• L'horreur du « califat » de Daesh au Levant entre 2014 et 2017 et son terrorisme planétaire ont été une conséquence paradoxale des « printemps arabes » de 2011. Pourtant ceux-ci avaient été célébrés dans l'enthousiasme des slogans démocratiques universels et de la « révolution 2.0 ». Comment s'est installé ce chaos, et peut-on en sortir après l'élimination militaire de l'« État islamique » ?
    Gilles Kepel fait ici le point sur les fractures nouvelles qui agitent le Moyen-Orient : la prise de contrôle en Syrie d'une rébellion aux ambitions d'abord démocratiques par des islamistes, l'antagonisme croissant entre Arabie saoudite sunnite et Iran chiite, au détriment du conflit israélo-palestinien qui constituait autrefois un levier déterminant des actions militaires et diplomatiques.Pour comprendre la situation actuelle, il revient sur les cinquante dernières années qui ont fait l'histoire de cette région tourmentée : depuis la guerre d'Octobre 1973 (du « Kippour » ou du « Ramadan »), suivie de l'explosion des prix du pétrole et de la prolifération du jihad. Il montre comment « chacun essaye de sortir du chaos à sa manière » et éclaire les choix décisifs qu'auront à faire les peuples et les dirigeants de cette région - mais aussi les citoyens de l'Europe.

  • On compte sur les doigts de la main les espions qui ont influé sur le cours de l'histoire.
    Le héros de ce récit véridique, Oleg Gordievsky, est l'un d'entre eux.
    Au début des années 1970, il entame une carrière prometteuse au sein du KGB mais, rapidement désillusionné sur la nature du régime, il est «retourné» par le MI6, le service secret britannique. En apparence, c'est toujours un officier de renseignement exemplaire, mais en réalité il est engagé, corps et âme, au service du Royaume-Uni. Nul ne le saitparmi ses maîtres russes, qui assurent son ascension régulière dans la hiérarchie toute-puissante des «hommes de l'ombre». Jusqu'au jour où quelques soupçons commencent à naître dans leur esprit... Hasard? Calcul?Trahison?
    Rappelé à Moscou sous prétexte d'une nouvelle promotion, il en vient à penser que ses jours sont sans doute comptés.
    Par un beau soir d'été 1985, vêtu de gris à la mode soviétique, il arpentera incognito la Perspective Koutouzov. Et ce sera le début d'une nouvelle aventure qui compose certainement l'un des épisodes les plus spectaculaires de la Guerre froide...

  • L'histoire de la nouvelle indépendance de l'Algérie s'écrit sous nos yeux, depuis ce 22 février 2019 où des foules de femmes et d'hommes ont exigé dans tout le pays de reprendre en main leur destin. Cette contestation populaire continue depuis de se mobiliser chaque vendredi, après avoir obtenu la démission du président Bouteflika, en poste depuis vingt ans, et le report d'une élection vidée de sens. Car elle aspire, au-delà de la sanction de tel ou tel dirigeant, à la refonte sur des bases enfin démocratiques du système en place depuis la fin, en 1962, de la domination française.
    Cet essai, où la réflexion historique se nourrit de l'expérience de terrain, replace les événements en cours en Algérie dans la longue durée de son mouvement national. Il offre, pour la première fois, un cadre d'interprétation à une actualité foisonnante, s'interrogeant sur la portée stratégique de la non-violence, sur la place réelle des jeunes ou des femmes dans cette protestation, sur le poids d'une économie de rente, mais aussi sur le rôle central des supporters de football ou les tactiques des groupes islamistes. Il montre comment la hiérarchie militaire, jusqu'alors protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade, est contrainte de gérer ouvertement cette crise, avec une brutalité de plus en plus affichée.
    Un livre indispensable pour comprendre la vague de fond qui traverse l'Algérie et qui aura des retombées durables dans ce pays et bien au-delà.
    Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant, est professeur des universités à Sciences Po (Paris), après avoir été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Ses ouvrages, diffusés dans plus de quinze langues, ont été régulièrement primés en France et à l'étranger.

