Editions Jean-Paul Gisserot

  • La croisade est l'un des phénomènes historiques les mieux attestés de l'histoire. Elle a opposé pendant deux siècles, pour la «libération de la Palestine», les forces armées de la chrétienté occidentale et de l'islam, occupé les esprits des chrétiens tout au long du Moyen Age et même des Temps modernes, créé des mythes et forgé des idéologies durables chez les chrétiens comme chez les musulmans. C'est aussi, malgré l'abondance des sources et des travaux qui lui ont été consacrés, l'un des thèmes les plus controversés de l'histoire : pèlerinage armé ou guerre sainte ? Élan de foi ou exemple parfait du fanatisme et de l'obscurantisme ? Guerre de libération ou prémices du colonialisme ? La croisade est-elle seulement dirigée vers la Terre Sainte, ou doit-on la replacer dans le vaste mouvement de l'expansion occidentale ? Est-ce une guerre missionnaire ? Quel rôle y ont joué la papauté et les mouvements populaires ? Quels sont ses rapports avec le jihad, l'antisémitisme, l'attente des derniers Temps ? Jean Flori, Docteur d'État es Lettres et Sciences Humaines, est depuis 1987 directeur de Recherche au CNRS ; il exerce au Centre d'Études Supérieures de Civilisation Médiévale de Poitiers. Spécialiste de l'histoire des mentalités et des idéologies, en particulier de la chevalerie, de la guerre sainte et de la croisade, il a consacré à ces thèmes une dizaine d'ouvrages et une centaine d'articles.

  • C'est un Moyen âge surprenant, tourné vers une culture populaire, que décrit ici J.P. Leguay à partir de sources narratives, de farces, de miniatures.  L'auteur  fait revivre de drôles d'individus, farceurs,  polissons  paillards, la faune des pavés, des tripots, des étuves, de tous les lieux où le peuple aime se distraire. Le récit, très vivant, rabelaisien même, évoque la grivoiserie des individus, de toute condition, clercs, nobles et bourgeois aisés, des hommes et des femmes, célibataires ou mariés, libérés des repères de la morale chrétienne, de l'éducation familiale et des interdits du temps. Citadins et ruraux s'adonnent tantôt à un rire multiforme qui n'est pas dénué de subtilité, tantôt à des plaisanteries d'un goût douteux que restituent, sans vergogne, les poèmes ou les récits d'écrivains licencieux, les blagues d'étudiants en goguette, les exploits de joyeux drilles, livrés à eux-mêmes, un jour de carnaval, une nuit de charivari. Leurs victimes sont  de préférence des femmes, épouses ou filles de joie, des clercs lubriques, des « folastres ou lunatiques », et d'autres qui se vengent quelquefois. Tout est dit, en termes souvent crus, dans un livre où les « subtilités de language » rencontrent volontiers des gaudrioles tournées vers le sexe et l'excrément. Les « péchés de langue », les gros mots, les gestes obscènes concernent autant la « maire et principale partie des borjois », leurs épouses émoustillées, que le « commun peuple », les clochards, les vauriens. L'excès conduit pourtant à la dénonciation , à la condamnation, à la répression. Jean-Pierre LEGUAY, Professeur émérite de l'Université de Rouen-Haute Normandie est l'auteur de nombreux ouvrages qui font autorité sur le Moyen Âge, traitant en particulier de la pollution, des catastrophes (éditions Gisserot), de l'eau, du feu et de la terre urbaine (P.U.Rennes), des Mérovingiens et des Carolingiens (éditions Belin), pour ne citer que les plus récents. En couverture :  détail de la maison d'Adam à Angers (vers 1500), (photo Christophe Renault). 

  • Des catastrophes naturelles, de terribles calamités ont frappé à plusieurs reprises le Royaume de France, ses grands fiefs et les territoires francophones de l'Empire allemand au cours du moyen âge. Les fléaux, seulement signalés ou décrits dans les sources narratives, dans les archives comptables, ont donné, dans le meilleur des cas, matière à des enquêtes détaillées (à Bourges, à Toulouse,) à des récits de témoins ou de victimes.?L'archéologie, la sismologie, les travaux sur les grands brûlés et les traumatisés apportent de précieux compléments d'information.Ce livre s'articule autour de quatre thèmes de recherches : la typologie des drames, moins connus que les pestes, les guerres et les famines laissées en dehors de ce travail, leur déroulement, les bilans, l'effort de reconstruction.Des inondations, les incendies, les tremblements de terre, les tempêtes et d'autres malheurs comme les vols de sauterelles frappent à plusieurs reprises notre pays.?Chaque fléau nécessite un examen des sources d'information, de son mode de propagation, en tenant compte du site, du vent, du jour ou de la nuit, une délimitation de l'aire de destruction...Jean-Pierre Leguay, Professeur émérite de l'Université de Rouen-Haute Normandie est l'auteur de nombreux ouvrages qui font autorité sur le Moyen Âge, traitant en particulier de la pollution (éditions Gisserot), de l'eau (P.U.Rennes), des Mérovingiens et des Carolingiens (éditions Belin), pour ne citer que les plus récents.En couverture : incendie de la ville de Berne en 1302.Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne.?Mss.h.h.I.16, p.136

