CNRS Éditions via OpenEdition

  • La rhétorique, discipline phare de l'Antiquité, est l'art de parler et d'argumenter en public. Cette pratique est tout aussi centrale aujourd'hui. Cet Essentiel présente les nouvelles théories qui la mettent en phase avec notre modernité par les meilleurs spécialistes du domaine. Il offre aussi un glossaire très complet décrivant dans un langage clair les concepts les plus pointus de ces théories. Indispensable pour qui veut comprendre ce qui constitue toujours le coeur de la communication humaine.

  • Comment traduire le poème oriental ? Comment transposer les profondeurs de la psyché humaine exprimées dans des langues, des formes, une pensée même, qui n'ont rien d'équivalent avec celles du français ? Selon quels critères ? Les auteurs de cet ouvrage répondent à ces interrogations en distinguant les éléments qui font la valeur esthétique de l'original. Pour eux, le traducteur recourt d'abord à l'analyse des jeux de composition, des modalités d'expression, des formes et des images qui jouent un rôle-clé dans l'univers de signification de l'original. Ayant acquis une connaissance intime du texte, il peut alors établir une relation cohérente entre le système de composition du poème et celui qui constitue le fond stylistique de la littérature de référence. Ces modèles, fort éloignés des théories littéraires que l'on connaît en Occident, constituent le « fonds » de l'imagination créatrice qu'il va mettre au service de la traduction. En essayant de mettre en relation deux modèles stylistiques, deux contextes linguistiques, culturels et langagiers, voire deux univers civilisationnels, le traducteur peut espérer satisfaire au goût esthétique du lecteur et lui donner à voir, à sentir et à aimer, à travers la traduction, les beautés du poème original, sa poésie. Second volet d'une recherche menée au sein du Réseau Asie « Lire et traduire les poésies orientales » (2005-2012), ce volume continue l'exploration du thème de l'amour, base anthropologique commune des oeuvres étudiées ; le champ d'études se limite aux poésies prémodernes de l'Asie orientale (chinois, coréen, japonais, vietnamien), de l'Inde (avhadi, kannada, sanskrit, ourdou, télougou) et de la Perse ; les travaux se développent à travers une discussion entre des praticiens de la traduction et des spécialistes du langage.

  • Dans un monde envahi par les slogans et les petites phrases, repenser la place de l'argumentation dans les rapports humains s'impose. Ce livre, accessible à tous, invite à réexaminer les formes et les enjeux contemporains de cet art oratoire ancien. Retrouver l'intelligence et la vivacité du verbe source d'opinions, de débats, de controverses mais aussi source d'une entente possible, tel est l'objectif de cet ouvrage. Indispensable pour comprendre nos démocraties.

  • Le voeu avait été exprimé, en 1975, de voir chacun des tomes à venir s'ouvrir sur un large panorama des faits et surtout des traits saillants de la vie quotidienne, sociale, politique qui ont exercé une influence sur les destins de la langue au long de la période considérée. Celle qui est ici en cause apparaît à cet égard fortement significative : l'instauration d'une école primaire et d'un service militaire obligatoires est un double facteur d'une extrême portée. Le progrès des sciences, la croissance industrielle, la montée des « nouvelles couches » sociales (Gambetta), l'intensité du débat politique qui en découle, le prodigieux développement de la presse, parisienne et plus encore provinciale, sont autant de manifestations majeures hors desquelles les mouvements de la langue ne sauraient prendre sens.

  • Les « tiges de mil » et les « pattes du héron » sont l'image du désarroi. Celui qui, dans l'un des poèmes tamouls étudiés ici, saisit la poétesse quand elle se rend compte qu'elle n'est pas un objet d'amour pour l'homme qui lui a promis le mariage, mais une proie pour un séducteur. Une image qui convient parfaitement au poème, à la fois aimé et trahi par son traducteur. Comment illustrer dans la traduction française le champ de liberté que représente le champ de mil ? Comment transmettre au lecteur le choc de la désillusion, provoqué dans l'original par la superposition des tiges élancées du mil et des longues pattes du héron ? Comment rendre en français cette apparition paradoxale, imaginaire et réelle, qui fait éclater la vérité comme un coup de théâtre ? Existe-t-il un type de difficultés spécifiques à la traduction des poésies orientales ? Quelles solutions les traducteurs de langues orientales peuvent-il apporter au dilemme de la traduction ? Pour tenter de répondre à ce type de questions, il était nécessaire d'organiser les conditions d'un dialogue entre des praticiens de la traduction, spécialistes de langues et cultures orientales, et des spécialistes issus de différents domaines des sciences humaines (sociologie, histoire, littérature comparée, théorie de la littérature, esthétique, traductologie, etc.). Le présent ouvrage constitue le premier volume des actes de la recherche « Lire et traduire les poésies orientales » (2005-2012). Il traite principalement des poésies de langues extrême-orientales (chinois, coréen, japonais, vietnamien) et des poésies de langues indiennes (bengali, gujarati, kannada, malayalam, panjabi, sanskrit, tamoul, télougou).

