Langue française

  • La France des XIVe et XVe siècles est une France marquée par la tragédie : famines, pestes, révoltes populaires, conflits civils et militaires... C'est le siècle de la "Guerre de Cent Ans". Cette guerre connut plusieurs phases, entrecoupées d'accalmies et de trêves. La durée du conflit, les souffrances de ceux qui l'ont provoqué ou en ont pâti, interdisent cependant de le réduire à l'écume des jours, de le résumer à l'apparence des événements dramatiques : c'est la raison du titre de cet ouvrage. Car ce livre s'attache moins à la narration circonstanciée des misères et malheurs de ces guerres sans fin, qu'à les comprendre, afin de restituer l'ordre qui se cache derrière le désordre et le chaos des apparences. L'"automne du Moyen Âge" est marqué par l'affirmation de l'État monarchique, une construction territoriale unifiée par la soumission à la souveraineté du roi. La conscience d'une identité "nationale", incarnée par Jeanne d'Arc, s'est forgée dans la douleur et l'épouvantement d'un siècle de fer, alors que Charles VII (1422-1461) n'est plus un prince féodal mais un véritable chef d'État.
    Boris Bove renverse quelques idées reçues à propos de "la crise" des XIVe et XVe siècles : il invite à se méfier des chroniqueurs, trop enclins à détecter les signes annonciateurs de l'Apocalypse et du Jugement dernier, souvent portés à l'amplification des "malheurs du temps" pour mieux en rendre responsable le parti adverse, ennemi de toute "réforme". Le temps de la guerre de Cent Ans n'est pas celui d'une décadence globale mais une période tourmentée et féconde, comme en témoigne l'éclat des arts, des lettres et de la vie de cour et qui parvient, malgré tout, à renaître et à édifier les fondements d'un monde nouveau.

  • Les conquérants de la steppe : d'Attila au Khanat de Crimée, Ve-XVIIIe siècle Nouv.

    Après l'âge des grands empires sédentaires de l'Antiquité, l'époque qu'on appelle médiévale en Occident fut celle des empires nomades des conquérants de la steppe. Ainsi, durant plus d'un millénaire, les guerriers de Haute Asie ont-ils rythmé la vie d'une grande majorité des populations d'Eurasie et du Moyen-Orient. Ce livre retrace l'histoire de ces peuples conquérants, y compris celle des empires les plus connus, comme ceux des Huns, des Mongols ou des Timourides, mais aussi les empires des Kkturks, des Khazars ou des Qarakhanides, dont l'histoire nous est moins familière. Fondé sur les plus récentes découvertes historiques, archéologiques et scientifiques réalisées durant les dernières décennies, il propose un nouvel éclairage sur la question. Deux interrogations en particulier servent de fil d'Ariane : comment ces modestes peuples venus de nulle part ont-ils pu imposer leur joug sur d'aussi vastes territoires et sur autant d'individus ? Pourquoi, aussi, et comment ces empires omnipotents ont-ils disparu les uns après les autres, souvent sans laisser de traces, ou si peu ?

