Hermann

  • La pensée d'Edgar Morin est inclassable. Ni science ni philosophie, enjambant la science et la philosophie, les sciences humaines et les sciences naturelles, sa pensée échappe aux classements disciplinaires et aux modes de connaissance compartimentée. Edgar Morin a abordé des disciplines aussi différentes que la biologie, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie et l'épistémologie des sciences.
    Comment résumer une oeuvre qui couvre plus de soixante années de vie intellectuelle?? Comment en dégager un esprit général qui ne soit pas une réduction caricaturale??
    En passant par La Méthode dont la publication s'est étalée sur presque trente ans (1977-2004). Déjà en gestation dans les premiers travaux d'Edgar Morin (L'Homme et la Mort, Le Vif du sujet, Le Paradigme perdu), La Méthode est le creuset d'où sont sorties de nombreuses ramifications, sociologiques, politiques, éducatives (Terre-Patrie, La Voie, Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur), ramifications distinctes mais inséparables de la source qui les a fait naître.
    Ancien résistant et témoin privilégié de notre époque, Edgar Morin a traversé le XXe siècle en acteur de l'histoire. Il est l'auteur d'une oeuvre transdisciplinaire, abondamment commentée et traduite dans plusieurs langues, qui nous oblige à rompre avec la disjonction et la compartimentation des savoirs. Elle a pour dénominateur commun la recherche d'une connaissance non mutilée et le souci d'une pensée capable d'affronter la complexité du réel.

  • Lucrèce, philosophe épicurien, est aussi un immense poète. Le paradoxe est que sa poésie semble prendre perpétuellement l'épicurisme à rebours, comme si le poète, chez lui, donnait tort au philosophe - à moins que ce ne fût l'inverse. De la philosophie d'Épicure, la plus lumineuse, la plus douce, la plus sereine, peut-être la plus heureuse de toute l'Antiquité, Lucrèce a tiré le poème le plus sombre, le plus âpre, le plus angoissé, le plus tragique. Cela nous dit quelque chose sur l'homme qu'il fut, certes, mais aussi sur l'épicurisme, sur la philosophie, et sur nous-mêmes. Si nous étions des sages, nous n'aurions pas besoin de poètes. Mais aurions-nous besoin de philosophes ? A. C-S.

  • Qui aurait cru qu'un virus apparu dans un marché chinois de Wuhan allait mener à une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des centaines de milliers d'individus en l'espace de quelques mois et forcé presque tous les pays à imposer des quarantaines, à confiner des villes entières et à fermer leurs frontières?? Et pourtant, ce sont les images qui nous resteront en tête lorsque nous repenserons à l'année 2020. En raison des dimensions et des effets de cette crise, il est clair que nos sociétés en ont des leçons à tirer et il est tout aussi évident qu'elle entraînera de profondes transformations dans l'ordre international. Quelles sont ces leçons et à quelles sortes de changements devons-nous nous attendre?? Ce livre cherche précisément à répondre à ces questions.
    Ces essais portent un regard critique sur l'évolution des démocraties libérales, montrent le potentiel que cette crise sanitaire globale nous offre pour reprendre le contrôle de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis 50 ans, en plus d'expliquer en quoi cette pandémie pourrait accélérer la fin de l'ordre libéral international.
    En tant que premier livre portant sur les enjeux géopolitiques et économiques de la pandémie, ces essais critiques et sans complaisance seront d'un intérêt pour tout lecteur intéressé à comprendre les enjeux politiques de cette crise et à s'interroger sur la manière dont les sociétés ont cherché à combattre ce virus mortel.

  • La liberté est-elle un pouvoir neutre et indifférencié de choix et d'action qui est octroyé à tout individu, et qu'il exerce identiquement avec tout autre, ou n'est-elle pas plutôt une capacité qui n'échoit qu'à lui seul d'accomplir son être propre dans ce qu'il a d'unique ? En souscrivant à la seconde branche de cette alternative, Claude Romano s'efforce de préciser les conditions de possibilité de ce qu'il appelle « liberté intérieure », c'est-à-dire la capacité de vouloir et de décider en l'absence de conflit intérieur, de telle manière que cette volonté et cette décision expriment l'être que nous sommes et manifestent un accord de cet être avec lui-même. En soulignant les limites de la conception largement dominante, de Platon à Harry Frankfurt, de cette liberté comme une subordination de nos désirs et tendances affectives spontanées aux « désirs de second ordre » qui découlent de notre réflexion rationnelle, l'auteur défend une conception originale de l'autonomie qui rejette une telle hiérarchie. Il étaye son propos par l'analyse d'un exemple littéraire, la décision finale de la Princesse de Clèves dans le roman éponyme de Mme de Lafayette.

