Les Presses de l'Université Laval (PUL)

  • L'histoire de la philosophie est une oeuvre collective qui s'étale sur une longue période. Les
    chapitres s'enchaînent sans avoir été coordonnés. Aussi, l'enjeu, pour chaque nouvelle génération, c'est de se réapproprier cette histoire.

    Les auteurs du présent ouvrage nous proposent une manière originale d'y arriver. Par le dialogue, les philosophes de la tradition semblent revivre pour faire le point sur leur cheminement. Socrate, Kant, Marx, Arendt et bien d'autres répondent aux questions de Laure Becdelièvre, Laurence Hansen-Lve et Fabien Lamouche.

    Au fil de ces conversations imaginaires, nous découvrons comment l'esprit de résistance a pu s'incarner à travers les figures de penseurs aussi profonds que subtils et aussi novateurs qu'insoumis.

  • Etrangement, même si les personnes handicapées ont toujours existé dans l'histoire de l'humanité, bien peu de réflexions leur ont été consacrées. La philosophie est quasiment muette sur le sujet. Le temps paraît venu de proposer une véritable pensée du handicap. Les sciences sociales l'ont entreprise, en s'opposant à la conception médicale qui considérait spontanément le handicap comme une infirmité, une chose purement négative. Les handicapés eux-mêmes nous ont appris à revenir sur cette vision simpliste, certains (en particulier les sourds) rejetant complètement le terme de handicap pour les qualifier. Il est sans doute possible aujourd'hui d'aller plus loin, en élargissant radicalement cette notion. Ne sommes-nous pas tous, au fond, valides ou invalides, des handicapés d'une certaine manière à l'égard de l'existence ?
    L'homme présumé « diminué » par le handicap apparaît également, de nos jours, opposé en tous points à l'homme supposé « augmenté » dont parle ce courant de pensée contemporain, le transhumanisme. Mais cette confrontation est-elle justifiée ? N'y a-t-il pas plutôt, dans la réconciliation entre pensée du handicap et transhumanisme, une occasion nouvelle et originale de repenser la vieille question du sens de la vie ? C'est ce que cet essai tentera de démontrer.

  • Il y a chez Thomas d'Aquin une autre morale que celle que nous connaissons. Si elle n'a pas été développée, c'est que les options et les sensibilités du temps ne la réclamaient pas. Cette autre morale, dont les assises ne font aucun doute, se trouve, elle, en rapport avec le meilleur des options et des sensibilités de notre temps.
    La morale de Thomas d'Aquin est celle du chemin qui conduit à Dieu. Les humains sont ici-bas des voyageurs, en quête de leur fin bienheureuse. Si riche soit-elle, cette morale ne promeut pas pour elles-mêmes les valeurs proprement terrestres et humaines.
    L'autre morale se définit comme une manifestation de ce qui nous habite : Dieu est en nous et pas seulement dans un au-delà, et notre vie éternelle est déjà commencée. En manifestant ce qui en nous est vie et valeur, nous les faisons nôtres et nous les développons; en les engageant dans des tâches terrestres et humaines, nous prenons au sérieux la création de Dieu remise entre nos mains. Et nous travaillons au voeu que celle-ci porte : la promotion des peuples et l'instauration d'une société juste et fraternelle dès ici-bas.
    Le livre articule, en finale, ces deux morales dans un nouvel ensemble.

  • La pensée d'Edgar Morin est inclassable. Ni science ni philosophie, enjambant la science et la philosophie, les sciences humaines et les sciences naturelles, sa pensée échappe aux cloisonnements disciplinaires et aux modes de connaissance compartimentée. Véritable touche-à-tout du savoir, autodidacte par complexion, Edgar Morin est l'auteur d'une oeuvre considérable, qui couvre le vaste champ du savoir et qui propose une méthode pour traiter la complexité du réel.

    Cet ouvrage retrace les grands moments de l'histoire personnelle et intellectuelle qui ont fait d'Edgar Morin un des grands penseurs de notre temps, et l'auteur d'une oeuvre majeure à la convergence des savoirs, oeuvre colossale et désormais incontournable pour penser notre temps et les problèmes de notre temps.