  • étonnant Moyen Âge

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 15 Avril 2021

    Un moyen Age hors des sentiers battus. 50 histoires qui refont l'Histoire.
    Le Moyen Age a longtemps été considéré comme une période sombre, violente, ignare, bien différente de la lumineuse Renaissance. Heureusement, de nombreux spécialistes se sont efforcés de détruite cette image. En s'inspirant de leurs travaux, jean Verdon restitue le vrai visage du Moyen Age, époque étonnante pour nos contemporains, tant par sa spécificité que par sa créativité et, parfois, par sa modernité. Pour ce faire, il présente une cinquantaine de faits, d'événements, de réalités qui ne peuvent que nous surprendre. En voici quelques exemples.
    - La campagne se prolonge dans la ville, au point qu'à Paris un cochon fait tomber le cheval du fils aîné du roi Louis VI qui trouve la mort dans cet accident !
    - Les rapports sexuels entre époux, les seuls que tolèrent les clercs, sont limités à un nombre réduit de jours, et uniquement pour procréer - selon certains ils entraînent pourtant un péché, et la violation de cet interdit aurait d'ailleurs pour conséquence la mise au monde d'enfants infirmes...
    - L'Eglise, de nos jours unique et très hiérarchisée, voit coexister à la fin du XIVe siècle et au début du XVe trois papes, plus exactement deux papes et un antipape, d'où des années d'anarchie et de désordres.
    - Le cimetière médiéval ne ressemble pas au cimetière contemporain. Outre qu'il est réservé aux fidèles chrétiens, il ne sépare pas toujours les vivants et les morts. Aux derniers siècles du Moyen Age, nombreuses sont d'ailleurs les interdictions faites aux habitants d'y résider, faire du commerce, tenir des réunions, danser ou jouer...
    - Alors que la vie est bien plus courte que de nos jours, les voyages peuvent durer des mois, voire des années. Et si le commun des mortels voit toute sa vie bornée à un horizon restreint, les gouvernants passent leur temps à voyager, n'hésitant pas à franchir les continents.
    - Les Anglais appartenant aux classes les plus élevées, dont on dit qu'ils détestaient les Français, parlent pourtant la langue de ces derniers durant plusieurs siècles après la conquête de leur pays, en 1066, par Guillaume, duc de Normandie.
    Autant d'étrangetés, parmi beaucoup d'autres, qui donnent à voir un autre Moyen Age, bien loin des poncifs véhiculés.

  • En 1968, je reçus proposition d'écrire, pour la collection Trente journées qui ont fait la France, le livre consacré à l'un de ces jours mémorables, le 27 juillet 1214. Ce dimanche-là, dans la plaine de Bouvines, le roi de France Philippe Auguste avait affronté malgré lui la coalition redoutable de l'empereur Otton, du comte de Flandre Ferrand et du comte de Boulogne Renaud ; il était, grâce à Dieu, resté le soir maître du champ. L'empereur avait détalé ; les deux comtes rebelles étaient pris. Victoire, comme on l'a dit et répété, fondatrice : les assises de la monarchie française en furent décidément raffermies. Une bataille. Un événement. Ponctuel. Retentissant.

    Quel intérêt, pour le grand historien des sociétés médiévales que fut Georges Duby, attaché aux profondeurs d'une histoire longue et lente, d'accepter de traiter un sujet aussi convenu dans une collection qui, de surcroît, incarnait un genre d'histoire si étranger à celui dont il était un illustre représentant ?
    Renouveler de fond en comble l'approche de l'événement. Le subvertir de l'intérieur. Substituer au récit une anthropologie de la guerre au XIIIe siècle et amorcer une histoire du souvenir. Planter le drapeau de l'histoire nouvelle sur l'Annapurna de l'histoire la plus traditionnelle, écrit Pierre Nora, l'historien des lieux de mémoire, dans sa préface qui situe ce grand classique dans le mouvement de la production historique.

  • Ernst Kantorowicz scrute le "mystère de l'État", concentré dans la conception des Deux Corps du roi : le mystère de l'émergence, dans le cadre des monarchies de l'Occident chrétien, entre le Xe et le XVIIe siècle, au travers et au-delà de la personne physique du prince, de cette personne politique indépendante de lui bien qu'incarnée en lui, et destinée à vivre un jour sous le nom d'État. C'est l'alchimie théologico-politique qui a présidé à cette opération capitale que reconstitue l'ouvrage.
    La transmutation de la figure royale a pour point de départ le modèle des deux natures du Christ. Elle a pour moteur la rivalité mimétique à la faveur de laquelle le pouvoir séculier s'affirme en face de l'Église en s'emparant de ses attributs de corps mystique. Avec une prodigieuse érudition, Ernst Kantorowicz éclaire les fondations métaphysiques de l'État moderne. Sa volonté de retracer une 'histoire totale' transparaît dans le regard que porte l'auteur sur la théorisation des Deux Corps du roi ; il associe aussi bien l'apport de l'économie, de la culture, que de l'interprétation sociale et psychologique. Le savoir le plus spécialisé est au service, ici, de l'exhumation d'un des pans les plus secrets et les plus décisifs du "miracle européen". Il fait de ce chef-d'oeuvre de l'histoire médiévale l'un des livres-clés de nos origines.

  • Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre - appelé à devenir un classique - scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen-Âge.
    L'on découvre ainsi qu'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux, surtout la femme, n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place importante au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent même l'existence d'un art érotique. L'éducation, quant à elle, est décrite à la fois sur le plan religieux, pratique et intellectuel, et les anecdotes décrivent de façon plaisante la vie des étudiants dont Villon est l'un des représentants les moins recommandables.
    Les quantités de nourriture et de vin exagérées - aspects essentiels du quotidien - impressionnent assurément nos contemporains fervents de diététique, de même que la vie de ceux qui prient, qui combattent et qui travaillent, ces paysans qui sont l'essentiel de la population. La religion, naturellement, structure cette société et impose à tout homme de préparer sa mort - ce qui n'empêche pas de profiter des instants de loisir bien plus fréquents qu'on ne l'imagine. Jean Verdon brosse avec
    maestra un panorama sans équivalent, riche et foisonnant.

  • Au temps des Vikings

    Anders Winroth

    • Lizzie
    • 9 Juillet 2020

    Au temps des Vikings nous plonge au sein d'une civilisation fascinante, loin des clichés virils et barbares dont on l'a longtemps affublée.
    Le temps des Vikings, de 800 à 1100, c'est ce moment de l'histoire du Moyen Âge où de farouches guerriers venus du Nord sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes accessibles par mer ou voie fluviale. Ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils échangent contre une rançon ou vendent comme esclaves.
    On ignore néanmoins souvent que ces marchands exceptionnels ont ouvert de nouvelles voies commerciales entre le Nord, le califat arabe et l'Empire byzantin. Ils se sont installés en Russie, dans les îles Britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Ils ont développé une poésie d'un raffinement inégalé, mettant en scène les prouesses des guerriers et les aventures des dieux de leur panthéon. Mais les Vikings ne constituaient pas un peuple. Contrairement à ce que des conceptions raciales ont prétendu, il n'était pas nécessaire qu'un sang scandinave coulât dans les veines du guerrier pour qu'il soit reconnu comme un Viking.
    L'auteur met à profit les plus récentes découvertes archéologiques ainsi que les récits des ambassadeurs arabes pour raconter le monde quotidien des paysans comme des seigneurs de guerre et des rois un monde où la magie et les fantômes ont toute leur place.
    Loin des barbares sanguinaires ordinairement décrits, les Vikings ont ainsi été des acteurs de premier plan au Moyen Âge, avant de disparaître avec l'évangélisation de la Scandinavie et la création des trois royaumes de Norvège, de Suède et du Danemark.

  • La naissance d'un roi...Charles de Valois, l'un des premiers rois dont il est possible de connaître et d'apprécier la personnalité, n'est pas le prince falot parfois décrit et décrié, se laissant porter par le hasard et par son entourage. Taiseux, obstiné, passablement instruit, il mène la nef royale sur une mer démontée. En près de quarante années de règne (1422-1461), il s'adapte aux circonstances, tire parti des conflits entre les princes, s'appuye sur ses " bonnes villes " et sur la papauté, crée des institutions administratives et militaires efficaces. Autre innovation appelée à une longue postérité, l'apparition publique d'une favorite royale, sous les traits avenants d'Agnès Sorel. Avec Charles VII émerge aussi et enfin une forme de sentiment " national ". La biographie conçue par Philippe Contamine est résolument politique, au sens que prend ce mot précisément à cette époque. Sont ici mis en lumière les pratiques du pouvoir, les mécanismes de son fonctionnement, sa conception et ses représentations.

  • Laissez-vous guider ; le Moyen-Âge Nouv.

