L'Association

  • Lapinot, le bras plâtré est face à un nouveau dilemme : doit-il ou non porter plainte contre les parents qui l'ont injustement tabassé dans un jardin public, après l'avoir pris pour un pédophile ?Tiraillé entre son besoin de justice et son empathie pour les familles de ses assaillants, Lapinot part se mettre au vert avec Richard. Une retraite compliquée, puisqu'une météorite s'écrase sur le capot de la voiture, alors qu'ils font une pause sur le parking d'un supermarché... et les ennuis commencent !Bastons, appât du gain, courses-poursuites en forêt, collapsologues barrés... Lapinot et Richard ne sont décidément pas au bout de leurs peines. Toujours en phase avec les obsessions de ses contemporains, Lewis Trondheim signe ici un nouvel album au goût musqué d'apocalypse, comme un mode d'emploi pour survivre en riant en milieu hostile, le cinquième de la série triomphante Les nouvelles aventures de Lapinot à L'Association.

  • Si Richard aime taquiner les gens, il est surtout extrêmement joueur.
    L'histoire d'une visite au cimetière qui dérape.

  • Dans un parc ensoleillé, à l'heure du déjeuner, Richard et Lapinot plaisantent à propos de la mort. Une petite minute... Lapinot ? Vous avez bien lu, Lapinot est de retour ! Premier tome des « nouvelles aventures de Lapinot » (pourvu qu'il y en ait beaucoup d'autres), nous retrouvons dans Un Monde un peu meilleur Lapinot dans les tourments de la séparation, nous faisons la connaissance de Gaspard, affligé de l'encombrante aptitude de voir l'émanation psychique des gens qu'il croise, nous constatons que Richard, à peine remis de ses blessures, a gardé intacte la faculté de déclencher des catastrophes, que Titi, après sa chimio, a toujours le sens de la fête et que l'aura de Nadia est à la mesure de ses ambitions journalistiques. On y utilise des applis, on participe à des règlements de compte, on rencontre une mère toxique, et on assiste à l'intervention musclée des forces de l'ordre dans un régime d'état d'urgence. Un monde un peu meilleur, c'est un monde avec Lapinot plutôt que sans, où la catastrophe qui s'annonce n'est pas aussi terrible qu'on aurait pu le craindre, une période contemporaine que Lewis Trondheim continue d'interroger avec malice et dont il explore la poésie du quotidien. Et puis, un type qui meure et qui ressuscite, pour nous parler d'un monde (un peu) meilleur, ça nous rappelle quelque chose, non ? On espère que notre messie pointure 88 n'a pas fini son épopée. On compte sur lui pour la suite.

  • Richard relit la bande dessinée d'un de ses amis. Une mission qu'il
    prend très au sérieux... trop peut-être ? Le portrait grinçant de
    Richard en troll jusqu'au-boutiste.

  • Dans la rue, une militante hèle Richard pour plaider la cause
    palestinienne. S'ensuit une discussion mouvementée au cours de
    laquelle Richard prend un malin plaisir à la faire tourner en
    bourrique...

  • Nicolas Mahler se rend au Japon à l'occasion d'une exposition
    consacrée à son travail. Le dessinateur autrichien se reconnaît
    pleinement dans l'absurde et le grotesque qu'il rencontre dans la
    culture populaire japonaise. Un récit plein d'humour aux allures de
    manifeste artistique. Indispensable.

  • Que ferions-nous si nous pouvions migrer à volonté d'un corps à un
    autre ? Un récit d'anticipation loufoque au rythme enlevé signé
    Olivier Texier.

