Littérature traduite

  • L'art d'avoir toujours raison Nouv.

    L'art de la discussion, c'est l'art de la guerre.
    38 stratagèmes d'attaque et de défense simples à appliquer : généraliser à outrance la thèse de l'autre, créer des diversions, attiser la colère de son adversaire... L'Art d'avoir toujours raison donne au lecteur les règles d'un jeu passionnant, où le langage est maître. Où l'habileté des mots et la ruse sont nos meilleures armes pour finir toujours vainqueur.
     
    Traduit de l'allemand par Dominique Laure Miermont

  • Citation :
    « - Eh bien, cher Raphaël, dis-je, décrivez-nous cette île, nous vous en prions instamment. Donnez-nous un tableau complet des cultures, des fleuves, des villes, des hommes, des moeurs, des institutions et des lois, enfin de tout ce qu'à votre avis nous désirons connaître.
    - Il n'est rien que je fasse plus volontiers, car tout cela m'est présent à l'esprit. Mais il nous faudra du loisir.
    - Entrons, dis-je, et mangeons, puis nous prendrons le temps qu'il faudra.
    - Très bien, dit-il.
    Nous prîmes notre repas, puis nous revînmes nous asseoir au même endroit, sur le même banc. Raphaël resta un instant silencieux à réfléchir, puis, nous voyant attentifs et avides de l'entendre, il dit ce qui suit.
    /> Thomas More, Utopie, livre premier. »

    L'Utopie est un roman d'anticipation politique écrit par Thomas More au XVIe siècle. Son personnage principal Raphaël dresse un éloge particulièrement précis de ce pays qui semble répondre à des règles bien singulières pour l'époque mais étonnement modernes et visionnaires; aussi on peut deviner chez Raphaël le bonheur qu'il a ressenti de découvrir la république chez les Utopiens alors que partout ailleurs règnent des rois omnipotents qui maintiennent sous leur joug des paysans affamés, des citadins qui mendient et une économie exsangue.

    Traduction de Victor Stouvenel

    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • Léviathan

    Thomas Hobbes

    Léviathan de Hobbes (qui paraît en 1651) est un des rares textes fondateurs de la philosophie, comme la République de Platon, auquel son auteur le comparait. Il jette, en effet, les bases de la tradition politique moderne, en inventant le mythe de la souveraineté : considérant leur état naturel, effrayés par l'exacerbation mortelle de leurs passions, les hommes décidèrent, par leur faculté propre de vouloir et de penser, de se doter d'une loi commune, artificielle, qu'un individu ou une assemblée aura pour tâche d'élaborer et de mettre en oeuvre. Avec Hobbes, l'histoire se substitue à la théologie : ce n'est plus dans le divin que la loi se fonde, mais dans l'humanité.

  • Fondation de la métaphysique des moeurs est une oeuvre d'Emmanuel Kant parue en 1785. Le titre allemand d'origine est Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, traditionnellement traduit par Fondements de la métaphysique des moeurs, titre assez impropre puisqu'il n'y a selon Kant qu'un « fondement ».

    Contenant : Préface - Première section : Passage de la connaissance rationnelle commune de la moralité à la connaissance philosophique - Deuxième section : Passage de la philosophie morale populaire à la métaphysique des murs - Troisième section : Passage de la métaphysique des murs à la critique de la raison pure pratique.


    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • « Que les romans de Margaret Atwood redeviennent des fictions ! » La crise inédite inaugurée par le XXIe siècle - migratoire, écologique, politique, financière - a largement effrité le socle de nos libertés individuelles et des idéaux démocratiques. Il faut agir, mais quelles sont les options face à une société de contrôle qui étouffe toute forme de solidarité au profit de l'ordre et des intérêts financiers ? Que faire, lorsque les mobilisations traditionnelles, y compris les manifestations de masse, restent sans effet ? En s'inspirant de l'exemple de l'île de Vis, en Croatie, bastion des Partisans pendant la Seconde Guerre mondiale - ou comment, même aux heures les plus sombres de l'Histoire, une poignée de résistants peut faire basculer le destin d'un pays -, Sre´cko Horvat nous offre un véritable manuel de résistance et d'action populaire. Et si un autre monde était possible ? Il est urgent de nous libérer de nos chaînes : La poésie du futur nous ouvre la voie. « Une vision percutante et facile d'accès, une urgente nécessité. » Noam Chomsky « Des histoires énigmatiques, un cadre temporel qui ne suit pas les standards, des combinaisons d'événements inattendues, ce n'est qu'une partie des surprises et chamboulements qu'offre Sre´cko Horvat dans ce livre radicalement original. » Saskia Sassen