  • Les textes rassemblés dans cet ouvrage sont le fruit d'une journée d'étude consacrée à la tradition néoplatonicienne et à la gnose, en l'honneur du Professeur Pierre Hadot, qui se tint au Séminaire des missions étrangères de Paris, dans le cadre des Célébrations du 150e anniversaire de la Charte de l'Université Laval, et du 340e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec, associé au Séminaire des missions étrangères de Paris depuis 1663 et qui est à l'origine de l'Université Laval. Monsieur Hadot recevait par la suite en Sorbonne un doctorat honoris causa de l'Universté Laval, lors d'une présentation dont on pourra lire le texte dans cet ouvrage.

  • En 1914, Bertrand Russell (1872-1970) a déjà accompli une bonne part des travaux de philosophie et de logique mathématique qui feront de lui un des plus importants penseurs du XXe siècle et il jouit d'une exceptionnelle renommée intellectuelle. Mais cette année-là, horrifié par la folie martiale qui déferle sur le monde, il rompt avec le milieu académique et s'engage dans un combat pacifiste, devenant l'ardent militant qu'il sera jusqu'à sa mort.

    Mais la philosophie ne sera jamais bien loin pour ce militant. Et c'est ainsi que, en 1916, Russell a donné à Londres des conférences dans lesquelles il s'est efforcé, d'une part, de comprendre comment nos institutions ont pu nous conduire au désastre en cours et, d'autre part, d'imaginer de nouvelles institutions - économiques, politiques, éducatives et familiales - qui pourraient empêcher ce désastre de se reproduire.

    L'ouvrage tiré de ces conférences, Principes de reconstruction sociale, qui n'a rien perdu de sa brûlante actualité, est généralement reconnu comme étant la plus importante contribution de Russell à la philosophie politique.

    Ce document exceptionnel n'était malheureusement plus disponible aux lecteurs francophones depuis sa première et unique parution en français, en 1924. La présente édition vient combler cette lacune.

    La traduction en a été entièrement revue et corrigée par Normand Baillargeon qui signe, en plus d'une substantielle introduction qui situe l'ouvrage dans la vie de Russell et dans son parcours intellectuel, l'appareil critique (notes et bibliographie) de cette nouvelle édition des Principes de reconstruction sociale.

  • L'hospitalité répond aux caractéristiques de ces expériences éthiques fondamentales qui tissent la vie des êtres humains. Dans l'échange de l'hospitalité se manifeste la première forme d'une humanité générale. L'hospitalité est une catégorie qui permet d'interpréter la situation générale de l'homme dans le monde. Que nous soyons les hôtes les uns des autres signifie que notre situation dans le monde répond à une structure de la réception et de la rencontre, qu'il existe une liberté pour donner et pour recevoir au-delà des impératifs de la réciprocité. Dans une certaine mesure, ce livre propose une éthique de la contrariété face à une éthique de l'initiative, et vise une idée de la vie bonne plus intéressée à laisser ouverte la possibilité de s'émouvoir qu'à se protéger de toute irruption de l'inattendu. La compétence éthique fondamentale consiste à s'ouvrir vers le tout autre et les autres, à être accessible aux sollicitations du monde, attentif à ce qui est différent de soi-même. Il y a une certaine supériorité morale des petites manies sur l'autosuffisance, de l'amour vulnérable sur le contrôle et la modération, de la générosité de la passion sur la prudence rationnelle, de l'excès sur la simple réciprocité.

    L'éthique de l'hospitalité intervient à propos dans un moment culturel tiraillé par le conflit entre les impératifs de la modernisation et de la croissance, d'une part, et d'autre part, par les exigences d'une éthique de la conservation, de la prudence et de la protection. Face à la fragilité générale du monde, nous assistons à l'émergence d'une forte sensibilité, d'une nouvelle sollicitude et d'un souci de l'autre. Dans ce contexte, le devoir des individus ne consiste pas à se protéger de la société, mais à la défendre, à prendre soin d'un tissu social en dehors duquel aucune identité ne peut se réaliser.

  • C'est par « L'autorité et l'individu » qu'en 1948 la BBC inaugurait un programme annuel de conférences (The Reith lectures), désormais célèbre. Cette première série de six conférences porte sur l'un des problèmes les plus débattus de l'époque moderne : le conflit entre l'ordre et l'autorité d'une part, la liberté individuelle et la créativité d'autre part. Comment entretenir la coopération nécessaire à la survie du groupe sans étouffer l'initiative individuelle et jusqu'au goût de vivre ?

