Seuil

  • Ce livre est politique. Le lecteur y trouvera des rappels historiques, des analyses économiques, des réflexions sur la société et sur la réalité internationale.
    Mon regard porte sur la vie politique et ses forces, il s'élève vers le sommet de l'État où plus que jamais le pouvoir se concentre et il embrasse les craintes, les colères et les espérances des citoyens.
    Membre du Conseil constitutionnel pendant quatre ans, j'ai scrupuleusement respecté la neutralité et la réserve de celui qui avait revêtu, symboliquement s'entend, la toge du juge constitutionnel. Quand j'ai retrouvé en 2019 ma tenue de citoyen et ma liberté de parole, j'ai entrepris d'écrire ce livre.
    Le paysage politique de notre pays avait changé. J'ai voulu comprendre pourquoi et comment. J'ai aussi observé ce qui en résultait, non plus comme un acteur mais comme un témoin.
    Que s'est-il passé en 2017 ? Où en sommes-nous en 2020 ? Quelles perspectives s'offrent pour 2022 ? La promesse chimérique d'un « nouveau monde » est restée lettre morte. Notre pays est loin d'adhérer à ce qu'on lui propose aujourd'hui : un néolibéralisme orné de progressisme. Nous vivons un temps troublé.
    J'examine aussi trois confrontations mondiales à mes yeux décisives pour notre avenir commun : entre la démocratie et le despotisme, entre les migrations et les nations, entre l'expansion de l'homme et la sauvegarde de la vie sur terre.
    La postface de ce livre est consacrée à la pandémie qui en cette année 2020 a bouleversé le monde.


    Lionel Jospin

  • « Les Cahiers de l'Avenir en commun » permettent d'aborder le projet présidentiel de Jean-Luc Mélenchon à travers 4 thèmes : Démocratie et 6ème République, Le Progrès social et humain, La bifurcation écologique, et Pour une France indépendante.

    Après une introduction de Jean-Luc Mélenchon, chaque Cahier présente les sujets et les principales propositions. Pour terminer, un questionnaire consultatif permet aux lecteurs d'exprimer leur avis et de contribuer au programme.

    Ce mode de diffusion d'un programme et de consultation citoyenne est une première en France : il doit permettre aux lecteurs d'acquérir une vision globale du programme et d'en discuter.

    Le premier cahier traite de la crise démocratique et de la proposition phare du programme de Jean-Luc Mélenchon : convoquer une assemblée constituante en vue d'élaborer une nouvelle constitution, celle de la 6e République.

  • La région Ile-de-France est à la fois la plus riche de notre pays... et la plus inégalitaire. Les écarts entre les plus aisés et les plus pauvres, entre les banlieues populaires et les centres d'affaires et de tourisme, y sont colossaux. Malgré son effervescence, son patrimoine et sa créativité, chaque jour davantage de ses habitants rêvent de la quitter pour fuir la vie chère, le stress, les pollutions. Ces inégalités sociales et territoriales ne sont pas une fatalité : elles sont le résultat de choix politiques axés sur la compétitivité, l'attractivité, la concurrence. Car avec ses 5 milliards d'euros de budget et son pouvoir d'impulsion, la région Ile-de-France a les moyens d'améliorer le quotidien de sa population.

    Clémentine Autain propose d'abord de dégager un horizon assombri par les crises en créant un choc de solidarité. Puis d'engager un changement profond de modèle de développement qui devra être guidé par trois exigences : l'égalité sociale et territoriale, la bifurcation écologique, l'ambition éducative et culturelle. Grâce au partage des richesses et des ressources, à la mise en commun des savoirs et des pouvoirs, l'Ile-de-France peut changer de trajectoire pour devenir plus respirable et épanouissante.

    La députée de Seine-Saint-Denis indique un cap nouveau et ambitieux pour, dès demain, mieux vivre en Ile-de-France.

