? Que signifia la création en 1863 d'un « Salon des refusés » ? Comment évolua le régime éco­nomique des arts plastiques ? Telles sont quelques-unes des questions dont traite cet ouvrage et auxquelles on ne peut répondre sans convoquer à la fois les oeuvres, les acteurs et les courants, mais aussi les concepts même d'« art » et d'« artiste ». Il analyse donc la production et la réception artistiques de la Modernité au sein de l'atmosphère théorique du XIXe siècle, et étudie notamment l'importance considérable qu'eurent sur le devenir de l'art le Romantisme allemand, la philosophie de Hegel et celle de Schopenhauer.

  • L'art ce ne sont pas que des oeuvres ; ce sont aussi des concepts pour les catégoriser, des catégories mentales pour les appréhender, des valeurs pour les juger. Aussi, l'« histoire de l'art » qu'on trouvera ici n'est pas une histoire des styles, mais l'histoire de cet ensemble indivis fait des oeuvres et des discours qui les accompagnent, et, plus globalement, de la vision du monde dans laquelle ceux-ci s'insèrent. Consacré à l'Antiquité grecque, cet ouvrage met au jour tout ce qui sépare notre manière contemporaine de penser l'art de celle des anciens, mais aussi tout ce qui les relie. En ressort un écart considérable entre une vision moderne qui conçoit l'art comme une activité autonome, dotée d'une valeur intrinsèque et constituant une fin en soi, et la conception antique d'un art fonctionnel, largement lié à la religion et soumis aux exigences de la cité. Il montre aussi comment cette très riche période contient des germes de critique et d'histoire de l'art, des réflexions philosophiques sur des sujets qui continuent à nous concerner (la nature du beau, le pouvoir des images, la censure, etc.) et nous a légué des concepts clés de l'esthétique (mimésis, catharsis, contemplation, etc.).
    1er volume d'une série de 4.

  • Au grand siècle, le développement des académies des arts signifie non seulement une reconfiguration des mondes de l'art et du statut de ses acteurs, mais aussi un développement remarquable de la réflexion théorique sur les arts. Les artistes discutent de leur valeur respective, de leurs rapprochements possibles (doctrine de l'Ut pictura poesis), de leurs finalités (movere, docere, placere), de leurs moyens propres et de leurs problèmes spécifiques. Le XVIIIe siècle est marqué par l'invention décisive de la catégorie moderne de beaux-arts, qui rassemble dans un sous-ensemble inédit les arts visant le beau. Par ailleurs, sous l'effet de la nouvelle science et de l'épistémé qu'elle suppose, à la métaphysique du beau des anciens succède une manière moderne et toute sensible de penser la beauté, qui délie celle-ci du bien comme du vrai. L'invention du goût comme sens du beau en est la conséquence directe, et celle du sublime - qui accueille toute la transcendance perdue par la beauté -, sa conséquence indirecte. L'idée de génie possède aussi une place importante dans cette constellation neuve. À l'apparition des beaux-arts est liée celle de disciplines satellites : la critique d'art (Diderot), l'histoire de l'art (Winckelmann), et l'esthétique (Baumgarten).

  • Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquée par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art).

  • Comprendre l'histoire de l'art, c'est comprendre le monde des idées avec lequel elle est intimement liée. Certains individus y ont occupé une place décisive. C'est à eux qu'est consacré ce dictionnaire. Ces théoriciens sont des philosophes (Aristote, Hutcheson ou Dewey...), des historiens de l'art et de la culture (Pline, Vasari, Burckhardt...), des sociologues et des psychanalystes (Kracauer, Simmel, Freud...), des théoriciens d'arts particuliers (Jauss, Hanslick, Brecht, Semper...), mais aussi des critiques (La Font de Saint-Yenne, Diderot, Greenberg...) et des artistes-théoriciens (Alberti, Coleridge, Tolstoï, Artaud...). Réunissant des auteurs venus d'horizons historiques et disciplinaires différents, cet ouvrage permet à tous ceux qui s'intéressent à l'art de partir d'un point de vue particulier, que ce soit celui d'une discipline académique, d'une spécialisation par période, ou d'un art singulier, pour embrasser un point de vue plus large et avoir une compréhension plus claire, plus complète et plus approfondie de l'art.