    Russell examine cette question dans toute sa complexité et esquisse des pistes de solution d'une étonnante actualité.

  • Un débat, réunissant philosophes, littéraires et historiens, s'est engagé, lors du XIIe Congrès international des Lumières, autour de la question du corps. En effet, le corps des Lumières est un objet qui méritait encore d'être questionné sur des plans épistémologique, anthropologique ou esthétique. Le présent ouvrage se veut le reflet de ces questionnements. Suivant la voie de l'époque qui récusait la séparation systématique des discours, il cherche à montrer combien l'écriture du corps entre dans une transdiscursivité. Discours scientifique, romanesque, philosophique ou social, entre autres, dialoguent au cours d'une période passionnée par l'émergence d'une nouvelle culture du corps. Les trois parties qui organisent le volume : « Science, techniques et médecine du corps », « Gouvernement du corps » et « Représentations idéologiques du corps » mettent en relief les cohérences et subversions, les conjonctions et prolongements de ces idées essentielles.

    Dans une dynamique d'ouverture et d'harmonie, les éditeurs ont tenu à rapprocher dans ces pages de jeunes collègues et des chercheurs confirmés, éloignés tant par la géographie que par leur parcours, afin de faire émerger des différences d'approche et des communautés d'intérêt autour de cet objet d'étude unique et multiple.

  • Nous traversons un moment d'incertitude, de doutes et de profonds désaccords sur la question de savoir ce que signifie éduquer, tant sur le plan individuel que sur les plans collectif et l'école devrait être un lieu de calme et de réflexion, un lieu de culture, un moment pour apprendre à voler de ses propres ailes.
    Pour démêler les raisons de nos désaccords, le pédagogue et philosophe Normand Baillargeon entame une franche discussion aussi bien avec les partisans des sciences de l'éducation qu'avec la gauche.
    Son plaidoyer est clair et sans équivoque: la culture, l'éducation et le savoir prendront plus d'importance dans nos vies si nous savons les associer à l'émancipation et à la justice.

  • Qui sont les geeks ? Quelle philosophie ont-ils du monde et quelle philosophie peut-on élaborer à leur
    sujet ? Voilà les questions auxquelles l'auteur apporte dans ce livre quelques éléments de réponse. Le geek c'est peut-être vous, amateur de nouvelles technologies et de mondes imaginaires. En tous les cas, c'est certainement l'auteur qui tente de penser en philosophe cette bien étrange créature moderne qu'est le geek, à partir de son expérience personnelle d'en être un lui-même.

    Au fond, le dilemme pourrait être le suivant : faut-il aujourd'hui choisir l'Être ou les geeks ? Faut-il
    préférer, dans le sillage d'un philosophe comme Martin Heidegger, la philosophie de l'Être ou bien faut-il opter pour le monde des geeks, ces passionnés d'ordinateurs portables et de téléphones mobiles, de robots humains et d'humains bioniques, de fées électroniques et de magiciens dont la science nous donnera demain les pouvoirs ? La question, brûlante, est aujourd'hui plus que jamais d'actualité, dans un monde dont les ressources s'épuisent, dont les prophètes du déclin nous prédisent la fin prochaine et dont les habitant devront peut-être opter pour le retour à la chaumière et au village de campagne plutôt que pour le voyage interplanétaire, la fusion nucléaire et l'exploration infinie des terres possibles.

  • À la suite de la désaffectation envers les religions et dans un contexte où la liberté créatrice assume la tradition en entrant jamais en contradiction avec la science, cet ouvrage présente une philosophie spirituelle pouvant répondre au désir profond transcendance, toujours très présent en Occident. Le propos interpelle tous ceux qui, insatisfaits de la seule quotidienneté, espèrent en un sens de la vie, tout en étant conscients des limites du savoir, éprouvant une soif d'infini. Cette philosophie possède certains traits communs avec le spiritualisme français, mais elle s'en distinguer par son rejet plus catégorique d'une vérité se limitant aux possibilités du jugement humain et par son lien explicite avec la spiritualité de l'Orient chrétien, qui est pour ainsi dire l'Orient de l'Occident. L'expression « philosophie spirituelle » ayant été utilisée surtout pour désigner des philosophies d'inspiration bouddhiste, nous parlerons alors d'une « philosophie spirituelle occidentale ».