  • Pas de diversité culturelle sans traduction. La domination du tout-à-l'anglais n'est pas inéluctable. Partout dans le monde, même en Grande-Bretagne, la mondialisation réclame une politique active de traduction. Celle-ci devient alors une donnée centrale du monde contemporain, un phénomène capital qui ne fait que s'amplifier par le biais des technologies de l'information et de la communication. Comprendre quels sont, d'une culture à l'autre, les enjeux actuels de la traduction, tel est l'objectif de cet ouvrage clair qui combat avec force les idées reçues.

  • Depuis quelques années, une critique structuraliste qui séparait rigoureusement structure et genèse, exigeant la considération d'un texte clos sur lui-même et dont elle négligeait les étapes et les variantes, n'est plus de mise. Les chercheurs proustiens furent conduits à ce dépassement par l'objet même de leur étude. Les matériaux que présente À la recherche du temps perdu sont en effet ceux d'une oeuvre inachevée non seulement dans son état final, mais même potentiellement, car de nombreux éléments abandonnés ou au contraire introduits en cours de route, notamment l'histoire d'Albertine, témoignent d'une activité incessante de « surnourriture » et de remodelage qui introduit de riches arrière-plans et de notables déviations par rapport à l'orientation d'ensemble. Les auteurs des présentes contributions, universitaires allemands, suisses et français, font ressortir, à propos de nombreux aspects du roman proustien, l'importance fondamentale que revêt l'étude des avant-textes, éléments non pas résiduels, mais constitutifs d'une écriture jamais parvenue à un point de fixation définitif. Ils analysent cette mobilité tantôt comme un phénomène de discours, du point de vue du produit ou comme une autoproduction, tantôt dans sa relation avec le sujet écrivant, envisageable lui-même sous différents angles. Il est certain en tout cas qu'avec Proust la question du sujet se pose de nouveau avec insistance à la critique contemporaine.

  • Harry Potter de Joanne K. Rowling, Le Seigneur des Anneaux de Tolkien... Qui aujourd'hui, ne connaît pas un de ces ensembles romanesques à succès, florissant dans la littérature de genre ? Romans policiers, science-fiction, fantasy, des Cantos d'Hypérion à L.A. Quartet en passant par Fondation, tous ces genres nourrissent le questionnement d'Anne Besson. Un cycle, une série : comment les définir, les distinguer ? Dans le premier, la totalité des volumes prime, tandis que dans la seconde, chaque volume est indépendant. L'intrigue se développe au fur et à mesure dans l'un, elle est discontinue dans l'autre. Pour le bonheur du lecteur et l'enrichissement de la littérature, des croisements s'effectuent, se jouant des contraintes étroites. La conduite et l'expérience du lecteur, induites par ces caractéristiques formelles, sont aussi prises en compte. De ce point de vue, la chronologie joue un rôle décisif avec son réseau d'appels et d'annonces : elle propose une maîtrise idéale du temps. L'ouvrage pionnier d'Anne Besson, qui intéressera tant les amateurs que les lecteurs ouverts et curieux, associe agréablement la rigueur à une approche revigorante de la littérature : un livre invitant au dialogue et à une lecture éclairée et vivante.

  • L'histoire de la lecture fait désormais partie des domaines privilégiés de la recherche en sciences humaines. Or un aspect majeur de cette histoire est resté jusqu' à ce jour peu exploré : la tradition des cahiers « d'extraits » - autrement dit l'art de constituer une bibliothèque choisie à partir de notes de lecture recopiées. Depuis la Renaissance, ces recueils d'extraits font office d'anthologies personnelles dans lesquelles le lecteur stocke, selon des règles plus ou moins précises, les expressions et les idées des auteurs consultés, constituant par là un butin de citations directement utiles à ses propres productions. Substituts commodes de bibliothèques plus vastes, ces recueils de notes ont exercé une influence cruciale sur la littérature européenne moderne. Le XVIIIe siècle joue un rôle ambigu dans l'histoire de cette pratique. D'un côté, il soumet l'art de l'extrait à une critique acérée. D'un autre, il continue à se livrer avec application à cet exercice. C'est donc l'exploration d'un paradoxe qu'entend engager le présent ouvrage, en analysant la tradition culturelle qui sous-tend la pratique de l'extrait et en étudiant les bibliothèques manuscrites de quelques écrivains caractéristiques (Shaftesbury, Montesquieu, Winckelmann, Lichtenberg, Hamann, Herder, Jean Paul, Heinse, Louis Sébastien Mercier).

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