  • Dans le monde de l'économie, le caractère fantasmagorique de la marchandise est nommé fétichisme par Karl Marx. Afin d'analyser les formes que prennent les rapports sociaux engendrés par l'échange marchand, l'auteur cherche à décrypter le secret de la valeur. De ces pages géniales, qui appartiennent au premier chapitre du livre I du Capital, sont directement issues la théorie de la réification de Luckacs et celle du spectacle de Debord.

    Théo­ri­cien révo­lu­tion­naire alle­mand et figure majeure du mou­ve­ment ouvrier, Karl Marx (1818-1883) fut également historien, sociologue et jour­na­liste. Enga­gé poli­ti­que­ment dans la Ligue des Communistes aux côtés de Engels puis dans l'Association inter­na­tio­nale des tra­vailleurs, on lui doit une description minutieuse des mécanismes du capitalisme et une théorie érudite de l'économie politique. Sa pensée se fonde sur l'humain en tant qu'être pensant mais avant tout agissant.

  • Selon une opinion répandue, l'art nous détournerait de la réalité. Les oeuvres d'art seraient autant d'échappatoires commodes, de modes d'évasion privilégiés d'un quotidien étouffant. Mais que le monde créé par l'artiste soit le produit de son imagination, cela suffit-il pour en conclure qu'il se réduit à l'expression d'un point de vue purement individuel, nécessairement subjectif, capricieux et fantasque ? Dans « Du génie », tiré du Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer (1788-1860) montre, bien au contraire, que quand l'artiste accompli nous « prête ses yeux pour regarder le monde », il nous offre l'opportunité de le voir enfin tel qu'il est. Car, « dans le particulier voir toujours le général, voilà le trait caractéristique du génie ». Dès lors, si l'art nous détourne de la réalité, c'est seulement d'une réalité superficielle et étriquée, que faussent les exigences de nos besoins et notre recherche utilitaire. Le monde pourtant ne saurait s'y réduire. L'art du génie est ainsi le véritable parent de la philosophie : il ouvre à un dévoilement plus large et plus juste, de nous-mêmes comme de ce qui nous entoure.

  • Dans la « Métaphysique de l'amour sexuel », tirée du Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer (1788-1860) considère l'amour comme une ruse suprême de la volonté de vivre (Wille zum leben), qui se sert de l'individu pour perpétuer l'espèce. Avec un malin plaisir, le philosophe détruit une à une les illusions de la passion amoureuse.
    Bien avant Freud, le misanthrope amateur de jolies femmes insiste sur la puissante force motrice de la sexualité.

  • Alors que les Lumières connaissent leur apogée au XVIIIe siècle, les premières critiques commencent à affleurer sous le règne finissant du despote éclairé Frédéric II de Prusse. À la question « Qu'est-ce que les Lumières ? » à l'origine de la controverse, les philosophes Emmanuel Kant et Moses Mendelssohn proposent chacun une réponse en 1784.
    Cinq ans avant la Révolution française, ces deux manifestes, respectivement intitulés : « Réponse à la question : qu'est-ce que les Lumières ? » et « Sur la question : que signifie aufklären ? », dressent le bilan des Lumières.

