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Les Belles Lettres éditions
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Lorsque, le 24 août 1572, Charlotte Arbaleste se réveille vers 5 h 00 du matin et regarde à sa fenêtre, que voit-elle ? Les rues avoisinantes sont remplies de gens qui vont et viennent. Le massacre de la Saint-Barthélemy a en effet commencé depuis deux ou trois heures avec l'assassinat de l'Amiral de Coligny et la tuerie des capitaines huguenots présents dans la capitale. Sans doute s'étend-il déjà à la population protestante de la ville. Les Parisiens sont sortis de chez eux pour se faire les spectateurs-acteurs d'une immense tragédie, dont Denis Crouzet réévalue le nombre des victimes : au moins 4 000, peut-être plus. Il démontre que cette tragédie n'a été possible que parce que le « peuple » a pris part, tant activement que passivement, à une grande euphorie collective aspirant à réitérer le massacre biblique des adorateurs du Veau d'or. C'est toute une ville qui a tué ou laissé tuer les « hérétiques » dans le cours d'un atroce crime de masse que l'on peut rapprocher des grands pogroms de l'histoire passée. Comprendre comment le pouvoir royal, à contre-sens du rêve de paix civile qui l'animait, a pu être pris au piège d'un imaginaire eschatologique commandant à chaque « bon catholique » de prendre part à un grand massacre qui exprimait une intense foi en Dieu, tel est le projet de ce livre qui s'apparente à une enquête policière oeuvrant dans l'obscurité des jours et des nuits d'épouvante.
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Les aventuriers de la mémoire perdue ; Léonard, Erasme, Michelet et les autres
Jean-christophe Saladin
- Les Belles Lettres éditions
- 20 Novembre 2020
- 9782251914824
Nos aventuriers sont les humanistes. Leur quête : retrouver la culture antique perdue. En restaurant sa mémoire, ils fondèrent - souvent au péril de leur vie - une civilisation de la libre pensée, la nôtre. Ils s'engagèrent dans tous les domaines de la vie sociale, depuis la peinture jusqu'aux droits des colonisés, en passant par le théâtre, l'astronomie et la religion. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux, en un temps où la liberté d'expression est à nouveau menacée. Jean-Christophe Saladin raconte les aventures de ces hommes et de ces femmes de la Renaissance qui surent puiser dans les immenses richesses occultées du passé pour construire leur avenir.
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Versailles à la rencontre du Taj Mahal : Conversations éclairées sur l'Inde au temps du Roi-Soleil
Benjamain Van Blancke, Faith E. Beasley
- Les Belles Lettres éditions
- 6 Septembre 2024
- 9782251920313
Rares sont les visiteurs du château de Versailles ou les lecteurs de La Princesse de Clèves qui voient dans ces créations emblématiques du XVIIe siècle français une quelconque influence indienne. Pourtant ces oeuvres majeures du Grand Siècle, comme tant d'autres, sont nées dans un contexte intellectuel profondément marqué par une fascination pour l'Inde, et elles en portent la trace. En quête de cette passion oubliée, Faith E. Beasley réinterroge les textes des plus grands esprits de cette époque pour reconstituer les conversations qui se sont tenues dans les salons entre savants et mondains des deux sexes. Elle montre combien ces entretiens émanant des plus grands esprits de l'époque (François Bernier de retour d'un séjour de dix ans à la cour du Grand Moghol, Marguerite de La Sablière à la tête du plus savant des salons, Jean de La Fontaine, Madame de Sévigné, Bernard de Fontenelle, Madame de Lafayette...) révèlent l'engagement unique de la France envers l'Inde durant cette période. Cet ouvrage, résultat de vingt-cinq ans de recherches et de réflexion, met en évidence les nombreuses empreintes laissées par l'Inde sur la culture et les mentalités du XVIIe siècle français, qu'il s'agisse de littérature, de philosophie, de théologie, de pensée politique ou même de mode vestimentaire et d'architecture. Bien loin des représentations dominantes héritées d'un « orientalisme » du XIXe siècle imprégné de colonialisme, on y découvre une France très admirative de l'Inde, de ses savoir-faire, de ses richesses, de la pluralité de sa société et de la tolérance religieuse de ses souverains.