    Tant qu'il y a un sujet qui observe et une chose qui est observée, il y a dualité, donc ignorance, au sens spirituel du terme. Aussi, la connaissance spirituelle vise non pas l'accumulation de savoirs objectivés et extérieurs au sujet, mais l'accroissement du sujet même qui connaît, dans un processus d'unification intérieure. Il s'agit de reprendre l'expérience spirituelle de penseurs ayant choisi librement, par amour, de reconquérir leur vraie nature.

  • Isaac Asimov (1920-1992), écrivain américain qui a marqué la science-fiction, est mort depuis vingt ans. Pourtant l'intérêt pour son oeuvre est toujours présent, comme en témoignent les activités qui signaleront le vingtième anniversaire de son décès. La science-fiction possède un pouvoir particulier, celui de nous projeter dans le temps et, par l'imaginaire, de tracer le développement technologique ainsi que les réactions humaines à son égard. Avec le temps, la science-fiction peut paraître très déphasée ou, au contraire, être demeurée pertinente pour penser une autre époque. L'oeuvre d'Asimov met en scène, à travers diverses nouvelles et plusieurs romans, des robots dont certains ne sont que des machines complexes, alors que d'autres sont des humanoïdes. Ces robots qui interagissent avec les humains sur la Terre ainsi que dans les colonies permettent à Asimov de soulever divers enjeux éthiques, économique, environnementaux, légaux et sociaux connus sous l'acronyme E3LS. Que peut-on tirer d'une lecture d'Asimov aujourd'hui? Comment cet auteur pensait-il ces enjeux? Comment en évaluait-il les risques et les répercussions? De plus, en imaginant une morale des robots pour les rendre plus acceptables socialement, comment voyait-il les enjeux du vivre ensemble? Enfin, on peut se demander aujourd'hui, alors que le développement de la robotique et des implants avance à grands pas, si les robots d'Asimov sont ou seront un jour réalisables. Voilà les questions qui amènent deux philosophes et deux physiciens à se rencontrer pour penser l'acceptabilité des robots dans l'oeuvre de science-fiction d'Asimov.

  • Les textes rassemblés dans le présent recueil ont pour but de rendre hommage à l'ensemble de la carrière du professeur Thomas de Koninck, qui célèbre par ailleurs cette année ses cinquante ans d'enseignement à la Faculté de philosophie de l'Université Laval.
    Le dévouement entier de Thomas de Koninck envers la philosophie est une évidence pour tous ceux qui ont eu l'occasion de le côtoyer, dévouement fondé sur la conviction, tout à la fois intime et inébranlable, que la philosophie délie, comme le suggérait déjà le Phédon, c'est-à-dire possède le pouvoir de libérer les virtualités humaines, et qu'elle sert en cela la dignité de chacun. Le dévouement dont il s'agit n'est pas simplement théorique, tourné vers l'abstraction, mais se traduit d'abord dans l'engagement concret envers l'autre et notamment par le souci de l'étudiant, ce qui valut d'ailleurs au professeur De Koninck le Prix d'excellence en enseignement, décerné par l'Université Laval en 2002-2003.
    Venus d'horizons divers et exposant des points de vue qui, chaque fois, n'engagent évidemment que leur propre auteur, les essais qu'on va lire rejoignent tous d'une manière ou d'une autre le thème fondamental de la transcendance de l'homme, qui traduit si bien l'intérêt philosophique premier de Thomas de Koninck.

  • Cet ouvrage présente quelques acteurs de la scène philosophique québécoise sous la forme d'entretiens, sans égard à leur attachement institutionnel ou doctrinaire et sans prétendre définir une quelconque essence nationale ou la caractériser dans ses principaux traits. Il se compose, comme le premier de la série, de beaux témoignages en faveur d'une philosophie vivante.

    En lisant l'avant-propos et le transcriptions, nous découvrons peu à peu ce que la société veut ou peut attendre de ses penseurs.

  • Les interdits et le travail fondent notre monde. Pourtant, l'humain a en lui une force, qu'il désigne par diverses expressions : vie, excès, désir, passion, pulsion, instinct ou exubérance. C'est ce que Georges Bataille (1897-1962) appelait « la part maudite ».