  • Élie : "... Au fond, un homme c'est comme un animal, tu le tranches sur la tête ou sur le cou, il s'abat de soi. Dans les premiers jours, celui qui avait abattu des poulets, et surtout des chèvres, se trouvait avantagé ; ça se comprend. Par la suite, tout le monde s'est accoutumé à cette nouvelle activité et a rattrapé son retard... Le boulot nous tirait les bras...
    ... Personne ne peut avouer l'entière vérité. Sauf à se damner aux yeux des autres. Et ça, c'est trop grave. Mais un petit nombre commencent à raconter des bouts terribles. C'est grand-chose... Les fauteurs savent plus que des souvenirs et des précisions élémentaires, ils ont des secrets dans l'âme..."
    Il a toujours semblé que les tueurs d'un génocide, trop dépassés par l'énormité de leurs actes, ne pouvaient que mentir ou se taire. Dans un pénitencier près de Nyamata, une bourgade rwandaise, l'auteur a rencontré un groupe de tueurs. Des copains, sans contact avec le monde extérieur et déjà condamnés. Au fil de mois de discussions, ils ont montré l'envie de raconter ce "brouhaha" de l'extermination, de dire précisément l'indicible. Pour renouer avec nous ? Renouer avec les braves cultivateurs ou instituteurs qu'ils avaient été ? Au plus près du mal absolu, le génocide, qu'il soit juif, gitan ou tutsi, leurs récits et les réflexions de l'auteur apportent autant de questions que de réponses.

  • « Je ne sais pas grand-chose de mes ancêtres, sinon qu'ils remontent au début de l'humanité, dès que l'homme voulut posséder du pouvoir sur ses semblables et que la mort lui fit peur. »

    Un acte terroriste ne se réduit pas au chaos qu'il provoque : il répond et s'articule, depuis la nuit des temps et sur tous les continents, autour de sept préceptes, sept piliers fondateurs. Dans ce livre, qui retrace l'histoire du terrorisme depuis sa naissance dans la Perse du XIe siècle jusqu'à aujourd'hui, le juge Marc Trévidic décortique cette méthode d'action et de pensée en s'appuyant sur son expérience en tant que juge d'instruction au pôle antiterroriste.

    Le roman du terrorisme est un récit captivant sur le sujet le plus brûlant de notre époque, qui donne la parole à la méthode terroriste elle-même. C'est en effet le terrorisme personnifié qui s'exprime dans ce texte d'une rationalité glaçante et d'une ironie mordante, illustrant son propos d'exemples véridiques et de faits inédits.

  • Tel un virus, les idées reçues circulent largement et rapidement. Nous pouvons tous être contaminés, parfois sans en être conscients. Elles ont l'apparence de l'évidence, mais elles masquent la réalité.
    En interrogeant les idées reçues les plus répandues, Pascal Boniface remet les réalités du monde contemporain en perspective. Grâce à une vision globale et un sens de la pédagogie, il déconstruit les jugements à l'emporte-pièce, qui ne résistent pas à un examen scrupuleux des rivalités géopolitiques.
    Par un regard critique et expert, cet ouvrage rend accessibles les questions internationales qui agitent le débat public !
     

  • Seul événement rassemblant plus de nations que l'ONU, les jeux olympiques, en tant que terrain d'affrontement codifié et régulé, sont un véritable reflet des rapports de force qui se jouent entre les nations, et leur médiatisation un véritable levier stratégique d'influence. Aujourd'hui plus que jamais, avec l'explosion des moyens de communication, l'accueil des JO constitue pour un Etat le moyen d'exister sur la carte du monde, quel que soit le régime politique (même les plus totalitaires) ou le niveau de développement.
    Véritables baromètres des relations internationales, les luttes olympiques sont ainsi les rituels modernes où l'ordre mondial se donne à voir et se reproduit en paraissant se dissoudre.
    Ni célébration des valeurs universelles de l'olympisme, ni condamnation du mouvement, cet ouvrage en propose une grille de lecture géopolitique, mettant en évidence la puissance de gouvernance mondiale du CIO, les fondements de la productivité sportive et interrogeant l'avenir des JO au XXIe siècle, acteurs à part entière du nouvel ordre mondial.