  • « La loi morale est sainte (inviolable). L'homme est sans doute très éloigné de la sainteté, mais il faut que l'humanité dans sa personne soit sainte pour lui. Dans la création tout entière, tout ce que l'on veut, et ce sur quoi on a quelque pouvoir, peut aussi être employé simplement comme moyen ; l'homme seul, et avec lui toute créature raisonnable, est fin en soi-même. Il est, en effet, grâce à l'autonomie de sa liberté, le sujet de la loi morale, laquelle est sainte. C'est précisément en raison de cette liberté que toute volonté, même la volonté propre à chaque personne et dirigée sur elle-même, est bornée par la condition de l'accord avec l'autonomie de l'être raisonnable, à savoir de ne le soumettre à aucune intention qui ne serait pas possible suivant une loi pouvant trouver sa source dans le sujet même qui pâtit, et donc de ne l'utiliser jamais simplement comme moyen, mais en même temps en lui-même comme une fin. Cette condition, à bon droit, s'impose, pour nous, même à la volonté divine relativement aux êtres raisonnables dans le monde, en tant qu'il s'agit de ses créatures, parce qu'elle repose sur la personnalité de ceux-ci, par laquelle seule ils sont des fins en soi. »
    Kant

  • OEuvre maîtresse de la seconde manière wittgensteinienne, les Recherches philosophiques ont été à maintes reprises remises sur le métier par leur auteur. Elles ne sont cependant pas un texte achevé, mais un work in progress. Publiées en 1953 après la mort de Wittgenstein par deux de ses exécuteurs littéraires et saluées dès leur parution par des comptes rendus substantiels et élogieux, dont l'un présente Wittgenstein comme 'le premier philosophe de l'époque', les Recherches se sont très vite imposées non seulement comme un texte de référence en philosophie du langage, mais aussi comme un classique de la philosophie contemporaine. Elles ont eu une influence considérable sur divers courants dominants de la philosophie de la fin du XXe siècle, et elles sont à la source de bien des débats actuels qui débordent très largement le cadre de la philosophie académique.
    À vrai dire, elles occupent une position singulière dans le champ contemporain qui tient notamment à leur remise en question des sublimités métaphysiques et des réductionnismes en tout genre et à leur refus catégorique de toute théorie de la signication et de toute quête d'une terre ferme de l'origine - refus qui les tient à l'écart, d'une part des ambitions de la tradition analytique, et d'autre part des présupposés de la tradition continentale, et qui les conduit sur la voie d'une analytique de la quotidienneté dont on n'a certainement pas fini de mesure la fécondité.

  • Chomsky, rationaliste et innéiste, ravive, contre l'empirisme ou le constructivisme, des traditions que l'on peut faire remonter à Platon et à Descartes ; il aborde l'éducation avec un riche appareil conceptuel qui nous invite à penser de manière profondément originale ce que signifie enseigner ou apprendre, et comment il convient d'aborder ces pratiques. Partant de là, Chomsky, a établi un important dialogue critique avec les deux plus illustres représentants des traditions empiriste et constructiviste en éducation au xxe siècle, B. F. Skinner et Jean Piaget avançant, très modestement et sans dogmatisme, des pistes de réflexion sur la manière dont l'enseignement devrait être conçu.

  • Le 8 juin 1978 Alexandre Soljénitsyne disait aux étudiants de l'université de Harvard :
    « Non, je ne peux pas recommander votre société comme idéal pour transformation de la nôtre. (...) Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. À l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. »

    Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie). Mobilisé en 1941 dans les rangs de l'Armée rouge, il est arrêté à la veille de la victoire pour avoir prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami, et purgera huit ans de détention et trois de relégation. En 1962, la parution d'Une journée d'Ivan Denissovitch, peinture véridique de l'univers du Goulag jusque-là tabou, révèle un écrivain au monde entier. Le Premier Cercle puis Le Pavillon des cancéreux assureront sa gloire. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1970. En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L'Archipel du Goulag, tableau de la terrible répression exercée en Union soviétique sur des millions de citoyens. Le scandale est énorme : en février 1974, Soljénitsyne est déchu de sa citoyenneté et expulsé de son pays : il se fixera d'abord en Suisse puis aux États-Unis. À la chute de l'URSS, sa nationalité lui est restituée et il rentre en Russie, près de Moscou, où il vivra jusqu'à sa mort, survenue le 3 août 2008.