  • Après la mort de son père, Léopold Prudon part s'installer un an à
    Shanghai. Un monde neuf, inconnu, où il observe les formes de la
    ville sans plus penser à rien. C'est ainsi qu'il fait son deuil dans
    cette ville étrangère qui se dévoile par fragments, au gré des cases,
    à travers un noir et blanc élégant et épuré : des lignes d'horizon
    rompues par le sommet des gratte-ciels, les courbes de béton des
    échangeurs autoroutiers, les passants anonymes ou encore les néons
    des sinogrammes qui clignotent dans la nuit. Des images auxquelles se
    superposent des bribes de poèmes liés à la mort de son père et des
    dialogues issus de conversations banales - comme pour souligner que
    la vie suit son cours. À travers cette promenade mélancolique,
    Léopold Prudon raconte la sidération et la douleur causées par le
    deuil tout autant que les paradoxes d'une mégapole gigantesque et
    ultramoderne, qui peut cependant, au détour d'une rue, prendre
    l'aspect d'un village. Shanghai Chagrin est le premier ouvrage de
    Léopold Prudon publié par L'Association.

  • En 1994, Emmanuel Guibert, alors en vacances, rencontre par hasard
    Alan Ingram Cope, un américain retiré sur l'île de Ré. C'est le début
    d'une profonde amitié entre ce retraité de 70 ans, et le dessinateur
    âgé d'alors 30 ans. Très vite, Alan, en fabuleux conteur, se met à
    raconter sa vie à un Emmanuel Guibert émerveillé. Après La Guerre
    d'Alan, consacré au périple du jeune soldat Alan durant la Seconde
    /> Guerre mondiale, Emmanuel Guibert s'attache à retranscrire ses
    souvenirs d'enfance. L'Enfance d'Alan est aussi un formidable
    témoignage sur la vie quotidienne aux États-Unis d'avant-guerre. On y
    découvre la vie d'une famille ordinaire, humble, et l'éveil d'un
    enfant à l'existence. Dans la description des jeux avec les enfants
    du voisinage, des moments vécus en famille, ce travail de mémoire
    touche à l'universel. Les talents de conteur d'Alan et la grâce du
    dessin d'Emmanuel Guibert apportent à ce témoignage une douceur
    empreinte d'innocence enfantine et de nostalgie.

  • Tragiquement disparu en 2004 dans La Vie comme elle vient, il reprend aujourd'hui, comme si de rien n'était, le cours de ses aventures. C'est aussi son retour à L'Association, le terrier qui l'a vu naître en 1992 avec Lapinot et les carottes de Patagonie.

  • Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années. Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n'a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste moins connue. De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au Retour à la terre, en passant par Ralph Azham, on lui doit la mise en couleurs d'une centaine d'albums dont certains ont été les plus marquants de ces dernières années.Avec ce livre à quatre mains, Lewis Trondheim délaisse ses animaux anthropomorphisés et dessine de véritables êtres humains pour raconter l'histoire de celle qui partage sa vie. Née en Irak, d'un père irakien et d'une mère française à l'orée des années 1960, le livre retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l'Irak, à une époque où, bien avant l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d'État et dictatures militaires. Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu'à l'inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles.Dans ce récit qui prend pour toile de fond une triste actualité, Lewis Trondheim et Brigitte Findakly brossent en saynètes percutantes et sans ambages, mais pas moins sensibles, la trajectoire singulière de la coloriste qui, pour la première fois, occupe le premier rôle dans un livre. Ponctué de photos et de parenthèses sur les coutumes, la culture irakienne et les souvenirs de Brigitte Findakly, on partage avec elle, la nostalgie de ceux qui ont laissé derrière eux leur pays d'origine, et les liens fugaces qui subsistent. À l'image des coquelicots qui fanent si vite.

