Tallandier

  • « Les commencements de la Révolution sont ceux d'une extraordinaire accélération de l'histoire. Les événements s'y bousculent dans un luxe d'acteurs, d'envolées, de confusion et de coups de théâtre. Ce qui s'est passé à ce moment-là n'est intelligible que si l'on restitue les faits dans une séquence fondatrice.

    « Trois événements, liés entre eux et par lesquels tout advient, n'avaient jamais été racontés en tant que tels. Le mercredi 17 juin, les députés du tiers état s'érigent en "Assemblée nationale". Le samedi 20, ils jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. Le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats. "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Et le roi cède.

    « La Révolution s'est jouée et accomplie en sept jours et cinq décrets. Son destin, ses héritages y sont comme scellés. Jusqu'à la guerre civile. Jusqu'à la Terreur. »

    Le dernier opus d'Emmanuel de Waresquiel, enrichi d'abondantes sources inédites, change radicalement notre lecture de la Révolution. L'auteur raconte « ses » sept jours tambour battant en un récit alerte qui se lit comme un roman à suspense.

  • Banquiers, maîtres de Florence, papes, humanistes et mécènes, les Médicis ont incarné la Renaissance italienne. Du XIVe au XVIIIe siècle, ils ont été des acteurs majeurs de l'échiquier politique européen.
    De Cosme l'Ancien à Laurent le Magnifique et Cosme Ier, premier grand-duc de Toscane, l'ascension des Médicis a été exceptionnelle : ils ont marié leurs filles à des rois, ont prêté de l'argent aux monarques, sont devenus papes et ont été au coeur des grands courants sociaux, culturels et politiques de leur temps. Rois sans couronne, ils ont été les maîtres de la République de Florence.
    Encourageant et subventionnant les génies naissants, la Renaissance toscane a rayonné grâce à eux du plus magnifique éclat.
    De la Florence de Dante à la veille de la Révolution française, Marcel Brion fait revivre les passionnants destins de cette captivante lignée.

  • Louis XIV

    Jean-Christian Petitfils

    Par la longueur de son règne (1643-1715), la fermeté de son caractère, sa volonté de s'inscrire dans la durée, par les mutations sociopolitiques du pays, le rayonnement des arts et des lettres, Louis XIV occupe une place majeure dans l'Histoire.

    Outre un portrait renouvelé du Grand Roi, ce livre retrace les grandes étapes de la construction de l'État royal, la lutte pour l'ordre, la grandeur du royaume, après les turbulences du premier XVIIe siècle, sans omettre les erreurs tragiques du souverain (la révocation de l'édit de Nantes notamment), les guerres, les souffrances des peuples, les difficultés économiques, sociales et religieuses.

  • Il a fallu à la Révolution trois jours et deux nuits, du 14 au 16 octobre 1793, pour juger et exécuter Marie-Antoinette. Elle était condamnée d'avance. Ce face-à-face dramatique entre l'ancienne reine de France et ses juges dans la salle de la Liberté du Tribunal révolutionnaire de Paris tient tout à la fois du huis clos, du dialogue de sourds et de l'épreuve de force. C'est bien sûr le procès d'une reine, c'est aussi celui d'une étrangère, c'est enfin celui d'une femme et c'est celui d'une mère.
    Emmanuel de Waresquiel le raconte, à la lumière de sources jusqu'alors inédites, en montrant tour à tour l'accusée et ses accusateurs, leurs peurs, leurs courages et leurs certitudes, leurs fantasmes et leurs haines. Il en fait à la fois un tournant de la Révolution et l'un des moments paroxystiques de la Terreur. Un miroir aussi, comme si tout était dessiné en noir et blanc : les hommes et les femmes, la vertu et la trahison, l'égalité et le privilège, la nation et l'Europe, la République et la monarchie. Les grandes fractures françaises ont en commun d'avoir été des tragédies. Elles font de ceux qui s'y débattent des personnages de la 25e heure. Victimes et bourreaux n'ont plus de prise sur leur destin.