  • Les mutations récentes de l'art contemporain conduisent à l'apparition d'un nouveau personnage sur la scène de l'art, le curateur, dont les champs d'intervention et les modes d'action se distinguent de ceux traditionnellement attribués aux commissaires d'exposition. Le curateur ne se contente pas d'être au service des artistes ou des institutions culturelles : il entend participer à la création et à l'extension de cette scène artistique au-delà des limites qui lui sont habituellement assignées. Le curateur peut de ce fait occuper différents rôles, parfois simultanément : artiste, activiste, programmateur, critique, conservateur... Il incarne ainsi un « travailleur culturel » d'un nouveau genre, qui n'est pas entièrement du côté de la création et pas non plus complètement du côté de la réception ou de la transmission de l'art. S'intéressant davantage à des processus, dispositifs ou relations qu'à des objets autonomisés, sa responsabilité ne se limite plus au domaine de l'art et cherche à s'inscrire dans l'espace public.

  • Le patrimoine n'a jamais été aussi populaire de par le monde que depuis une génération. Mais s'il veut témoigner de l'authenticité de monuments et de souvenirs, son succès s'alimente surtout, pour ses critiques, de traditions inventées ou d'un présentisme des valeurs. Il paraît alors se confondre avec une pensée de l'air du temps, sinon avec un produit de consommation. Ce livre entend, au contraire, lui rendre justice en montrant combien la raison patrimoniale, inscrite dans une longue durée de la réflexion occidentale, importe à notre intelligence des formes du passé. Son véritable enjeu tient à la capacité de nourrir un ensemble de représentations à la fois utopiques et conservatrices, nées de la conviction d'un développement de l'art dans l'histoire.

  • Cet ouvrage propose une alternative à l'idée traditionnelle d'histoire de l'art sous la forme d'une histoire de l'exposition. C'est un domaine à la fois hétérogène de par sa nature, et en chantier permanent selon les nouvelles expositions et nouveaux scénographes. L'époque contemporaine parle d'ailleurs beaucoup d'expositions et moins d'art ou d'oeuvres d'art. Parler d'exposition permet ainsi de changer de perspective : on désigne par là des moments et des événements singuliers, des choix assumés et défendables, et l'art n'est plus en position première. On renonce à savoir si les objets présentés sont de l'art ou non, au profit de la question : que fait-on avec ces objets ? On cherche alors à savoir ce que l'on souhaite transmettre à tel public, à tel moment avec tel objet ou telle oeuvre. Ce qui devient important est le sens que l'on attribue à des objets dans un contexte précis, ce que l'on essaie de transmettre par les expositions. C'est ainsi qu'une oeuvre devient une création institutionnelle, témoin d'un pouvoir symbolique, intellectuel, politique, voire financier... Établir une histoire de l'exposition revient alors à identifier tous ces éléments et à les replacer dans le contexte socio-historique susceptible d'en rendre compte.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Vermeer, ou le peintre du bonheur quotidien. La lumière perlée de son art traverse les siècles. Vermeer associe la philosophie de Spinoza à l'optique et à la cartographie. C'est pourquoi sa peinture, dite d'un « petit maître », ne cesse d'enchanter le grand public et de stimuler les recherches des érudits.
    Le présent ouvrage prend en compte ce fabuleux héritage, où brillent les noms de Proust, de Claudel et d'Élie Faure. Mais il y ajoute un éclairage motivé par l'extrême modernité de Vermeer : sont ici et entre autres conviés Mondrian, Roland Barthes, Michel Serres, Gilles Deleuze, Gerhard Richter, pour une relecture des plus éclairantes du maître de Delft.