  • Mildiou est un usurpateur de la pire espèce, un parasite bien nommé qui, par la force, l'oppression et la malhonnêteté, s'est arrogé le titre du roi. Fort heureusement la révolte du peuple a eu raison de lui et le roi légitime est de retour. Mildiou doit admettre sa défaite mais il ne peut s'y résoudre sans se désigner un dernier adversaire qui sera sa victime expiatoire. Au hasard de la foule, il choisit le plus faible, le plus inoffensif, le plus naïf : un lapin qui n'a rien demandé, le malheureux Lapinot. Le voilà alors embarqué dans une folle course-poursuite ! Dans ce livre qui marque ses débuts, Lewis Trondheim se montre aussi agile que son fameux lapin en menant un récit frénétique qui ne s'essouffle jamais. Si Mildiou manie l'épée, Lapinot manie le verbe et la traque devient une formidable joute verbale où le plaisir des dialogues ne cède en rien à celui de l'action. Rebondissements, ripostes et répartie sont les moteurs d'un face à face où la raison du plus fort est constamment démentie. Initialement publié au Seuil en 1994, Mildiou faisait suite au feuilletonnesque Lapinot et les carottes de Patagonie ; sa logique réédition à L'Association révèle d'autant plus la continuité entre ces deux livres qui contiennent déjà le bel avenir de Lapinot.

  • Dans Les Incidents de la nuit, série commencé en 1999, qui avait fait l'objet de trois Mimolettes, David B. abordait Paris par le biais du rêve, de la littérature et de l'autobiographie. Guidé par ses cauchemars, il se lance à la poursuite d'Emile Travers, héros de la bataille de Waterloo qui hante la capitale et se refuse à mourir, relançant sans cesse la parution d'un journal écrit par de futurs fantômes relatant des faits fantastiques ou ésotériques en les présentant comme authentiques. Faisant l'objet d'une nouvelle édition et appelée à se poursuivre en Ciboulette, cette fresque, en mêlant les personnages emblématiques de la mythologie, de la vie privée de l'auteur et de l'histoire criminelle de Paris, dévoile un autre visage de l'autobiographie, celui qui ferme les yeux.

  • Cinq ans après Coney Island Baby, Nine Antico nous replonge dans la culture américaine des années 50-70 et de ses égéries éphémères: Autel California ou le phénomène des groupies à l'heure de l'apparition du mythe moderne de la star.Dans ce premier tome, Bouclette, adolescente qui idolâtre les Beatles et Elvis Presley, va de fil en aiguille rencontrer puis côtoyer les stars qu'elle adule pour devenir l'une des groupies les plus connues. Personnage très inspiré de la plus célèbre d'entre elles, Pamela des Barres, on assiste aux premiers pas d'une jeune fille encore naïve qui va bientôt réchauffer sa destinée sous les feux ardents de la célébrité des rocks stars. Dans les coulisses des groupes mythiques où naissent les destins satellites et les notoriétés-éclair, on croise Phil Spector, Keith Richards, Mick Jagger ou encore Jim Morrison en demi-dieux, qui laissent des petites miettes de gloire aux jolies témoins du rock. Nine Antico insuffle de la grâce au désenchantement et les héroïnes sont aussi des victimes sulfureuses. Treat Me Nice. En fond sonore, la chanson d'Elvis Presley résonne et donne son nom à ce premier tome, très documenté.

  • Les Fins du monde inaugure avec la nouvelle édition de Bleu, la toute nouvelle collection de L'Association « Pattes d'eph ». Ces courts récits publiés en 2007 dans le magazine Spirou, vous feront entrer dans la folie de professeurs illuminés dont le but ultime est l'anéantissement de l'espèce humaine. Trou noir psychique, gaz mortel, expanseur d'A.D.N. Les scénarios insensés s'enchaînent, se croisent et s'entremêlent donnant naissance à de drôles de monstres. Boris, héros ordinaire, tente désespérément de sauver le sort de l'humanité coincé entre deux professeurs hystériques qui ne manquent pas d'imagination pour « anéantir notre race stupide et médiocre. »

  • Quand j'ai eu dix-huit ans, Uncle SAM m'a dit qu'il aimerait bien
    mettre un uniforme sur mon dos pour aller combattre un gars qui
    s'appelait ADOLF. Ce que j'ai fait. Alan Ingram COPE. Ce second des
    trois volets qui composeront La Guerre d'Alan retrace, de la
    Normandie à la Tchécoslovaquie, le trajet de l'unité de char d'Alan
    I. Cope en février 1945. Une parole belle et précise incomparablement
    retranscrite par Emmanuel Guibert.