  • " Crois ou meurs ! Voilà l'anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! " Ainsi s'indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, au tout début de la Révolution. Voilà qui s'inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd'hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l'homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

    Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n'avait été qu'une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l'enjeu mémoriel divise toujours les Français ? Il fallait reprendre l'enquête en revisitant les événements, en les décryptant et en se libérant de l'historiquement correct.

    Ce récit circonstancié s'adresse à tous ceux qui souhaitent qu'on leur raconte enfin une autre histoire de la Révolution française, la vraie.

  • Galère, bagne, garde-chiourme, taulard. Le vocabulaire d'aujourd'hui garde la trace d'une histoire de plusieurs siècles et symboliquement achevée lorsqu'en 1953 les derniers forçats sont rapatriés de Guyane.
    C'est aussi l'époque où s'applique l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante qui clôt un processus de lente disparition des maisons de correction pour enfants.
    Et c'est encore le temps où, de manière définitive, disparaît « Biribi » qui désignait le tragique archipel des structures punitives de l'armée française en Afrique du Nord.
    Les lieux de punition étaient des camps forestiers non loin du Maroni, des îles en Nouvelle-Calédonie, Tataouine dans le Sud tunisien ou encore Mettray et Aniane en France pour les enfants et adolescents. Une géographie multiple venant après les bagnes portuaires de Toulon, Brest et Rochefort et laissant traces et vestiges. Et aussi quelques noms au cours des siècles : Vidocq, Louise Michel, « Papillon », Jean Genet, parmi tant de matricules anonymes.
    En reliant les lois, les lieux et les vies, ce livre présente des centaines de milliers de destins qui ont subi le temps des bagnes depuis l'Ancien Régime jusqu'au Second Empire et aux Troisième et Quatrième République. En restituant une longue mémoire, il parcourt une histoire des mentalités, décrit des tensions sociales et des représentations culturelles, contribue à l'histoire de la justice sur plus de deux siècles et pose des questions toujours d'actualité.

  • « Si un historien fut longtemps ignoré, et pour de mauvaises raisons, c'est bien Augustin Cochin. On peut même dire que l'homme et l'oeuvre seraient tombés dans un oubli complet si François Furet ne les avait tirés du sépulcre où l'historiographie révolutionnaire de la Révolution les avait ensevelis.
    À l'heure où l'on se gargarise de mots, à l'heure où le despotisme de "l'opinion", ou de ce qui en tient lieu, se fait plus sentir que jamais, à l'heure où la démocratie partout célébrée est davantage un mantra qu'une réalité, en ces temps de disette et de médiocrité de la pensée, le retour aux grandes oeuvres, originales et puissantes, est toujours comme un bain de Jouvence. »
    Patrice Gueniffey
    Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d'honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l'un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l'esprit démocratique moderne.
    Cette oeuvre majeure, pour la première fois accessible dans sa quasi-exhaustivité, permet à la fois de comprendre l'effondrement de l'Ancien Régime et de visiter les soubassements du phénomène démocratique. Outre l'essentiel du corpus d'histoire de la Révolution, dont le fameux Les Sociétés de pensée et la démocratie, cet ouvrage contient l'ensemble des études de Cochin sur le protestantisme français, jusqu'ici jamais publiées en volume. Il donne aussi à lire la correspondance inédite de l'historien où la finesse de l'homme vient percer la carapace du chercheur.
    Augustin Cochin fera toujours débat. Mais les questions qu'il entreprit d'explorer en solitaire il y a un siècle sont encore d'aujourd'hui. C'est déjà beaucoup, et assez pour lui accorder toute notre attention.