    Alors, comment rejoindre l'humain dans son intégralité? Il faut transgresser les interdits, mais sans les détruire. Telle est la lecture que Jacques Patry nous propose de l'oeuvre de Georges Bataille.

    L'année 2012 marque le cinquantième anniversaire de la mort de l'auteur de La part maudite et de L'érotisme. Dans la logosphère et peut-être même dans la biosphère, ce sera l'année Bataille.

  • Le présent volume du tome II de la réédition des OEuvres de Charles De Koninck est le résultat d'un travail considérable pour lequel on ne saura jamais assez remercier Sylvain Luquet, qui en signe ici la présentation. Les multiples difficultés auxquelles il avait à faire face au départ étaient toutes de taille. Non la moindre était évidemment de comprendre avec toute la lucidité nécessaire ce qu'est la personne humaine et ce qu'il faut entendre par bien commun, ainsi que les diverses notions et distinctions fondamentales mises en oeuvres dans le texte de base qu'était De la primauté du bien commun, puis tout au cours de la controverse qu'il a suscitée par la suite, jusqu'à nos jours.

  • Le triomphe de la matière... Ce pourrait être l'allégorie de la pensée française des Lumières. Ce triomphe exige la destruction des arrières mondes, l'élimination des divinités, des âmes, des mythes, des causalités transcendantes, des idées innées. Ce matérialisme omniprésent est toutefois plus souvent tendanciel que systématique, cependant l'idée matérialiste est présente chez ceux-là même qui en refusent les ultimes implications.

    Ce livre n'est pas un répertoire d'auteurs et de doctrines ; il s'attache à des questions encore actuelles relatives à la notion de matière et à celle de nature, qui ne sont pas équivalentes dans la mesure où nature et raison naturelle sont des référentiels métaphysiques : la pensée des Lumières instruit ses procès en reconstituant une idéologie naturaliste à partir de bases épistémologiques. D'où une interrogation centrale dans cet ouvrage : comment faire entrer le monde humain avec sa culture et ses moeurs dans la loi commune du monde physique? Des débats se développent non seulement avec les adversaires du matérialisme mais au sein même de ce dernier tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles.

    Réunissant les contributions d'une dizaine de chercheurs, ce recueil apporte un nouvel éclairage sur des figures connues autant que sur des auteurs moins étudiés, des Libertins aux Encyclopédistes, de Spinoza à Meslier, des Médecins aux Idéologues.

  • Alors que le débat sur la prostitution prend de l'ampleur dans le contexte politique actuel, cet essai de philosophie morale et politique propose une réflexion sur les enjeux éthiques soulevés par cette question. Ainsi, peut-on parler de liberté et d'autonomie sexuelle en fonction du marché? L'auteure avance que nous devons repenser la sexualité selon une compréhension contemporaine de l'éthique et du rapport à l'autre. De plus, l'auteure considère que la défense libérale des choix individuels en matière de sexualité devrait nous amener à la considérer comme un domaine devant échapper aux rapports contractuels, ainsi qu'aux pressions économiques du marché, qui caractérisent la prostitution.

  • J'ai conçu la présente anthologie comme une ressource réunissant des textes et des idées susceptibles d'aider qui le voudra à approfondir sa connaissance d'une riche tradition de pensée et de militantisme, une tradition qui me semble conserver aujourd'hui sa fraîcheur et sa pertinence, tout particulièrement en ces heures de laïcité supposée ouverte et de multiplication des accommodements avec la religion.

    Dans cet ouvrage, des penseurs de toutes les époques et de diverses cultures exposent les grandes positions que l'on retrouve au sein de la famille de l'incroyance, les principaux arguments pour et contre l'existence de Dieu, les explications naturalistes des sources de la croyance religieuse, les méfaits de la religion, les éthiques non religieuses et le principe de laïcité dans l'espace public et en éducation.