  • Le procès engagé par le roi de France Philippe le Bel contre les Templiers et la suppression de leur ordre par le concile de Vienne en 1312 ont été à l'origine du développement d'une pseudo-histoire et de légendes qui ont totalement occulté l'histoire de ce qui a été le premier ordre religieux-militaire de la chrétienté médiévale.
    Né vers 1120 en Terre sainte et pour la Terre sainte, le Temple est le fils de la chrétienté latine d'Occident ; l'Occident dynamique du XIIe siècle. Il tirait de l'Occident, où il était solidement implanté, une grande partie des revenus et des moyens matériels et humains dont il avait besoin pour remplir sa mission en Orient : la protection armée des pèlerins visitant Jérusalem et le Sépulcre du Christ ; la défense des Etats latins d'Orient (Antioche, Tripoli, royaume de Jérusalem) établis après le succès de la première croisade et bien évidemment confrontés à leurs voisins musulmans. Il s'engagea aussi, quoi qu'avec prudence, sur le terrain de la reconquête en péninsule Ibérique : on y trouve aujour-d'hui les plus beaux exemples de son architecture militaire.
    L'ordre du Temple n'a jamais failli dans sa mission et sa fin tragique ne doit pas grand chose à son histoire. Il a été un bouc-émissaire, un pion - opportuné-ment disponible - dans le violent conflit, très idéologique qui, durant le règne de Philippe le Bel, a opposé le roi de France et le pape, l'Etat et l'Eglise.
    Alain Demurger, est maître de conférences honoraire de l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, où il a enseigné l'histoire du Moyen Age. Il a orienté ses recherches sur l'Histoire du Temple et des ordres religieux-militaires, ainsi que sur la croisade et l'histoire politique de la France à la fin du Moyen Age.

  • Au Moyen Âge, ce sont essentiellement des hommes, et particulièrement des clercs soucieux en principe d'éviter les contacts avec le sexe faible, qui parlent des femmes. Ces sources définissent un idéal sans indiquer en quoi consiste la réalité. Les documents s'intéressent, surtout pour le haut Moyen Âge, à deux catégories de femmes, les moniales qui se sont consacrées à Dieu et les grandes dames qui manifestent des qualités viriles. Il faut attendre les derniers siècles de cette période pour qu'apparaissent vraiment des femmes de basse condition, en particulier dans les lettres de rémission. L'histoire de la femme au Moyen Âge comporte de nombreuses spécificités et Jean Verdon ne manque pas ici de mettre en valeur une thématique riche, allant des invasions barbares aux grandes découvertes. Jean Verdon, professeur d'histoire du Moyen Âge à l'Université de Limoges, est l'auteur de nombreux ouvrages : Les Loisirs au Moyen Âge (1980) ; Isabeau de Bavière (1981) ; Les Françaises pendant la guerre de Cent Ans (1991 - couronné par l'Académie Française) ; Voyager au Moyen Âge (1998) ou encore Les Femmes en l'An Mille (1999).

  • Le monde du travail évolue considérablement à partir de l'an mil. L'innovation technique ne cesse de bouleverser l'organisation des métiers. Dans les villes, le métier apporte à l'artisan identité et solidarités. Dès les XIIe et XIIIe siècles, ces métiers commencent à s'organiser. L'échoppe ouvre sur la rue, la petite entreprise y ctoie les grands marchands qui dominent certaines productions. À la campagne, les hommes et et les femmes ne vivent pas que des travaux des champs. On y trouve des potiers, des verriers, des charbonniers, des hommes du fer. Mais n'oublions pas les maîtres d'école, les notaires et les sages-femmes.Faire l'histoire des métiers, c'est aussi faire dialoguer archéologie, histoire de l'art, histoire des techniques et histoire sociale. C'est tenter ainsi de retrouver les gestes de nos ancêtres et d'éclairer la vie quotidienne des hommes du Moyen-Âge.
    Jean-Louis ROCH est maître de conférences honoraire en histoire médiévale à l'Université de Rouen. Ses recherches portent sur l'histoire de la pauvreté et les mendiants, ainsi que sur le monde du travail et la draperie normande au Moyen Âge.