  • Nul ne conteste que la santé et l'éducation constituent des priorités absolues. Mais la situation actuelle n'incite pas à l'optimisme : neuf millions d'enfants meurent chaque année avant l'âge de cinq ans de maladies que l'on sait guérir et, en Inde, la moitié des enfants scolarisés ne sait pas lire. Pour remédier à cet état de fait, Esther Duflo évalue localement et concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté, à l'aide d'une méthode révolutionnaire : l'expérimentation aléatoire. De l'Inde au Malawi, du Kenya au Mexique, cette méthode permet de répondre à de nombreuses questions : comment rendre plus efficaces les campagnes de vaccination ? Comment améliorer l'instruction des enfants à moindre coût ? Comment lutter contre l'absentéisme des enseignants et des infirmières ? La santé et l'éducation sont les préalables non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté : ce livre montre comment les faire progresser de manière décisive.
    Première titulaire de la chaire " Savoirs contre pauvreté " au Collège de France, Esther Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté. En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur, qui récompense les recherches les plus novatrices. Elle publie pour la première fois une synthèse de ses travaux.
    Attention : Il faut prêter attention aux deux logos (AFD et Fondation CdF) au dos des deux volumes

  • " Rendre aux pauvres la lutte contre la pauvreté. " Telle est aujourd'hui la devise de nombreux acteurs nationaux et internationaux, soucieux de responsabiliser les pauvres en leur donnant les moyens de l'autonomie. Mais, avant d'opter pour telle ou telle solution, il faut en mesurer l'efficacité. Le microcrédit est-il cette solution miracle grâce à laquelle le paysan misérable du Bangladesh pourra s'enrichir ? Les conseils de village, en Inde ou en Afrique, permettent-ils vraiment aux communautés de prendre leur destin en mains ? En étudiant la situation sur le terrain, Esther Duflo démontre les naïvetés et les approximations d'un discours qui entend tout miser sur l'initiative des pauvres. Car ni la microfinance ni la gouvernance locale ne peuvent se substituer à des politiques publiques visant à créer des services de santé, à garantir l'offre éducative, à construire des infrastructures, à lutter contre la corruption. Expérimenter sans relâche pour améliorer concrètement la vie des pauvres : c'est ainsi que la vie civique pourra s'épanouir dans les pays en voie de développement.
    Première titulaire de la chaire " Savoirs contre pauvreté " au Collège de France, Esther Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté. En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur, qui récompense les recherches les plus novatrices. Elle publie pour la première fois une synthèse de ses travaux.
    Attention : Il faut prêter attention aux deux logos (AFD et Fondation CdF) au dos des deux volumes.

  • " Aujourd'hui, toute doctrine qui se refuse à envisager les conséquences du progrès, soit qu'elle proclame ce genre de problèmes secondaires (idéologie de droite), soit qu'elle le divinise (idéal de gauche), est contre-révolutionnaire. "
    Visionnaires, Charbonneau et Ellul rejetèrent dos à dos les voies libérales, soviétique et fascistes. Dès les années 1930, ils ouvrirent une critique du " Progrès " et du déferlement de la technique et de la puissance au détriment de la liberté.
    La solution : une révolution contre le nouvel absolutisme du triptyque Science-État-Industrie ; une insurrection des consciences ; un projet de civilisation ancré dans un nouveau rapport à la nature.
    Ce recueil rassemble quatre textes sources de l'écologie politique, inédits pour trois d'entre eux. Contemporains de la Grande Dépression, d'Auschwitz et d'Hiroshima, ces textes incisifs offrent une clé de lecture très actuelle, humaniste et libertaire, de nos sociétés contemporaines, productivistes, consuméristes et techniciennes.
    Bernard Charbonneau (1910-1996) et Jacques Ellul (1912-1994), amis et animateurs dans le Sud-Ouest du mouvement personnaliste, faisaient partie des " non-conformistes " des années 1930. Leur critique non marxiste de l'aliénation de l'homme moderne est une source majeure de la pensée écologiste contemporaine.
    Textes présentés par Quentin Hardy (Université Paris 1).