  • Le monde contemporain est ébranlé par des craquements multiples à sa surface et dans ses fondements.
    Pour appréhender cette complexité, l'ouvrage s'inscrit au coeur des transformations de l'ordre mondial issues de la Seconde Guerre mondiale. 
    Le propos est illustré par l'établissement d'un dialogue permanent entre les disciplines et théories (histoire, géopolitique, sciences politiques, anthropologie). 
    Ces outils de décryptage fournissent un appareil méthodologique et critique pour aborder la seconde partie de l'ouvrage, où les éclairages croisés d'auteurs reconnus mettent le questionnement en perspective et apportent  des éléments d'analyses des conséquences de ces transformations et des mutations apparaissant au coeur de la mondialisation : mutations de l'ordre occidental à partir des années 2000 puis 2010. 
    Ces regards croisés sont complétés et animés par des entretiens filmés.
    Michel Derczansky
    Avec les contributions de :
    Hamit Bozarslan
    Anne-Lorraine Bujon
    Frédéric Encel
    Anoush Ganjipour
    Thomas Gomart
    Vincent Hugeux
    Frédéric Micheau
    Valérie Niquet
    Philip Turle

  • Depuis la chute de l'empire romain, l'Europe occidentale se déchire entre les partisans d'une entité impériale, politique ou commerciale, et ceux de l'idée nationale, fondée sur le sentiment identitaire ou culturel et religieux.
    La chute de l'empire romain d'Occident en 476, et le chaos politique et économique qui l'accompagna, nourrit depuis plus de 1500 ans la nostalgie d'une restauration de cet équilibre politique, synonyme pour beaucoup de prospérité et de paix.
    Les tentatives nombreuses n'ont jamais duré, mises à mal tantôt par les soubresauts politiques des circonstances, tantôt par l'opposition des partisans de la nation identitaire. Ainsi, de l'empire carolingien à l'Union européenne, en passant par le saint empire romain germanique, l'empire napoléonien ou l'empire Wilhelmien, l'Europe voit s'opposer deux visions radicalement différentes d'organisation politique, entre disciples « de l'empire » et disciples « de la nation ».
    L'auteur cherche à montrer que ces oppositions, qui se cristallisent aujourd'hui entre partisans et adversaires de l'Union Européenne, s'inscrivent dans le temps long de l'histoire, et que les manifestations d'hostilité s'expriment à la fois dans les urnes, comme lors du BREXIT, ou dans la rue, comme le mouvement des Gilets Jaunes, qui plus ou moins consciemment rejettent le modèle supranational pour retrouver, comme autour des ronds-points, le sens de la solidarité identitaire.

  • La guerre par le droit : les tribunaux taliban en Afghanistan Nouv.

    Et si les Taliban, aux capacités militaires et technologiques bien inférieures à celles des armées occidentales, avaient gagné la guerre
    par le droit ? Tandis que la coalition internationale a mis sur pied un système juridique inadapté et miné par la corruption, les Taliban ont installé des centaines de tribunaux dans les campagnes : en insistant sur le respect des procédures, l'impartialité des juges et l'application des verdicts, ce système de justice s'est imposé comme une des rares sources de prévisibilité dans le quotidien des Afghans.

    "Le tribunal des Taliban est pour tous, mais le tribunal du gouvernement est seulement pour les gens riches', confie un habitant de la province du Wardak. De quelles manières les Taliban ont-ils gagné la confiance de la population ? Comment sont-ils parvenus à se mettre en position de réguler les rapports sociaux ? Et avec quelles conséquences pour la société afghane ?

    Nourrie par un travail de terrain au long cours dans différentes provinces en Afghanistan, cette enquête offre de nouvelles perspectives sur un pays en guerre depuis quatre décennies et propose une réflexion novatrice sur la place du droit dans les guerres civiles.

