Grasset

  • Comme dans la mythologie antique, le monde vit aujourd'hui sous l'emprise de Titans. Ce sont les grandes firmes technologiques, GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et autres BAT (Baidu, Alibaba, Tencent) dont la puissance, excédant celle des États, n'a jamais eu de précédent (les seuls profits annuels d'Apple excèdent le PIB de la plupart des pays du monde).
    Ces titans technologiques ont bénéficié, depuis la crise financière de 2008-2009, d'un afflux massif de capitaux, et de moyens de financement considérables grâce à la politique de bas taux d'intérêt des banques centrales destinée à alléger le coût de la dette des États et des entreprises. Le capitalisme financier a donc fait le lit des Titans technologiques, qui ont à leur tour cassé nos modèles économiques et sociaux, et basculé le monde dans le virtuel- où les fake news ne se distinguent plus de la vérité,   ni le complotisme et le conspirationnisme de l'enchaînement complexe des causalités.  D'où l'ascension concomitante de Titans politiques (Xi Jinping, Donald Trump, Vladimir Poutine, Reciep Tayyip Erdogan, Jair Bolsonaro et d'autres), qui ont bouleversé les règles du jeu géopolitique mondial et réinstauré volonté de puissance et règne du rapport de forces brutal.
    Devenu le terrain d'affrontement de ces Titans économiques et politiques qui n'ont plus rien à voir avec leurs prédécesseurs, le monde est rendu plus incertain et plus dangereux. 
    Révolution monétaire, révolution technologique, révolution politique: cet enchaînement produit un monde nouveau où toutes les règles anciennes deviennent obsolètes. 
    Loin de changer la donne, la pandémie du Covid-19 aura été un révélateur de l'état de la planète.  Les forts en sortiront plus solides encore, les faibles encore plus démunis. Des phénomènes apparus ces dernières années vont s'accélérer : automatisation et délocalisation du travail, puissance du capitalisme alimentée par la création monétaire des banques centrales et les taux négatifs, prégnance des technologies, réduction des libertés individuelles, aggravation de la fracture entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, ceux qui peuvent se protéger des risques et ceux qui y sont exposés.
    Au point que le revenu universel sera probablement la seule solution pour que les millions d'emplois qui vont disparaître ne débouchent pas sur des révoltes de la pauvreté et de la faim.

  • L'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour la plupart des économies européennes. Le retour du franc est-il souhaitable, nécessaire, possible ? Comment peut-il se faire sans drame et quelles en seraient les conséquences et implications politiques ?Jean-Jacques Rosa développe une analyse économique claire et rigoureuse qui répond enfin aux questions que vous vous posez sur le rôle, et l'avenir des monnaies nationales.

  • Le mythe des « 200 familles » qui s'enrichiraient sur le dos de la collectivité a fait beaucoup de mal à la France. Ce sont aujourd'hui 100.000 familles qui possèdent plus de 80% des entreprises hexagonales et produisent 60% de la richesse nationale.
    Vision de long terme, solidarité, pérennité du projet, proximité avec le tissu économique local, plus grande liberté vis-à-vis des marchés financiers, relations sociales plus harmonieuses, souplesse d'adaptation, rapidité de décision et de mouvement, diversité du recrutement et patriotisme : autant d'atouts par rapport aux entreprises cotées en bourse, détenues par des actionnaires professionnels (fonds d'investissements ou autres) qui se retrouvent sous la pression constante de leurs actionnaires avides de dividendes à court-terme.
    L'ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l'hypertrophie des grandes entreprises et des services de l'Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d'emplois, ainsi que l'impuissance à remonter dans le train de la croissance.
    En puisant dans son itinéraire personnel ainsi que dans l'observations d'autres entreprises familiales, en France, en Italie ou en Allemagne, l'auteur démontre ici la pertinence de ce modèle pour dynamiser le rebond économique de notre pays.
    Préface de Michel Barnier, ancien Ministre et Vice-Président de la Commission Européenne (2010-2014)  

  • En 2030, il faudra nourrir 9 milliards de personnes. Et si c'était impossible ? .

