Institut de la gestion publique et du développement économique

  • Nos sociétés contemporaines sont traversées par des tensions sociales, économiques et environnementales d'ampleur. La succession des crises financières et écologiques, les excès du capitalisme, la financiarisation croissante des activités humaines ou encore la mondialisation des inégalités imposent de construire de nouveaux référentiels économiques pour penser les politiques publiques de demain. Dans ce contexte, alors que les recettes passées ont montré leurs limites, il semble pertinent de s'interroger sur le rôle que pourrait jouer une économie plus sociale et solidaire. Quels changements et nouveaux savoir-faire pourrait-on imaginer dans ce contexte socio-économique en mutation ? Comment pourrait-on répondre différemment aux besoins et promouvoir des formes d'actions alternatives à la logique de l'accumulation ? En invitant des chercheurs en sciences humaines et sociales à se pencher sur ces questions et en leur proposant de réfléchir à de nouvelles façons de comprendre le monde, pour mieux y agir, cet ouvrage se veut sortir des solutions conventionnelles et répétitives souvent suggérées par les experts proches de la science économique « dominante ». Il emprunte, dans une première partie, des chemins stimulants pour « repenser » l'économie. Les questions de mesure de la richesse, de confiance dans les relations économiques ou encore de gestion des biens communs sont ainsi abordées. Ce sont, ensuite, des pistes concrètes pour renouveler les fondements de l'État social qui sont envisagées. Se dessinent alors de nouveaux espaces de transformation que l'économie sociale et solidaire semble pouvoir développer.

  • Les relations économiques et financières franco-allemandes ont leur spécificité qui en fait un champ d'étude à la fois varié et susceptible de maints prolongements. Cet ouvrage rassemble seize communications, également réparties entre les deux pays, dont plusieurs issues de recherches menées à partir de sources inédites. Toutes ont été présentées et discutées lors d'un colloque qui formait lui-même l'aboutissement de trois années durant lesquelles s'est réuni, au rythme de quatre à cinq séances par an, un atelier placé sous le double parrainage du Comité pour l'histoire économique et financière de la France et de l'Institut historique allemand de Paris. Les sujets abordés sont variés : études sectorielles ; monographies d'entreprises ; place des politiques publiques ; importance de certains espaces de confrontation et de coopération, proches ou lointains ; rôle de la construction européenne... Leur mise en perspective devrait apporter des éléments de réponse et fournir des pistes de réflexion à propos de problèmes qui, loin d'être inédits et particuliers à la période présente, forment autant de permanences dans les relations franco-allemandes, quelle que soit l'époque considérée : déséquilibres structurels, poids des facteurs politiques, multiples ambivalences des regards croisés où s'articulent fascination et répulsion, admiration et rejet, modèle et contre-modèle.

  • La trajectoire de Wilfrid Baumgartner tout au long du XXe siècle a été celle d'un financier, au double sens que le mot a hérité de l'Ancien Régime : technicien des choses de l'argent et serviteur de la chose publique. Inspecteur des Finances, directeur du Trésor, gouverneur de la Banque de France, ministre des Finances, président de Rhône-Poulenc, le cas Baumgartner éclaire pour la première fois à cette échelle biographique la figure du grand commis à la française, de la crise de la Ille République aux années sombres de Vichy, de l'instabilité politique de la IVE' République aux ruptures du régime gaulliste. Cette étonnante continuité de l'homme est aussi celle de l'État en France dans la période. Elle est analysée ici à travers les profondes mutations qu'a connues, des années 1920 aux années 1970, le système financier français (monnaie, Trésor, banques et crédit), tant du point de vue des modalités changeantes du financement de l'activité économique que de celui de la place et du rôle de la France dans le système monétaire international, notamment dans le contexte de la construction européenne. Une hypothèse à visée globale sous-tend cette traversée de l'histoire de la France contemporaine : celle de l'institution par étapes, flux et reflux, d'une économie d'endettement en France, clef d'un certain modèle économique (et social) qui aura marqué en profondeur le siècle passé. « Un homme d'État... Non ! Un homme de l'État. Cette formule de l'auteur, bien venue, situe tout à la fois la personnalité de Baumgartner et son aura, avec les questions originales qu'elles nous posent » Jean-Noël Jeanneney.

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