  • Tous collapsologues ? Très médiatisée depuis la fin de l'année 2019, la collapsologie vise à produire une réponse politique face à l'ampleur des crises écologiques cumulées. Ce courant militant disparate et encore peu stabilisé, qui puise ses justifications dans le registre scientifique et rencontre un succès éditorial et militant certain, suscite des réactions intellectuelles vives et composites. Parmi elles, conservateurs et progressistes s'accordent sur une dizaine d'arguments qui révéleraient l'inconséquence de la collapsologie : irrationalité, illégitimité de ses acteurs, psychologisation puérile, religiosité sectaire, dimension réactionnaire ou apolitique, perspective incapacitante... En décryptant ces accusations-clés, Bruno Villalba propose une contre-argumentation, révélant que de nombreuses objections sont en réalité sans fondements en raison de leur faiblesse démonstrative. L'originalité de son approche ? Une confrontation honnête et étayée qui permet tout à la fois de répondre aux limites de la critique, de clarifier les propositions de la collapsologie, mais aussi de mettre au jour certaines de ses lacunes théoriques et militantes.    

  • Depuis 2012, des centaines de Français sont partis rejoindre des groupes jihadistes en Syrie. Plus de 600 sont toujours sur place, près de 150 ont déjà été tués, mais au moins 250 ont choisi de rentrer. David Thomson a rencontré ces " revenants ".
    Bilel, Yassin, Zoubeir, Lena... Tous ont des profils différents. Certains sont revenus dégoûtés de la violence du champ de bataille syrien, voire des attentats qui ont endeuillé la France, et cherchent à se faire oublier, dans une liberté très surveillée. D'autres reviennent gravement blessés ou psychologiquement détruits. D'autres encore sont en prison, où leur regroupement pose de nouveaux problèmes qui semblent aujourd'hui insolubles. Certains, enfin, sont de retour pour continuer le jihad sur notre sol.
    Dans le plus grand secret, David Thomson a recueilli leurs témoignages. Il y a urgence.
    Journaliste à Radio France Internationale (RFI), David Thomson travaille sur le jihadisme depuis une dizaine d'années. Il a déjà publié Les Français jihadistes (Les Arènes, 2014), dont le retentissement a été considérable.

  • Les Libanais : dans l'oeil du cyclone proche-oriental

    Petit pays arabe bordé par la Méditerranée et passerelle procheorientale, le Liban est célèbre pour sa mosaïque religieuse. On y appartient à un pays, une communauté, un territoire géographique, une famille. Quinze ans de guerre (1975-1990), ainsi que les occupations et

    interventions étrangères, y ont laissé de profondes meurtrissures. La violence est trop souvent revenue, tout comme les crises politiques. La société, pourtant, ne cesse d'aller de l'avant : l'inventivité s'exprime au quotidien, la solidarité s'organise face aux inégalités sociales, et l'humour résonne comme un paratonnerre.

    Laure Stephan est partie à la rencontre de ce peuple et nous rapporte ses conversations avec une architecte engagée dans la sauvegarde du patrimoine, un reporter pourfendeur de la corruption, des tatoueurs, des danseurs, un entrepreneur social, une éditrice qui n'a pas froid aux yeux, ou encore une réfugiée palestinienne décidée à mettre à l'honneur la cuisine de son peuple.

    Ces tranches de vie nous confirment aussi que, malgré les divisions et les tensions, les Libanais partagent le sentiment d'un destin en commun.

  • Tandis que les effets du changement climatique sont ressentis de plus en plus violemment en Chine comme aux États-Unis, avec une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, une guerre commerciale sans précédent oppose ouvertement ces deux pays depuis mars 2018. L'interdépendance profonde et complexe qui unit en les opposant ces deux puissances depuis le XIXe siècle est aussi l'un des principaux moteurs de la crise écologique et climatique planétaire. Cette croissance " chinaméricaine " émet près de 45% des gaz à effet de serres, exerce une pression phénoménale sur la biodiversité et induit une compétition toujours plus féroce pour l'accès aux ressources naturelles et énergétiques.
    La " Chinamérique " est ainsi une force tellurique qui verrouille la Terre dans une trajectoire d'aggravation permanente, tout en se déchirant elle-même. Allons-nous vers un long conflit entre l'Aigle et le Dragon ? Et, si c'est le cas, la Terre s'en remettra-t-elle ?
    Jean-Michel Valantin est un géopolitiste français qui place les dérèglements environnementaux planétaires et la montée en puissance de l'intelligence artificielle au cœur de ses analyses. Il est docteur et chercheur en Études stratégiques et sociologie de la défense (EHESS, Paris), responsable de la rubrique " Environment and Security " de www.redanalysis.org. Il a notamment publié aux éditions du Seuil Géopolitique d'une planète déréglée en 2017.