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La Renaissance orientale
Raymond Schwab
- Les Belles Lettres éditions
- Classiques favoris
- 6 Septembre 2024
- 9782251920290
Paru en 1950, le grand livre de Raymond Schwab (1884-1956) est une révolution qui valut la gloire à son auteur. Grand classique, La Renaissance orientale bouleversa la perception que le public se faisait des figures les plus célèbres de l'histoire contemporaine de la littérature et de la philosophie. Étrange affaire : célèbre dans le monde entier, l'ouvrage était introuvable en France. Avec élégance, rigueur et douce imperturbabilité, Schwab y montre tout ce que la pensée, la littérature, les sciences et les arts européens doivent a cette redécouverte obstinée des pensées orientales qui commença au XVIIIe siècle. La fascination exercée par l'Orient sur les sciences et les arts en Europe entre le XVIIIe siècle et la fin du XIXe, a dessiné en profondeur les perspectives panthéistes dans lesquelles notre civilisation a voulu définir sa modernité. Alors que la « première Renaissance » redécouvrait au XVIe siècle l'Antiquité gréco-romaine, cette « seconde Renaissance », aux XVIIIe et XIXe siècles, ouvre les structures mentales de l'Europe a l'Orient. Celui-ci est conçu à la fois comme son autre et comme son origine, puis transformé en quelque chose qui va devenir ce qu'est notre monde. C'est la manière dont les sources orientales ont pu donner lieu à une appropriation européenne qui intéresse l'auteur. Dès lors le matériau qu'il inspecte est considérable : citons pêle-mêle et parmi tant d'autres Lamartine, Hugo, Michelet, Baudelaire, Wagner, Goethe, Nietzsche, Shelley, Leconte de Lisle, Emerson, Flaubert Les sources du basculement de toute une civilisation dans la grande accélération moniste est la préoccupation majeure de ce livre. Celui-ci s'est imposé, au fil du temps, comme une éblouissante somme d'histoire des idées tout autant que, de l'aveu même des spécialistes, comme la plus magistrale histoire de l'orientalisme jamais écrite. Lors de sa traduction anglaise il y a quelques années, le Journal of Asian Studies écrivait ainsi de La Renaissance orientale qu'il s'agissait « d'une oeuvre extraordinaire », et que « la richesse des détails, la synthèse imaginative des matériaux, la présentation captivante y étaient inégalées en ce domaine ». Dans le New York Times, Bernard Lewis en personne concluait : « Le livre de Schwab apporte un magistral éclairage, enrichissant en profondeur notre compréhension de la tradition intellectuelle et de sa place dans l'évolution du monde occidental. » Voici ce chef-d'oeuvre à nouveau significativement disponible pour la première fois depuis sa parution. Une belle introduction de Thibaut Matrat fait portrait de l'auteur en sa vie et ses livres.
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L'éminence grise : études de religion et de politique
Aldous Huxley
- Les Belles Lettres éditions
- Le Goût de l'Histoire
- 21 Octobre 2022
- 9782251918273
La vie du Père Joseph (1577-1638), surnommé par ses détracteurs « l'éminence grise du cardinal de Richelieu » dont il était ministre, est un saisissant paradoxe.
Le jour, ce chef de redoutables services spéciaux dirige les opérations sur le champ de bataille. Son exercice impitoyable du pouvoir réussit à prolonger les horreurs de la guerre de Trente Ans.
La nuit, ce fondateur d'un ordre de religieuses contemplatives prie ou compose des poèmes.
Pourquoi Aldous Huxley, le romancier de Contrepoint et du Meilleur des Mondes, s'est-il fait le biographe de ce prodigieux méconnu, mélange de Talleyrand et de saint Jean de la Croix ?
Parce que, dit-il, « la création d'un tel homme dépasserait le génie de n'importe quel artiste littéraire ». Certainement aussi parce que le Père Joseph, politicien mystique, s'est vu, le jour comme la nuit, en bâtisseur d'un monde meilleur... -
Réflexions sur la Révolution de France
Edmund Burke
- Les Belles Lettres éditions
- Le Goût des idées
- 14 Octobre 2016
- 9782251902111
Peu de livres ont eu une importance historique aussi grande, et une postérité aussi variée, que ces « Réflexions », présentées ici dans une traduction nouvelle. OEuvre de circonstance, elle est très vite au centre des polémiques de l'époque révolutionnaire et, au-delà, elle inspire toutes les grandes critiques de la philosophie du XVIIe siècle : du conservatisme anglais au romantisme allemand et au traditionalisme des contre-révolutionnaires français.