    Stéphane Bern et Lorànt Deutsch nous entraînent au coeur du Paris médiéval.
    Loin des clichés, cette longue et mystérieuse période est racontée avec brio par nos illustres guides qui nous font découvrir en détail la légende de la tour de Nesle, le Louvre au fil des âges, le destin d'Étienne Marcel... et nombre d'anecdotes insolites, qui nous font revivre le quotidien médiéval de nos ancêtres.
    Enluminures et gravures d'époque défilent à côté des mieux majestueux du passé, comme le château de Vincennes, l'île de la Cité, le Pont-au-Change... qui ressurgissent grâce à des reconstitutions inédites en 3D.
    LAISSEZ-VOUS GUIDER ET REDÉCOUVREZ NOTRE HISTOIRE À TRAVERS LES ÉDIFICES AUJOURD'HUI DISPARUS DU PATRIMOINE

  • La grande synthèse par l'un des meilleurs médiévistes actuels.Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du " grand public ". Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant " notre " Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

  • Une histoire symbolique
    du Moyen Âge occidental
    Les procès intentés aux animaux, la mythologie du bois et des arbres, le bestiaire des fables, l'arrivée du jeu d'échecs en Europe, l'histoire et l'archéologie des couleurs, l'origine des armoiries et des drapeaux, l'iconographie de Judas, la légende du roi Arthur et celle d'Ivanhoé : tels sont quelques-uns des sujets traités par Michel Pastoureau dans cette " Histoire symbolique du Moyen Âge occidental ".
    L'auteur, qui construit cette histoire depuis trois décennies, nous conduit ainsi sur des terrains documentaires variés : le lexique et les faits de langue, les textes littéraires et didactiques, les armoiries et les noms propres, les images et les œuvres d'art. Partout, Michel Pastoureau souligne avec force combien cette histoire symbolique des animaux et des végétaux, des couleurs et des images, des signes et des songes, loin de s'opposer à la réalité sociale, économique ou politique, en est une des composantes essentielles.
    Pour l'historien, l'imaginaire fait toujours partie de la réalité.

  • De l'an mil à 1789, la noblesse fut en France une qualité transmise par le sang, dans le cadre, prépondérant sinon exclusif, du mariage chrétien. Spécifiquement, son histoire visait à s'inscrire sous le signe de la reproduction sociale. De 1300 à 1500, le fort sentiment d'identité de ses membres se trouva encore renforcé par l'intervention des hérauts d'armes. Quoique très minoritaires, les nobles persistèrent alors à jouer un rôle central, malgré les crises auxquelles ils furent confrontés et les contestations dont ils furent l'objet.

    Les études ici réunies traitent de ce vaste sujet, l'accent étant mis sur le château, vu de l'intérieur et de l'extérieur, la seigneurie comme source de pouvoir et de revenus et les chevaux " de nom ". Parmi les activités propres à ce milieu – telle la chasse avec chiens ou oiseaux et plus encore les armes –, les joutes et les tournois, ce sport aristocratique pratiqué dans le cadre de la vie de cour, ne sont pas oubliés.

    Certes, juridiquement et idéologiquement, on est en présence d'une société d'ordres, ce qui aurait dû conduire à un immobilisme structurel. Mais la réalité est plus complexe, comme le montre, au sein des " bonnes villes ", la place des nobles face aux notables. La noblesse ? Une " élite " parmi d'autres, qui, de facto sinon de jure, se renouvelait régulièrement. Ici comme ailleurs, la vie l'emportait sur les principes.

  • Mark Twain, le rappeur Jay Z, Marion Zimmer Bradley, George Romero, Robert Taylor, Alexandre Astier, John Fitzgerald Kennedy, Jack Kirby, Lawrence d'Arabie, John Boorman, les Kinks, les Who, Jackie Kennedy, Steven Spielberg, John Steinbeck, Terry Gilliam, Winston Churchill, Éric Rohmer, Alan Stivell, le rappeur Fianso, tous ont en commun d'avoir été influencés par la légende du roi Arthur.Inventée au Moyen Âge, celle-ci a longtemps été l'apanage des nobles et des souverains qui s'en servaient comme modèle ou comme justification de leurs conquêtes. En grande partie ignorée aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle fait un retour fracassant sur le devant de la scène en Angleterre au début de la révolution industrielle. Mais c'est surtout grâce à la culture populaire américaine que se diffuse le mythe de la Table ronde : cinéma, romans illustrés, musiques rock et folk, bande dessinée (notamment les super-héros), et plus récemment jeux de rôles et jeux vidéo.Ces médias donnent un sens nouveau à la geste arthurienne. On a vu ainsi apparaître des Arthur anticolonialistes, des Lancelot en lutte contre le communisme, des Merlin écologistes, des Morgane féministes.La légende de Camelot, ici décryptée de façon savante et passionnée, semble en passe de devenir l'un des premiers mythes mondialisés, traversant les continents et les cultures pour mieux questionner les peurs et les espoirs des sociétés contemporaines.