  • Découvrez Safari Monseigneur, délicieuse chronique de guerre
    coloniale qui mêle avec subtilité les ingrédients historico-
    politiques et la cruauté ordinaire. Deux photojournalistes embarquent
    sur un bateau quelque part en Afrique au début du siècle dernier.
    Leurs rencontres avec les militaires, les prostituées, le capitaine
    (sourd et muet) agrémentent un reportage mordant dans lequel tout
    l'imaginaire colonial se déploie avec horreur, poésie et humour noir.
    Dans une préface nouvelle et indispensable, Ruppert et Mulot jettent
    un regard contemporain sur leurs premiers travaux et nous livrent
    ENFIN la définition de Safari Monseigneur. « Quand le Dr Livingstone,
    les Monty Python et le fantôme de Pierre Desproges se rencontrent au
    coin d'un baobab, cela donne une succession de vignettes égratignées
    au bout de la plume par un duo qui promet le meilleur graphisme épuré
    et le pire mauvais esprit. » (L'Express, 03/11/2005)

  • C'est le retour de Bouclette, Surfer Girl et Gypsy, les GTO's pour « Girls Together Outrageously », les groupies emblématiques qui ont embrasé la scène rock des sixties. Plus excentriques que jamais, elles poursuivent leur idylle auprès des icônes de la pop-culture que sont Brian Jones, Jim Morrison ou encore Jimmy Page. Avec l'appui de Frank Zappa, les voilà encouragées à enregistrer un album. Elles chantent admirablement faux pour exprimer leur amour des garçons. Alors que les discours féministes de l'époque présentent les groupies comme des femmes astreintes à la domination des hommes, elles revendiquent leur pouvoir et leurs libertés. La passion, le sexe, la drogue, la musique, tout s'entremêle. Dans la Face B d'Autel California, les héroïnes ont désormais quitté l'adolescence et perdent progressivement leur insouciance. C'est le temps des remises en question pour Miss Pamela des Barres, a.k.a Bouclette. Après le massacre perpétré par Charles Manson et sa clique de fanatiques au 10050 Cielo Drive, rien ne sera jamais plus comme avant. On assiste vraisemblablement au déclin de l'utopie hippie, les groupes se séparent et certaines étoiles de la contre-culture disparaissent définitivement dans l'alcool et les psychotropes. Du swing de Treat Me Nice à la ballade romantique Blue Moon, Elvis Presley, omniprésent, aura donné la tonalité du diptyque de Nine Antico. L'intensité de la narration ferait passer la fiction pour une réalité, ou alors la réalité pour une fiction, on ne saurait dire. Ici, rien n'est idéalisé, tout est très documenté et réfléchi jusqu'aux références musicales qui rythment le récit.

  • Avec le troisième et dernier volume de La Guerre d'Alan d'Emmanuel
    Guibert se boucle un des chef-d'oeuvres du catalogue de L'Association.
    Aux souvenirs du soldat américain Cope des années de l'après-guerre,
    mis en forme de façon plus époustouflante que jamais, s'articule une
    enquête que Guibert est allé faire en Allemagne sur les traces de son
    ami disparu.

  • Commencé à Montréal lors d'une commande (qu'il n'honora pas), Killoffer achève ce projet d'une bien singulière façon, puisqu'en fait de tourisme canadien, il se retrouve confronté à l'apparition de dizaines de ses Doppelganger démoniaques... Un époustouflant (et quelque peu traumatisant) grand format par le plus virtuose des cofondateurs de L'Association.