  • L'art de l'insulte
    Après le succès de L'Art d'être heureux (" Points Essais ", 2013), Franco Volpi propose cette fois une anthologie thématique de la pratique de l'insulte, dont Schopenhauer le misanthrope était fervent défenseur dans ses écrits, mais aussi pratiquant assidu : " Que de fois m'a étonné l'intelligence de mon chien, mais sa bêtise aussi ; il en a été de même avec le genre humain. "
    Il en résulte ce petit ouvrage, qu'on pourrait considérer comme " posthume ", où l'on voit le pire de Schopenhauer – comme ses idées sur les femmes (" La femme, de par sa nature, est destinée à obéir ") – et plus d'une fois le meilleur, le Schopenhauer dérangeant, en pleine forme, cocasse, fin observateur des mœurs de son temps, sans oublier l'écrivain de talent.
    Arthur Schopenhauer (1788-1860)
    Connu surtout pour sa critique radicale de l'idéalisme allemand, sa réputation de penseur original tient à son principal ouvrage, Le Monde comme volonté et comme représentation, qui a influencé nombre d'écrivains et de philosophes des XIXe et XXe siècles.
    Textes réunis et présentés par Franco Volpi
    Traduit de l'allemand par Éliane Kaufholz-Messmer

  • Ce livre rassemble les derniers textes de Krishnamurti et aborde les thèmes qui lui sont chers : les vertus du doute et la liberté de l'esprit, les rapports de la pensée et du temps, la méditation, l'intelligence de l'amour, l'écologie... En poète, en marcheur infatigable, il livre les réflexions apaisantes que lui inspire l'observation de la nature, qui prépare à ouvrir son esprit. Cette leçon de vie s'achève par une réflexion sur la mort. « La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l'immensité. »
    Jiddu Krishnamurti, né à Madanapalle le 12 mai 1895 et décédé à Ojai le 17 février 1986, est un philosophe d'origine indienne.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Thomas de Quincey. Est-ce le "puissant, juste, et subtil opium" qui tira souvent Thomas De Quincey vers le plus acre des plaisirs -- la dépréciation de l'idéal ? Est-ce la ténébreuse tentacule de vanité qui nous sert à aspirer avidement en nos héros toutes les bassesses de leur humanité ? Qui sait ? Les oeuvres de Thomas De Quincey sont toutes pénétrées de cette passion. Il n'aima personne autant que Coleridge, mais révéla les manies de son poète préféré avec volupté. Il adora Wordsworth; et en trois pages d'extase il montre le grand homme coupant un beau livre - qui ne lui appartient pas - avec un couteau souillé de beurre. Mais parmi les héros de Thomas De Quincey, sans contredit le premier fut Kant. Voici donc quel est le sens du récit qui suit. De Quincey considère que jamais l'intelligence humaine ne s'éleva au point qu'elle atteignit en Emmanuel Kant. Et pourtant l'intelligence humaine, même à ce point, n'est pas divine. Non seulement elle est mortelle mais, chose affreuse, elle peut décroître, vieillir, se décrépir. Et peut-être De Quincey éprouve-t-il encore plus d'affection pour cette suprême lueur, au moment où elle vacille. Il suit ses palpitations. Il note l'heure où Kant cessa de pouvoir créer des idées générales et ordonna faussement les faits de la nature. Il marque la minute où sa mémoire défaillit. Il inscrit la seconde où sa faculté de reconnaissance s'éteignit. Et parallèlement il peint les tableaux successifs de sa déchéance physique, jusqu'à l'agonie, jusqu'aux soubresauts du râle, jusqu'à la dernière étincelle de conscience, jusqu'au hoquet final. Ce journal des derniers moments de Kant est composé au moyen des détails que De Quincey tira des mémoires de Wasianski, de Borowski, et de Jachmann, publiés à Koenigsberg en 1804, année où Kant mourut; mais il employa aussi d'autres sources. Tout cela est fictivement groupé dans un seul récit, attribué à Wasianski. En réalité l'oeuvre est uniquement, ligne à ligne, l'oeuvre de De Quincey: par un artifice admirable, et consacré par Defoë dans son immortel Journal de la Peste de Londres, De Quincey s'est révélé, lui aussi, "faussaire de la nature", et a scellé son invention du sceau contrefait de la réalité.