  • L'hommage rendu à Paul Ricoeur en clôture de l'ultime Biennale internationale de l'éducation et de la formation voulait être plus qu'un hommage au philosophe : une prospective, à l'intersection d'une des grandes pensées contemporaines et des questions vives de l'éducation.
    Cet ouvrage en est le fruit. Il n'a pas d'autre ambition que de souligner la singularité du recours philosophique qu'est devenue l'oeuvre de Paul Ricoeur dans le champ de l'éducation, la singularité de la présence de cette oeuvre dans la pensée éducative contemporaine. Il se compose des contributions venues des feux rives qui nous séparent, les unes de France, les autres du Québec. L'ensemble dirige notre regard vers l'oeuvre ouverte de Paul Ricoeur, précisément parce que la question de l'éducation comme question philosophique y est la clé de cette ouverture.
    La pensée éducative de Paul Ricoeur, c'est peut-être d'abord un certain style philosophique une position de pensée « modeste », mais ne cédant rien de l'exigence philosophique. Ce style, c'était aussi celui de Jacky Beillerot, fondateur de la Biennale, trop tôt disparu. Publier aujourd'hui, en le consacrant à Paul Ricoeur, un ouvrage issu de l'ultime Biennale est aussi une façon de lui rendre hommage et de faire vivre son héritage.

  • Kierkegaard est un penseur du langage. Dans ses Papirer, il note que derrière toute parole se tient un silence, une idéalité « que l'homme a reçue gratuitement », et dont l'usage exprime un agir. Or ce rappel d'une vieille vérité, au moins aussi vieille que Pythagore, a plongé Kierkegaard dans un probléme nouveau. Car, si la philosophie veut tout dire, elle oublie que l'essentiel ne se dit pas, ce qui ne veut pas dire qu'il ne s'exprime pas. Ainsi est-il amené à penser une dialectique de la distance cherchant à illustrer les expressions de cette intériorité qui ne peut se dire directement sans se perdre. Abandonnant Hegel, il interprète Hamann. Ce choix permet à Kierkegaard de montrer que, si le langage, par la distance qu'il pose, falsifie l'éthique, il peut aussi la réhabiliter dans une « seconde
    éthique ».

    Le Danois forge le problème qui animera toute l'éthique du XXe siècle. Car c'est cet enjeu, au centre des oeuvres de Wittgenstein, de Gadamer et de Lévinas, qui consiste à cerner les limites du langage, qu'il analyse. Or, père du problème, Kierkegaard peut nous réapprendre quelque chose que notre modernité a tendance à refuser. C'est qu'en niant l'intériorité, en obligeant à vouloir dire ou en la séparant de l'autre, la pensée contemporaine a perdu la clef de l'éthique. Cette clef réside en ceci : il faut d'abord accepter de se taire pour réentendre la parole qui s'exprime au fond de nous, en secret, et qui seule assure la genèse de la subjectivité dans sa quête de vérité.

  • Paul Ricoeur (1913-2005) a renouvelé de multiples manières le dialogue entre la philosophie et les sciences humaines sur une période de plus d'un demi-siècle. Au coeur de son entreprise intellectuelle se trouve le concept de compréhension avec sa double valence ontologiques, ce que la compréhension dit de la condition humaine, et épistémologique, à savoir ce qu'elle dit des conditions de la connaissance. Ricoeur développe un modèle mixte - une herméneutique critique - en venant aussi retravailler une seule et même grande idée au cours de son oeuvre : celle du Cogito médiatisé par tout l'univers des signes. Quelle est la place de l'intersubjectivité dans la constitution de ce Cogito? Comment celui-ci se tient-il, s'édifie-t-il et se transmet-il dans son rapport à la culture? Une réflexion sur l'histoire et la pratique historienne en est-elle alors inséparable? C'est à ces questions qui touchent toutes au destin à la fois présent et future des sciences humaines que tente de répondre cet ouvrage.

  • La pensée de Gilles Deleuze a longtemps été associée à celle de Mai 68, aux idées contestataires du monde étudiant et à la vie subversive. Certains ont voulu réduire sa pensée à une « philosophie du désir ». Mort en 1995, Deleuze a pourtant été un philosophe des concepts et du système. En dialogue avec cette oeuvre aussi radicale que multiforme, le présent ouvrage constitue le premier collectif francophone nord-américain sur la pensée de Gilles Deleuze. Il réunit des lecteurs provenant de différents horizon disciplinaires : philosophie, science politique, études cinématographiques et littéraires, arts visuels et création littéraire.

empty