  • Depuis plusieurs décennies, la France soutient activement les emplois de services à la personne. Aujourd'hui, le secteur compte 1,2 million de salariés, représentant plus de 5 % des effectifs totaux. Malgré ce succès apparent, cette stratégie n'est ni efficace ni juste. Elle crée un faible nombre d'emplois en comparaison de leur coût public. Précaires et mal rémunérés, ces emplois " bas de gamme " contribuent à la polarisation de notre société, ainsi qu'à l'augmentation des inégalités ethniques et de genre. En outre, l'État subventionne des services de confort pour les plus aisés, au détriment des services publics ouverts à tous. C'est ainsi qu'on en revient à une société de domestiques, comme au xixe siècle, avec de " nouveaux pauvres " au service de " nouveaux riches ". Heureusement, plusieurs pistes existent pour sortir de ce contre-modèle.
    Clément Carbonnier est maître de conférences en économie à l'université de Cergy-Pontoise (THEMA).
    Nathalie Morel est assistant professor en sciences politiques à Sciences Po (CEE, LIEPP).
    Ils animent tous deux l'axe socio-fiscal du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP) à Sciences Po.

  • Entre dîners chics et cabines de plage, la petite ville de la côte d'Opale est le lieu le plus prisé du couple élyséen. Est-ce bien raisonnable d'en faire le poste d'observation favori pour prendre le pouls du pays ?

    A un peu plus de deux heures de Paris, Le Touquet, station balnéaire élégante et discrète, est devenue l'annexe privée de l'Elysée où Brigitte se ressource avec ses petits-enfants et où Emmanuel aime à se retirer lorsqu'il veut fuir les tourments de son mandat.

    Le Touquet, c'est là que Brigitte a passé toutes ses vacances dans la belle maison de famille avant d'y épouser son premier mari, puis le second, le jeune Emmanuel, lui-même tombé amoureux du lieu. C'est là que le candidat à l'Elysée écrit en 2016, Révolution, le livre de son ascension vers le pouvoir... Et c'est là, quand le vent tourne, que le président se réfugie pour manger des crêpes ou jouer au tennis avec son ami Stan, 78 ans, ancien ouvrier d'Usinor reconverti en moniteur de tennis. Où donc, enfin, le président et son épouse sont-ils allés se faire acclamer par leurs fans agglutinés juste avant que le Covid 19 ne fige le pays dans le confinement ? Au Touquet, bien sûr... un certain dimanche de mars et de scrutin municipal.

    Petit paradis sous cloche et décor privilégié du storytelling présidentiel, le Touquet est la pièce manquante indispensable pour bien comprendre les Macron.

  • S'entretenir avec Jean-Luc Mélenchon, c'est raconter un engagement politique dont l`histoire commence en 1968 et traverse les heures chaudes de la gauche au pouvoir et dans l'opposition, des mouvements sociaux, des décolonisations, de la chute du Mur et de l'émergence de la globalisation du capitalisme. Autant d'expériences marquantes pour qui veut rester ancré dans la quête d'un autre futur possible pour le monde. Une exigence plus forte que tous les conforts de situation auxquels il a renoncé en quittant le PS en 2008. Ici l'insoumission est autant un programme qu'un choix de vie personnel.

    Ce livre écrit avec le journaliste Marc Endeweld nous fait découvrir le parcours d'un homme passionnément engagé, élu, ministre, brillant orateur et écrivain, qui politise tout ce qu'il touche. On y croise des personnages et des situations qui ont bouleversé la fin du siècle précédent et l'aube de celui-ci. On y saisit aussi la vision de la France et du monde qui inspire un projet politique pour les temps qui viennent.

    Engagé dans la construction d'un nouveau mouvement politique en France pour mener une révolution citoyenne, Jean-Luc Mélenchon obtint plus de 11% et quatre millions de suffrages à l'élection présidentielle de 2012. Combien en 2017, pour celui qui se veut désormais le porte-parole des « insoumis » ?



    Jean-Luc Mélenchon est député européen.

    Marc Endeweld est grand reporter à Marianne. Et auteur de France Télévisions Off the Record (2010) et L'Ambigu monsieur Macron (2015) chez Flammarion.

  • Né allemand en 1917, Stéphane Hessel choisit de Gaulle et la Résistance ; il sera déporté, participera à de grands moments de la vie internationale et deviendra ambassadeur de France. Derrière ce parcours exceptionnel se cache un personnage original, qui professe le goût du risque et le respect d'autrui. De l'ONU à Saigon en passant par Alger ou New York, il revient sur sa vie d'homme engagé. Indigné.

    Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Normalien, résistant, déporté, diplomate, il fut un proche collaborateur de Pierre Mendès France et Michel Rocard. En 2010, il est revenu sur les motivations de son engagement dans Indignez-vous !.

    « Sa vie est un roman. »
    Le Monde des livres

    /> Préface inédite de l'auteur

  • Enfin une bonne nouvelle en politique : on peut se fier à la capacité des citoyens à raisonner et à décider dans l'intérêt public ! Ce livre explique pourquoi et comment...
    " Humanitude ". C'est ainsi que l'auteur baptise l'étonnante capacité des simples citoyens à comprendre les enjeux, à réfléchir, à délibérer et à prendre des décisions au nom de l'intérêt commun de l'humanité. Cet état transitoire se manifeste chez les personnes invitées à constituer des jurys citoyens pour proposer une solution à un problème d'intérêt général. L'humanitude est une propriété générale des êtres humains largement confirmée par l'expérience répétée des conférences de citoyens réunies à l'occasion de controverses sociotechniques. Jacques Testart propose d'exploiter cette capacité pour en faire un outil privilégié d'orientation et de gestion des sociétés humaines. Un protocole rationalisé et reproductible pour ces procédures est disponible sous le nom de convention de citoyens. L'auteur montre ensuite pourquoi et comment ce type de convention pourrait constituer une procédure ordinaire intervenant dans la plupart des choix publics fondamentaux : l'examen critique des programmes électoraux, les controverses sur des sujets de société, les choix à portée anthropologique tels ceux qui s'imposent à tous les humains pour les risques éthiques, écologiques et sanitaires liés aux innovations technologiques.
    Jacques Testart est biologiste de la procréation et directeur de recherches honoraire à l'INSERM. Auteur connu pour son analyse critique de la science et des technosciences, il est aussi très impliqué dans la réflexion sur la nécessaire démocratisation des choix sociotechniques.

  • Après L'Argent caché de l'Élysée, René Dosière, explore le train de vie de l'État : un dossier complet – et édifiant – sur les dérives des dépenses publiques.
    Dix années d'investigations parlementaires lui ont permis de briser le tabou des comptes de la présidence de la République. Le député-enquêteur met en évidence la croissance des dépenses élyséennes, conséquence de l'activité intense du Président Sarkozy mais aussi de comportements dispendieux dans et hors du palais.
    Élargissant ses investigations au gouvernement, René Dosière établit, pour la première fois, le coût réel d'un ministre. Les têtes de l'exécutif échappent à la rigueur qu'elles imposent aux Français. Dans les cabinets ministériels, effectifs et rémunérations augmentent à vive allure !
    Dans un style, dont le sérieux n'exclut pas la vivacité, L'Argent de l'État lève le voile avec précision et clarté sur le budget de l'État, l'un des trop nombreux angles morts de notre démocratie.
    René Dosière, député de l'Aisne, lutte depuis des années en faveur de la transparence de la gestion publique. Son travail rigoureux et tenace sur le budget de l'Élysée et le train de vie des responsables politiques fait désormais référence.

  • Lobbyistes au service d'une entreprise ou d'un secteur industriel, PDG de transnationales dont le chiffre d'affaires est supérieur au PIB de plusieurs des pays dans lesquels elles sont implantées, instances quasi-étatiques dont les réseaux tentaculaires se déploient bien au-delà des frontières nationales : toute une cohorte d'individus ---qui n'ont pas été élus, ne rendent de comptes à personne et ont pour seul objectif d'amasser des bénéfices-- est en train de prendre le pouvoir et d'orienter en leur faveur des décisions politiques majeures, qu'il s'agisse de santé publique, d'agroalimentaire, d'impôts, de finance ou de commerce.
    Ces usurpateurs s'ingèrent dans les affaires du monde à coups de financements et de renvois d'ascenseurs, s'infiltrent dans les Nations unies et, sous la houlette de Davos, œuvrent pour un monde à leur image. Ils décident du contenu de traités commerciaux stratégiques, qui se négocient dans le plus grand secret mais toujours sous l'œil attentif des représentants du secteur privé.
    Cette clique entrepreneuriale tient les citoyens ordinaires sous sa coupe et ne s'embarrasse guère de l'intérêt public et du bien commun. Il est grand temps de les arrêter.
    Franco-américaine, présidente d'honneur d'Attac-France, et présidente du conseil du Transnational Institute (Amsterdam), Susan George s'est engagée depuis longtemps dans les combats internationaux contre les effets dévastateurs de la mondialisation capitaliste. Elle est l'auteur de nombreux essais, depuis le célèbre Comment meurt l'autre moitié du monde (1976), bestseller mondial, jusqu'à " Cette fois, en finir avec la démocratie ", Le Rapport Lugano II (Seuil, 2012).