  • L'art de la guerre

    Sun Zi

    Gagner ou perdre une guerre ne se fait pas par hasard ni par l'intervention des dieux ou des esprits. C'est une question de méthode et de stratégie. Ce livre guide le lecteur sur les cinq éléments à prendre en compte dans l'élaboration d'une stratégie : la cause morale ; les conditions temporelles ; les conditions géographiques ; le dirigeant ; l'organisation et la discipline.Influencé par le taoïsme et du Yi King (le Livre des Changements), L'Art de la guerre énonce que l'harmonie entre ces cinq éléments est une condition préalable au succès d'une campagne.Il montre comment la réflexion peut mener à la victoire, comment l'analyse des faiblesses de l'ennemi peut fonder une tactique, si l'on sait les exploiter, et même les aggraver ; il met l'accent sur la psychologie du combat et sur l'importance de la ruse et de la fuite.

  • Au fil des jours, inspiration, paix, tranquilité et sérénité nous accompagnent. Ce journal éternel nous propose des messages profonds, pratiques et irrésistibles dans un style simple et discret. Un succès basé sur des valeurs spirituelles : amour, la paix, la joie, la gratitude, l'unité.
    Une journée commencée "du bon pied", c'est beaucoup ! Chaque méditation est comme un rayon de lumière, ou une note au timbre subtil, pour plus de bonheur, de sens à notre vie. Lire chaque jour un des petits textes nous rend plus légers, plus optimistes et nous aide à rester centrés sur l'essentiel.

  • Comment affronter la peur de la mort ? Accepter la fin de l'amour ?
    Tirer parti de chaque instant ? En deux mots : comment vivre ?
    La perplexité devant l'existence nourrit toute l'oeuvre de Montaigne. En écrivant sur lui-même, le grand penseur tend un miroir où chacun peut se reconnaître. D'où l'extrême modernité et l'intelligence des Essais.
    Véritable phénomène d'édition en Angleterre et aux Etats-Unis, le livre de Sarah Bakewell est un guide aussi érudit que savoureux de l'univers et de la pensée du philosophe. En vingt chapitres, qui sont autant de tentatives de réponse à la question existentielle Comment vivre ?, il aborde de manière chronologique et thématique la vie personnelle de Montaigne et les événements qui ont marqué son temps. Connaisseur ou néophyte, chacun y trouvera des réponses à ses doutes les plus obscurs et les plus féconds.
    Une superbe incitation à découvrir ou relire un des chefs-d'oeuvre de la pensée moderne.
    « Si vous connaissez l'oeuvre de Montaigne, Comment vivre ? vous enchantera. Si vous ne la connaissez pas, le livre se suffit largement à lui-même... Pour faire court, Montaigne a ici la biographie qu'il mérite. » The Independant
    « Une magnifique et vivante introduction à l'oeuvre de Montaigne. » The Guardian

  • Ce livre est issu d'une série de trois leçons publiques que Peter Bieri a données en mars 2011 au Centre culturel de Graz (Autriche). Dans ses trois conférences, le philosophe aborde le thème de l'autodétermination et analyse avec clarté et originalité le sens, les conditions et les implications d'une vie humaine autonome. Comment voulons-nous vivre ? s'adresse a un public large. Dans une langue limpide, il soulève la question de savoir si et comment l'idéal moderne de l'autodétermination individuelle est compatible avec les obstacles multiples liés a la volonté libre.
     