  • Pourquoi Louis XIV a-t-il choisi Versailles pour établir
    sa cour et son gouvernement ? Qui dirigeait Versailles ? Les courtisans dormaient-ils dans des « nids à rats » ?
    La nourriture de Versailles était-elle bonne ? Comment fallait-il être habillé à Versailles ? Les souverains
    avaient-ils du temps libre ? Fallait-il être riche
    pour vivre à Versailles ? Depuis sa construction en 1623, Versailles ne cesse d'étonner, de subjuguer. Tour à tour relais de chasse, résidence de campagne, siège de la cour et du pouvoir royal, puis au XIXe siècle musée et palais national, ce château aux multiples facettes impressionne. En 100 questions/réponses, qui couvrent à la fois le cadre de vie, l'architecture, les jardins mais aussi la vie des souverains et de leurs courtisans à travers le logement et son confort, l'hygiène ou encore les divertissements, ce livre englobe le Versailles de l'Ancien Régime depuis le premier château de Louis XIII jusqu'au départ de la cour et de Louis XVI en 1789. Si Louis XIV, comme « créateur de Versailles », occupe une place centrale, ses successeurs, les favorites ou la reine Marie-Antoinette ne sont pas oubliés.Aux questions que tout le monde se pose mais aussi à de bien plus surprenantes, Mathieu da Vinha, historien spécialiste de Versailles et conseiller historique de la série Versailles sur Canal +, répond avec un style alerte et documenté.

  • Il serait injuste d'accuser le peuple parisien des massacres de septembre : cent cinquante égorgeurs, au plus, suffi rent à la besogne. Pendant une semaine, ils terrorisèrent Paris : le peuple, lui, se contenta de regarder, d'être curieux, d'applaudir ; d'apporter là son amour effréné du spectacle, quel qu'il soit ; et aussi cette sorte d'équité fruste et servile qui le poussait à huer les coupables et à embrasser ceux qu'on lui déclarait innocents. Des récits qui vont suivre surgiront d'horribles figures ; mais combien plus nombreux furent ceux qui risquèrent leur vie pour sauver des malheureux dont ils ne connaissaient pas le nom. Ce sont ces comparses héroïques qu'il faut suivre à travers le drame. »
    Après la chute de la Monarchie en août 1792, l'Assemblée législative s'incline devant la Commune insurrectionnelle de Paris, largement influencée par Robespierre. À Paris, environ 3 000 suspects sont emprisonnés. La peur du « complot aristocratique », l'inquiétude grandissante devant l'avancée des troupes prussiennes déchaînent les passions populaires et provoquent les massacres de septembre dont le bilan s'élève à plus de 1 000 victimes.

  • On le sait, c'est l'émeute du 14 juillet 1789 qui a vraiment déclenché la Révolution française. Que les insurgés s'en soient pris à cette vieille forteresse du Moyen Âge devenue prison d'État en dit long sur sa sinistre réputation. N'a-t-elle pas accueillid'innombrables prisonniers politiques, dissidents religieux, écrivains insolents, sans oublier le tout-venantde la pègre et même les fils de (bonne) famille ?


    De Fouquet à la Voisin, de Voltaire à Beaumarchais, du Masque de fer au marquis de Sade, du roi de l'évasion Latude à plusieurs courtisanes, l'histoire de la Bastille est un véritable raccourci de l'histoire de France.


    Jean-Christian Petitfils, notre meilleur historien de l'Ancien Régime, biographe de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, enquêteur sagace sur l'assassinat d'Henri IV, sur l'affaire des Poisons ou sur le Masque de fer, nous montre une Bastille bien éloignée des clichés. Reposant sur une lecture scrupuleuse des archives, ce livre d'histoire est aussi un roman d'aventure où le burlesque côtoie le spectaculaire, où le pittoresque l'emporte sur le pathétique, où l'intrigue misérable se mêle à la grande politique, où de multiples personnalités, certaines inconnues, d'autres fameuses, apparaissent sous un jour inattendu.