  • Des citadins, de tous les milieux, des gens de passage se rencontrent, travaillent, conversent, s'amusent ou se querellent à l'intérieur de ces cadres restreints que constituent les habitations et les chaussées des villes françaises au Moyen Age. La restitution d'un vécu quotidien fait l'objet de cet ouvrage où se mêlent l'histoire, la sociologie, l'examen du bâti et de l'environnement, la littérature et l'imaginaire. Des " honorables personnes ", marchands fortunés, titulaires d'offices ou hommes de loi, des maîtres artisans avec leurs familles, des compagnons et des apprentis, le commun des ouvriers ou " gens mécaniques ", des bandes de miséreux, de gredins ou de batteurs de pavé s'y côtoient dans une promiscuité parfois redoutable. L'examen des contrats d'embauche, les tâches quotidiennes, les promotions internes, l'évaluation des salaires ou des gains, les attitudes face à l'adversité, les relations entre voisins ou entre parents sont les jalons d'une enquête qui s'efforce aussi de reconstituer les propos anodins échangés sur le pavé, de décrypter les mécanismes mentaux de nos ancêtres à travers les rires, les potins et les rumeurs dévastatrices, les cris et les multiples bruits de la rue. Jean-Pierre Leguay, Professeur émérite de l'Université de Rouen-Haute Normandie est l'auteur de nombreux ouvrages qui font autorité sur le Moyen Âge, traitant en particulier de la pollution, des catastrophes (éditions Gisserot), de l'eau (P.U.Rennes), des Mérovingiens et des Carolingiens (éditions Belin), pour ne citer que les plus récent

  • La vision idéalisée de la rue que donnent des miniatures représentant une entrée du roi dans "sa bonne ville", une procession du Saint-Sacrement ou des festivités ne saurait faire oublier une réalité quotidiennement vécue par les contemporains : la pollution sous plusieurs formes et ses dangers. Une documentation hétéroclite décrit souvent d'affreux cloaques, des "merderons", remplis de "d'immondicitez", de "marres et de bouillons" qu'empruntent, parfois, à leurs risques et périls, les chevaux, les véhicules hippomobiles et les piétons qui tiennent par prudence le "haut du pavé".Les contemporains ont pris la mesure du risque de "pestilence" et des solutions ont été apportées par les municipalités les plus responsables.Jean-Pierre Leguay est professeur d'histoire médiévale à l'Université de haute Normandie - Rouen. Il a publié une thèse sur les villes bretonnes au XVe siècle, plusieurs monographies urbaines, une étude sur la rue au Moyen Age, divers travaux sur le réseau urbain de la Savoie, les bâtiments utilitaires, les chantiers et les carrières de pierres, les fêtes, les écoles, les métiers, en Armorique, dans les Alpes du Nord et en Normandie.

  • En matière de sexualité, il existe des Moyen Ages et non un seul. Sur le fond commun d'une infériorisation de la femme plus ou moins marquée selon les milieux, les perceptions de la chair et de ses faiblesses, en un premier temps rigoureusement condamnées, évoluent, avec les comportements et les pratiques sociales. Aux moines, recteurs des moeurs, succèdent - vers 1200 - des théologiens attentifs à la nature et à ses impératifs. Alors s'épanouit, dans le cadre du mariage (seul espace d'abord consenti à la « charnalité » humaine) puis bien souvent en dehors de lui, une sexualité mâle fort libre à condition qu'elle demeure naturelle. Le présent ouvrage s'efforce d'expliquer cette évolution des moeurs en ménageant leur place aux amours sodomitiques et homosexuelles progressivement rejetées dans l'ombre, mais partout discernables. Jacques Rossiaud est professeur émérite à l'Université Lyon 2 et historien médiéviste. Il s'est intéressé parallèlement à l'histoire urbaine et aux représentations et pratiques sexuelles des citadins des XIIIe-XVIe siècles.

  • Le but de ce livre est d'aborder les questions, concrètes et quotidiennes, que se posent les hommes sur la mort. C'est une histoire des morts plus que de la Mort, même si les objets de la mort débordent largement sur le « sacré ». L'avertissement est encore nécessaire sur les limites chronologiques du thème. Seul le temps de la mort « personnifiée » est envisagé, disons pour simplifier du XIIIe siècle au XVe siècle, lorsque émerge le « macabre », que se généralise le testament et qu'avec lui s'expriment les exigences particulières des hommes. Tous les hommes ? Non ; les « masses » laissent peu de traces. Aussi est-il essentiellement question de ceux que les textes, les sources iconographiques et l'archéologie nous ont appris. Mais cela n'exclut pas l'homme ordinaire. C'est lui qui nous a intéressé, au détriment des élites. Mais n'étaient-ce pas elles qui donnèrent le ton ? Jean-Pierre Deregnaucourt est Docteur en histoire et civilisations médiévales de l'Université Charles de Gaulle/Lille III où il fut Maître de conférences avant d'être Directeur adjoint de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres Nord/Pas-de-Calais et Directeur du centre IUFM de Lille.

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