  • Dans la région PACA, où elle a été élue députée, tout le monde ou presque l'appelle " Marion ". Plus simple, plus humain, plus mignon que Maréchal ou Le Pen. C'est pourtant la " pire des Le Pen " affirment ses opposants. Elle insufflerait au Front national un positionnement " plus identitaire, plus radical, plus catholique, plus pétainiste ".
    Quoi qu'il en soit, le phénomène ne laisse personne indifférent. Michel Henry a longuement enquêté, chez ses détracteurs comme dans son proche entourage, pour en percer les mystères, les convictions et les mensonges, les cohérences et les aberrations.
    Sachant qu'en 2022, elle n'aura que 32 ans, ses supporters l'imaginent comme une Jeanne d'Arc candidate à une future présidentielle. Or, l'ascendance familiale la rendant dépositaire du passé du Front, elle s'y voit un futur prometteur, mais n'en maîtrise pas l'appareil, tenu par sa tante. Il lui faut donc se montrer patiente, dans l'attente d'une circonstance propice qui verrait le seul parti à pratiquer le droit du sang - celui des Le Pen -, appliquer cette équation : à Jean-Marie le passé, à Marine le présent, à Marion l'avenir.
    Mais c'est quand, l'avenir ?
    Journaliste indépendant, Michel Henry a longtemps travaillé à Libération comme correspondant à Marseille, où il a suivi le développement du Front en région PACA. Il a ainsi eu accès à des sources de premier ordre, qui permettent de démonter les rouages de ce " laboratoire FN " et de son égérie.

  • À l'heure où Marine Le Pen s'impose sur la scène politico-médiatique et engrange des scores électoraux sans précédent, il est urgent de décrypter la logique de son discours et d'expliquer son efficacité rhétorique. Que dit-elle qui parle tant à tant d'électeurs ? Avec quels mots, quels mythes, quelles images parvient-elle à faire mouche là où la parole politique semble partout ailleurs discréditée ? Et dit-elle autre chose que son père ?
    Pour la première fois, une analyse littéraire et statistique de près de cinq cents textes permet de mesurer très précisément l'originalité de cette nouvelle parole frontiste. Discours, éditoriaux, entretiens radio et télévisés des deux présidents successifs du Front national sont passés au crible d'un double traitement informatique et rhétorique afin de cerner au plus près continuités et différences.
    Dans sa stratégie de " dédiabolisation ", Marine Le Pen a entrepris de réécrire le code frontiste : elle en a modernisé le vocabulaire, les thèmes et l'image. Mais derrière le changement de style, le sens de l'offre politique du Front national a-t-il changé ? Il n'est pas certain qu'il suffise d'adopter les mots de la République pour en porter véritablement les valeurs.
    Professeure de littérature française à Stanford University, Cécile Alduy est l'auteur de Politique des "Amours" (Droz, 2007) sur l'émergence de l'identité nationale à la Renaissance.
    Professeur-associé à l'Université Paris-Est-Créteil en communication politique et publique, Stéphane Wahnich a coécrit Le Pen, les mots (La Découverte, 1997).