    William Blanc est médiéviste et spécialiste en médiévalisme, c'est-à-dire qu'il s'intéresse principalement aux représentations et utilisations contemporaines des figures médiévales. Il est l'auteur de cinq livres chez Libertalia, et coauteur du Dictionnaire de la fantasy (Vendémiaire).

  • Le Lion de France : l'histoire épique du roi Louis VIII Nouv.

    Le fils de Philippe-Auguste et le père de Saint Louis a peu régné (1223-1226). Mais sans lui, la France ne serait pas la France. Faisant face aux agressions de toutes parts, il a assuré l'unité et la continuité de l'aventure nationale. Il l'a fait avec un panache et une bravoure qui, jusqu'à aujourd'hui, ne cesseront d'inspirer ses successeurs. Stylé ! Que sait-on aujourd'hui de Louis VIII, roi de France pendant seulement trois ans, qui manqua de devenir à la fois roi de France, d'Angleterre et de Castille ? Louis le fils de Philippe Auguste, attendant patiemment dans l'ombre de son père que vienne son heure. Louis le Lion, qui étendit le pouvoir royal jusqu'à La Rochelle et rattacha le Languedoc à la couronne. Louis le guerrier, à la reconquête du Poitou, triomphant du roi d'Angleterre à la Roche-aux-Moines, sans qui la fameuse victoire de Bouvines n'aurait pas été possible... Louis le Capétien, revenu de l'ivresse de la conquête, qui reprit à son compte la politique patiente de ses ancêtres et poursuivit l'expansion du domaine royal à l'intérieur des frontières du royaume. Mais aussi Louis l'époux de Blanche de Castille, qui assura ensuite la Régence jusqu'à l'avènement de son fils, le célèbre Saint Louis.
    Le témoignage d'un destin téméraire : celui d'un souverain à la fois sage et brave, foudroyé au zénith de son règne. Un roi lettré, cultivé, injustement tombé dans l'oubli, protecteur des arts et des lettres, à rebours des clichés médiévaux.
    Un récit enlevé et un travail précieux, qui vient éclairer un pan jusque-là méconnu de notre récit national.

  • À la fin du Moyen Âge, après des siècles d'abandon du lexique maritime antique, les écritures souveraines s'agitent soudain, car les mots d'une nouvelle accusation pénale sublime - le crime de piraterie des Latins - s'infiltrent dans les archives. Peu à peu, le lexique médiéval des « larrons de mer » se retire des rivages, tandis que s'avance le « pirate » : la France réinventait son criminel en mer au seuil de la modernité. Cette mécanique fut avant tout atlantique et royale : une invention, ou découverte, de la piraterie, telle une relique sainte du passé romain qui serait remontée à la surface avant d'être exploitée par les Valois pour ses vertus pénales. Cette apparition médiévale du pirate français est remarquable en ce qu'elle scrutait désormais l'obéissance des gens de mer, ainsi mis en sujétion par une inflexion terrible de la doctrine pénale. Le royaume de France, devenu une puissance maritime au XVe siècle, livrait ici un nouveau récit pénal des navigations, dans lequel pirates et rois se combattaient, pour mieux transformer le statut de ses frontières atlantiques.

  • « Les Vikings étaient de redoutables barbares », « On ne sait rien d'eux », « Ils naviguaient sur des drakkars », « C'étaient de féroces païens », « Ils sont partis d'Islande pour découvrir l'Amérique », « Ils ont sillonné toutes les mers », « Ils sont apparus et ont disparu comme par enchantement »... Régis Boyer dévoile dans cet ouvrage la richesse d'une civilisation méconnue, souvent réduite
    quelques clichés.

