Fayard

  • Et si la monnaie était une chose trop sérieuse pour être confiée à nos banquiers centraux ?Mario Draghi (zone euro), Janet Yellen (États-Unis) et quelques autres, encore inconnus hier, sont devenus les nouveaux maîtres du monde et jouissent désormais d'un pouvoir fou.En 2008, ils ont voulu éviter un désastre encore plus grave que celui de 1929 en injectant des milliers de milliards de dollars ou d'euros dans l'économie. Aujourd'hui, on compte sur eux pour faire repartir la croissance, combattre la déflation, résoudre les problèmes d'endettement des États ou empêcher l'éclatement de l'euro.Mais nos banquiers centraux ont échoué à faire redémarrer la machine. Pis encore, en nous inondant de liquidités, ils jouent un jeu dangereux. Par leur inconséquence, ils nous ont installés dans l'ère de la crise financière permanente, où chaque secousse sera suivie de répliques encore plus courtes et dévastatrices.Les auteurs décortiquent l'engrenage infernal dans lequel les banques centrales nous entraînent et expliquent à quoi pourrait ressembler une « bonne » politique monétaire, créatrice de prospérité, de richesses et d'emplois. Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est professeur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus Le capitalisme est en train de s'autodétruire, La France sans ses usines et Croissance zéro, comment éviter le chaos ? 

  • Plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1300 euros, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales...
    Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres!
    Alors que jamais le pays n'a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 -, la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500000 de l'allocation solidarité.
    Cela n'arrive qu'aux autres? Erreur! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du Peuple d'en bas de Jack London ou de Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Colla a rencontré des personnes qui le savent bien: André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n'aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu'ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.
    Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n'en parlent que rarement. Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des «SDF», sans autre précision. Puis l'information est reléguée au second plan.
    Le thème sera sans doute au coeur des débats dans la perspective des élections de 2007. L'occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l'ambition...

  • L'argent ; mode d'emploi

    Jorion-P

    L'argent joue dans la crise que nous traversons un rôle central : l'hypertrophie de la finance a fait que l'économie financière, l'économie de l'argent, a pris la place de l'économie productive, l'économie des marchandises classiques. Des grandes puissances comme les États-Unis et la Grande-Bretagne se sont spécialisées dans le service financier, c'est-à-dire dans la manipulation de l'argent. L'argent est devenu durant la deuxième moitié du XXe siècle la principale marchandise faisant l'objet d'un commerce. Alors que la crise financière progressait, des sommes gigantesques se sont dissipées en fumée. On disait en mars 2009 qu'elle avait entraîné la destruction de 37.000 milliards de dollars de richesse nominale. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que certains ont prêté 37 « trillions » à d'autres qui ne pourront pas les leur rendre. Une richesse que l'on imaginait être là ne répondra pas à l'appel. La surprise est générale : ceux qui placent leur argent se sont si bien faits à l'idée que d'autres produiront de la richesse à l'aide de ces sommes, que le fait que l'argent non seulement reviendra vers ceux qui l'ont prêté, mais aussi qu'il rapportera, c'est-à-dire qu'il aura grossi entre-temps a acquis pour eux le statut de loi naturelle et leur étonnement est entier quand les choses ne se passent pas comme ils l'avaient initialement prévu. Un autre question que l'on se pose à propos de l'argent, c'est s'il est possible ou non de lui assigner rationnellement une place « juste » ou si la réponse à cette question résulte toujours d'un choix idéologique, c'est-à-dire un choix fondé sur une représentation de la société qu'il est impossible de justifier autrement que par une préférence personnelle en fin de compte arbitraire. Or il existe selon moi une place juste pour l'argent qui est de revenir à ceux qui créent la richesse dont il est le reflet. Est-ce là une vue idéologique ? Si l'on entend par « idéologique » non pas ce qui relève d'un modèle particulier de société, mais selon la définition du mot dans la langue de tous les jours où il signifie « qui remet les choses radicalement en question », alors oui : la réponse est bien idéologique, parce que l'on s'est habitué au fil des siècles à l'idée que l'argent aille par priorité à ceux qui le possèdent déjà : les investisseurs ou « capitalistes », qui prêtent l'argent qu'ils ont en trop en échange d'intérêts ou de dividendes (c'est la même chose) et aux dirigeants d'entreprises qui emploient des salariés qui sont eux les authentiques travailleurs, c'est-à-dire les authentiques créateurs de richesse.