  • On a beaucoup écrit sur Michel Rocard et sur l'empreinte profonde qu'il a laissée sur la vie politique française, mais sait-on pour autant ce qu'est le rocardisme ? Qu'y a-t-il de commun entre le leader du PSU de mai 68 et le Premier ministre de mai 1988 ? Où est la vérité du rocardisme entre la promotion de l'autogestion et la défense du sérieux économique ? Entre le porteur d'utopie et celui qui se voulait " briseur de rêves " ? Entre le chef de parti, au PSU puis au PS, et le pourfendeur des faux-semblants de la politique ? Entre l'enfant chéri des médias et des sondages et le critique impitoyable de la démocratie d'opinion ?
    C'est à ces questions et à quelques autres que ce livre s'attache à répondre en faisant l'inventaire des différentes générations du courant rocardien, des fondamentaux d'une pensée en action, de la réalité de l'action de Michel Rocard au gouvernement et de ce qui reste de son héritage.
    Tous deux membres de son cabinet à l'Hôtel Matignon, les auteurs ont travaillé de longues années auprès de Michel Rocard. Alain BERGOUNIOUX, historien et spécialiste de cette période, préside actuellement l'Office universitaire de recherches socialistes (OURS). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont, avec Gérard Grunberg : Les socialistes français et le pouvoir : l'ambition et le remords, Hachette Littératures, 2007. Jean-François MERLE, conseiller d'Etat honoraire, auteur de plusieurs études sur l'outre-mer et l'Etat, est aussi maire honoraire de Châtenay-Malabry (92).

  • L'État doit donner l'exemple. En ces temps de crise, la transparence de la gestion publique est une nécessité morale, politique, économique. C'est donc une urgence.
    La Méthode Dosière est simple, concrète et rapidement applicable. Déceler les économies réalisables à l'Élysée, au gouvernement, au Parlement et dans les collectivités sans nuire au bon fonctionnement de la République. Les propositions pratiques du député de l'Aisne, spécialiste scrupuleux du train de vie de l'État, visent avant tout à passer au crible les abus, les dépenses inutiles, les temps perdus et l'apparat exagéré. La transparence permettra, selon l'auteur de L'Argent de l'État et de L'Argent caché de l'Élysée, de prévenir les dérives budgétaires.
    Gaspiller moins pour dépenser mieux, ou comment améliorer la gestion de l'État.

  • Que s'est-il passé depuis que l'" entreprise France ", comme on dit maintenant à l'Elysée, a changé de propriétaire, le 6 mai au soir ? Dans cette chronique des Cent Jours du sarkozysme triomphant " sans tabou ni complexe ", on assiste à l'installation d'un nouveau système. Derrière des mots neutres – bouclier fiscal, TVA sociale, franchise médicale –, il s'agit d'enrichir les riches en faisant payer les pauvres. Derrière l'hommage à Guy Môquet et aux martyrs du Vel d'Hiv, on rafle les sans-papiers qui n'ont pas " vocation " à rester parmi nous. L'oligarchie de la finance, de l'armement et du show-biz, se resserre autour du président de tous les Français et l'asservissement des médias cimente le consensus ambiant.
    /> Mélangeant à dessein les sources les plus variées, s'aidant d'entretiens avec Jacques Rancière (sur la notion de populisme), Alain Badiou (sur la trahison chez les anciens maoïstes), et Daniel Bensaïd (sur l'actualité du marxisme), Eric Hazan donne à voir une évidence, que chacun est plus que jamais tenu de taire : la guerre civile continue.
    Éditeur et écrivain, Eric Hazan dirige les éditions La Fabrique. Il est notamment l'auteur de L'Invention de Paris (Seuil, 2002), Chronique de la guerre civile (La Fabrique, 2004), LQR, La propagande du quotidien (Raison d'agir, 2006).

  • "Liberté", "laïcité", "sécurité", "peuple", "identité"... Les hommes politiques aiment les mots qui claquent ou qui clivent. Mais quel sens précis leur donnent-ils ? À l'aube d'une année électorale à hauts risques, et dans le contexte de montée du Front national et de menace terroriste accrue, il est urgent de clarifier le sens des mots du débat politique.
    Pour la première fois, une analyse scientifique décode la logique du discours des politiques qui se disputent l'élection présidentielle de 2017 - Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, etc.- et de ceux qu'ils ont peu à peu supplantés - François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé. À la croisée d'un monde ancien et d'un monde nouveau, c'est la capacité des politiques à lire le monde contemporain et à le dire qui est scrutée.
    L'auteur passe au crible plus de 1 300 textes - 2,5 millions de mots - écrits ou prononcés de 2014 à 2016 pour décrypter mots-clés, mots-fétiches et mots-tabous, et cartographier les positions de chacun et la reconfiguration du paysage politique.
    Cette enquête sémantique, stylistique et rhétorique dévoile derrière l'écume des petites phrases la structure profonde de la vision du monde des politiques. Que disent-ils ? Qui est "de gauche" et "de droite" à l'heure des concepts politiques élastiques ? Les "populismes" des deux bords se ressemblent-ils vraiment ? Et quels sont les angles morts de ces orateurs aguerris qui manient aussi bien silences et non-dits que slogans et mots d'ordre ?
    Plus que jamais, la bataille des idées passera par celle des mots. Et celui qui imposera son propre sens de la "laïcité" ou de la "République" aura remporté une victoire idéologique, au-delà même des résultats électoraux.
    Professeur de littérature à l'université Stanford et chercheuse associée au Cevipof à Sciences Po, Cécile Alduy est l'auteur au Seuil de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (2015).