  • Dans la Divine comédie de Dante, un seul philosophe se trouve au sixième cercle de l'Enfer, au milieu des hérétiques  : Épicure. Comment un penseur ayant vécu au ive  siècle av.  J.-C. peut-il être jugé ainsi  ? En proposant une archéologie des représentations de l'épicurien dans les trois grandes religions monothéistes, Aurélien Robert retrace la longue élaboration des associations entre épicurisme et hédonisme, athéisme et hérésie, et leur transformation au Moyen Âge.
    Mais cette histoire en cache une autre, restée dans l'ombre d'une imposante littérature religieuse. Dès le xiie  siècle apparurent des tentatives de réhabilitation du philosophe grec, près de trois siècles avant la redécouverte de Lucrèce par Poggio Bracciolini. Ces témoignages de théologiens, de médecins, de philosophes présentent Épicure comme un grand sage, voire un modèle pour les chrétiens. Dans le même temps, sa pensée du plaisir retrouvait progressivement son prestige. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas le Moyen Âge qui inventa la caricature de l'épicurien. Plus encore, c'est à cette époque que l'on tenta de sauver Épicure et sa philosophie des enfers.
     
    Directeur de recherche au CNRS, ancien membre de l'École française de Rome, Aurélien Robert est spécialiste d'histoire de la philosophie du Moyen Âge et de la Renaissance. En 2019, il a reçu la médaille de bronze du CNRS pour l'ensemble de ses travaux.

  • Europe, 1348. La mort rôde. Les populations sont décimées. Le coupable ? Non pas la guerre, ni des massacres de masse, ni la famine, ni une catastrophe naturelle, mais Yersinia pestis, une simple bactérie, bientôt nommée la « peste noire ». Depuis l'Antiquité jusqu'à l'épidémie de Marseille en 1720, ce mal a profondément marqué l'Occident, témoin notre usage encore courant de mots comme « pestiféré » ou « pestilentiel ». Entre médecine, biologie, archéologie et histoire, Michel Signoli nous raconte, à l'heure où plane le spectre d'autres grandes épidémies (Ebola, grippe A/H1N1, sida, Covid-19, mais aussi la peste, par exemple à Madagascar...), comment nos ancêtres ont tâché de surmonter ces crises. Un travail de rationalisation bienvenu, tant il est vrai que nous craignons encore la venue du jour où, « pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse » (Albert Camus).

  • L'élève officier, le général de brigade, le Premier consul, l'Empereur. Le plus grand homme du XIXe siècle raconté par ceux qui l'ont personnellement rencontré. Les extraits de mémoires rassemblés ici ont été la source de toutes les histoires de sa vie. Amis, ministres, secrétaires, maîtresses, membres de sa famille, ils racontent leur Empereur, le vrai, celui qu'ils ont vu, de son adolescence à sa mort, de Brienne à Sainte-Hélène. Son physique, son caractère, son quotidien, son exceptionnel. Napoléon intime, Napoléon à la guerre. Napoléon et les soldats, Napoléon et les femmes. Sa façon de travailler, ses habitudes, ses bonheurs, ses peines, son génie, sa folie. Pour la première fois, voici Napoléon sans les mensonges des hagiographes, sans les injures de ses ennemis ; Napoléon avec nous, audacieux, décidé, autoritaire, séduisant, vivant.Anthologie réalisée par Arthur Chevallier

  • Deux tours monumentales, une majestueuse galerie des rois, des voûtes aériennes portées par une structure d'une légèreté inédite : Notre-Dame, monument-clé de l'histoire de France, est aussi un parangon de l'art gothique. Une cathédrale dont le terrible incendie du 15 avril 2019 a ému la terre entière.