  • La politique

    Aristote

    • Hermann
    • 30 Octobre 2019

    Traduction nouvelle, présentée et annotée par Pierre Louis. Première édition de ce texte capital du philosophe grec sous une forme accessible à un large public. Cette traduction, qui n'est jamais littérale, vise à être exacte et lisible ; elle se veut plus conforme à l'esprit qu'à la lettre et met en lumière une modernité parfois surprenante.

  • L'éthique des vertus met l'accent sur les représentations et les affects qui poussent les personnes à agir, au lieu de se focaliser sur les normes et de se borner à énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où les individus comme les États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie. Quel processus de transformation de soi permet d'avoir du plaisir à consommer autrement et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? Celle-ci reposant autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie, il importe aussi de se demander comment articuler le plan individuel et le plan collectif. Enfin, faut-il penser que l'éthique a une dimension universaliste ou souscrire à une approche plus particulariste et contextualisée de la morale ? Telles sont les questions qui réunissent dans ce volume des chercheurs issus de disciplines différentes.
    Gérald Hess est philosophe et juriste, maître d'enseignement et de recherche en éthique et philosophie de l'environnement à l'université de Lausanne.
    Corine Pelluchon est philosophe et professeure à l'université Gustave-Eiffel.
    Jean-Philippe Pierron est philosophe et professeur à l'université de Bourgogne.

  • La pensée est indissociable de la langue dans laquelle elle se forge. Si la philosophie est inséparable du grec, de quel type est la pensée qui germe dans la langue hébraïque? C'est l'ambition de ce livre d'en retrouver les traces, comme si il y avait déjà à l'oeuvre une pensée en deçà des théories et des doctrines, une pensée précédant le texte tout en ne s'exprimant qu'à travers ses différentes économies, une pensée de toutes les pensées issues de la racine hébraïque dans laquelle l'Ëtre ne se dit pas au présent. Le livre de Shmuel Trigano jette une lumière nouvelle sur l'ontologie. Il inaugure une façon inédite de philosopher qui naît, certes, de la fréquentation de la langue grecque mais sans pour autant y ramener. Par delà la philosophie grecque mais aussi la philosophie juive classique, une voie s'ouvre vers une autre philosophie à laquelle ce livre appelle...

  • À quelles conditions une décision politique est-elle légitime en démocratie ? Certains philosophes contemporains affirment que seule une délibération publique et libre entre des citoyens égaux peut constituer le fondement de la légitimité politique dans nos sociétés contemporaines, complexes et pluralistes. C'est au terme d'un échange libre et argumenté de raisons et d'opinions que les citoyens peuvent se prononcer sur l'autorisation de la culture des OGM, choisir un système de retraite, trancher entre des dispositifs fiscaux, ou légaliser l'adoption homoparentale. Mais pourquoi et comment réaliser un tel idéal de gouvernement par le débat raisonné dans des démocraties représentatives de masse ? Développée dans les années 1980 en Europe et en Amérique, la « démocratie délibérative » s'est depuis imposée comme l'un des paradigmes dominants de la pensée politique contemporaine. Ce recueil propose une introduction à ce courant théorique en réunissant des textes fondamentaux, presque tous inédits en français. Leurs auteurs comptent aujourd'hui parmi les principales figures de la théorie démocratique.

  • Ce livre propose une lecture philosophique du rêve. Il contient l'histoire détaillée et richement documentée des recherches qui ont été consacrées, tout au long du dernier demi-siècle, au "sommeil paradoxal" et au rêve.
    L'auteur met de l'ordre dans le foisonnement des hypothèses et des interprétations. Il présente les multiples directions amorcées, abandonnées puis reprises et repensées par les chercheurs. Jusqu'où s'étend le parallélisme entre le fonctionnement du cerveau et celui de la pensée ? Quelles pourraient être les fonctions du rêve dans l'individuation du cerveau ? Quel est le rôle des gènes dans les mécanismes oniriques ?
    L'ouvrage est préfacé par Michel Jouvet, membre de l'Institut (Académie des sciences), neurophysiologiste, fondateur de la physiologie contemporaine du sommeil et du rêve. Claude Debru est professeur de philosophie des sciences à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, correspondant de l'Académie des sciences et membre de l'Académie allemande des sciences de la nature Leopoldina.