  • L'art contemporain doit être interrogé dans sa logique globale, au-delà de la pluralité de ses productions. Il peut ainsi être envisagé comme un style artistique homogène, dont les déclinaisons s'effectuent sur un fonds mythologique, qui ne saurait être compris indépendamment des transformations sociales et culturelles des sociétés dans lesquelles il s'inscrit.
    Plus qu'une histoire de l'art, ce livre propose donc une genèse de l'art contemporain, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours. Il s'articule en deux parties, l'une historique, l'autre esthétique, pour envisager la question d'un point de vue à la fois extérieur (celui de l'historien et du philosophe) et intérieur (celui du critique d'art et de l'esthéticien).
    Il propose ainsi une reconstitution du monde de l'art dans lequel l'oeuvre n'est qu'une étape, dans le cadre plus vaste d'une dynamique sociale, économique et politique. L'analyse de la symbolique des pièces, des actes qui les valorisent et des discours qui les soutiennent, permet de poser les bases d'une sociologie de l'esprit du monde de l'art, en perspective avec l'évolution générale des sociétés occidentales. L'enjeu de cet ouvrage consiste alors à penser l'esthétique de l'art contemporain dans sa relation avec le devenir d'une économie politique globalisée.

  • Comment l'art nous touche-t-il ? Que valent les ­prétendues métaphores dans l'oeuvre de Deleuze et Guattari ? Quelle politique de la vision se découvre dans le cinéma de Barnet, de Vertov, de Santiago et dans la littérature de Chateaubriand ? Dans une série d'articles limpides, à travers de magistrales analyses d'oeuvres littéraires, plastiques, cinématographiques, François Zourabichvili nous livre ici sa pensée sur l'art comme jeu et définit une esthétique pour le contemporain. L'oeil du montage, la révo­lution, l'oeuvre interactive, le jeu comme acte d'instaurer une règle toujours variable nous introduisent ici à la pensée de François Zourabichvili, à son oeuvre propre.

  • Héros improbable de l'art américain postmoderne, Mao est au coeur d'entreprises littéraires, plastiques et musicales singulières que l'on doit à plusieurs artistes américains. Pourquoi ceux-ci éprouvent-ils le besoin de puiser dans l'histoire chinoise ? La Chine révolutionnaire serait-elle cet "ailleurs" permettant d'envisager à nouveaux frais les rapports entre l'art et la politique ? Cette démarche se trouve étroitement liée à une dynamique de décomposition des cadres esthétiques et de déconstruction d'objets préconstruits. Avec ces avatars de la figure de Mao au pays du grand Sam naît une démarche qui exhibe la nature foncièrement "collaborative" de l'activité artistique.

  • L'ordinaire vaut comme marque de fabrique de l'art contemporain. Il a forcé la serrure des institutions muséales pour donner une nouvelle définition de l'oeuvre. Il a produit un nouveau régime esthétique, inventé un nouvel espace d'exposition et proposé des pratiques de production plus proches de l'humanité. Dès lors, quel statut donner à toutes ces expériences diffuses, infimes, à l'apparence mineure et insignifiante, dont l'art se nourrit maintenant ? Quelle définition donner de ce nouveau régime esthétique ? Et quel rôle faire jouer à la vie ?
    Loin de toute glorification du banal, cette nouvelle esthétique se veut avant tout pragmatiste en restant fidèle aux oeuvres et aux idées des artistes : la peinture hollandaise dès le XVIIe siècle, le ready-made duchampien, le collage, la danse postmoderne, la performance, les happenings et Fluxus à l'époque contemporaine, autant de mouvements qui invitent à remettre en question l'idée d'un contraste entre l'art et la vie. Les gestes ordinaires y deviennent des chorégraphies, des protocoles d'action, des règles de conduite où l'esthétique s'identifie à l'expérience, à la fois familière et étourdissante, qui se trouve à mi-chemin entre la vie et l'art.

  • L'évolution de la littérature et des arts en général est le plus souvent envisagée comme une succession de ruptures, chacune définissant une école ou un mouvement. Peut-être devient-il important de s'interroger sur la face cachée de ces ruptures, des continuités, de la tradition, des avant- et arrière-gardes qui s'inscrivent dans les marges de cette évolution. Cet ouvrage collectif (issu d'un colloque interdisciplinaire tenu à l'Université de Lyon III et publié en 2004 par les PUF) a pour ambition de renouveler notre perception de l'histoire littéraire et artistique du XXe siècle. Face cachée de la "modernité", l'arrière-garde pourrait aussi en être la clef en ouvrant de nouvelles perspectives. "Penser" les arrière-gardes est utile pour comprendre les temps actuels.