  • La France possède 47% du marché mondial des produits de luxe. Fierté nationale, convoitises internationales. Tout le monde en rêve, tout le monde en veut. Et dans les souks d'Istanbul - et ailleurs - les (fausses) Lacoste se vendent comme des petits pains ; sur dix produits contrefaits dans le monde, sept sont français ! Ainsi estime-t-on le chiffre d'affaires de la contrefaçon à quelque 6 milliards par an ! C'est donc un véritable arsenal juridique international que l'industrie du luxe a dû imposer pour se protéger. Autre problème : que devient un produit de luxe à l'heure de la grande distribution ? Peut-on vendre une montre Cartier en libre-service ? Et à l'heure du télé-achat ? Mais comment ne pas tomber dans le refus de vente ? Le luxe, c'est aussi la glorification du travail manuel, la noblesse de l'apprentissage et enfin et peut-être surtout un art de vivre ; ne parle-t-on pas d'admettre dans le fameux Comité Colbert le boulanger parisien Poilâne ou le fabricant de sorbets Bertillon ?

  • A la fameuse formule de Proudhon, « La propriété, c'est le vol », répond aujourd'hui cette mise en garde : « La gratuité, c'est le vol ».
    Le combat pour la consommation gratuite de musique, de films et de livres a réuni en France deux camps que tout sépare : les partisans de l'absolutisme du marché et les contempteurs radicaux du capitalisme. Les hyper-libéraux ont fourni la caution économique et technologique, tandis que les libertaires portaient le drapeau de la fraternité. Comment cette sainte-alliance contre nature des antimodernes et des ultra-capitalistes s'est-elle formée lors des combats législatifs et des débats sociétaux en matière de cybergratuité ?
    L'auteur assène ici un certain nombre de vérités à rebours de la démagogie du temps et des idées convenues :
    1. La culture, nous dit-il, est aussi une marchandise. L'émergence d'une économie de marché de la culture a permis la démocratisation des oeuvres de l'esprit, qui ont cessé d être réservées à une élite pour entrer dans la consommation de masse (L'idée selon laquelle le marché serait l'ennemi de la culture s'alimente à trois sources distinctes : une critique « morale » de l'usure venue du Moyen Age, une critique esthétique de la corruption de l'art née au début du XIXème siècle, une critique sociale de l'aliénation marchande fondée sur le socle du marxisme).
    2. La tyrannie du divertissement est absolument déracinée et mondialisée : elle ne marque ni le triomphe de l'impérialisme yankee, ni celui de la culture américaine.
    3. La télévision, les radios et la presse dites « gratuites » sont en réalité financées par la publicité. Elles ne vendent plus des contenus à des consommateurs mais vendent des consommateurs à des annonceurs. Cependant, les « oeuvres » continuent d être achetées à ceux qui les produisent (auteurs, producteurs, journalistes). Le cas du téléchargement sauvage de musique ou de film est tout différent : les auteurs et les producteurs ne sont plus rémunérés !
    4. Toutes les études convergent pour démontrer que la culture de la gratuité, loin de diversifier l'offre, l'appauvrit considérablement : l'internet non régulé, c'est la mort de la diversité.
    Cet ouvrage se propose de repenser l'exception culturelle à l âge du numérique.

  • Quand on est une orpheline russe élevée à Leningrad, qu'on a rencontré son mari, le milliardaire Robert Louis-Dreyfus, dans un avion entre Zurich et Londres, et que rien ne vous a préparé à hériter d'un empire planétaire et obscur, comment vit-on ?
    De Leningrad à Zürich, de Davos à Paris, des salles de marchés aux officines du pouvoir, la journaliste Elsa Conesa a enquêté sur l'un des secrets les mieux gardés du monde économique. Comment une discrète mère de famille a-t-elle pu prendre les rênes d'une multinationale centenaire, véritable institution des matières premières, et évincer les barons de l'establishment financier ? De Robert Louis-Dreyfus, businessman redoutable, repreneur d'Adidas et patron de l'OM, Margarita a hérité la tenacité, l'intelligence stratégique, et le sens viscéral de ses intérêts. L'orpheline devenue la Tsarine, qui ne quitte jamais son petit chien, fait désormais régner l'ordre. Mais à quel prix ? Quel est le msytère de cette réussite ?