  • Toutes les civilisations ont cherché à régler les moeurs sexuelles et ont institué des interdits pour régenter et ordonner la vie des êtres humains. À travers l'étude de la prohibition des pratiques incriminées, le présent traité analyse les choix sociétaux et idéologiques des civilisations. Sans prétendre à l'exhaustivité, mais en parcourant une très vaste gamme de cultures et d'époques différentes, l'auteur présente une grande variété de modalités réprouvées pour consommer le « fruit défendu ». Il examine les interdits majeurs et leur restitue le sens qui est le leur dans chaque contexte : comment comprendre la prohibition de l'inceste en Occident ? Quel est l'enjeu de l'interdiction des pratiques homosexuelles en terre d'Islam ? Pourquoi l'adultère est-il parfois toléré, voire recommandé ? Quels types de jugements moraux ou idéologiques sont à l'oeuvre dans la volonté de bannir les pratiques pédophiles ? Pourquoi ce qui est considéré comme une pratique « perverse » ou « déviante » dans certains peuples ne l'est-il pas pour d'autres ? À travers une perspective à la fois historique, culturelle, philosophique, sociologique et comparative, l'auteur replace, sans préjugé ni parti pris, lesdits interdits sexuels dans leur environnement culturel et religieux. Il analyse le permis et le prohibé des pratiques intimes dans des civilisations aussi diverses que celles hellénistiques, égyptiennes, hébraïques, chrétiennes, bouddhistes, baoulés, hindouistes ou musulmanes...

  • Dans Totem et Tabou, Freud expliquait pourquoi la mentalité totémique, pour lutter contre les pulsions incestueuses, favorisait le passage à l'acte récidivant et les conduites phobiques. Le titre du présent livre fait écho à l'oeuvre du père de la psychanalyse en raison de l'assimilation, hâtivement faite par certains lecteurs inattentifs, des dispositifs psychiques et juridiques préconisés par la Loi sinaïtique à des montages totémiques et à des interdits « tabous ». Pour réfuter ce préjugé, Raphaël Draï montre que les versets de la Genèse sur « l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal » n'érigent absolument pas cet arbre en totem, ce qui induirait que les dispositifs juridiques et mentaux en cause relèvent du tabou. Si ce récit relate bien l'histoire d'une transgression originelle, et s'il met en évidence les pulsions à l'oeuvre, il détermine également les modalités du travail de ces pulsions, qui resteraient sans cela irrésistibles et mortelles. Fort de cette analyse, l'auteur présente ce qui apparaît comme une véritable théorie, clinique et métapsychologique, des pulsions dans l'oeuvre du Maharal de Prague, et révèle la logique interne qui prédomine, dans les règles alimentaires et les dispositifs juridiques explicités par le droit biblique ainsi que la place centrale qu'occupe le travail sur l'énergie pulsionnelle : sans ré-orientation constante de la pulsion de mort vers la pulsion de vie, il n'y a pas de vie éthique ni de vie en société.
    Raphaël Draï est professeur émérite de science politique à la Faculté de droit et de science politique d'Aix -Marseille. Lauréat des facultés de droit, agrégé de science politique, il est membre de l'École doctorale en psychanalyse et psychopathologie de l'Université Denis Diderot, Paris VII. Chercheur interdisciplinaire, il a écrit une trentaine d'ouvrages et de nombreuses études dans les domaines relevant de ses recherches toujours orientées vers une meilleure intelligence du choix de la vie.

  • L'écholalie

    André Hirt

    • Hermann
    • 18 Mai 2011

    L'Écholalie est le nom donné à une scène originelle de l'art moderne, celle qui eut lieu entre Baudelaire, Wagner et Nietzsche. C'est aussi le nom donné ici, à partir du mythe antique d'Echo raconté par Ovide, à l'origine de l'art.
    En somme, de quoi l'art et l'artiste sont-ils l'écho ? Et que faut-il penser, par exemple, des rapports de rivalité, de répétition et d'écho entre la musique et la poésie ? Qu'en est-il du langage de l'art ?
    Ces questions ne sont pas de pure esthétique, mais engagent l'avenir de l'Europe, la politique, l'identité aussi, et en définitive la pensée lorsqu'elle est confrontée à sa provenance et à ses conditions.
    André Hirt enseigne la Philosophie en classe de khâgne à Saint-Étienne.