  • La critique de la raison pure cherche-t-elle à fonder la métaphysique ou à asseoir la science ? Cette question trouve sa source dans la différence, jusqu'ici inexpliquée ou simplement niée, entre les deux éditions de La critique. Ces deux versions, en se radicalisant après Kant, vont déboucher, l'une sur l'idéalisme et l'autre sur le positivisme. Par-delà la résolution de la vieille énigme qui concerne la différence entre les deux éditions de La critique, il s'agit d'expliquer comment le kantisme a marqué le destin de la philosophie contemporaine, dans ses divisions et ses renoncements, mais, avant tout, dans ses racines les plus profondes.

  • C'est un fait que Bergson eut des responsabilités politiques pendant la Première Guerre mondiale, ce qui mettait le métaphysicien en position d'intervention active pour des enjeux aussi déterminants de la politique du siècle que le destin de la révolution russe, la création du foyer national juif en Palestine ou l'entrée des Etats-Unis sur la scène de l'histoire mondiale.

  • En reposant la question fondamentale de la phénoménologie, et de la philosophie - la question de la donation -, en interprétant celle-ci non plus seulement, selon la pensée traditionnelle de l'Occident, comme apparition dans un monde mais comme l'étreinte invisible de la vie en son propre pathos, la phénoménologie matérielle soulève des problèmes nouveaux et paradoxaux.
    Trois d'entre eux font l'objet des présentes études :
    1 / La matière de la conscience, l'Impression, n'est plus un contenu opaque attendant l'éclaircissement de la forme intentionnelle, ne s'exhibant que dans l'Ek-stase du Temps : elle accomplit la Révélation en elle-même, dans sa chair affective. Au lieu de définir une discipline mineure, vite oubliée, la phénoménologie hylétique - matérielle - dessine la tâche de l'avenir.
    2 / La possibilité de connaître la vie invisible donne son sens au problème de la méthode phénoménologique et exige que celle-ci soit repensée entièrement.
    3 / La relation à autrui change elle-même de nature si, avant de pouvoir être reconnue au milieu du monde, elle prend corps dans la vie où naissent tous les vivants, l'autre aussi bien que moi-même - si elle est un « pathos-avec ».
    - Michel Henry -

  • Entre écriture et peinture, la calligraphie ne consiste pas à simplement "enjoliver" une graphie. L'écriture d'un caractère rejoint celle d'un mot, c'est-à-dire d'une unité signifiante, dans le respect de règles strictes donc nécessite un long apprentissage. Pour certains "lettrés" cet apprentissage peut donner par la suite une expression personnelle de la calligraphie dans le respect des règles. L'art réside alors entre l'écrire et le peindre. Cet ouvrage évoque quelques problèmes, linguistiques, philosophiques et esthétiques, rencontrés par un occidental curieux ce connaître une culture trimillénaire et qui se pose les questions : qu'est-ce qu'écrire ? comment et pourquoi les calligraphies sont-elles un art tout en étant une écriture ?

  • Depuis le XVIIe siècle, le spinozisme a vaincu l'obstacle mortel de la mode. Son actualité ne se dément pas. Au contraire, l'oeuvre suscite toujours des polémiques parce qu'elle-même se charge de polémiquer avec les vérités et les comportements. Et si c'était cela le message transhistorique de Spinoza : l'enseignement de la polémique rationnelle ? Et si c'était cela être philosophe : descendre dans l'arène des croyances multiformes pour mettre à nu le sens de nos évidences et de nos conduites ? Or, nul ne peut comprendre effectivement cet acharnement tant qu'il n'a pas suivi pas à pas l'activité concrète du philosophe aux prises avec les débats qui agitent son temps. Car Socrate, Sartre ou Spinoza ne sont pas des rêveurs qui croient aux fantômes et fabriquent des mirages ; ils sont ancrés dans le matériau historique qu'ils pensent et sur lequel ils agissent. En un mot, ils pratiquent la liberté qu'ils professent. Un portrait de Spinoza au quotidien, discutant avec l'étudiant Boxel de l'existence des spectres. Une réflexion philosophique vivante.

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