  • « L'économie est cette jungle où nous vivons, nous produisons, nous échangeons, nous gagnons de l'argent et nous en dépensons. Une jungle tellement touffue qu'elle provoque souvent l'incompréhension ou même la peur. Plutôt que de s'obstiner à la voir comme un jardinet bien dégagé ou un enfer, pourquoi ne pas la saisir par petites touches ? L'économie, c'est bien sûr des idées, des chiffres, des théories. Mais aussi des hommes, des produits, des entreprises, avec leurs histoires, leurs rêves, leurs exploits, leurs échecs. Ce livre propose tout cela à la fois, en dressant un tableau impressionniste d'une économie que l'on peut apprécier, détester, déchiffrer mais plus ignorer. Si nous voulons vraiment comprendre le monde d'aujourd'hui, il est urgent de dépasser le cliché d'une économie triste ou horrible. L'économie, c'est d'abord des histoires d'hommes et de femmes qui produisent, échangent, consomment et rêvent. C'est ensuite des entreprises, des objets, des institutions publiques, des lieux. C'est enfin des idées, des penseurs, des concepts. Ce livre propose l'inverse d'une grande théorie : il dresse par petites touches le tableau d'une économie qui n'est pas toujours ce que l'on croit. Mot à mot, il éclaire des pans petits ou grands de ce champ immense. » J.M.V. D'Adam Smith à Pierre Bérégovoy, de Michelin à EADS, en passant par le micro crédit et les stock options, Jean-Marc Vittori nous livre une approche souvent insolente et personnelle des concepts, des acteurs et des théoriciens de l'économie. Sans souci d'objectivité ni d'exhaustivité, loin des idées reçues et du conformisme, ce dictionnaire se met à la portée des novices tout autant qu'il s'adresse aux spécialistes.

  • « L'homme Keynes est fascinant. Peut-être encore plus grand que l'oeuvre. C'est une permanente alchimie des contraires : l'objecteur de conscience qui sert son pays en guerre, le marginal de Bloomsbury qui s'installe au coeur de l'establishment; le grand bourgeois élitiste qui devient la coqueluche des gauches du monde entier; le dandy homosexuel qui épouse une des danseuses les plus courtisées de l'époque ; l'antisémite séduit par les Juifs ; le germanophile atlantiste ; le spéculateur qui se méfie des marchés ; l'esthète qui se consacre aux disciplines les plus austères ; l'intellectuel qui se rêve homme d'Etat ; le conseiller qui se veut homme d'action... Il existe autant de Keynes qui, pourtant, n'en forment qu'un seul: c'était, pour reprendre le mot qu'il emploie à l'égard de Freud, une sorte de diable. »
    A.M.

    Rappels sur John Maynard Keynes (1883?1946) : élève de Marshall à Cambridge, puis conseiller du Trésor britannique durant la Première guerre mondiale, il étudie « Les conséquences économiques de la Paix » (1919) et s'obsède à l'idée de la reconstruction de l'Europe (questions de la dette, des réparations, etc.). Auteur d'un Traité sur la monnaie (1930) puis de la fameuse Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), Keynes s'attaque au problème du sous-emploi qui règne en Grande Bretagne après 1930. Il prône une relance de la consommation, une baisse du taux d'intérêt, un accroissement des investissements publics, toutes mesures impliquant un investissement de l'Etat. Il se met peu à peu à jouer un rôle de prophète sur la scène internationale, qui culminera à la Conférence de Bretton Woods (1944). Il devient après sa mort un mythe, auquel la gauche et parfois la droite ne cessent de se référer.

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