  • Dans les années 1980, une nouvelle génération issue de l'immigration sut imposer son existence dans l'espace public, notamment via des " marches " et l'association SOS Racisme. Une " beurgeoisie " française apparaissait. Trente ans plus tard, forte de son talent et de son culot, mais aussi de sa capacité à jouer de la mauvaise conscience d'une France incapable de les intégrer en masse, cette génération a pénétré les plus hautes sphères du pouvoir : politique, médiatique, financier... Souvent dotée de mentors, elle s'incarne désormais à travers des figures comme Rachida Dati, Alexandre Djhouri, Najat Vallaud-Belkacem, Kader Arif ou tant d'autres.
    Avec une solide connaissance des personnes et des coulisses, ce livre brosse la fresque de ces lascars de la République, de leurs aspirations premières à leurs ambitions d'aujourd'hui. Plus qu'une galerie de portraits ou un récit plein d'anecdotes, Les Beurgeois de la République interroge avec causticité leurs liens avec leur milieu d'origine, leur attirance pour le devant de la scène, leur séduction, leur " parler vrai ", leurs rapports avec les élites traditionnelles. Une enquête riche en révélations de tous ordres.
    Nicolas Beau, journaliste (Le Monde, Libération, Le Canard enchaîné) et professeur associé à l'université Paris-8, est l'auteur de nombreux livres dont Notre Ami Ben Ali et La Régente de Carthage (La Découverte), mais aussi Paris, capitale arabe (Seuil) et Le Vilain Petit Qatar (Fayard). Spécialiste du monde arabe, il a créé le site Bakchich, et dirige aujourd'hui le site Mondafrique.com.

  • Mémoires

    Abdou Diouf


    Sorti major de l'École nationale de la France d'outre-mer, Abdou Diouf s'engage pleinement au service de son pays, le Sénégal, qui vient d'accéder à l'indépendance. À 26 ans, il est nommé gouverneur de la région du Sine-Saloum, puis se voit appelé aux côtés du Président Léopold Sédar Senghor, l'immense poète de la négritude dont il fera son mentor. Il dirige alors son cabinet puis devient successivement son secrétaire général, son ministre, son Premier ministre et enfin son successeur à la tête de la République du Sénégal. Il sera réélu trois fois à ce poste, qu'il occupera près de vingt ans et quittera en 2000 en vrai démocrate. Mais dès 2003, l'infatigable Abdou Diouf est élu secrétaire général de la Francophonie. Il prolonge ainsi sur le plan international son combat pour la démocratie et son œuvre de tolérance et de paix, d'ouverture au monde et de rayonnement du continent africain.
    Pour la première fois, Abdou Diouf raconte dans le détail son prestigieux parcours politique, qui court sur près d'un demi-siècle, et dont on chercherait en vain un équivalent contemporain. Toujours ouvert au dialogue, notamment à celui qui doit prévaloir entre les religions, cet homme épris de liberté se révèle aussi un homme de culture d'une rare finesse d'esprit. Ses Mémoires, où de savoureuses anecdotes côtoient les convictions humanistes les plus profondes, s'adressent à l'humanité de chacun de nous.