  • La langue cherchée

    Gérald Sfez

    • Hermann
    • 23 Février 2011

    Un écrivain est à la recherche d'une langue. L'hypothèse contemporaine est d'avoir associé cette « langue cherchée » à un geste de résistance. Quelles relations un tel geste, accentué chaque fois autour d'un vocable majeur, entretient-il avec la langue ? S'agit-il précisément de résister à la langue elle-même, ou bien, tout au contraire, de résister avec elle par son respect ?
    Cet ouvrage enquête sur certaines des théorisations critiques les plus significatives. L'essai nous achemine, à travers la mise en débat et l'examen de leurs choix interprétatifs, vers l'appréciation de la puissance d'écart de la littérature vis-à-vis de la langue. Il s'inscrit dans la perspective d'une Critique de la raison idiomatique.
    Trois voix, celles de Camus, de Michaux et de Quignard, nous instruisent, dans leur écriture réflexive, de la complexité de la résistance de l'écrivain et d'une modalité toujours particulière de la puissance d'écart. En déconcertant toute unilatéralité de vue comme toute position de simple équilibre, elles représentent des figures emblématiques de ce paradigme et des alternatives fortes dans l'approche commune de ce que peut bien signifier résister dans la langue.
    Gérald Sfez est l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique et contemporaine. Il enseigne la philosophie en Khâgne au Lycée La Bruyère de Versailles.

  • Vitesses

    Jérôme Lèbre

    • Hermann
    • 22 Août 2011

    L'accélération des transports et de l'information donne le sentiment que tout va trop vite, et de plus en plus vite, jusqu'au temps lui-même. Mais cette impression générale de vitesse absorbe sans vraiment rassembler le mouvement local, la perception de l'espace et du temps, l'expérience de l'écriture ou de la pensée. Elle risque de nous laisser aux prises avec une vitesse unique qui n'est qu'une ombre projetée par un impensé : celui de la valeur profonde de la lenteur, du repos, des racines et de la Terre. Cet essai vise à combattre cet impensé et à insister sur la pluralité des vitesses. Il défend l'idée que toute vitesse se mesure sur le fond incommensurable d'une vitesse infinie, qui n'est de l'ordre de l'expérience que si l'expérience elle-même (donc aussi l'impression de vitesse) n'est pas univoque. Contre l'attente d'une catastrophe généralisée, il entend préserver l'imprévisibilité des événements et la survenue à contretemps de chaque invention.

  • La sociologie durkheimienne vaut sans doute infiniment plus et mieux que sa vulgate. Le « positivisme » dont on la taxe n'y joue le plus souvent que le rôle d'un précieux garde-fou contre bien des dérives scientifiques, et le « holisme » dont on l'accuse est toujours conjugué avec un individualisme qui, à y bien regarder, s'avère décisif dans les processus explicatifs. À rebours de certaines idées reçues, les textes réunis dans cet ouvrage présentent Durkheim comme un auteur à la pensée et à la démarche aussi complexes que mouvantes, un praticien responsable d'une démarche « compréhensive » qu'il a toujours considérée comme indissociable de l'explication causale, ou encore un théoricien convaincu de la « déconstruction » dont se gargarisent certains de nos contemporains. Mais on y reconnaîtra aussi, en décalage sensible avec certaines des orientations les moins bien inspirées de la sociologie contemporaine, un théoricien de l'action privilégiant l'étude des conduites des acteurs sur celle de leurs discours, toujours suspects de rationalisation, un analyste soucieux de lier étroitement les concepts et les faits, de subsumer les explications dans des systèmes théoriques plus larges, et encore un savant continuellement obsédé par la question de l'administration de la preuve.

  • Qu'est-ce que l'anthropologie ? Elle est rarement pensée comme une discipline distincte des sciences sociales. Dite ou sous-entendue « sociale et culturelle », elle en a assimilé les principaux schèmes d'intelligibilité. Après avoir cerné les traits essentiels de l'opération sociologique, après une critique des enquêtes ethnographiques, ce livre entend attribuer à l'anthropologie le statut d'une discipline à part entière avec un objet et des méthodes spécifiques. C'est l'homme, l'individu existant, qui est l'objet de l'anthropologie enfin posée et théorisée comme une science des hommes avec leurs caractéristiques sociales et culturelles mais aussi au-delà ou en deçà de celles-ci. Les méthodes consistent alors à se rapprocher des individus pris séparément et non plus collectivement, pour les suivre dans la continuité des situations et des instants de l'existence. C'est dans cette continuité que les hommes rencontrent en situation des institutions, des dieux ou des animaux : ils sont aussi présents en situation. Albert Piette trouve dans l'ontologie un fondement théorique à la constitution de l'anthropologie comme discipline autonome, une science des individus humains et non humains.