  • Près de 100 cartes et infographies actualisées pour mieux comprendre la complexité d'Israël.

    o Les courants de pensée et les faits historiques à l'origine de la création de l'État d'Israël
    o Les enjeux démographiques : des fantasmes à la réalité
    o La question délicate des ressources : eau, énergie, matière grise, commerce...
    o L'histoire toujours mouvementée des pourparlers israélo-palestiniens.

    L'auteur, spécialiste reconnu de la géopolitique d'Israël, aborde tous les aspects du sujet pour faire de cette cinquième édition un ouvrage de référence.

  • L'Europe, pendant la plus grande partie de son histoire, a été une idée.
    Elle signifiait un profond désir de circulation et de liberté autant qu'un souci de rigueur et de polémique. À Milan ou à Paris, on se lisait fougueusement ; entre Bruxelles et Vienne, on se copiait passionnément. Aujourd'hui, alors même que l'Europe est devenue une institution, elle n'est pas, ou de moins en moins, une idée. Bruxelles serait-elle devenue une Cité interdite où le débat public ne pénètre plus ?
    Voilà pourquoi la revue Le Grand Continent a invité cinq penseurs internationalement reconnus pour l'envergure de leurs travaux à parler, pour la première fois, de leur idée d'Europe. Ensemble, ils ont ouvert de nouvelles perspectives, de nouveaux chemins à parcourir pour retrouver les voies d'une Europe idéale, pleinement politique - une certaine idée de l'Europe.

  • Le livre événement et définitif sur Trump par le légendaire Bob Woodward.
    La notoriété et le crédit de Bob Woodward, qui n'a épargné aucun président des Etats-Unis depuis l'affaire du Watergate, confèrent à son nouveau livre un tout autre statut que les livres déjà publiés sur Trump.
    L'ouvrage s'ouvre par une scène dans laquelle le premier conseiller pour l'économie de Donald Trump, Gary Cohn, subtilise dans le bureau Ovale, " au nom de la sécurité nationale " comme il l'assurera après, un décret retirant les Etats-Unis de l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Il fera de même avec un autre mettant fin brutalement à la participation des Etats-Unis à l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique (Alena). Dans les deux cas, sans que le président s'en soucie, ni même semble en prendre conscience. A la veille d'un bombardement de représailles contre le régime syrien, accusé d'avoir employé des armes chimiques, Donald Trump s'emporte contre Bachar Al-Assad dans une conversation téléphonique avec son secrétaire à la défense, James Mattis. " Tuons-le, putain ! Allons-y ! On leur rentre dedans et on les bute ", suggère-t-il, selon Bob Woodward. Dans un autre passage du livre, M. Trump se demande pourquoi les Etats-Unis dépensent de l'argent pour maintenir des troupes sur la péninsule coréenne pour surveiller les activités de missiles nord-coréennes. " Nous faisons cela pour empêcher la troisième guerre mondiale ", aurait déclaré le général Mattis, avant de raconter à ses proches collaborateurs que le président avait agi comme " un élève de CM2 ou de sixième ".
    Un livre qui dépeint une administration en proie au chaos, entretenu par un président qui ne comprend pas tout des mécanismes institutionnels de son pays.
    Bob Woodward, journaliste dé légende, est, avec Carl Bernstein, à l'origine du scandale du Watergate. Depuis, il a publié 18 livres dont la plupart ont pour sujet les différents présidents américains. Tous ont été des grands succès. Rappelons Les Hommes du Président, Bush s'en va-t'en guerre et Les Guerres d'Obama (parus en Folio).