  • Les multiples guerres de Louis XIV ont suscité en Europe une riche propagande dirigée contre la France et les Français ou contre la personne du roi et son entourage. François-Paul de Lisola a été l'inspirateur le plus précoce et le plus virulent de cette rhétorique. Né en Franche-Comté en 1613, zélé serviteur du Saint-Empire germanique, catholique fièle et farouche défenseur des intérêts des Habsbourg d'Autriche et d'Espagne, il mena une double carrière de diplomate et d'écrivain politique. De la guerre de Dévolution dans les Pays-Bas espagnols (1667-1668) à sa mort en 1674, il composa une série de pamphlets qui rencontrèrent un succès considérable. Ces textes servirent de référence et de modèle dans la guerre psychologique qui s'engagea contre Louis XIV, au moment où les armées royales triomphaient en Europe. S'appuyant sur une vaste enquête archivistique et combinant avec fiesse l'analyse des réseaux de Lisola, des canaux de diffusion de ses idées (notamment en pays protestants), de son vocabulaire et de sa pensée politique, l'auteur s'efforce de mesurer l'inflence exercée sur les élites et les milieux éclairés d'Europe par Le Bouclier d'État et de Justice (1667), le texte le plus largement répandu et commenté de Lisola. Avec la redécouverte de ce véritable bréviaire d'opposition à la France de Louis XIV, c'est un pan oublié du Grand Siècle qui se dévoile, loin des idées reçues sur la gloire du Roi Soleil ou des caricatures faciles de son règne.

  • Versailles

    Mathieu Da Vinha

    Pourquoi Louis XIV a-t-il voulu Versailles ? Au fil de la série de CANAL +, on va enfin découvrir les coulisses de la construction du château que le monde entier nous envie. Sait-on que Versailles est né de la peur d'un enfant ? Celle du jeune roi Louis XIV pendant la Fronde qui se promet de gouverner seul et de soumettre la noblesse. Pour parvenir à ses fins, il va « inventer » Versailles. Comment ce monarque de 28 ans va-t-il transformer le pavillon de chasse de son père en un magnifique château à sa gloire ? Au prix de travaux gigantesques, Louis XIV y installe la Cour et impose une vie réglée par l'étiquette, qui inspire le respect à ses sujets et aux nations étrangères. Membres de la famille royale, favorites et maîtresses, courtisans et domestiques, ministres, commis, serviteurs, ouvriers, marchands, presqu'un millier de personnes assurent la bonne marche quotidienne de la mécanique versail-laise, de l'État et de la Cour. C'est un monde clos où les trahisons et les secrets d'alcôve ne manquent pas, où se déroulent les manoeuvres politiques les plus subtiles, et où le Roi se met en scène à chaque instant. Grâce à sa connaissance parfaite de Versailles, Mathieu da Vinha, conseiller historique de la nouvelle Création Originale de CANAL +, nous apporte des explications étonnantes et inédites sur cette formidable histoire d'amour entre un roi et sa demeure.

  • Issus des amours de Gabrielle d'Estrées et d'Henri IV, contemporains du Grand Siècle (1589-1715), trois couples de frères - César et Alexandre, Louis et François, Louis-Joseph et Philippe - accompagnent la montée de l'absolutisme, tantôt ravalés aux tréfonds de la disgrâce, un autre jour élevés au pinacle, déchirés par leur passion fraternelle. Henri IV les a portés très loin dans son affection, comme les fruits d'une passion dévorante. César et Alexandre n'avaient-ils pas hérité des qualités de coeur du Vert-Galant, de sa verve et de sa bravoure ? Persécutés par Louis XIII et Richelieu, exilés, puis remis en selle par Mazarin qui les unit à sa famille pour mêler son sang à celui des rois, les Vendômes dominent leur temps, admirés pour leur génie militaire, comme pour leurs vices. Avec l'érudition, la liberté de ton et l'insolence qui sied aux bâtards, Jean-Paul Desprat restitue l'histoire des Vendômes, ces princes de la main gauche dont l'épopée tient à la fois de la chanson de geste, du récit chevaleresque et du conte libertin.

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