  • Ce texte posthume, dont Nietzsche avoua l'importance dans son orientation vers la philosophie, fut dicté à l'un de ses amis en 1873. L'auteur de La Naissance de la tragédie y expose une conception du langage qui restera la même tout au long de son oeuvre.Il s'y attaque à la prétention philosophique d'élaborer un système comme une «pyramide de concepts ». Contre l'idée d'un discours entièrement rationnel, il fait valoir les droits de la métaphore, cette force instinctive qui produit des images, bien avant que l'homme ne songe à établir une rigueur théorique fondée sur les distinctions lexicales et les conventions morales.Le philologue est ainsi devenu philosophe, mais son style sera celui d'un « poète-prophète ».
    Présentation, traduction et commentaire de Marc de Launay.
    Marc de Launay est chercheur aux Archives Husserl de Paris (ENS-Ulm). Il a traduit des philosophes allemands (Kant, Schelling, Nietzsche, Husserl, Cohen, Rosenzweig, Scholem, Cassirer, Adorno, Habermas, Blumenberg) et vient de recevoir le Grand Prix Etienne Dolet. Il dirige l'édition des oeuvres de Nietzsche dans La Pléiade.

  • Pourquoi disons-nous de cette rose qu'elle est belle, et non qu'elle nous est agréable, qu'elle est parfaite, ou qu'elle est vraie ? Et pourquoi, parlant d'une « belle rose », entendons-nous précisément dire autre chose que lorsque nous évoquons une « rose agréable », une « rose parfaite », ou encore une « vraie rose » ? La récurrence du terme « beauté » dans nos discours se double d'une résistance envers toute substitution par un synonyme.

    Poser que ce fait têtu n'est pas infondé, c'est tenter de rendre justice à la spécificité de la beauté.

    Autonome beauté, que Kant entend précisément circonscrire, dans l'Analytique du beau, première partie de la Critique de la faculté de juger (1790).

  • Suite à une conversation dans un taxi new-yorkais avec un chauffeur pakistanais qui ne comprend pas qu'un pays puisse exister sans ennemis, Umberto Eco s'interroge. Après avoir constaté les ravages d'idéologies totalitaires telles que le nazisme ou le fascisme, la société actuelle ressent-elle la nécessité de se définir par rapport à un ennemi et de le diaboliser ? Les Etats renonceraient-ils, aujourd'hui, à l'opportunité de créer de nouveaux boucs émissaires pour renforcer le sentiment d'identité nationale et leur pouvoir ?Puis, à l'occasion de conférences ou d'essais à thèmes qui amusent autant celui qui parle que celui qui écoute, et qui sont, en somme, des exercices de rhétorique baroque, l'auteur aborde avec jubilation des sujets variés : l'idée de l'absolu, la tragédie d'Anna Karenine, la poétique de l'excès chez Victor Hugo, les divertissements inspirés par les almanachs, « Parlez-moi d'amour », etc.Le grand érudit qu'est Umberto Eco traite dans ces « écrits occasionnels » de questions qui l'intriguent et le passionnent, sans jamais oublier d'amuser son lecteur.  

  • Avec L'Angoisse de l'ingénieur, texte à valeur de manifeste, Ernst Bloch démontre le piège que l'homme se tend à lui-même. Sentiment en vérité archaïque, l'angoisse trouve une forme nouvelle dans la quête perpétuelle d'un accès à l'inconnu, dont on ne peut mesurer encore les conséquences. De cette tension naît l'angoisse, autrefois reliée à l'obscure et toute-puissante magie, mais dont les effets de la technique perpétuent le sentiment de terreur. L'antique démonisme n'est jamais loin, lorsque l'ingénieur freine en dernier ressort son avancée.Ernst Bloch part non du point de vue de la technique mais de celui des fantômes et autres démons, ou plutôt de la croyance en leur existence. Monde chassé par les Lumières mais plus encore par la lumière artificielle, dont nulle magie n'émane plus. En bannissant les ombres et la présence de recoins sombres dans les maisonnées, l'ampoule électrique a écarté jusqu'à l'éventualité de la présence des esprits. Mais la technique ne peut rien, pour autant, contre les heures sombres que connaît alors l'Allemagne...Bloch réhabilite ce que la raison, marxiste entre autres, a voulu condamner : l'existence du mythe. Il défend les archétypes tels qu'ils peuvent apparaître dans les contes, où toute hiérarchie sociale se voit bousculée. De ce pas, il met en garde contre la mécanique, qui gomme la lumière du rêve, alors que le moment utopique y reste encore tapi.

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