  • Avec Famille royale, Ruppert et Mulot reviennent avec une histoire au
    substrat psychanalytique où Eros et Thanatos s'immiscent dans
    l'univers feutré des têtes couronnées. Une princesse danoise
    délaissée par son prince, profite de son passage à Paris pour
    consulter, avec son amant qui ne la délaisse pas moins, un célèbre
    sexologue. On ne tarde pas à découvrir que le sexologue et l'amant
    sont de mèche pour se faire offrir par la riche princesse, pistolet
    incrusté de diamants et autre canne en or sertie d'émeraudes, autant
    d'accessoires ostentatoires et suggestifs qui donnent le ton de
    l'analyse entreprise par le couple. Mais bientôt l'irruption
    vaudevillesque du prince en pleine séance met brutalement fin à la
    thérapie. S'ensuivront prises d'otage, meurtres, kidnapping et se
    mêleront à cette histoire un bijoutier installé dans un théâtre qui
    veut faire régler ses factures, une jeune princesse aux pouvoirs
    étranges, une ribambelle de danseuses, tout cela sous la vigilance de
    la police secrète royale. Dans ce récit où le sexe et l'argent sont
    les ressorts d'une intrigue fantasmagorique, Ruppert et Mulot font de
    cette famille royale tenaillée par les conventions, des héros de la
    transgression. Tout est mise en scène, métaphore et symbole, et le
    lecteur goûtera aussi bien l'humour corrosif du duo que son sens des
    compositions qui lui est si caractéristique.

  • Dans le monde fantastique de Sfar, plus rien ne peut nous surprendre. Michel Douffon et son ami Vincent Ehrenstein, le Golem, Fernand le vampire, la Mandragore vivent des aventures qui se mêlent et s'entremêlent dans ce monde onirique.

  • « Le rien contient du rien et rien d'autre », mais le rien renvoie-t-il nécessairement au vide, à l'absence, à l'inexistant ? Finalement, rien n'est moins sûr. Et comme José Parrondo n'est sûr de rien, il observe, il s'observe parmi les autres et le monde qui l'entoure. Il s'égare aussi et ses déambulations l'amènent à d'infimes découvertes et à des révélations microscopiques. Il nous murmure à l'oreille que les choses n'attestent pas de leur présence mais révèlent au contraire, en négatif, un ordre inversé et insoupçonné. Son sens de l'absurde questionne avec impertinence et fantaisie l'endroit, l'envers, le dedans, le dehors et plus largement le monde des apparences. C'est une quête de sens et de soi très discrète et, dans sa légèreté, il y a une mélancolie perçant à travers des observations malicieuses. Alternant des courtes bandes dessinées, des illustrations, des gravures, des photographies et des micro-textes, avec Rien, José Parrondo poursuit sa voie minimaliste en multipliant les techniques et les possibilités de raconter. Elles se font écho, produisent des frottements entre elles, ponctuent et font progresser un récit qui suit son bonhomme de chemin jusqu'à toucher tout un chacun.

  • On connait Haiti, malheureusement, par son omniprésence dans l'actualité, toutes les catastrophes politiques et naturelles auxquelles le pays a du faire face ces dernieres annees. Ici, pas de drame, c'est autre chose que nous proposent Gregoire Carlé et Sylvestre Bouquet. Animes tous deux d'une passion pour les mythologies et les cultures primitives des quatre coins du globe, ils ont obtenu en 2012 le soutien financier du Centre europeen d'actions artistiques contemporaines de Strasbourg pour une residence a Jacmel, en Haiti. Dans Trou Zombie (qui est le nom d'un lieu-dit haitien), ils nous racontent par une serie d'anecdotes souvent droles leur quete mystique, qui les menera jusqu'a une veritable ceremonie vaudou. Ils décrivent le quotidien le plus trivial de deux blancs-becs en Haiti, évoquent les odeurs, les sons et les images qui les assaillent, révèlent la maniere tres particuliere dont les Haitiens, du moins ceux qu'ils croisent, vivent leur foi. Le récit est ponctué de magnifiques dessins pleine page, a mi-chemin entre icone religieuse et arcane de tarot, comme pour illustrer l'evangile de leur cheminement vers l'experience ultime. Les styles graphiques très différents des deux auteurs se croisent et se répondent, chacun enrichissant de son point de vue la narration de l'autre. C'est une oeuvre ambitieuse qui mele recit de voyage et temoignage humanitaire alimentee d'une vision onirique, poetique et d'autoderision.

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