    Pour saisir sa profonde singularité, Dany Sandron, familier du monument depuis plus de vingt ans, nous livre les clefs des premiers siècles de cet édifice. Dans cette passionnante synthèse, il nous en offre une étude globale, à la fois historique, artistique et sociale. Revenant sur sa construction, ses acteurs, notamment les artistes et artisans, et les ressources mobilisées, il nous introduit dans les différents mondes qu'elle domine : le palais épiscopal de Maurice de Sully, le cloître des chanoines et l'hôtel-Dieu. Il souligne aussi, en spécialiste du Paris médiéval, les liens étroits de la cathédrale avec la ville et au-delà avec le diocèse dont elle est l'église-mère. Notre-Dame entretient également des relations privilégiées avec la royauté capétienne qu'elle magnifie dans une savante mise en scène. Elle sert enfin de référence majeure à l'action édilitaire des souverains et de leurs alliés jusqu'au début du règne de Saint Louis.

    Dans ce réseau complexe qui associe la cathédrale à tous les niveaux de la société médiévale, c'est l'esprit de Notre-Dame qui nous est révélé.

  • « Maîtrisant parfaitement une riche documentation, Pierre Bouet propose non seulement le récit haletant de cette campagne, devenue presque mythique, mais aussi une analyse percutante de ses enjeux et des tactiques employées. »
    Historia
    « Grâce à Pierre Bouet, nous accompagnons Guillaume dans son aventure, nous nous ruons à ses côtés sur l'ennemi (perfide), nous souffrons comme lui, nous nous réjouissons quand il vainc... Oui, décidément, vive l'histoire bataille ! »
    Le Figaro Magazine
    Cette seule journée du samedi 14 octobre 1066, les armes décidèrent du destin d'un royaume et de plusieurs milliers d'hommes. Si les conséquences de la bataille d'Hastings sont aujourd'hui bien connues, elle signe l'acte de naissance de l'Angleterre, le vécu des combattants est largement ignoré.
    Pierre Bouet nous entraîne au coeur de la mêlée aux côtés des housecarls du roi saxon Harold ou des chevaliers de Guillaume le Conquérant. La sanglante réalité d'une bataille médiévale nous apparaît alors, avec ses actes de bravoure et de lâcheté, ses violences et ses souffrances.

  • Le halo de mystère qui entoure au Moyen Âge l'épée du chevalier répond à une mythologie ancienne dont se font écho les chansons de geste, les romans arthuriens et les sagas scandinaves, tout comme l'iconographie et l'archéologie. L'épée est certes un outil fonctionnel, une prouesse technique et un objet d'art, mais aussi un artefact animé qui, dégageant une force surnaturelle, rend le chevalier invincible. Le combattant, le forgeron et les fées aimantes transmettant leurs épées sont au coeur de ce livre, qui explore les mentalités d'une époque révolue dont les récits continuent d'inspirer de nos jours l'heroic fantasy. L'épée est aussi le signe de la prépondérance sociale du chevalier et le symbole de la guerre dont il se réserve en exclusif l'exercice. Elle concrétise toutes les abstractions intellectuelles autour de l'usage de la violence légitime en société.

  • Sombre repoussoir des Lumières et de la modernité, le Moyen Âge peine à se défaire de sa mauvaise réputation. Pourtant, au coeur de ce millénaire se loge une singulière période d'essor et d'élan créateur, déterminante pour la destinée du monde européen.
    Réputé anarchique, le système féodal repose en fait sur une organisation sociale efficace. L'Église, colonne vertébrale de la société, assure la cohésion des entités locales tout en conférant à la chrétienté une prétention à l'universalité. Les manières de percevoir et de vivre le temps, l'espace, l'au-delà, l'âme et le corps révèlent les paradoxes d'une civilisation exceptionnellement féconde.
    Ainsi, le féodalisme, traditionnellement considéré comme l'âge de la stagnation et de l'obscurantisme, pourrait bien être l'un des ressorts oubliés de la dynamique par laquelle l'Occident a imposé sa domination à l'Amérique d'abord, puis à l'ensemble de la planète. Porté par une thèse originale, La Civilisation féodale s'est imposé dès sa première parution comme une somme incontournable sur l'histoire médiévale.

  • Une analyse en perspective de la première véritable " guerre totale ".De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d'Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l'émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.

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