Libéral anglais, que tout semblait disposer à accueillir favorablement la Révolution, Burke, dès novembre 1790, prévoit, comme des conséquences inéluctables, la déposition du roi sinon son exécution, et la dictature militaire. La Terreur et la guerre ne feront que confirmer ses premières analyses, comme le montrent, avec une superbe éloquence, les textes qu'il consacra ensuite, jusqu'à sa mort en 1797, aux événements de France, et dont un choix abondant complète la présente édition.
Traduction de Pierre Andler ; présentation de Philippe Raynaud ; annotation d'Alfred Fierro et de Georges Liébert.
Edmund Burke (1729-1797), homme politique et philosophe anglais d'origine irlandaise, a longtemps été député à la Chambre des Communes comme membre du parti whig. Il est resté célèbre pour le soutien qu'il a apporté aux colonies d'Amérique du Nord lors de leur lutte pour l'indépendance, ainsi que pour sa ferme opposition à la Révolution française qui fit de lui l'un des chefs de file de la faction conservatrice au sein de son parti. -
Moi, Louis Gaufridy, ayant soufflé plus de mille femmes : une confession de sorcier au XVIIe siècle
Thibaut Maus de Rolley
- Les Belles Lettres éditions
- 8 Septembre 2023
- 9782251919058
Le 30 avril 1611, un curé marseillais, Louis Gaufridy, est brûlé vif à Aix au terme d'un procès instruit par le parlement de Provence. Il est reconnu coupable d'avoir causé la possession diabolique de plusieurs religieuses d'Aix, ainsi que d'avoir initié à la sorcellerie l'une d'entre elles, la jeune Madeleine de Demandolx. Thibaut Maus de Rolley propose une nouvelle lecture de cet événement judiciaire majeur du début du règne de Louis XIII. L'enquête s'articule autour des aveux livrés par Gaufridy à la justice, dans lesquels le prêtre raconte sa vie de sorcier, décrit les messes noires célébrées au sabbat et révèle avoir reçu du diable le pouvoir de rendre les femmes folles de désir en leur soufflant au visage. Moi, Louis Gaufridy examine comment cette « confession » s'est forgée au cours du procès, avec en point de mire une question cruciale : lorsqu'ils passaient aux aveux, les hommes et les femmes accusés de sorcellerie n'étaient-ils que les récitants passifs des fantasmes des juges, ou prenaient-ils part à l'invention de ces histoires diaboliques ? Est-il possible d'entendre leur voix propre dans les dépositions consignées par les greffiers ? À l'aide de documents inédits, ce livre novateur montre aussi comment cette fiction élaborée dans l'enceinte du tribunal s'est ensuite largement diffusée par l'imprimé, pour donner lieu à des réécritures qui éclairent d'un nouveau jour l'histoire de la littérature du crime, tout en nous permettant de mieux comprendre comment un procès de sorcellerie était reçu par ses contemporains immédiats, au plus fort de la chasse aux sorcières en Europe.
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Jean-Baptite Vico : la carrière d'un homme de lettres dans la Naples de lumières
Raffaele Ruggiero
- Les Belles Lettres éditions
- Les Belles Lettres / essais
- 13 Janvier 2023
- 9782251918532
Suivre « pas à pas » et « avec franchise » toute la série de ses études : c'est précisément ce que Vico (1668-1744) se proposait de faire dans son autobiographie Vie de Giambattista Vico écrite par lui-même, parue en 1728.
Mais, parce que placée dans la perspective de la polémique contre la diffusion du cartésianisme à Naples, cette reconstruction a posteriori eut pour effet de léguer une image du penseur toute orientée vers un but : la conception de la Science nouvelle.
Rompant avec cette artificielle perspective, Raffaele Ruggiero raconte une autre histoire de Vico. Il rend leur pleine autonomie à toutes les expériences intellectuelles du savant penseur : sa formation, ses études juridiques, son engagement littéraire, son invention d'une nouvelle rhétorique de la science. Il révèle la multiplicité des inspirations culturelles qui ont façonné sa physionomie unique de philosophe et d'écrivain, et l'articulation complexe de ses intérêts scientifiques destinés à remodeler l'encyclopédie des savoirs à l'aube de la modernité.