  • L'Introduction à la vie de l'esprit, publiée en 1900, développe de façon directe et puissante l'idée directrice de toute l'oeuvre : si les sciences progressent à travers des crises et des révolutions, c'est en vertu du caractère infini du jugement, acte fondamental de la pensée. Aucune vérité, aucun principe, aucun concept n'échappe à sa critique. L'esprit est dépassement indéfini de ses propres certitudes : il va vers la vérité parce qu'il va vers l'avenir. Le mouvement qui est en nous pour aller plus loin est inépuisable ; en lui, se trouve le principe de toute résistance et de toute valeur.
    Jamais philosophie n'avait proclamé de façon aussi radicale l'autonomie de l'esprit. C'est une même liberté qui est à l'oeuvre dans les sciences, dans la vie esthétique, dans la vie éthique et la conscience religieuse elle-même ne saurait s'en excepter. L'aspiration au vrai porte la pensée à aller toujours plus loin, l'arrachant sans cesse à la fascination de la présence, et au mirage de la transcendance : il n'y a d'intelligible que par l'effort d'intellection.
    Méditation de l'unité vivante de l'esprit, de son mouvement infini d'unification et de purification qui élève l'intelligence au-dessus des vues partielles et réifiantes du dogmatisme, l'Introduction à la vie de l'esprit est un véritable manifeste qui invite le lecteur à s'engager sur la voie ardue autant que belle de l'autonomie.
    André Simah Agrégé de l'Université et Docteur en philosophie, Directeur de collection chez Armand Colin, est aussi l'auteur de plusieurs livres tels que Pour connaître Nietzsche, Le texte du corps, Le sujet ou encore Pourquoi aimer ? et de nombreux articles.

  • Il est question ici d'un anarchisme sans attentat, sinon sans bombe ; de celui qui accompagne et inspire la liberté de pensée philosophique. À l'écart du courant moralisateur qui a trop souvent imprégné les mouvements de l'anarchisme institué jusqu'à nous ; pur de tout ressentiment et
    immoraliste comme le voulaient Nietzsche et Gide. Eclaté ou explosé en directions diverses, « en miettes » ainsi qu'Italo Calvino a vu l'utopie contemporaine. Car il n'est en rien concentré dans un programme ou une doctrine. Il épouse la multiplicité chatoyante de la vie. Il s'agit d'un anarchisme de ce domestique auquel Charles Fourier a donné la prévalence sur le politique, se nourrissant du sol passionnel dans lequel il plonge. Il n'est plus synonyme de destruction ni de désorganisation ; il n'est plus négatif et réactif, mais affirmatif et créateur. Il n'est pas non plus borné aux revendications exclusives de l'individu; il ne se conçoit que dans le cadre d'une nouvelle socialité que porte en gestation le monde déchiré d'aujourd'hui. Ces Nourritures, qui se succèdent sous forme de «menu», viennent alimenter un nouvel anarchisme qui, à l'imitation du prospectus que Charles Fourier adressait en 1808 à ses lecteurs, souhaiterait intéresser tout aussi bien les critiques, les curieux et les voluptueux.

  • Écrit l'année même où s'achève la publication de l'Encyclopédie, ce salon est le texte le plus important de Diderot sur l'art. Il y définit la technique, l'énergie et le génie créateur et évoque des artistes tels que Greuze ou Chardin.

  • « Le système du monde de Pierre Duhem constitue une encyclopédie de l'histoire des sciences d'une valeur exceptionnelle pour l'étude de la physique et de la mécanique médiévales. C'est l'oeuvre à la fois d'un savant et d'un historien, et non pas d'un savant devenu historien et qui aurait oublié la science... Il a vraiment découvert et exposé la continuité de la filiation entre la science et la philosophie d'Aristote et celle du Moyen-Âge. Son ouvrage est le seul qui englobe une telle étendue. » Gaston Bachelard « C'est dans la richesse inouïe de la documentation, fruit d'un labeur qui confond l'esprit, que consiste la valeur permanente de l'oeuvre de Duhem : malgré quarante ans d'études et de recherches, elle demeure une source de renseignements et un instrument de travail irremplacé et donc indispensable. » Alexandre Koyré. « [...] L'ouvrage de Duhem, intégralement publié, apparaîtra comme un monument de science et de patience, restituant à chaque époque de l'évolution du savoir humain son originalité et sa fécondité. » Jean Abelé