  • « La crise actuelle se terminera un jour, laissant derrière elle d'innombrables victimes et quelques rares vainqueurs. Pourtant, il serait possible à chacun de nous d'en sortir dès maintenant en bien meilleur état que nous n'y sommes entrés.À condition d'en comprendre la logique et le cours, de se servir de connaissances nouvelles accumulées en maints domaines, de ne compter que sur soi, de se prendre au sérieux, de devenir un acteur de son propre destin et d'adopter d'audacieuses stratégies de survie personnelle.
    Mon propos n'est donc pas ici d'exposer un programme politique pour résoudre cette crise et toutes celles qui viendront, ni de vagues généralités moralisantes, mais de suggérer des stratégies précises et concrètes permettant à chacun de "chercher des fissures dans l'infortune", de se faufiler entre les écueils à venir, sans s'en remettre à d'autres pour survivre, pour sur-vivre.Et d'abord pour survivre à la crise actuelle.»
                                                                                                                                                                                                                                              J. A.

  • « On ne nous dit pas tout », se plaint chaque semaine Anne Roumanoff. C'est bien plus grave, on nous ment. Florilège : la crise est finie. La finance peut s'autoréguler. Le dollar est insubmersible. La croissance verte va nous sauver. Le protectionnisme est mort et enterré. Les banques font leur boulot. L'immigration est un fléau. L'inflation nous menace. L'Europe va imploser. Nos dirigeants nous mentent mais ils se mentent à eux-mêmes aussi. D'où des politiques mises en oeuvre qui n'ont ni queue ni tête. C'est pourquoi le mur de la grande dépression se rapproche à la vitesse grand V. Ce livre vise à rétablir certaines vérités sans lesquelles aucune sortie de crise ne sera possible. En renouant avec la méthode qui a assuré le succès du Roman vrai de la crise financière (21 000 ex. fort, 11 000 poche, Perrin, 2008), Olivier Pastré et Jean-Marc Sylvestre décortiquent les scénarios de notre avenir et les vrais dangers de demain.

  • C'est bien connu : le bonheur et l'amour sont dans le pré. Ces images bucoliques nourrissent notre imaginaire, pourtant, depuis des décennies, le monde agricole ne cesse de subir une brutalité quotidienne : celle des marchés. Cette réalité a des retombées concrètes dans nos champs et nos assiettes.
    S'appuyant sur quinze ans d'expériences associatives et professionnelles, Aurélie Trouvé retrace ici de façon pédagogique l'essor de l'agro-business et sa mainmise sur l'alimentation. Comment les multinationales et les fonds financiers en ont fait un instrument de profit, détruisant au passage l'emploi et la nature tout en utilisant des slogans pseudo-écologistes, voire éthiques.
    Mobilisations contre la ferme des 1 000 vaches et le barrage de Sivens, contre les OGM et l'accord transatlantique, réquisition de terres, développement du bio, de circuits courts ou de coopératives locales... Le business est dans le pré veut plus que jamais témoigner des luttes et alternatives qui transforment déjà nos façons de produire, de consommer et d'échanger.
    Aurélie Trouvé, 35 ans, est ingénieur agronome, maître de conférences en économie et spécialiste des questions agricoles et alimentaires. Elle a été coprésidente d'Attac France de 2006 à 2012 et copréside son Conseil scientifique.

  • Réveillez-vous !

    Nicolas Baverez

    Voici plus de trois décennies que la France et les Français se sont installés dans le déni, c'est-à-dire dans la négation de la réalité, volontiers qualifiée de pensée unique. Qu'ils refusent de s'adapter aux grandes transformations du capitalisme et du système géopolitique, dominé par la mondialisation et par la montée en puissance des pays émergents. Qu'ils cultivent des idées fausses pour justifier le statu quo et éluder les réformes que tous savent indispensables, mais dont personne ne veut assumer la responsabilité. Au tribunal de l'histoire, il n'y a pas plus d'immunité que d'impunité pour les nations qui s'installent dans le déni. Assez fait l'autruche. Assez gémi sur le sort d'une nation qui s'est rabaissé en peuple de victimes de la modernité. Assez d'indignations stériles et de vaticinations sur un passé disparu. Assez de recherche de bouc-émissaires. Il faut désormais ouvrir les yeux, mobiliser les Français, s'engager dans la bataille de l'histoire universelle, refaire la France et l'Europe qui continuent à disposer d'atouts majeurs. Près de dix ans après son best-seller, La France qui tombe, Nicolas Baverez dresse un bilan lucide et cruel de notre aveuglement, et lance un appel. L'heure est venue de reconstruire ! Les modèles étrangers ou clé en main ne seront d'aucun secours. L'avenir ne tient qu'à nous. Il faut préparer un nouveau pacte social : pas de bonheur privé complet dans le malheur public. Il faut réinvestir l'éducation et l'innovation. Bref, entrer dans le XXIe siècle. Secouons-nous !

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