Convoquant toutes ses oeuvres, le replaçant dans son contexte, celui d'un protagoniste de la République des Lettres à l'époque des Lumières, Raffaele Ruggiero expose le rapport ambigu et passionnant de Vico à ses sources et à ses fantômes polémiques. -
Le principe de plaisir : esthétique, savoirs et politique dans la Florence des Médicis (XVI-XVII siècles)
Déborah Blocker
- Les Belles Lettres éditions
- Les Belles Lettres / essais
- 8 Avril 2022
- 9782251917597
Ce livre raconte plusieurs histoires en une. D'une part, celle d'une des académies les plus originales et les plus productives de la fin de la Renaissance florentine, l'académie des Alterati (1569-ca. 1630). D'autre part, celle d'un groupe social restreint, constitué de quelques dizaines de jeunes patriciens florentins que le pouvoir médicéen ne voyait pas d'un bon oeil parce que leurs ancêtres avaient lutté pour maintenir la République oligarchique. Ces jeunes nobles firent de leur académie un lieu où occuper leurs loisirs et partager leurs plaisirs - artistiques et autres -, mais aussi un collectif où travailler ensemble à leur intégration dans la société de cour médicéenne.
En troisième lieu, ce livre raconte l'histoire d'un corpus de documents, aujourd'hui dispersé, mais qui constituait jadis le fondement de toutes les activités des « Altérés ». Ces milliers de folios de documents, pour l'essentiel restés à jamais manuscrits - et très largement inexplorés - contiennent des discours académiques, des lettres, des registres d'activité, des dialogues, des poèmes collectivement corrigés, etc. Leur analyse permet de suivre au jour le jour les activités des Alterati pendant près de six décennies, et d'examiner, à travers la forme matérielle que prirent leurs travaux, comment émergèrent en leur sein, au fil de leurs débats, des horizons intellectuels collectifs.
Par l'entrelacement constant de ces trois histoires, ce livre en raconte enfin une quatrième : celle des actions, activités et discours qui, au sein de l'académie des Alterati, ont participé à la constitution de l'esthétique en savoir (et en savoir-faire) d'un type nouveau. À travers le cas des Alterati, ce livre pose ainsi la question de la formalisation des savoirs et pratiques esthétiques qui sont aujourd'hui les nôtres - et celle des liens entre leur émergence et la montée en puissance de l'autoritarisme politique moderne, au sein des aristocraties européennes de la première modernité. -
Le trompeur trompé : représentations littéraires des charlatans à la Renaissance
Matteo Leta
- Les Belles Lettres éditions
- Les Belles Lettres / essais
- 3 Mars 2023
- 9782251918662
Les charlatans sont, sans aucun doute, l'une des figures les plus populaires et intéressantes de la Renaissance. Matteo Leta en offre un portrait : aspect physique, langage, lieux qu'ils fréquentent, marchandises qu'ils colportent et victimes qu'ils trompent. Grâce à une rigoureuse analyse des sources littéraires italiennes et françaises, en particulier comédies et nouvelles, il montre toute la porosité des charlatans, dont l'imaginaire s'imbrique à celui des valets à tout faire, des magiciens bonimenteurs et des sorcières entremetteuses qui peuplent la littérature de l'époque. Leurs prouesses et fantasmagories verbales sont évoquées pour cacher d'invraisemblables ruses magiques et médicales ou pour en faire des contrepoints satyriques du pédantisme académique. Trompeurs (parfois) trompés, les charlatans se révèlent également des orateurs chevronnés, comédiens experts et guérisseurs capables de véritables prodiges. Ainsi, ce n'est pas un hasard si plusieurs écrivains ont recours à l'imaginaire charlatanesque pour raviver des polémiques (littéraires, religieuses, ou politiques), ou pour décrire des aspects particuliers de l'altérité ethnique. Trois éminents spécialistes de la Renaissance - Jean Céard, Denis Crouzet et Frank Lestringant - enrichissent ce volume de leurs précieuses introductions.
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Momus ou le prince ; fable politique
Leon battista Alberti
- Les Belles Lettres éditions
- 16 Janvier 2017
- 9782251902838
Traduite par Claude Laurens avec une courte préface de Pierre Laurens, la fable politique qu'on va lire dans cette nouvelle issue, remaniée pour adhérer à l'édition la plus récente du texte latin, est à ranger dans la bibliothèque aux côtés des chefs-d'oeuvre de Swift, de Voltaire et de George Orwell.