  • « Le système du monde de Pierre Duhem constitue une encyclopédie de l'histoire des sciences d'une valeur exceptionnelle pour l'étude de la physique et de la mécanique médiévales. C'est l'oeuvre à la fois d'un savant et d'un historien, et non pas d'un savant devenu historien et qui aurait oublié la science... Il a vraiment découvert et exposé la continuité de la filiation entre la science et la philosophie d'Aristote et celle du Moyen-Âge. Son ouvrage est le seul qui englobe une telle étendue. » Gaston Bachelard « C'est dans la richesse inouïe de la documentation, fruit d'un labeur qui confond l'esprit, que consiste la valeur permanente de l'oeuvre de Duhem : malgré quarante ans d'études et de recherches, elle demeure une source de renseignements et un instrument de travail irremplacé et donc indispensable. » Alexandre Koyré. « [...] L'ouvrage de Duhem, intégralement publié, apparaîtra comme un monument de science et de patience, restituant à chaque époque de l'évolution du savoir humain son originalité et sa fécondité. » Jean Abelé

  • « Le système du monde de Pierre Duhem constitue une encyclopédie de l'histoire des sciences d'une valeur exceptionnelle pour l'étude de la physique et de la mécanique médiévales. C'est l'oeuvre à la fois d'un savant et d'un historien, et non pas d'un savant devenu historien et qui aurait oublié la science... Il a vraiment découvert et exposé la continuité de la filiation entre la science et la philosophie d'Aristote et celle du Moyen-Âge. Son ouvrage est le seul qui englobe une telle étendue. » Gaston Bachelard « C'est dans la richesse inouïe de la documentation, fruit d'un labeur qui confond l'esprit, que consiste la valeur permanente de l'oeuvre de Duhem : malgré quarante ans d'études et de recherches, elle demeure une source de renseignements et un instrument de travail irremplacé et donc indispensable. » Alexandre Koyré. « [...] L'ouvrage de Duhem, intégralement publié, apparaîtra comme un monument de science et de patience, restituant à chaque époque de l'évolution du savoir humain son originalité et sa fécondité. » Jean Abelé

  • In vivo explore des questions fondamentales et des moments cruciaux de l'existence humaine - l'entrée en interaction avec une culture étrangère, la décision de se sortir d'une condition de vie routinière ou malheureuse, une action généreuse posée dans un contexte quotidien ordinaire - en fonction de leur potentiel de transformation de l'existence. En recourant à des illustrations tirées de la vie réelle et d'oeuvres de fiction, Gabor Csepregi révèle le rôle primordial des sentiments personnels dans le façonnement de la vie humaine et démontre le pouvoir formateur de la spontanéité en dehors du contexte traditionnel de l'éducation formelle. Ces moments, et notamment la façon dont ils perturbent l'ordre temporel ordinaire constituent des expériences vécues de notre vitalité.
    «?Recourant à un langage clair et précis, In vivo captivera les philosophes et les intellectuels. Csepregi engage un dialogue entre diverses traditions, faisant appel aux meilleurs courants de plusieurs philosophies pour développer un point de vue unique?».
    Gaëlle Fiasse, Université McGill

  • La chose est entendue : c'est dans la langue que nous pensons. Mais est-ce pour autant la langue qui nous pense ? Des philosophies immédiatement postkantiennes aux plus récents postulats des sciences humaines, la langue a progressivement acquis un prestige énigmatique : medium, ultime « condition de possibilité » de la connaissance, matrice même du penser humain. Mais que la linguistique décrète que c'est la langue qui fonde la subjectivité, la psychanalyse que notre inconscient est structuré comme un langage ou l'histoire que les énoncés individuels sont modelés par un paradigme discursif qui les agit d'en deçà, c'est toujours au nom d'une certaine précompréhension du langage qu'est proclamée la détermination du connaître par le parler. Cette étude s'attache au contraire à refonder, via les instruments de la philosophie réflexive, les concepts clefs de la théorie de la langue avant d'en étudier l'incidence au sein de ces disciplines qui s'appuient sur elles ou la prennent pour objet - éclairant d'un jour nouveau tout un pan des sciences humaines.

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