Karthala

  • Le premier ouvrage de la collection « Devenir humanitaire » est consacré à la Transition humanitaire au Sénégal. Il est le fruit de la rencontre d'universitaires, d'acteurs non gouvernementaux et d'institutionnels, réunis à Dakar les 5 et 6 novembre 2014 par le Fonds Croix-Rouge française pour débattre collectivement leurs pratiques, des principes qui les sous-tendent et des enjeux plus larges qui se rapportent à l'humanitaire.
    La première partie de l'ouvrage propose de « penser le tissu humanitaire sénégalais (et au-delà), de la recherche à l'action ». Un panorama général des évolutions de l'aide au Sénégal est dressé, sous l'angle notamment des rapports entre « société civile » et État, puis sont examinées les possibilités et modalités concrètes d'une recherche au service d'un humanitaire en transition. La seconde partie s'intéresse aux interactions entre valeurs (culturelles, morales, citoyennes, etc.) et interventions sociales et humanitaires.
    Soulignant la nécessité de prendre en compte les "visions du monde" des individus et/ou populations destinataires de l'aide, les auteurs contribuent à la réflxion sur le sens de l'humanitaire et sur ce qui peut accompagner ses transformations contemporaines.
    Thomas Fouquet est chargé de recherches au CNRS (Institut des mondes africains, UMR 8171) et a été responsable scientifique au Fonds Croix-Rouge française.

  • L'origine de cet ouvrage est une réflexion sur l'action publique menée contre le sida en Afrique, qui constitue un archétype de mobilisation politique et sociale multi niveaux. D'inspiration internationale et portées par des standards pour la mise en oeuvre des recommandations supranationales, les politiques publiques au plan national montrent la réalisation différentielle de celles-ci dont la définition, l'émergence et les orientations n'étaient au départ en rien liées à des mobilisations nationales. Ces « modèles dissonants » de politiques publiques se fondent sur une approche comparative, entre plusieurs pays, à partir de variables épidémiologiques, sanitaires et politiques.
    Cette comparaison met en lumière l'acuité du rôle de l'engagement politique au plan international et national, au-delà des données épidémiologiques et de la diversité géographique des situations étudiées. Les quatre types de mobilisation politique proposés tiennent compte de la profondeur historique des politiques publiques des pays dont l'analyse permet une sociologie politique de l'État en Afrique. Soumis à des directives internationales et à des aléas globaux, ils montrent des trajectoires historiques qui en disent autant sur les réponses à une pandémie que sur la manière avec laquelle ces États reconstruisent l'ordre international dans lequel ils se meuvent.
    Ainsi, en abordant la question de « la gouvernance du sida », ce livre souligne le poids des organisations internationales, de la coopération bi et multilatérale dans la gestion des affaires publiques internes aux États, auxquels s'associent des « sociétés civiles » du Nord et du Sud. En comparant cet enchevêtrement transnational d'acteurs, d'un sous-secteur de la santé à l'autre (sida, tuberculose, paludisme), puis d'un secteur à l'autre (santé, éducation, biodiversité), cet essai propose « une matrice de l'action publique en Afrique ». Cet outil d'analyse innovant permet de distinguer, pour chaque action publique, le niveau d'acteurs où se situe le levier ou les curseurs les plus décisifs. C'est une contribution scientifique et politique originale, à la compréhension de l'Afrique contemporaine en action.
    Fred Eboko est politiste et sociologue, docteur et détenteur d'une habilitation à diriger des recherches (HDR) en science politique. Il est chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), en poste au Centre Population & Développement (CEPED Université Paris Descartes - IRD) dont il est le directeur adjoint d'unité. Enseignant vacataire à l'École des affaires internationales de Sciences Po et à la Sorbonne, il assure également des enseignements à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

  • Protéger l'enfant ce n'est pas seulement lui éviter des dangers extérieurs, c'est aussi le protéger de la violence intérieure, c'est-à-dire lui donner des limites. Or, il faut reconnaître que le développement de nos valeurs individualistes, disqualifiant les concepts d'autorité et hiérarchie, empêche de nombreux adultes de mettre l'enfant à sa place d'enfant, c'est-à-dire d'assumer un rôle véritablement éducatif. Le public et les professionnels non impliqués directement dans cette pratique ne voient pas toujours les conséquences de ces choix de notre société. Dans un style clair et précis, à partir de situations concrètes tirées de son expérience, l'auteur montre comment se mettent en scène ces contradictions, tant dans les familles que dans les institutions.

  • Été 2005 : les images d'enfants nigériens affamés envahissent les écrans des télévisions occidentales. Mais de quoi s'agit-il ? Des conséquences de la sécheresse et des invasions de criquets de l'année précédente ? D'une simple situation chronique ? Y a-t-il ou non une famine au Niger ?
    Vingt ans après les grands concerts de charité en faveur du Sahel, acteurs politiques nigériens, bailleurs de fonds, agences de développement et organisations humanitaires vont s'affronter sur la réalité et sur l'ampleur de cette nouvelle crise nigérienne, comme sur ses causes et les réponses à y apporter. En réalisant l'opération d'urgence nutritionnelle la plus importante de son histoire, Médecins Sans Frontières s'est trouvée au coeur de ces controverses.
    Dans cet ouvrage collectif, chercheurs, consultants et praticiens de l'action humanitaire proposent différentes lectures de la crise de 2005 au Niger et de ses enjeux. Ils appellent à une réflexion renouvelée sur les idées reçues qui conditionnent encore aujourd'hui les relations d'assistance et de secours à l'Afrique. La mort de dizaines de milliers d'enfants chaque année, au même titre que la paupérisation et la marginalisation d'un nombre croissant de Nigériens n'est pas simplement un phénomène naturel. Encore moins une fatalité.

  • J'ai eu le bonheur d'exercer les fonctions de pédiatre dans la maison d'enfants du château de Dino pendant une trentaine d'années. J'y suis arrivée peu après le déménagement de la rue Claude-Lorrain à Paris et l'installation au château de Dino à Montmorency. Sophie Launois et Claudine André faisaient déjà partie de l'équipe d'éducatrices, je les ai donc connues dès ma prise de fonction. Pour moi, c'était la découverte d'une vie institutionnelle imposée à des enfants et à des adolescents que le maintien dans leur famille mettait en danger.
    Au début de son ouvrage, Sophie Launois précise comment la protection de l'enfance en danger reposait autrefois sur une prise en charge caritative qui ne se professionnalisa qu'à partir de la deuxième moitié du siècle dernier.
    Les contacts que Sophie Launois et Claudine André ont su garder avec de nombreux enfants qu'elles ont eus en charge témoignent de la qualité des liens créés. Ils montrent combien il leur a été possible de devenir des adultes responsables, épanouis dans leur vie de couple et avec leurs enfants (qui ne sont pas placés), et bien insérés socialement.
    Sans laisser croire que la souffrance de leur passé a été effacée, la prise en charge qui leur a été offerte a fait office de « tuteur de résilience » comme le dit joliment Boris Cyrulnik. Chaque témoignage reçu et rapporté dans ce livre en est une illustration.
    Préface de Dominique Girodet (extraits)
    Sophie Launois est née le 28 avril 1951, à Paris. Elle a suivi la formation d'éducateurs spécialisés à l'École de la rue Cassette à Paris. Ses spécialités sont la musique (mise en place et direction d'orchestres d'enfants) et l'organisation d'ateliers de loisirs créatifs pour enfants et adultes.

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