  • En janvier 2011, une foule compacte investit les rues de Tunis et prend des allures de peuple insurgé. Le départ de Ben Ali, le 14 janvier 2011, lui donne la conviction qu'elle est en train de jouer un rôle majeur dans la vie politique du pays. Le peuple entend renouveler les élites et mettre fin aux clientélismes.
    Rapidement, l'union nationale laisse place à des affrontements, certains voulant conserver des pans du passé politique, ou sur la question de la place de l'islam. Les élections législatives et présidentielles de 2011 et de 2019 qui encadrent cette décennie de transition auront finalement été les seuls moments où le clivage «  moderniste » / islamiste laissait place à la volonté populaire, dans un élan révolutionnaire ou dans le cadre d'un populisme qui s'impose sur la scène politique en 2019.
    Historienne et politologue, Khadija Finan brosse l'histoire de cette décennie sans pareille en l'inscrivant dans l'histoire longue de la Tunisie. Elle met l'accent sur sa singularité  : la transition tunisienne, unique dans la région, constitue au coeur du monde arabe un laboratoire de modernité politique. L'auteure s'attache à montrer les difficultés inhérentes à l'apprentissage de la démocratie dans un pays qui a tourné la page de l'autoritarisme, sans rompre avec son passé politique. Le comportement des acteurs politiques, comme les attentes citoyennes attestent de cette ambivalence.
    Cet essai décrit l'émergence de forces politiques, dans une démocratie balbutiante et fragilisée par les luttes de pouvoir entre formations antagonistes qui paralysent le pays. La précarité économique est aggravée par la situation sécuritaire puis par la pandémie de coronavirus. La transition doit également prendre en compte les effets de la géopolitique régionale, avec le soutien du Qatar aux islamistes d'Ennahda, et l'appui des Émirats arabes unis au camp moderniste.
     
    Khadija Mohsen-Finan enseigne sur le Maghreb à l'université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Elle est l'auteure de nombreux articles et ouvrages, parmi lesquels Le Maghreb dans les relations internationales (CNRS 2011), L'Image de la femme au Maghreb (Actes Sud 2008) et, avec Pierre Vermeren, Dissidents du Maghreb (Belin, 2018).

  • Tout le programme en 200 cartes

    1. La France, l'Europe et le monde de 1815 à 1945
    2. La France depuis 1945
    3. L'Europe et le monde depuis 1945
    4. Géopolitique des continents : Europe, Afrique, Proche et Moyen-Orient, Amériques, Asie
    5. Mondialisation et enjeux actuels.

  • Tout le monde connaît Salah Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud, acteurs des tueries du 13 novembre 2015. Derrière ces djihadistes, il y a une ombre énigmatique  : celle d'Oussama Atar. Cet homme né à Bruxelles était le responsable des opérations extérieures de l'État islamique. Il est considéré aujourd'hui comme le principal coordinateur des attentats de Paris, mais aussi de Bruxelles.
     
    Arrêté en Irak en 2005, condamné dans ce pays pour terrorisme, il a été libéré en 2012 sur insistance des autorités belges, qui pensaient l'utiliser comme infiltrant dans les milieux djihadistes de la capitale européenne. Peu après son retour en Belgique, Oussama Atar est reparti pour la Syrie où il a gravi discrètement, sous le nom de guerre d'Abou Ahmad, les échelons de l'organisation terroriste.
     
    Comment un gamin de Laeken est-il devenu djihadiste en Irak, prisonnier des Américains et des Irakiens puis rapatrié sur l'intervention pressante de services secrets et de la société belges, avant de devenir, dans l'ombre, l'émir des terroristes européens de Daech et de piloter à ce titre les attentats les plus sanglants que l'Europe ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale  ? C'est ce que ce livre permet de comprendre, en rassemblant les pièces jusqu'ici inconnues ou dispersées d'un puzzle extraordinaire et d'une affaire d'État.
     
    Christophe Lamfalussy est grand reporter à La Libre Belgique, en charge des questions internationales et des affaires de terrorisme. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, et co-auteur de Molenbeek sur Djihad (Grasset, 2017). Georges Dallemagne est médecin, ancien directeur des opérations de Médecins Sans Frontières, député parlement fédéral belge où il s'est spécialisé dans les questions de sécurité. Tous les deux se sont rendus à de nombreuses reprises en Irak et en Syrie.