Momus, personnage de la mythologie, mis en scène par Lucien comme le dieu de la critique, devient, entre les mains d'Alberti, qui fait de lui par deux fois une victime injustement persécutée, le premier immoraliste de la littérature moderne. L'exil parmi les hommes aiguise son esprit caustique, le malheur lui enseigne à masquer son caractère, au point que le dieu du franc-parler devient, au rebours de sa nature, le virtuose, mieux : le théoricien de la simulation et de la dissimulation, tel un ingénieux Ulysse égaré dans les cours. Mais surtout, à travers les mésaventures qui le ballottent du ciel à la terre, de la société humaine au parlement de l'univers, il est à chaque instant et partout, comme plus tard le Neveu de Rameau, le génie de la provocation, le grain de levain qui démasque les faiblesses et les hypocrisies, bouscule les idées reçues, désacralise les puissances établies.
Mêlant systématiquement le rire au sérieux, irrigués continuellement par la veine imaginative, portés par une phrase d'une incroyable agilité, les épisodes se succèdent dans un rythme effréné, alternant paradoxes éblouissants, pages d'un comique bouffon et osé autant que profond et inventions poétiques. Un régal.
Architecte, peintre (et auteur des deux premiers traités modernes d'architecture et de peinture), ingénieur, humaniste, moraliste, écrivain, Alberti (1404-1472) fut, avant Léonard de Vinci, le premier exemple de l'homme « universel », génial et inclassable. -
Esquisse de la kabbale chrétienne
Anonyme
- Les Belles Lettres éditions
- La roue à livres
- 16 Janvier 2018
- 9782251907062
Parue en 1684, en conclusion de ce dernier grand monument d'érudition de la kabbale chrétienne qu'est la Kabbala denudata, l'Esquisse de la kabbale chrétienne, dont l'attribution reste encore discutée, fait dialoguer un philosophe chrétien et un kabbaliste. Reprenant et développant les principaux thèmes mis en avant par les kabbalistes chrétiens qui l'ont précédé, ce dialogue missionnaire se veut une démonstration, à l'aide des méthodes et thèses de la kabbale juive, de la vérité du christianisme, afin, non seulement, d'y amener les juifs, mais aussi de reconduire les chrétiens divisés à l'unité profonde et originaire de leur religion. Comme le montrent la présentation et les notes, il entend démontrer, dans la ligne qui fut celle, notamment, à la Renaissance, de Pic de la Mirandole et de Reuchlin, et puisant aussi bien dans la Bible et les grands textes du judaïsme et de l'Antiquité païenne, que chez les Pères de l'Église et des penseurs médiévaux ou modernes, que le coeur du judaïsme - la kabbale - est aussi celui du christianisme. Cet ouvrage connut un grand succès et fut apprécié notamment par John Locke et Henry More.
Jérôme Rousse-Lacordaire est producteur délégué à France Culture et rédacteur de plusieurs revues. Spécialiste des rapports entre ésotérisme et christianisme, il a publié de nombreux ouvrages et traductions de textes renaissants, dont Ésotérisme et Christianisme : histoire et enjeux théologiques d'une expatriation ; Une controverse sur la magie et la kabbale à la Renaissance et Une fraternité à l'honneur du Saint-Esprit : le Liber articulorum des prêtres de Lodève. -
L' univers obscur du corps ; représentation et gouvernement des corps à la Renaissance
Jean Céard
- Les Belles Lettres éditions
- Les Belles Lettres / essais
- 5 Mars 2021
- 9782251914961
À la différence des pensées antiques qui, invitant à se connaître soi-même, détachent l'âme du corps, la pensée chrétienne élabore une conception du corps étroitement solidaire de l'âme : celle-ci n'est tout à fait elle-même qu'unie au corps qu'elle anime. Or la médecine sait à quel point la vie intérieure du corps nous échappe. Si la Renaissance est ardemment attentive à l'anatomie, de grandes pensées expriment de fortes réserves sur la validité de ce savoir qui pourrait bien n'être qu'un trompe-l'oeil. Plus généralement comment définir le rapport de l'âme et du corps ? Les métaphores qui tentent de le décrire sont aussi nombreuses qu'imparfaites, comme est vif l'intérêt pour ces individus qui vivent ce rapport dans l'incertitude, l'instabilité ou l'inquiétude : le lycanthrope, qui, comme on dit alors, « se met en loup », l'ensorcelé, le fou. À défaut de pouvoir scruter l'intimité des corps, d'être en état d'en franchir la clôture, il faut mettre en place des procédures indirectes d'observation, édifier un complexe savoir conjectural qui sache repérer et croiser les signes. Nous n'avons pas complètement renoncé à ces représentations.