  • Comment, en l'espace de trente ans, le PS et le monde ouvrier sont-ils passés de l'amour fou au mépris ?
    Ce livre tient la chronique tragique d'une longue histoire passionnelle, émaillée de séparations fracassantes et de retrouvailles douloureuses, de drames et d'engagements non tenus. Il explique pourquoi, en 1981, 70 % des ouvriers avaient contribué à la victoire du PS, alors que c'est aujourd'hui le FN qui est qualifié de " premier parti ouvrier de France ".
    Entre ces deux dates, au fil des choix politiques engagés par les hiérarques du Parti socialiste, et des réactions plus ou moins avisées des représentants de la classe ouvrière, notre couple, de plus en plus mal assorti, doit faire face à l'effondrement du monde communiste, à l'arrivée de la " deuxième gauche ", à la montée du chômage et à la conversion des socialistes à l'Europe, au libéralisme et à la société postindustrielle. Les noms de François Mitterrand, Jacques Delors, Laurent Fabius, Pierre Bérégovoy, Dominique Strauss-Kahn, Lionel Jospin et François Hollande, entre autres, marquent les étapes de ce désamour, de l'abandon au mépris.
    Au terme de nombreuses péripéties, que Bertrand Rothé rappellent de façon cinglante, le vieux couple en arrive aujourd'hui au divorce.
    Bertrand Rothé est agrégé d'économie, il enseigne à l'université de Cergy-Pontoise et collabore régulièrement à Marianne. Au Seuil, il est déjà l'auteur de Lebrac, trois mois de prison (2009) et, avec Gérard Mordillat, de Il n'y a pas d'alternative. Trente ans de propagande économique (2011).

  • Ce livre reprend le fil d'une réflexion vigilante sur la nation, entamée par la publication d'un ouvrage fort remarqué, Voyage au bout de la nation (Seuil, 1995). Il est donc le résultat des expériences accumulées depuis cette époque, et des leçons qu'en a tirées l'auteur.
    Dans sa forme même, celle du carnet de bord d'un intellectuel confronté aux mutations planétaires, il constitue une tentative d'illustration de ce que Malraux préconisait : " Transformer en conscience l'expérience la plus large possible. " Pour vibrante qu'elle puisse être, la défense de la " Nation " n'est donc pas ici considérée comme une évidence, moins encore comme une profession de foi. Elle n'est pas un donné mais un acquis, qui tient compte de tout ce que les déchaînements nationalistes et les engrenages de la mondialisation ont entraîné de discrédit sur le concept même de nation.
    À la fin d'une accumulation de déconvenues, l'auteur estime que la Nation, tout comme la démocratie, oblige à plus de devoirs qu'elle ne donne de droits, qu'elle est un plébiscite de tous les jours, et que, pour ce qui est de la France, grâce au baptême de la révolution de 1789, notre nation est bien arrimée au destin de l'Europe et à l'Universel.
    Jean Daniel est né à Blida en 1920. Il a créé et dirigé pendant de longues années Le Nouvel Observateur , dont il demeure l'éditorialiste. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages.

  • Lorsque Jean Daniel se rapproche de François Mitterrand, celui-ci, alors député de la troisième circonscription de la Nièvre, mais déjà plusieurs fois ministre de la IVe République, parvient à mettre l'intouchable général de Gaulle en ballottage à l'élection présidentielle de 1965.

    C'est le début d'un long compagnonnage, d'abord intellectuel et politique, mais aussi littéraire et philosophique. Ce livre en est le témoignage vibrant, parfois militant, parfois plus distant. Car dès leur rencontre se noue une relation complexe, faite d'amitié, de complicité forte, mais aussi de silences.

    Étalés sur plus de trente ans, les textes ici rassemblés dressent le portrait d'un homme riche en contrastes, séduisant et séducteur, au destin fascinant et romanesque. La lente conquête du pouvoir, les grandeurs et les servitudes de son exercice, les dates marquantes et les mouvements de fond de cet âge d'or mitterrandien, ses secrets et ses scandales, rien n'échappe à la plume acérée de Jean Daniel qui a su concilier son intransigeante objectivité de journaliste et son empathie d'homme.



    Né à Blida en 1920, Jean Daniel a créé et dirigé pendant de longues années Le Nouvel Observateur, aujourd'hui L'Obs, dont il demeure l'éditorialiste. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont Demain la nation (Seuil, 2012).

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