  • Les changements géophysiques et la crise biologique planétaires en cours sont autant de facteurs de bouleversements géopolitiques rapides, massifs et brutaux. Un nouveau paysage géopolitique et stratégique émerge, marqué par la combinaison du changement climatique et de ses effets systémiques, telles les migrations de masse, la compétition mondiale pour les ressources et la crise des régimes contemporains.
    Où les politiques de Trump, de Poutine et de la Chine mènent-elles la planète ? Comment l'épuisement des océans alimente-t-il la piraterie maritime ? Comment le réchauffement de l'Arctique est-t-il exploité par certains intérêts tandis qu'il constitue une immense catastrophe pour des milliards d'humains ? Quelles régions ont-elles les meilleurs atouts pour traverser le XXIe siècle ? L'auteur, spécialiste de géopolitique, nous fait comprendre les liaisons dangereuses entre puissance économique, guerre et environnement. Il nous alerte sur les dangers, les violences et les barbaries qui se profilent.
    Le moment du choix collectif entre la " guerre de tous contre tous " sur une planète effondrée ou une alliance stratégique mondiale pour répondre aux nouveaux défis planétaires approche à grands pas.
    Jean-Michel Valantin, spécialiste de géopolitique et d'études stratégiques, est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Hollywood, Washington et le Pentagone (Autrement, 2003), Écologie et gouvernance mondiale (Autrement, 2007) et Guerre et Nature, L'Amérique se prépare à la guerre du climat (Prisma Media, 2013).

  • Faire la guerre, maintenir la paix : les nouveaux enjeux militaires.

    France, États-Unis, Russie, Chine... Les grandes puissances font face à de nouvelles menaces et cherchent les meilleurs moyens de les combattre. Comment organisent-elles leurs forces et
    définissent-elles leur stratégie ?
    Cet atlas présente les théories militaires, mais s'appuie aussi sur de nombreux exemples régionaux :

    o La stratégie : principes, espaces et moyens de combat.
    o Les acteurs : États, organisations internationales, pirates, terroristes...
    o Les crises et tensions actuelles: Asie, Moyen-Orient, Afrique, Arctique.
    o l'avenir de la guerre: guerres du futur, nouvelles technologies, enjeux climatiques.

    Grâce à plus de 80 cartes et documents, l'atlas analyse ainsi un monde sous tension et l'éclaire sous l'angle des enjeux militaires et stratégiques.

  • Si la géopolitique est devenue un terme à la mode et constitue aujourd'hui une grille de lecture du monde indispensable, elle désigne avant tout un savoir géographique : l'étude de l'espace politique et de ses enjeux. Elle repose ainsi sur des méthodes et des notions précises (acteurs, territoires, rivalités de pouvoir) qui permettent d'éclairer les grandes thématiques contemporaines (frontières, identités, guerres, environnement, cyberespace). Cet ouvrage propose l'ensemble des connaissances nécessaires pour s'initier au raisonnement géopolitique. Il s'organise en trois temps forts :
    o INTRODUCTION : questions essentielles, objectifs de connaissances par chapitre, grille d'analyse géopolitique, lectures indispensables et notions clés à maîtriser.
    o COURS : savoirs fondamentaux assortis d'exemples localisés, de définitions et de focus thématiques, d'une page d'entraînement et d'une étude de cas mobilisant des documents géographiques.
    o MÉTHODES : méthodologie détaillée de chaque type d'exercice, avec son application commentée.

  • La géopolitique, qui est massivement employée par des analyses de toutes disciplines, est avant tout un savoir géographique qui s'intéresse aux causes des conflits et rivalités de pouvoir sur des territoires, à leurs évolutions et à leur résolution. Son champ d'étude, singulier, inclut des réalités à la fois objectives et subjectives, et requiert donc une méthodologie précise.
    Cet ouvrage vient proposer l'ensemble des notions, outils et méthodes à maîtriser pour mener des analyses géopolitiques fines et efficaces. Assorti de nombreuses études de cas, traitées à différentes échelles, il constitue une véritable initiation au raisonnement géopolitique, grille de lecture désormais incontournable de nos sociétés contemporaines.

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